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tîmée par le danger d'une partie de TËurope, ou par l'espoir bien fondé d'arracher ce peuple et son Roi à ranarchie à laquelle ils sont en proie. Qui penserait jxïuvoir avec justice, avec pnidence« restituer TEspagne au gouvernement qu'a fait peser sur elle Ferdinand VII de 181Aà 1820? Personne sans doute. £h bien ! la cause de la Sicile est plus juste que celle de l'Espagne; et l'Espagne et le monde liront dans la conduite qui sera tenue à l'égard de la Sicile ce qu'ils doivent attendre de la justice et de la politique des souverains.
Ce n'est point que, dans l'état actuel des choses et des esprits, les Siciliens ne s'attendent à des modifications à la Constitution de 1812. Le Roî, en ouvrant le Parlement de 181A, les avait annoncées dans son discours : « Il les fallait, disait-il, pour pouvoir appliquer la Constitution au royaume de Naples, en possession duquel, comptant sur la justice de ses alliés, il était sûr de rentrer. » Lord Bentinck n'avait point préparé le sol sicilien à la Constitution de 1812; loin de là, il voulut fairo faire à la Sicile en un jour le chemin ([iie TAngloterre avait fait en deux siècles. En outre, la Constitution donnée, ni lui ni personne ne lîreiit rien pour faciliter sa marche et lui aplanir les obstacles. En rendant à la Sicile un Parlement, deux choses seraient à faire : P une loi politique qui constituerait les grandes classes de la société et tnmsîizerait sur les points qui les divisent, de sorte ([ue, dans le Parlement, elles n'eussent plus à s'occuper que des intérêts généraux de l'île; 2"* le Parlement, la pu-
ANNÉE ISSJt 33».
biicité des débats, la presse, etc., devraient être réglés avec ces précautions que commandent le degré do civilisation de l'île et sa connexion avec le royaume de Naples. Avant d'indiquer comment il est possible d'atteindre ce double but et cependant de se rattacher les Siciliens en satisfaisant à leurs besoins réels, il est nécessaire de discuter les objections les plus spécieuses au plan que nous venons de tracer.
La première est celle devant laquelle s'est arrêté le j-oi Ferdinand à son retour à Naples, l'incompatibilité des deux royaumes dont l'un jouirait d'une Constitution et l'autre n'en jouii*ait pas. Si les termes sont absolus, c'est-à-dire si le pouvoir est complètement arbitraire à Naples et la Constitution extrêmement libérale en Sicile, l'objection est inâoluble, l'incompatibilité est constante. L'époque et la situation des deux pays étant données , la Sicile mettra le feu au royaume de Naples. Mais, si les termes sont modifiés, l'objection s'affaiblit.
Qu'en exécutant franchement le svstème de la Consuite d'État et des Conseils provinciaux, en le développant même au lieu de le restreindre, le a;ouvemement obtienne la confiance du rovaume de Naples, qu'en même t<»mps la Constitution sicilienne soit safi;ement limitée, et ces deux svstêmes pourront exister ensemble ; le Parlement de Sicile ne sera pas beaucoup plus dangereux pour Naples qu'il ne l'a été pendant des siècles, pas plus que ne Test pour la Russie la Constitution de la Pologne, ou pour rAutriclie celle de la Hoxigrie. Les Con- VI. 22^
âU) APPENDICE.
stitutions aristocratiques et bien appropriées au pays qui les possède ne sont en général ni contagieuses ni révolutionnaires.
