N^ XXVIII
Discours prononcé par le roi Louis XVIII k 19 décembre 1820 en ouvrant la session ih Chambres^.
Messieurs,
Parvenus au terme d'une année, marquée dabord par les plus douloureux événements, mais si féconde depuis en consolations et en espéi-ances, nous devons, avant tout, rendre grâce à la divine Providence de ses nouveaux bienfaits.
Le deuil était dans ma maison ; un fils a été accordé à mes ardentes prières : la France, apns avoir mêlé ses larmes aux miennes, a partage n]i\ joie et ma reconnaissance avec des transports qu»* l'ai vivement ressentis.
Le Tout-Puissant n'a pas encore borné là >a i)r<>tection : nous lui devons la continuation de la paix. cette source de toutes les prospérités. Le tom|i> n'a fait que resserrer Talliance dont la Fraiioi* fait ])artie. Cette alliance, en même temj)s c|uoll<' t'*carte les causes de guerre, doit rassurer coiitiv lt'> dangers auxquels Tordre social ou l'équilibre politique pourraient encore être exposés.
* Voyez t. IV, p. 157-16^.
Ces dangers s'cloignent chaque jour de nous; toutefois, Je ne tairai pas, dans cette communication solennelle avec mon peuple, les faits graves qui, dui'ant le cours de Tannée, ont affligé mon oœur. Heureux cependant de pouvoir dire que, si rËtat et ma famille ont été menacés par un complot ti'op voisin des désordres qui Tavaient precédé, il a été manifeste que la nation française, fidèle à son Roi, s'indigne à la seule pensée de se voir arracher à son sceptre paternel, et de devenir le jouet d'un reste d'esprit perturbateur qu elle a hautement détesté !
Aussi cet esprit n'a-t-il point arrêté le mouvement qui reporte la France aux joui*s de sa prospérité. A l'intérieur, des succès toujours croissants ont couronné les efforts de cette activité laborieuse qui s^applique également à Tagriculturo, aux arts et à l'industrie.
L'amélioration des revenus de l'Etat, les économies que j'ai prescrites, et la solidité éprouvée du crédit, permettent de vous proposer, dans cette cession même, une nouvelle diminution des impots que supportent directement les contribuables. Cet «ilégement sera d'autant plus efficace qu'il produira une répartition plus égale des charges pu- Uiques.
De tels succès me rendent plus chers les devoirs que la royauté m'impose.
Perfectionner le mouvement des grands corps politiques créés par la Charte, mettre les différentes parties de l'administration en harmonie avec
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cette loi fondamentale, inspirer une oonfiaooe générale dans la stabilité du trône et dans Tinflen* bilité des lois qui protègent les intérêts de tous : tel est le but de mes eflfbrts. Pour Tatteindre, deux conditions sont nécessaires : le temps et le repoB. Nous ne devons pas demander à des institutkns naissantes ce qu^on ne peut attendre que de leur entier développement et des morars qu'elles sont destinées à former. Jusque-là sachons reconnaître qœ, dans les affidres publiques, la patience et la modération sont aussi des puissances, et celles de toutes qui trompent le moins. Ne perdons pas de vue qu41 serait impossible au gouvernement de maintenir Tordre, cette première garantie de la liberté, s'il n'était armé d'une force proportionnée aux difficultés au milieu desquelles il se trouve placé.
■Tout annonce que les modifications apportées i notre système électoral produiront les avantages que je m'en étais promis. Ce qui accroît la force et rindépendance des Chambres ajoute à rautorité et à la dignité de ma couronne.
Cette session achèvera, je l'espère, romTafic heureusement commencé par la session dernière. En affermissant les rapports nécessaires entre le monarque et les Chambres, nous parviendrons « fonder le système de gouvernement qu'exigerais dains tous les temps une aussi vaste monarchie* que commande plus impérieusement encore l'état actuel de la France et de l'Europe.
C'est pour accomplir ces desseins que je désira voir se prolonger les jours qui peuvent m'étre en-
•éservés; c'est aussi pour les accomplir que devons compter, vous, messieurs, sur ma et inviolable volonté, et moi, sur votre loyal istant appui.