VI. n
1395. — M. de Serre au vioomte de Chateanbriand '.
Naples* 6 mai 18)Jlu
Monsieur le vicomte,
Voilà M. de Marchangy non admis*, et Toccasion serait belle si Ton voulait revenir envers moi sur œ que je me crois fondé à appeler un tort. J'ai plus de chances que personne dans le Haut-Khin, où j'ai toujours été nommé, où une grande partie des îonctionnaires ont été placés sur ma présentation, où je puis dire que j'ai fait beaucoup de bien et renda des sei'vîces. M. de Marchangy ne peut être éligible de cette année, à moins d'un tour de force, et Ton en a trop fait. Je ne fais donc de tort à personne. Préférera t-on courir la chance de faire nommer M. d'Argenson?
Je n'en écris qu'à vous et que pour vous, monsieur le vicomte; après ce qui s'est passé, il ne me reste qu'à
1 D'après une minute.
^ « li'ëlection de M. Marchangy par le collège d'arrondissement d'Altkirch fut annulée par un motif purement matériel : par suitf de mutations opérées dans ses propriétés ou d'évaluations inexactes, il ne payait pas, aux rôles de 18SJ!i, la somme d'impôts voulue par la loi pour conférer l'éligibilité. » (Histoire de ^ Restauraiicn, par M. de Vicl-Castel, t. Mil, p. 182.)
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attendre ici ce que la Providence décidera de moi. Mais bien que j^eusse à peine Thonneur de vous connaitre, vous m'avez accueilli lorsque ceux avec les- <iuels je me trouvais dans les rapports les plus amicals, ceux auxquels j'avais ouvert et aplani la route, m'avaient repoussé. S'il ne s'agissaît que de mon intérêt personnel, tout calculé, je suis probablement mieux ici que partout ailleurs : oiium cura dignitate. Il y a là tout ce qui peut contenter un homme heureux par sa famille, un peu fatigué de travaux et dégoûté des fumées de ce monde. Mais j'ai le sentiment intérieur que, à une époque où doi- Tctt se développer nos institutions et les mœurs généreuses qu'elles appellent et nécessitent, je puis, ans ce double rapport, ne pas être inutile à mon |IAJ8. J'ai enfin l'orgueil, si c'en est un, de croire çfoQ trouve, dans le peu que j'ai pu faire au milieu de tant de difficultés, les monuments qui en font foi. Dans cette conviction je ne veux pas, si je suis icarté, neutralisé, avoir à me le reprocher à moinâne. C'est cette espèce de responsabilité que les Qrooostances et surtout votre caractère, monsieur le vicomte, m'autorisent à déposer avec pleine confiance en vos seules mains.
Je vous prie donc, monsieur le vicomte, de me laire savoir le plus tôt qu'il vous sera possible ce que ^roQS aurez bien voulu faire et ce que je dois mander 4 nés amis du Haut-Rhiu. Si vous jugiez utile <pi'uQe direction parvint tout de suite sur les lieux, ^008 pourriez le transmettre à M. de Chevers, prêter président de la Cour royale de Colmar, mon
in cime et courageux ami. chevaiier de Saint-Louis, blessé à ciitê de moi à Oberkamlacli • . J"ai l'honneur
1396. —M. de la Bonlaya & M. de 8
A T. près Éperiiay, 7 mai I83fc.
Votre H' 7, cher ami, est arrivé pendant que je vaquais à Chàlons aux affaires du département. On veut répartir la contribution foncière aussi égalemont que possible entre les communes, les cantons et les arrondissements. Des commissions s'assemblent à cet effet par toute la Fi-ance. Que de gens renmés et <iuel llux de paroles inutiles! La n'-unioo ({00 j'ai présidée était composée de dix-huît |)ersoniîcs a.ssc*z versées dans 1rs affaii-es et animées (les ineillt»ures intentions. Nous nVn avons pas moins eu l)eaucoup de peine à nous mettre d'acconl sur les bases du travail que devront faire les assemblées cantonales: or, celles-ci seront compostt> (le soixante à soixante-dix membres du canton: je l(»ur souhaite bonne cliance. La préfette*, excell(Mit(» fcmino, de C(*lles cjui ne devraient pas vieillir. subit copeiuhint la loi commune et est A Paris pour
• rSaont 170(3.