Une seconde objection est peut-être la plus forte de toutes ; elle est tirée de la <XMTuption des mœurs, de rimprobité, de l'esprit d'intrigue qm infestent Tune et Tautre Sicile. Mais, si cette corruptiou tire précisément son origine de Tavilissement de toutes les classes sous le pouvoir arbitraire, si cette corruption est d'autant plus rapide et plus profonde qu'elle commence par le pouvoir lui-même, ne faut-il pas, pour la guérison du pouvoir comme pour celle des peuples, essayer d'un autre régime? Depuis trente ans, l'Italie n'a certes été ni heureuse, ni tranquille, ni libre. On convient cependant que les mœurs s'y sont à un certain point améliorées; le mouvement semble leur avoir fait comme aux eaux stagnantes : il les a épurées. Le mouvement intérii^ur d'un peuple dont la ti^'te an moins s'occupe de ses intérêts produit un ellVt semblable. La corruption a été iirande dans h-y classes supérieures en Ani^leterre après la tyraniii'' du loni^ Parlement, celle de Cromwell et sous K* régne de Charles II; elle a été grande en Franc» sous le régime et pendant presque tout le coui'sdu X\'Iir siècle; et cependant Tune et l'autre, aviv de meilleures institutions, ont pu revenir à do meilleures mœui's.
C'est d'ailleurs à Xaples même que cette coniiption est plus intense; or, il ne s'agît pour Napte de rien moins que d'un système de liberté, mais il^'
ANNÉE 18S1 3;ii
simples tempéraments au pouvoir absolu, tels que dans son propre intérêt il devait se les prescrire. La Sicile, au contraire, a une ancienne aristocratie, penchant vers sa ruine, il est vrai, mais que Ton peut soutenir et fonder; cette aristocratie et les communes ont depuis longtemps le droit et Thabitude de s'occuper des affaires du pays ; la Sicile a donc un commencement de mœurs publiques. Au surplus, on le répète, il y auni encore pour établir le Parlement en Sicile des difficultés et des inconvénients; mais il en existe partout aujourd'hui, partout au moins où les influences des révolutions ont pénétré. Nous préviendrons une dernière objection : quelque sages que soient les prévisions du nouveau Congrès, ne doit-on pas craindre qu'elles ne soient pas mieux entendues, plus habilement et plus fidèlement accomplies par le gouvernement de Naples que ne l'ont été les prévisions du Congrès de Laybach?Cela est à craindre sans doute; mais, en le craignant, il est au pouvoir du Congrès de l'empêcher. Les nouvelles mesures bien prises, bien discutées, bien arrêtées avec le roi des Deux-Siciles et ses ministres, qu'ils sachent que Tappui des alliés est au prix de l'exécution consciencieuse de ces mesui-es, que le refus ou la négligence à les exécuter déciderait les puissances à leur retirer immédiatement tout secours; qu'ils sachent que l'Europe ne peut soutenir indéfiniment un gouvemement qui se joue le lendemain des lois fondamentales qu'il a publiées la veille. Autant nous avons pensé qu'il ne fallait pas que l'admi-
abS APPEliipiCE.
nistration des Deux-Siciles fût dévolue à une conférence de ministres étrangers, autant nous pensons que la dictature que les souverains alliés ont été appelés à exercer sur l'Italie doit être pleinraient efficace, c'est-à-dire qu'elle dmt être remplie de manière à devenir inutile un jour et à laisser alors ritalie et rEurope à Tabri des révolutions nouvelles ; les institutions, une fois créées, commenceront à se servir de garantie à elles-mêmes; elles porteront leurs fruits. Ainsi, quant à Tobjet qui nous occupe, de la Consulte d'État napolitaine et du Parlement sicilien mis en activité, sortiront des sujets propres à être bons ministres.
Nous avons parlé d'une loi politique, d'une transaction à publier avant de rétablir le Parlement sicilien. Nous ne nous proposons que de jeter ici quelques indications, pour forme d'exemple, en avertissant que, avant d'être arrêtées, les dispositions d'au tel statut devraient être concertées avec un petit nombre de personnes les plus considcrable> et les plus éclairées du clergé, des barons et de> communes.
