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BYagments d'un discours du cardinal de Bausset à Voccasion de la mort du duc de Richelieu. {Chambre des pairs, séance du 8 juin 1833.y
Messieurs,
On ne peut se défendre d'un sentiment bien douloureux lorsque, en portant ses regards sur toutes les parties de cette auguste enceinte , on y cherche en vain celui qui naguère occupait une si grande place dans cette Chambre et dans l'Etat, celui dont le nom, consacré par l'estime et le respect universels, était toujours invoqué dans les grandes crises ou dans les grandes calamités. Un coup terrible, imprévu, a frappé M. le duc de Richelieu, et la nouvelle de sa mort a précédé celle de son danger. 11 a été enlevé dans la force de Tàge, dans la maturitô de ses talents, plein encore du sentiment qui a dominé toute sa vie, celui du bien public.
A sa mort, toutes les passions se sont couvertes d'un voile, tous les partis ont rougi de leurs préventions, et le cri irrésistible de la vérité a proclamé, sur sa cendre encore fumante, que la France
• Voyoz t. IV, p. 381 et 382.
avait perdu un homme d*État, un homme de bien.
Messieurs, vous avez vu longtemps parmi vous
cet homme d'État, cet homme de bien. Vous Tavez
constamment environné de votre confiance et de
votre considération. Vous avez admiré ce caractère
antique, si étranger à notre siècle et à nos mœurs,
oette franchise, cette modestie, cette conscience,
■ pour ainsi dire, de sa vertu qu'il ne cachait ni ne
f montrait, pai*ce qu'il ne croyait pas qu'elle lui ap-
1 partint plus qu'à tout autre. Vous estimiez le ministre et vous aimiez l'homme.
Tel était, en efiet, l'ascendant de cette âme si ^ noble et si pure que, parmi tant de personnes de ^ tous les états, de tous les rangs et de toutes les con- .. ditions qui ont eu des affaires, des intérêts ou des
2 prétentions à discuter avec lui, il n'eu est pas une . seule qui, en regrettant peut-être de n'avoir pas
toujours vu ses espérances remplies, n'ait senti , s^aocroitre l'estime qu'inspirait son beau caractère.
Personne n'ignore et personne ne conteste que
M. de Richelieu n'accepta que malgré lui le terrible ministère qui lui fut imposé, et, assurément, ai Ton se représente l'état où se trouvait la France, on croira aisément que le pouvoir n'offrait à l'ambition ni Tespérance du bonheur, ni même celle d'une gloire pure et tranquille.
La seule consolation de faire un peu de bien, de prévenir beaucoup de mal, et d'obtenir le concours de tous les véritables amis du Roi et de leur pays, pouvait séduire le cœur d'un homme vertueux.
an APPENDICE.
Vous TOUS ressouvenez encore, messieurs, di jour triste et solennel où M. de Richelieu vint lin dans cette enceinte le traité du 30 no%'embre. Vov pouvez vous rappeler Taccent donloureujc avec l^ quel il prononça, d'une voix entrecoupée, ces ptrôles qui s'échappaient avec effort du fond de sm âme oppressée : « Il faudrait n'être pas Fraonii poiu" ne pas être accablé de douleur. »
Messieurs, on Ta déjà dit, ce traité du âO mk vembre, quelque accablant qu^ii fût, l'aurait iir encore davantage si, par un concours de eût»stances dont 1^ détails appartiennent à riiistoire, et dont elle possède déjà les titres et les preurfs. rinterventioD de M. de Richelieu n'en eût pas détourné les résultats les plus funestes et les ]>! us déplorables.
C'est dans cette grande circonstance que M. df
Richelieu, se ser\ant, pour le salut i\r la l'nuxr. de riionorable ascendant que son cararti-iv lui a\:.iî donné auprès des principaux cabinets de rKun^}»' sut employer, dans une juste mesure, la jilu- ucl-ir fermeté et une grande habileté. Il existe une U-nit de lui au principal ministre d'une iirîuuli- }'uirsance dans la([uelle il invite <( à ne jias {H»rt*/r ;ij désespoir une grande nation qui venait >au> iioiitr (réprouver de grands revers, uaais (jui >«Miuiii encore ses forces, et dont les ressentiments jKUivaieu: devenir terribles ». Il lui déclarait en même u-mpf avec franchise « qu'il serait le premier n eonM-ilkr ce noble désespoir à son Roi et à son pays si Ioh ïk
lefenait pas à un système de modération aossi confia saine politique qu'à la justice et à Thon- ».
n parvint ainsi à désintéresser les puissances par des sacrifices justes et modérés.
