N^ XVI
Précis des dispositions militaires ordonnées par le lieutenant général commandant la r dil'ision^ pour la Journée du 5 juin^ et de leur exécution^.
Par son ordre du A, M. le lieutenant général avait prescrit au maréchal de camp commandant la place ^ :
1 De laîi-e doubler le lendemain 5 toute la canle et tous les postes environnants de la Chambiv iK? diputês et de placer le poste du Palaîs-Bourb^» sous les ordres d'un officier supérieur, qui sorait lui-nit*me aux ordres de M. le président de la Chambre ;
y De faîiv placer, à proximité, une ivseneJe quativ compagnies d'élite. Elle a été établie >iir Tesplanade des Invalides ;
IV De faille tenir aux Champs-Elysées une n-
* Lo comio Defrance. — Voyez t. III, p. 6.
•Voyez t. III, p. Mî3.
' Le comte de Rochechouart.
de trois bataillons sous le prétexte d'y ma« rar.
\ deux réserves et le doublement de tous les s avaient pour but de prêter main-forte au 1 et de disperser tout ce qui s'opposerait aux »rs de police et à la gendarmerie.
; réserves devaient être rendues à leur poste les deux heures après midi et ne se retirer pès en avoir reçu l'ordre. Toutes les autres 3s de la gamiëon étaient consignées dans leurs iers avec des piquets prêts à marcher, vait été recommandé également au commanle la place de ne pas perdre de vue ce qui poue passer du côté de la Chambre des pairs et rs, dans le cas où les malveillants voulussent r du tumulte sur un point pour se porter et r sur un autre. M. le lieutenant général avait é un officier de son état-major à l'arsenal pour T la garde du dépôt des poudres et salpêtres, le lieutenant général s'était en outre entendu ^I. le ministre d'Etat préfet de police pour le aent des postes, détachements et réserves de idarmerie de la ville.
vait informé M. le maréchal duc de Reggio esures de précaution prescrites pour la gar-
en le priant de lui communiquer celles que excellence avait prises de son côté pour la nationale, le lieutenant général, en se concertant avec
maréchal major général, de service, de la rovale, lui avait demandé de mettre à sa dis-
s» APPENDICE.
position le régiment de dragons de ladite pràt. ce qui fut effectué à rexceptîon des escadroude service ou de réser\"e du château.
Tout ce que M. le lieutenant général avait piwcrit quant aux ti-oupes sous ses ordres, tout ceqm avait été concerté avec les autorités ci-dessus motionnées fut exécuté de point en point.
La journée fut assez tranquille jusque ver? quatrt* heures et demie du soir; on n'avait cueit renian^ué justpi'à ce moment que des curieux tan: du côX'^ de la Chambre des pairs que dans les envin>ns lie celle des députés. Mais tout à coup, vcrf qiiaiiv heures et demie, un i*assemblement mm:bivux se forma sur le pont Louis XVI et leipni adjacent ainsi que sur la place Louis XV. 11 fiai' oonnv^se de jeunes gens, tous fort bien véius. mun:s de iiros bâtons et poussant des cris de lïir !c C'.''rr,\- auxquels se mêlaient parfois quelqu*? on* V- 1 :: ' /•• I!"i: iVn de voies de fait ont eu !i' i ■•
r:'.v.>>:\:rnt d«sîrer reiieontrer les irardesilii -^'V
!.. - .'.::•> iveheivlies furent vaines, et-ne rr ■:: ^' ■ *. v-'V/.îîîe u^Tites h*s autivs. ronsi:^nee Ja.'i'^ ^'
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i. ..:.. •.:'. vi..« la villr à jned et à eli»na!. st;iîi'>:'ii' ^:. :^ :\ f sur la j^laot- Louis XW poussait «iaii- :• > liS > -> dis patrouilKs nombreuses : jn:\i> *'llv^:faisaioni que feuiliv la îoule. qui, sVeoulanr î.'sj i- " ' ^ient par hs diverse^ îssui-s. revenait aussiro: p" I » aut n^s /
Enfin, M. le lieutenant général se détermina à «friver un escadron de dragons de la garde, qui 86 forma sur la place au débouché du pont et fit marcher aussitôt des pelotons dans différentes direetions ; un autre escadron le suivit de près et poussa des détachements sur la rive droite jusqu'à la grève. Les dragons, réunis, sur la place Louis XV, à la gendarmerie, parvinrent enfin, vers sept heures et demie du soir, à la déblayer.