Par exemple, pour constituer le cleri^é et le préserver des attaques auxquelles il a été en butte, au lieu de le dépouiller, il serait politique de inetli*e à sa charge les dépenses publiques qui sont le plus en rapport avec les devoirs du sacerdoce : les éciiles à fonder (pour instruire les autres classes, le elergi' devra s'instruire lui-même et TiDStruction en sera plus religieuse); des hôpitaux, s'ils sont nécessaires; des ordres religieux des deux sexes, oisifs aujour-
ANNËB 18». atô
d'huî peut-être, y seraient utilement consacrés. Mais une dépense que nous aurions dû placer la première, c'est le complément d'une dotation suffisante en faveur du bas clergé sur le superflu du haut; par là ce nombreux clergé inférieur qui touche le plus intimement dla population* hostile aujourd'hui, serait réconcilié avec ses chefs. Il faudrait mieux connaître l'étendue des richesses du clergé pour savoir s'il peut être grevé d'autres charges encore ; si des couvents trop multipliés ne peuvent pas être réunis ; si les biens du clergé ne pourraient pas fournir une dotation à la magistrature indépendante qu'il est si urgent de créer en Sicile ; si les aumônes qui entretiennent la mendicité et le vagabondage ne pourraient, appliquées par le clergé lui-même à des ateliers de travail, servir à la construction et à l'entretien des routes dont la Sicile est dépour\'ue. Le clergé est naturellement bon administrateur; plus il aura de dépenses à faire, mieux il fera valoir ses propriétés; dans un petit nombre d'années, il serait, par ces moyens, bienfaiteur de son pays, aurait acquis la plus légitime influence, une grande amélioration monde, et ne se serait point appauvri.
D'autres mesures sont à prendre pour sauver aussi les barons de la ruine qui les menace, les l'attacher à la couronne et pnS'cnir tous débats ultt»rieurs entre eux et le reste de la nation. La loi politique doit régler leurs rapports avec leurs familles, leurs créanciers, leurs redevables, les communes de leurs seigneuries. S'ils ne l'ont été, tous ^es barons
suffisamment riches doivent être créés les immeubles des pairs acquis ou à vent être frappés d'im fidéicoiumis concurrence d'mi revenu élevé à détermiaer. apanages on pensions des cadcls et des filles étt vent être fixés proportioniicllement; les crvanoei constituées sur fiefs devenus <lotatiof)s de paiât ■ pourraient être ilécl.ii-ées négociables. Une eaif* d'umortissement pourrait être fondée sous U mveillancc du Pai'leruent qui serait cbargée du payement des intérctset du radiât successif descfùsDCia. Le montant de ces întért'ts et le denier d'aioortissement suraient ajoutés aux contributions et pcrv» de la même manière au profit de la caisse. Le prix du rachat des droits f('-(Hlan.x et des rentes altadita à ces fiefs serait versé à la même caisse et eo»* courrait à l'amortissement des créances. L« fam triennaux seraient portés i\ neuf anntWs au moiiis: les droits d'usages ou préteuLioiis des coQuauDc» sur les biens des seigneurs seraient réglés par Toie de cantonnement, etc.
Eu voilà assez, trop peut-être, pour indîqiicî quelle politique équitable devrait présider à cette grande transaction -, la sagesse et la moralité que le gouvernement y manifesterait ne seraient pas saiL« influence sur le cœur et l'esprit des Siciliens. Quaot aux précautions à prendre pour empêcher que le Parlement n'imprime un mouvement désordonné i la Sicile et par suite au royaume de Naples; quant aux élections, à la presse, on trouve des exemples dans ce qui a été fait depuis la Restauration en
ANNÉE 1899. 3tô
rance, en Belgique et ailleurs ; quant aux formes e délibérations, on n'en saurait trouver de plus iges que celles de la Chambre des communes d'Anleterré. Mais ces matières sont assez débattues, ssez connues, pour qu'on sache que des précauons efficaces sont possibles et pour que nous 'ayons pas besoin d'en dire davantage.
Avec un ensemble de mesures telles à peu près ue nous venons de les indiquer, un prince de la unille royale pourrait être utilement envoyé en licile comme lieutenant général ou vice-roi; au- Muxi'hui, il y serait déplacé, comme l'a été le duc ê Calabre pendant les cinq années qui ont précédé I dernière révolution, impuissant à faire aucun lien au pays, à redresser aucun de ses griefs, réduit . quereller vainement les ministres et brouillé avec axtous.