La loyauté de M. de Richelieu avait fait sur le dne de Wellington l'impression qu'elle ne manquait jamais de produire sur tous ceux qui s'éta* hlissaient en relations avec lui. C'est le duc de Wellington qui a dit de M. de Richelieu ce mot si remarquable qui, dans la bouche d'un étranger, renferme le plus grand éloge qui ait peut-être jamais été fait : « La parole du duc de Richelieu vaut un traité. »
Les réclamations ou indemnités des sujets des paissances étrangères du continent, appuyées de pièces justificatives, s'élevaient à la somme de 963 millions. Elles furent réduites à 2/40 millions de capital nominal, représentés par 12,080,000 francs de rente sur le grand-livre.
n fallut ensuite écarter les motifs ou les prétextes ^pie la malveillance étrangère pouvait emprunter de Fétat encore un peu équivoque de notre situation intérieure. C'est sur ce point si délicat, et sur lequel il était si difficile d'obtenir une illusion complète, qoe M. de Richelieu montra le plus d'art et d'ha^ iUeté : il fit sentir qae les divisions d'opinions cpii pouvaient exister sur quelques points de législation étaient la condition nécessaire de tout gouvernement représentatif, et que les rivalités des partis pour arriver au pouvoir étaient la maladie naturelle et
APPENDICB.
inévitable de tous les pays où Tactivité de Tesprit et rinquiétude du caractère entretiennent tous les genres d'ambition ; que de pareilles agitations domestiques étaient peu dignes d'attirer l'attention de l'Europe, et méritaient encore moins d'appeler son inquiétude. Enfin il osa prendre sous sa propre responsabilité la tranquillité de la France ; et ce fat sur sa garantie personnelle que M. de Richelieu obtint au bout de deux ans un premier et important adoucissement dont le traité du 30 novembre avait à peine laissé entrevoir la possibilité, là diminution de 30,000 hommes de l'armée d'occupation et une économie de 60 millions pour leur entretien.
Un des jours les plus heureux de l'administration de M. de Richelieu fut celui où il vint annoncer aux deux Chambres ce premier pas de la France vers son indépendance et son antique dignit<!\
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Sûr de sa position, il ne craint plus d'inviter les souverains et leurs ministres à se réunir dans un Congrès pour leur demander d'exécuter le traiiédu 20 novembre dans sa véritable interprétation. 11 arrive à Aix-la-Chapelle et dit aux Rois assemblés : « Vous avez voulu que la tranquillité de la France répondît de la tranquillité de l'Europe : une expérience de trois ans vous a montré que ma parole n a pas été vaine. Vous avez demandé 700 millions : je vous les apporte. »
Jamais son cœur n'éprouva une émotion plus douce et plus pure qu'au moment où, en revenant d'Aix-la-Chapelle à Paris, il rencontra sur sa route
les différents corps de troupes étrangères qui vendent déjà de quitter la France.
Il était revenu à Paris vers la fin de 1819 ; il avait amioncé la ferme détermination de ne plus rentrer duis les affaires ; il s'était même refusé aux sollicitations pressantes qui venaient de lui être renouvelées, et il se disposait à partir le lA février 18^, de {paod matin, pour aller, au nom de Sa Majesté, iSiciter le roi Georges IV sur son avènement au Moe, lorsque, dans la nuit du 13 au 1/t, le plus Inrrible des attentats vint porter la douleur dans k maison de nos Rois et répandit le deuil sur toute k France.
M. de Richelieu avait résisté à toutes les considérations politiques, il ne put résister aux tou* ehantes instances de la famille royale éplorée. Lui larqui le malheur avait toujoui*s des droits, il ne pouvait résister lorsque d'augustes infortunes lui demandaient de se dévouer.