* M""' .k» Jessaiiit.
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ttté. Le préfet se rappelle et se recommande à souvenir. Nous attendons ces Guéheneuc, qui manquent en Champagne et qui sont plus heuque nous, puisqu'ils vous ont récemment vu 'ils vous reverront peut-être encore sur les du Fibrène et du Lirîs. Avec des noms si jues et toutes vos grâces, il est tout simple os oiseaux voyageurs se prennent à la glu. 3Z-V0US reçu votre Moniteur et les Débais? [s de notre temps ces Débats n'ont été plus ue pour le remboursement des rentes. Enfin, os bataillons sont demeurés vainqueurs, quois boules noires* aient été plus nombreuses que le croyais et bien que Donnadieu ait encore e grande colère. Attendons patiemment Té- >de la conversion ; tous ces grands mouvements urse m'eflrayent, ils amèneront quelque catale.
cousin a enfin ses instinictions; il sollicite son nce de congé; dès qu'elle sera obtenue, il rame faire de tristes et derniers adieux; aux , je mêlerai les vôtres. Je suis vos conseils et IIS du printemps. Le gazouillement des fau- ; vaut bien celui de M. * "^. Je ne sais si vous rappelez cette voix rauque. Les premières es me font un plaisir extrême ; j'en jouis d'auplus qu'il me reste moins de temps pour en Je sens que je deviens vieux et c[ue, si les mo-
m ht séance du 5 mai, la loi avait etc adoptée par :t38 blanches contre l/iij boules noires. Le lendemain, elle fut à la Chambre des pairs.
ments de tous sont comptés, mon ocMnpte est déjà chargé plus fortement que celui de beaucoup d*aih très. Quoi qu'il en soit, et jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de le solder, je vous aimerai de tout ma cœur, vous, votre femme et vos enfants. Sijepuii, avant cette époque, i-éunir nos familles, je diiai joyeusement le nunc dimUtis.
Le Ruinart veut vendre trop cher, il a y fiat plus songer.
M. de Montlosier s'est réveillé. Coonaissez-Tou» son nouveau journal in-8'' * ? Je n'en sais que ce qv disent les journaux quotidiens, et, jusqu'ici, ils net ont pas dit grand'chose.
Tout se dispose à meneille : blés, foins, vin»; mais attendons la fin. On n'a pas su dans leNoid coque c'était que l'hiver, et votre frère memaak que leur gouverneur est obligé de se passer àt glace
J attends avec anxiété de bonnes nouvelles.
Mille teiuli*esses et tout à vous, mes bien chenf amis.
' Voyez VHUtou^* du gouvernement parUn\eni€Ure,p^^>'
Haunmno. t. VII, p. ÔCO.
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1307. — M. de Serra au baron Emmanuel d'Huart.
Naples, ce S7 mai 1852/4.
é, mon cher Emmanuel, j'ai prié Belleval devons conter notre mésaventure. Vous pouvez en croire mon exactitude ; votre sœur est bien et pourrait vous écrire, si je ne voulais pas lui épargner toute fatigue. Avec les précautions que nous avons prises et prenons, tout se passera comme s'il n'y eût pas eu d'accident, et ne laissera aucune suite. Remercions Dieu de nous en être ainsi tirés.
Nous avons toutes vos lettres des 21 avril, 25 idem et 3 mai. Mille et mille remercîmenis de toatcA les preuves de votre amitié et de celle de votre aimable Juliette.
Si je ne vous envoie pas encore mes déclarations pour Metz et Colmar, c'est que la non-admission de M. de Marchangy me laisse une chance dans le Haut-Rhin, incertaine sans doute, mais que je ne veux pas détruire de mon fait.