Mais le principal attroupement se dirigeant sur le boulevard, M. le lieutenant général le fît suivre par la gendarmerie et les dragons delà garde, et quelque temps après par les trois bataillons placés aux Champs-Elysées. Cette dernière troupe reçut ordre de se rapprocher de sa caserne par diflTérentes directions.
L'attroupement, qui avait suivi le boulevard, gagnait insensiblement le faubourg Saint- Antoine en faisant entendre des cris séditieux ; il était à craindre que le peuple ne fût entraîné par ce dangereux exemple. Les grenadiers à cheval de la garde, casernes aux Célestins, étant montés à cheval et s*étant portés sur la place de la Bastille, où s^étaient successivement rassemblés les trois bataillons de la légion du Nord, rattroupcment, «uivipar la gendarmerie et les dragons, fut rejeté ^^ers la place de Grève par une charge de la gendarmerie qui la dispersa et parvint à saisir et emmener trente-cinq perturbateurs sur une soixantaine qui s'étaient réfugiés dans une église: le reste sV'chappa. 11 est satisfaisant de remarquer que VI. 15
995 APPENDICB.
deux fuyards furent arrêtés par le peuple et Urresa la gendarmerie et qu'aucun habitant du fauboH; ne s'est joint aux factieux.
Un attroupement nombreux. Tenant de la plas Louis XV, s'était aussi formé au Palais-Roval im sept heures du soir ; il y eut quelques voies de bà entre différents groupes. Sur les neuf heuies. «■ renfort de quatre-vingts gendarmes était arriTé; rofficier commandant parvint à faire évacuer entièrement le Palais-Royal -
On ne saurait donner trop d'éloges à la patience, au calme, et en même temps à la fermeté, au zèle et à rintelligence dont la gendarmerie royale de b ville de Paris, tant à pied qu'à cheval, celle de h première légion, ainsi que les troupes de la.gaide royale et de la garnison, ont fait preuve dans cette circonstance, et, s'il est pénible, on pourrait diie scandaleux, de voir une immense capitale tenue en alarme, son commerce, son industrie paralysés. >a tranquillité compromise par cinq ou six mille jeun^ srditionx que Ton a bien voulu ménager, mais que (Vun sounie on pouvait anéantir, il est consolant de voir <iuo le peuple n'a pris aucune part à ces ilfsor(ln\set que les troupes ont complètement jûstinî* tout ce (pron attendait de leur dévouement.
ANNÉB 18SQ. «ff
N« xvn
■ CMreB/aire adressée par M. de Serre aux procu-- K rears généraux à roccasion des troubles de I Paris.
' Psiris, le 6 juin IBM.
Monsieiir le procureur général,
I Quelques rixes particulières, qui ont eu lieu à ; Puis les 3 et 3 du courant, n'auront pas manqué d^ezciter Tattention publique dans l'étendue de votre ressort. Il est à craindre que la malveillance n^ait cherché à répandre à ce sujet des bruits exagérés ou envenimés par Tesprit de parti. Votre devoir, monsieur, est de déjouer ces coupables manœuvres et de faire connaître la vérité. Une relation exacte des faits est insérée dans le Moniteur de ce jour que vous trouverez ci-joint. Vous pourrez à son aide rectifier les relations mensongères que Ton voudrsût propager. La tranquillité publique dont jouit cette capitale n'a point été troublée. La masse de sa population est demeurée étrangère à des désordres qui n'ont été que momentanés et purement locaux. Les citoyens de Paris ont donné, dans cette circonstance, de nouvelles preuves de leur attachement et de leur fidélité au Roi et à son auguste famille. Les mesures convenables ont été prises de la put de l'autorité pour prévenir le renouvellement des scènes tumultueuses qui se sont passées. Ces
scènes ne pourraient avoir de suites fâcheuses qœ si elles devenaient ailleurs des occasions ou de» prétextes de trouble. |C'est à la sagesse et au ide des magistrats qu'il appartient de rempêcher. Je vous invite à donner une sérieuse attention i Unât tentative de ce genre qui pourrait être faite dan votre ressort et à me la signaler, et à prendre, le cas échéant, telle mesure que vous jugerez comnenable dans l'intérêt de la justice et du maintien de la tranquillité publique, et qui serait de votre oobpétence.
Recevez, monsieur, Tassurance de ma pariaîle considération.
Le garde des Sceaux,
H. DE SfiRRB.