Il se sacrifia : en faisant son sacrifice avait-il la conviction consolante qu'il pût devenir aussi utile qu'on le jugeait nécessaire?
U se traça, en acceptant pour la seconde fois le terrible fardeau qui lui était imposé, un plan de gouvernement dont il ne s'est pas écarté un seul instant pendant tout le cours de son second ministère, celui de seconder le triomphe des principes monarchiques, en les liant, par un nœud indissoloble* aux libertés politiques, sans se permettre un leol acte d'oppression contre les partisans des doc-
9B5 APPBNDICS.
trines opposées» Ce plan devait sans dkmte se manifester par le choix des personnes, par la distribatioQ des emplois, par la dispensation des faveurs.
Une telle marche, si conforme aux vues et aux sentiments du Roi, fut courcmnée par son approbation et par le succès le plus complet. M. de Richelieu, ennemi par caractère et par sagesse de toutes les réactions, se permit à peine quelques chao^ ments en très-petit nombre et absolument indispensables. Cette mesure même servit puissamoMOt à assurer la confiance et à garantir la stabilité de tous les administrateurs et de toutes ks administrations. Toutes les places et tous les emplois doat la disposition devint libre par le cours naturel des choses furent accordés avec empressement aui amis de la monarchie. On ne peut citer à cet é^ard un seul fait qui se soit trouvé en contradiction avec les principes avoués et professés par M. de Richelieu. La justice et la bonne foi obligent de déclarer hautement que tous les collègues qu'il s'était associé>, et dont les talents supérieurs sont généraleiueni reconnus, se conformèrent avec autant de zélé qiie de sincérité à la direction qu'ils jugeaient eux-mêmes la plus utile et la plus nécessain^ au salut delà France. .V travers beaucoup de déclamations auxquelles ime grande administration ne peut })as totalement échapper, on serait embarrasse* de citer une plainte justement fondée.
Tous les actes publics du gouvernement furent donc en harmonie avec le plan adopté par M. de Richelieu. La loi des élections fut modifiée; une pro-
damatioQ da Roi Tint annoncer à tous les collèges éfectiMraux de France les vœux et les errances du monarque. M. de Richelieu se borna à exercer dans ks élections la seule influence qui pouvait appartenir à son âme noble et élevée : celle d'une douce confiance en ranxmr du Roi pour le bonheur de ses peq>les, et en Tanioor de la France pour le Roi.
La France accueillit tons les bienfaits de cette administration si douce, si paternelle. Le plus grand etfane régnait dans toute retendue des départewnts. Si quelques honunes, heureusement devenus bien rares, ennemis de leur propre repos et de celui de leor pays, osaient hasarder quelques tentatives eriminelles, elles étaient aussitôt réprimées que eoDçues.
Les faits parlaient donc hautement, et attestaient ila France Theureuse influence d'une administration qui avait fait tant de bien dans le court inter- Talle de vingt mois .
M. de Richelieu croyait donc toucher à Taccomplissement de ses vœux les plus chers. Il apercevait dans un avenir peu éloigné le terme heureux vers lequel il soupirait sans cesse, celui où la France, soulagée du poids de tant de charges accablantes, pourrait recueillir tons les bienfaits que la nature s'est plu à répandre avec, tant d'abondance sur cette terre favorisée du Ciel.
Vous savez, messieurs, comment un genre de contradiction que la prévoyance la plus inquiète n'aurait pu même supposer est venu arrêter le déve-
loppement d'un système conçu dans les intentioos les plus pures, et suivi avec tant de persévérance et de succès.