Si nous ne faisons pas d'acquisition, il m'est venu à l'instant une idée qui, en dépit de tout, me maintiendrait éligible
Au revoir, mon cher Emmanuel ; nous allons tous bien, notre malade même, à la marche près, qui
lui est interclîte. Nous vous embrassons de toa notre cœur.
Votre dévoué,
H. DE S
1398. ~ Le baron de Belleiral au baron Emmanuel
d'Hoart.
Naples, ce 97 mai 18^.
Nous avons été dernièrement visiter, avecM"*' vofit? sœur et M. le comte, le Mont-Cassîn. Les manuscrits qui s'y trouvent sont très -intéressants. Cette petite excursion a fort amusé M"'*' votre sœur; mais nous avons été sur le point d'être victimes de notre amour pour les parchemins. La voiture dans laijuelle se trouvait M"''' la comtesse a versé dans un fossé. Personne n'a été blessé; mais M""" de Scnv, à cause de sa position, nous a donné, un instant siudement, de l'inquiétude. Les soins les plus empressés lui ont été prodigués. Aujourd'hui elle s** porte à merveille et rit beaucoup de cette maudite rhute. Je vous aurais prévenu plus tôt de cet évèiK^ment, mais je n'ai pas voulu le faire avant <|U* votre sœur lut tout à fait bien.
Adieu, mon cher monsieur; veuillez présente^ mes respects à M"*"^ la baronne; veuillez aussi recc*'
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Toir Tassurance de mes sentiments les plus sincères.
Tout à vous. •
Belleval.
1399. ^ Le duo de Laval à M. de Serre.
Rome, 27 mai ISâ/i.
Monsieur le comte,
J*apprends à l'instant par M. Lefebvre^ que le crnel accident de M™* la comtesse de Serre n'a pas * ^les tristes suites que l'on pouvait craindre. C'est ^ien sincèrement, je vous l'atteste, que j'ai pris part 4 toutes les alarmes qui ont dû vous tourmenter et i l'homblc situation où se trouvait M"*"" l'ambassadrice. Veuillez lui offrir Tliommage de cet intérêt ^t de mes vœux pour son complet rétablissement.
Le 7 du mois prochain, je compte m'acheminer pour Florence, Lucques et Paris, où j'espère arriver â la fin de juin. Mon congé est de trois mois, et mon projet est de revenir ici au mois d'octobre.
La bulle de l'année sainte se publie en cet instant, îîous espérons que dans ce grand mouvement des pèlerins il n'adviendra rien de contraire à la tran- ^luUlité de l'Italie.
* Voyez t. IV, P./J.O.
7h CORRESPONDANCE.
Bien des gens sont persuadés que M. Apponyi ne reviendra plus et qu'il est destiné au poste d Londres en remplacement du prince Paul £ste:i hazv*.
Veuillez, monsieur le comte, recevoir une nox velle expression de ma haute considération et c mes inviolables sentiments.
Montmorency-Laval .
Mes compliments à M. de Belleval.
Enfin nous recevons aujourd'hui l'amnistie d'Espagne^!
^ Le comte Antoine Apponyî, n^ à Presboorg le 7 septemkrr 178^y entra de bonne heure dans la carrière diplomatique. Mi* nistre d'Autriche à Florence en 1816, ambassadeur à Ront ^ 18!!0, à Paris en ISSUo, il ne quitta cette TÎUe qu'en 18tô, y liitsant, lui et la comtesse Apponyi, les meilleurs souTenire. Heift mort au château d'Apponyî le 17 octobre 1858.
* Le prince Paul-Antoine Esterhazy de Galantlia, né le 11 nf 1786. Ministre d'Autriche d Dresde dès 1810, il fut ambassiJotf à Londres de 1815 à 18^ et de 1830 à 1838. En 18^8. il eut, pendant quelques mois, le portefeuille des Affaires étrangères de Hongrie. Il est mort à Vienne le SI mars 1866.
3 tt L'Espagne n'avait pas cessd d'être le théâtre principal etl^
plus actif de la diplomatie française Sept mois après le réta*
blissement de Ferdinand VII dans l'exercice de son pouroir absolu, l'amnistie dont on lui avait arrachd la promesse n'cftait pi^^
encore signde Le cabinet des Tuileries, poussa â bout, seàf-
cida à recourir encore une fois à la menace La cour euit«
Aranjuez. L'ambassadeur de France iM. de Talaru, s'y reo^» sans se concerter cette fois avec le corps diplomatique, dont l'appui lui avait toujours été si peu utile. Trouvant le Roi et ton É*" vori [Ugarte] ddjà dbranles, il les pressa si vivement que, uaif^ tous les artifîces auxquels ils eurent recours pour gagner eo?orp un peu de temps, l'amnistie fut enfin signée le P** mai L'M'
1400. -—M. de la Bonlaye à M. de Serre
Ay, prés Épernay, 31 mai 183A.
Le châtelain et moi nous avons passé à Mareuil les 16, 17, 18 et 19 mai. Nous ne nous sommes pas quittés les yeux fort secs. Le sort en est jeté. S'il vient un temps qui nous réunisse tous, ce temps sera la fête et le bonheur de mes vieux jours. En attendant, hélas ! je me trouve chai'gé ici et là d'une {rosse administration avec des gens d'affaires dont les mœurs se sont fort relâchées pendant nos longues absences. 11 est indispensable de reprendre le fil et la direction de tout cela. Que ceux qui sont reufs de la Gaule poétique^ aient le bon esprit de ooo voler avec vous en secondes noces, et Mareuil «era'pour vous un autre Carrières. Vous trouverez là des bois, des prés, des eaux et des lieues de promenades dans de fort beaux sites. La muraille du parc sera tantôt terminée, et ce parc seul a plus de SX) arpents. Que de gazon pour les enfants ! C'est dans les champs, c'est sous ces beaux ombrages que je voudrais vous revoir, mes chers amis. Quelque
loift n'en présenta pas uno autro aussi cliargëe d'exceptions. »
(BttMre df la ReMauraUony par M. de Vîel-Castel, i. XIU,
^ 98-^03.) ^ OuFrage de M. Marchanf y.
^nvîe que j'aie de vous revoir à Naples, (juelque ardent même qu'en soit mon désir, il me pai-aitbien difficile d'abandonner cette masse d'affaires (et Tar bandon serait complet), ne fût-ce que pendant deux mois. Si je ne consultais que mes plaisirs et mes §oùt5, les chevaux de poste seraient bientôt appelés; maïs je n'ai pas, comme les Guéheneuc, une excellente mère de famille à la tête de mes maisons. Je suis seul, tout seul, et je veux continuera être seul. Il n'y a pas de jour que je n'aie plusieurs lettres importantes à faire. Toutefois donnez-moi l'adresse, à Paris, de M. Lefebvre ; il est bon que je mVntoiule avec lui; si je ne puis pas l'accompagner, du moins je parlerai de vous avec quelq'un qui vous quitte. Je serai comme les noyés qui s'accrochent aux branches.
La discussion sur le remboursement a cHé fort belle à la Chambre des pairs et d'un fort bon ton': les orateurs et le ministère ont fait preuve de taltut. Les rôles étaient évidemment partaj;és; M . Pasqiiifr, qui s'est jeté dans les excursions, a été, à mon avis, plus faible que MM. Roy et Mollien. Martiizuaoa fait sur laseptcnnalité un rapport d'iialnle honinic^
En somme, je crois que tout passera; laissons
* La discussion s'dtait ouverte leS/iriiai. — Vovez l7/^^0i>^ du gouvernement parlementaire t par M. do llauraniic. t. Vp. 575 et suivantes.
* Voyez les Dii<cours do M. Pasquîer, t. III, p. ,*^93-J!iT5.
3 Après avoir éié adopte par la Chambre des pairs, ce projet f»' présente d la Chambre des dopatcjs le lU mai ; lo rappi»rt d« ^* commission eut lieu le S9 du même mois, et la loi pn9^a. ^^ 7 juin, à la majorité de f!9il voix contre 87. — Voyez Vllisluir^ ♦'** gouvernement parlementaire t t. VIIÏ, p. 7-23.
passer, les choses vont bien. La petite pointe de danger qui commence à percer a ses racines de vos côtés : de tous les ultras, je ne vois à redouter que les iiltramontains.