M. de Richelieu, perdant Tespérance d'être utile comme il croyait pouvoir et devoir Têtre, a dû se retirer. Sa retraite, à Fépoque de son premier ministère, n'avait excité en lui aucun regret ; il n'en a pas été de même en cette dernière circonstance, et il Ta avoué hautement, sans faste, sans ostentation, et avec la simplicité d'une âme toujours vraie. C'est encore le plus beau trait peut-être de cet admirable caractère. Il savait que le soupçon d'aucun intérêt, d'aucun sentiment personnel ne pouvait se mêler é l'expression de ses regrets ; on ne pouvait se méprendre sur les motifs de cette douleur noble et vertueuse. C'est la France elle-même qui a dit d une voix unanime que M. de Richelieu n'a regretté que le pouvoir de faire le bien. Plus il s'était flatté d'être arrivé au terme de ses vœux, plus son cunira été déchiré de voir s'évanouir la pensée dominaiiU' de toute sa vie : la vie ne pouvait plus avoir aucun intérêt pour lui.
Il serait inutile de le dissimuler : les dernienJ jours de M. le duc de Richelieu ont dû être pénibles et douloureux. Sou cœur avait été profondément atteint : il dédaignait le pouvoir, les honneurs, les richesses: il ne respirait que la gloire du Roi et 1«* bonheur de la France. Il avait vu se réaliser, pendant son second ministère, une grande partie d<^' espérances dont il avait toujours aimé à se nourrir. La France, heureuse et paisible sous les lois pa-
ANNÉE 18â2. 999
teroelles d'un Roi sage et éclairé, offrait à l'Europe étonnée le spectacle d'une grande nation sortie» comme par enchantement, d'un profond abîme. La loyauté et la capacité si connues de M. de Richelieu inspiraient aux gouvernements étrangers la confiance et la sécurité : il était le lien de la France et de l'Eufope. La fidélité du Roi à remplir tous les engagements que les malheurs de la guerre araient imposés conciliait à son gouvernement l'estime et le respect de toutes les nations. Au milieu des convulsions qui agitaient queU^ues contrées de. l'Europe, la France avait su conserver sa dignité et sa paix intérieure. Les lois recevaient, dans toutes les parties du royaume, une exécution douce et facile ; l'autorité ne se laissait apercevoir çie pour protéger l'ordre public et affennir le calme si nécessaire après tant d'agitations. Toutes les institutions commençaient à prendre de la stabilité. Cette mobilité inquiète, qui entretenait tant de craintes, d'espérances et d'ambitions mal réglées, commençait à s'amortir. Les administrateurs, libres de cette anxiété qui les laissait toujours inœrtains de leur sort, assurés désormais de leur considération et de leur existence, se montraient jaloux de justifier la confiance d'un gouvernement quMls auraient trouvé inexorable s'ils eussent trompé ses vues et ses intentions. Le calme était derenu si universel que, pour me ser\-ir d'une expression de M. de Richelieu lui-même, la correspcmdance des départements était devenue presque insipide par l'uniformité des dispositions rassu-
rantes et paisibles dont elle retraçait le tableau d'un bout de la France à l'autre. A la suite de ces imaces si satisfaisantes, on voyait tous les prodiges de rindustrieuse activité des intérêts particuliers au milieu du repos général. Un court intervalle de quelques années allait suffire pour élever la fortune de la France à un degré de prospérité presque fabuleuse; des canaux s ouvraient sur les points les plus importants du royaume, et un plan général conçu et arrêté allait étendre ses fleuves de richesse et d'abondance sur toutes les parties de l'empire.
Nous avons la ferme confiance qu'un tel avenir ne sera point trompé et parlera plus haut que nous ne pourrions le faire pour l'honneur et la gloire de celui qui en avait conçu la pensée et suivi avec tant de lx)nheur les progrès.
Il est difficile de savoir s'il a été donné à M. de Richelieu d'envisager la mort; mais ce ([u'ou jK^ut supposer avec vraisemblance, c'est qu'il en auni vu les approches sans regret. Il était entièremeui détaché de la vie. Toujours fidèle à sa veilu, st's derniers vœux auront certainement été j)our sou lîoi et pour son pays. Le Ciel ne sera p;ts in(Hfftrent aux généreuses inspirations de rame la plus vertueuse et du cœur le plus français : il aui-a au moins trouvé clans le tombeau le repos dent il n'est pas donné au plus juste de jouir sur la lern*.
Me serait-il permis, messieurs, de parler de ma douleur personnelle, au milieu de tant de témoignages bien plus honorables à sa mémoire?