Jouissez des beaux accords de M"** Fodor, et aimons-nous. La gloire, l'amour ont leur saison; la sainte amitié est de tous les temps. Mille tendresses
et de bien bon cœur.
1401. — M. Niebuhr à M. de Serre
Berlin, le Ojuîn ISâ/i.
Mon cher ami,
Le long silence que j'ai gardé après votre dernière lettre de l'an passé m'ôte le droit de me plaindi'e lorsque je suis privé de vos lettres, ce bien précieux de mes dernières années. Je ne veux donc pas murmurei', mais depuis longtemps je souffre de ne rien apprendre de vous, et je commence à m'inquiéter. Trois cas sont possibles : mes deux lettres ou l'une des vôtres se sont peixlues ; quelque chagrin vous empêche d'écrire; quelque circonstance m'a enlevé votre amitié. De ces trois cas, le premier serait supportable ; le second, puisse
* Cette leUre est traduite de ralleniand.
Dieu le détourner! Quant au troisième, je ne puis me rimaginer. Je sais qu'à une telle distance des rapports mensongers et de fausses interprétations peuvent dissoudi^e les sympathies les plus complètes, mais je sais que vous m'avez donné votre amitié conune je vous ai voué la mienne. Je sais que toutes les ruses de Tenfer pourraient me pCTsuader aussi peu de croire quelque chose contre vous que contre ma femme ; je sais que, si vous pouviez connaître toutes les pensées qui sont venues dans mon âme depuis que nous nous sommes vus, et même depuis que, sans vous avoirjamaisvu, j*ai appris à vous aimer, vous en trouveriez qui pourraient avoir besoin de votre extrême indulgence à l'égard de l'humaine faiblesse; mais vous n'en trouveriez aucune qui, ayant rapport à vous, ne fût dans le sens de notre amitié, aucune qui pût me rendre indigne de ce bonheur. Délivrez-moi donc de cette inquiétude, mon cher ami. Dites-moi, je vous prie, et j'insiste sans crainte, que vous n'êtes pas changé pour moi ; donnez-moi aussi des nouvelles de votre santé. Dieu ne voudra pas que vous ayez quelque chose d'affligeant à me dire.
11 est possible que mes lettres des n*** 1 et 2 ne vous soient point parvenues. Dans la première, J« vous demandais de servir de parrain à Tenfant àùO^ j'attendais la naissance; dans la seconde, je voi^ prévenais que, sûr de votre assentiment, je votM avais uni par ces liens à mon enfant nouveau-n^
La naissance de l'enfant nous délivrait de CTave^
inquiétudes; la mère n'avait jamais autant souffer^
ANNÉE 18â;i. 79
. qae dans cette grossesse, et ses forces paraissaient 4| telleinent épuisées que le médecin lui-même crai- I goait qu'elles ne fussent insuffisantes pour Taccou- » diement. Dieu vint en aide, et elle accoucha d'un I finrt et beau garçon. Mais, au moment où j'écris ces I lignes, je ne sais pas si nous Tavons encore. Depuis ^ que j'ai quitté Bonn, Fenfant et Lucie ont été at- I teints d'inflammations qui proviennent de refroidis- Mments et qu'un temps affreux a rendues épidéniques. Lucie est guérie; sa mère au moins le , croit; mais le petit était si malade, quand elle écri- Tait sa dernière lettre, qu'elle avait perdu presque tXHit espoir; il souffrait tellement qu'elle demandait à Dieu la délivrance de cet enfant, s'il ne devait pas guérir complètement.. Elle a dû supporter ces douleurs loin de moi, sans consolation, sans appui. L'inquiétude qui me dévore à son sujet, au sujet de mes enfants et surtout de ma chère Lucie, je dois la soqpporter au milieu du bruit de la capitale, où je cherche la décision de mon sort que je ne pouvais obtenir par lettres. Cependant j'attends avec une vive impatience une lettre qui sera probablement décisive, et je tâche de me distraire en vous écrivant.
Ce voyage à Berlin est un nouveau pas décisif dans ma carrière, et il mérite bien que j'en entretienne un ami. Toutes mes lettres, qui représentaient qu*il m'était impossible d aller de nouveau à Rome à cause de ma femme, soit que l'air de cette ville lui soit réellement insupportable, soit que le mal du pays lui ait tout fait prendre en dégoût ; qui
80 COURESPONDANXE.
rappelaient que ma mission ne devait être que temporaire et que j'avais la promesse formelle, signée du Roi, de pouvoir revenir et d'être réintégré dans ■ ma précédente position, après arrangement préa- ' lable ; toutes ces lettres étaient demeurées sans rf- ' ponsc, et ce n'est qu'indirectement que le comte de ' Bernstorff me fit dire de me rendre à Berlin pour y = exposer moi-même ma demande. Ce fut dans une tout autre intention que le prince royal me pressa de venir ici. Faire le solliciteur, m'en tendre toujours répéter le même conseil dont on m'a pom^ suivi à satiété, le conseil défaire ce que je ferais si volontiers si je le pouvais (retourner à Rome), y répondre toujours de la même façon; être obligé de réclamer un droit appuyé sur la parole royale, et dont l'obtention me rejetterait au-<lessous de tous mes égaux d'autrefois, réclamer ce droit comme une grâce douteuse et exceptionnelle, tout cela était presque insupportable. Mais mon congé était expiré, et que me restait-il à faire, alors (juejene pouvais obtenir une réponse par écrit? (^n ne saurait se vanter d'un résultat que quand on tient la décision du Roi.
On continue ici les enquêtes sur les agitations des dernières années; et les révélations de plusieurs jeunes gens, surtout de ^^'itt-Do^ring^ qui est en
I Ferdinand Witt dit de Dorring, ne à Altona en 1800, se fit i^ marquer dés sa première jeunesse par l'ardeur de ses opinioo* pe'volutionnaires. H dut s'expatrier en 1811? et visita l' Angleterre' la France et le Picfinont, où il fut arrt»td(183i;. Après avoir pi»>* cinq années dans les prisons de l'Italie et de Iwlllemagne, il te-
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i^ à Bayreuth, paraissent établir réellement irers l'époque du crime de Sand\ une sorte de »iration ayant des chefs était organisée parmi nidiants et ceux qui leur tiennent de près. rit et le but de cette entreprise étaient odieux minels, malgré un vernis de piété; mais leur ^sse, si Ton met à part quelques assassinats , était aussi grande que la scélératesse de Tcrfie. Personne ne peut découvrir le moindre 3 qui prouve que cette conspiration se soit proi dans l'armée et les autres classes de la so- ; tout se borne à quelques sots et méchants d'étudiant.
elle place occuperons-nous dans l'histoire, si jivernement d'un grand royaume, appuyé sur jmée dont la fidélité ne peut être soupçonnée, ite un tel ennemi, tandis qu'en France le ornement se sert de la victoire pour afiFermir reté en graciant des rebelles déclarés*?
la liberté, épousa une femme noble et riche (18%), et de- »» manifesta des iddes plus raisonnables. Il est mort à [Tyrol) WfiSt octobre \&j3. Il cUît neveu du baron d'Eck- — Consultez le Conversations- Lexihon, ll*Auflagc, 15*''
tries-Louis Sand, né à VVunsiedel, prés Bayreuth, le 5 oc- 795. Il étudiait en 1819 à l'Université d'Iéna et était l'un mbres les plut ardents de la DurschenscfiafL S'étant rendu imm, il assassina l'écrivain Kotzebue comme traître à la
pais se plongea à plusieurs reprises le poig^nard dans le lais sans pouvoir se tuer (23 mars). Condamné à mort, il eotë à Manheim le 20 mai 1820. — Consultez le même t, la^'B.. S. 51.
mitez VHiêtoire de la Resiaurationy par M. de Viel-Cas- CIII, p. 50/1-597.