ANNÉB 18S9. »1
amitié de M. le duc de Richelieu était venue hercher au fond de la retraite à laquelle de lies infirmités me condamnent depuis tant d'an- : j'ai pu observer dans toute leur pureté et, si lis le dire, dans toute leur naïveté, toutes les "essions de cette âme si transparente qui n'arien à dissimuler parce qu'elle n'avait rien à w ou à désavouer. Elle était la première à juser elle-même lorsqu'elle croyait avoir Tapnce d'un tort à se reprocher. Sans doute j'y ai imu souvent l'expression de cette susceptibilité Ate qui ne peut être indifiFérente à de grandes stices, mais jamais je n'y ai aperçu la trace du idre ressentiment personnel. Sûr de n'avoir pas té des ennemis, jamais il n'a cru en avoir. 11 été le plus malheureux des hommes s'il eût lé à un seul le droit de l'être. Ses défauts mêmes ndaientcheràceux qui approchaient en quelc[ue '. de sa conscience : ils tenaient tous à des verle l'ordre le plus élevé. La plus juste, la plus >nde reconnaissance était encore le plus faible liens qui m'attachaient à cet hcHnme si attat. Son image sera toujours présente à ma penlendant le peu de jours qui me restent à passer la terre * .
irmi ceux qui ont cëlëbrë le patriotisme de M. de Richelieu, i mettre au premier rang M. Villemain. Voici cpielcjuas patdu discours qu'il prononça le S8 novembre 1850, en reoe- M. Dacier, qui succédait à M. de Richelieu comme membre ieMdémît française :
s APPISNDICB*
« \ùma ¥«Ba. ■udsmTi da payar un juste hommife i U m»de ce noble iià^ticr d'une grmnde famille qui, dans nae fît trop peu de temps i la FraLoce, fut aasez beareux poor IUlostntkm de sa mes par de noareanz titres «t ^ wîees..-. Ministre da Roi, aa milieu des infortms es de la détresse que nous araient ]<%ndes rnsarpstioii et h M. de Ricbdieu obtint et mérita rinappr^ciabU bosde CQwourir puissamment i la libération de la France^. Eb lui l'WMméle bonmie soutenait et agrandissait llionime dX- — I>BS éludes Tariées, une attentico rire et pénétrante, ewpar de Ioo$s rojages, par le spectacle des réTolntions st fv leféprsures du malbeur, araient étendu son esprit. Son ime, »• it bante et modérée, était ëtrangfére aux passion eaB> et n'admettait que la justice et le devoir. Un déf oucasB inaltérable i la monarchie, une ferme confiance dans tes pffvfi» ÎBientions et cette beureuse sécurité d'une rertu toujours h même, lui inspiraient des pensées calmes et conciliatrices. Il w se pfédpîtait pas rers le bien ; il sarait le préparer et 1 attendre.^ n soubaitait, il cbercbait pour les peuples tout le bonbeur doft les însdmtions les plus libres ne sont que l'instrument ef h {H
rantie Peut-être sa lovauté, rive et sans détour, ne s'anMÎh
elle pas assex contre les chances compliquées d'une fonm ér gouTemement difficile et nourelle. Ces attaques variées, en npiàes éroluiioas des panis, ces brusques changement^ .lin* >* amiiies et dans les haines, qui sont les accidents naturels d« ii guerre politique et les stratagèmes de la tribune, étonnaient j* rertu. D'ailleurs, dans cette atimirable Constitution politique-, ;•!
les passions mêmes tournent à rinte'rèt commun , pc-ur rx-
Sf?r\-er longtemps le pouvoir, il faut en être jaloux, il tau: i'aitaer arec passion et le de'fendre comme une conquête ; mai-i lïme i— ir.ieressf'e de M. de Richelieu pouvait-elle e'prouver ?r» <v:i:.:LiL: exclusif? -
N« XXXV Mémoire sur la Sicile^.
Août leSSL
» instructions de l'ambassadeur du Roi à Na« sous la date du S6 mars de celte année, appelson attention spéciale sur la Sicile. Ces instruc- \ signalent l'influence exercée par l'Angleterre ^tte île pendant la dernière guerre, les motifs Ile pourrait avoir pour chercher à la l'essaisir MT : <K Nous avons peu de notions exactes sur tritable situation de la Sicile », ajoutent les in- ^ons en recommandant à l'ambassadeur du Roi étudier avec attention. L'examen de l'état gé- 1 des aflaires de Naples conduisait naturellet à l'examen particulier de celles de la Sicile, rand intérêt actuel des deux royaumes est une Bution considérable de l'armée d'occupation, ; la force exagérée les empêche de reprendre existence propre, et dont les frais exorbitants ent leurs finances. D'après la disposition géoihique des deux royaimies et conformément à la "ention sur l'armée d'occupation du 18 octobre ier, c'est par l'évacuation de la Sicile que doit mencer la réduction de l'armée d'occupation; I ce ne serait point assez faire pour la sûratè
oj%z I. IV, p. Uèh et !S7.
future de la Sicile que de s'en rapporter au peth nombre de troupes nationales ou étrangères que V gouvernement de Naples pourra y envoyer. Il csi évident qu'il faut remonter aux causes qui ont dîv cessité l'envoi de troupes dans l'île et produit autant de mécontentement et d'irritation dans im ro}*aume où, pendant toutes les dernières rêvohitions, les Bourbons de Naples avaient trouvé m asile assuré. Cette recherche peut seule mettre sv la voie des remèdes à apporter à une situatioD i|n n^est pas seulement critique pour le moment, mû encore pour l'avenir.
Dès sou arrivée à Naples, l'ambassadeur du Fui ne s'est pas contenté de recueillir les rensei^neniHib précieux que le chargé d'afiaires de Sa Majest* avait réunis sur la Sicile; il a cherché à les comr pléter autant que la brièveté du temps le lui a permis. et« comme tout annonce la réunion proi^haiof iiu Con^rts d'Italie, que la question de la Siiii»*r?t Tuuo iles plus cH>mpliqut*es et des plus epim-iisri 'P vit^ivni ixvujx^r cette Assemblt^, rainbassiidruriii; iioi va sans dt lai mettre en ordre les matt-riaw t^i l<?s i\ flexions propres à jeter du jour sur cette ijiK^
Il t^: notoire lyue les Siciliens sont privt-s eu -.r ir..H:îeu; e: de leui's institutions anciennes, ft i* ivIUs i|i:i leur avaient rte données en remplaeenKH» tu l>i:2; ils prétendent n'avoir fourni aucun pnlexie â ct^rte privation, et ils n'admettent pi^int W
ANNËB 1855.
motif qu'on a dû leur enlever les institutions dont ils jouissaient parce qu'il était impossible de les étendre au royaume de Naples ; ils se plaignent de la dépendance humiliante et ruineuse dans laquelle les tient ce royaume, de la mauvaise administration, du poids accablant des impôts, du défaut de justice, de la ruine de leur agriculture et de leur commerce.
Remarquons que le Congrès de Laybach, bien que Turgence des temps n'y ait guère permis d'approfondir les griefs de la Sicile, en avait cependant admis une partie et avait réglé que cette île aurait à l'avenir une administration séparée et une Consulte d'État choisie dans son sein. Ces dispositions ont bien éU» répétées dans les décrets rendus par lepoi de Naples depuis son retour dans ses Etats, mais elles n'ont eu aucun effet réel quant à la Sicile. Les membres de la Consulte d'État sicilienne Dont pas même été nommés.
Pour arriver à une juste appréciation des griefs des SiciUens et des remèdes qui pourraient y être apporti'ts, l'ambassadeur du Roi a posé une série de questions. Il va la transcrire; il rapportera ensuite les réponsi*s qu'il a obtenues ; émanées en grande partie de Siciliens, elles seront naturellement imprégnées de leurs opinions; on n'aurait pu, sans les altéi'er, leur ôter cette empreinte originelle qui permettra toutefois de démêler la vérité. Enfin, l'ambassadeur du lioi ajoutera à ces réponses les considérations que lui suggère à lui-même l'état actuel de la Sicile.
$96 APPENDIOB.