La France a cet avantage que, dans cette quesion, sa politique ne peut être déçue par l'illusion l'aucun intérêt personnel ; elle n'en a d'autre que a prospérité des Deux-Siciles, et, lors même qu'elle le réussirait point à faire adopter le parti le plus sage et le plus juste, il serait infiniment honorable i son gouvernement de l'avoir proposé.
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I m* laissa A soo a moiuirehîcs de rRurapt fcidir air Ip p— lA mal erandi et fortifié pv «s TÎrtoûvsivfKC^essar la noblesse fëodalertsorle tffargy- So«mif dèsonnais, ce$ deux corps semîent ii>* ^iMcratàcn an trâoe, et, lom de Inî r<Hiiier nae opfvtfîtkxt. ils lai ol&aient plutôt de docOes instnaKQts. Ce qnî leur restait d'influence était balaarf i>ar tme arm^ rvcnlière, composa de prolétaires
• \>T^i, nr.p. ia>.
> rva Cvtiw. K en IDâ, «uil Gis d« Philippe V, roi d'Eiptpm, .pi I2: i.-vtli. en 1731^ le« Drax-SidUes. II les goaTom», moi h ■-x'"^ .il* OLiri«? VII. jieqn'm 1759. A celle époiiue, il derint ni <rEfpa£n« ïoof I« nom de Cbuies III, par la mort de eoa firtc FetxiiiunJ M, M Uisja les Denx-Siciles i son troisième fit», Ferit en 1768.
ANNÉE 18S3. 2ia
OU d'étrangers absolument dépendant du prince. Les classes intermédiaires restaient les alliées d'un truoe qu'elles avaient secondé dans la lutte soutenue et terminée à son avantage contre les classes privilégiées ; le peuple, peu influent, contenu au besoin par la force. Tétait plus encore par l'habitude; il était attaché au pouvoir protecteur du Roi, et, dans les souffrances publiques, les plaintes ne se dirigeaient pas contre le monarque, mais contre ses ministres.
A cette disposition générale dans le royaume de Naples se joignait une autre cause d'attachement au gouvernement : les bienfaits qu'on devait au rétablissement de la monarchie et à la sage administration de Charles III, qui réparait les maux et les humiliations de la triste et longue époque de la ^ioc-royauté.
Le pciuvoir royal n'avait aucune limite positive. Les setlili de Naples, qui avaient usurpé la représentation du royaume, dont ils n'étaient jadis qu'une iaible fraction, n'étaient plus qu'un simulacre de coq>8 représentatif, réduit au seul droit de sancticmner* sous le nom de doncitiÇ^ les impositions extraordinaires qu'ils ne pensaient pas même pouvoir refuser. La noblesse napolitaine ou résidant à Naples était toute composée de courtisans ou d'aspirants à l'être. C'avait été un des traits de la politique des vice-rois d'attirer et de retenir dans la capitale la grande noblesse du royaume ; là, dans le sein du luxe et des plaisirs, elle s'était amollie et endettée ; séparée de la noblesse de province, elle
3li8 APPENDICE.
avait presque perdu son influence sur elle et sa considération.
La classe nombreuse et influente de la ma^istrature et du barreau avait aussi ses courtisans à sa manière ; bien que les tribunaux fussent habituellement justes, ils ne pouvaient, d'après leur organisation, être indépendants. La chambre de Sainte- Claire était un tribunal d'appel supérieur que le Roi consultait dans les cas épineux et dont il adoptait ordinairement les avis; elle remplissait ainsi i peu près les fonctions d'un Conseil de contentieux. Le pouvoir admmistratif était fondu dans le pouvoir judiciaire, et leurs limites, loin d'être connues, se supposaient à peine. Le haut clergé, dans lequel brillaient beaucoup de lumière, était dévoué au trône; et, dans les discussions politiques avec Rome, il s'était déclaré contre elle. Le clergé inférieur exerçait sur le peuple une influence peu remarquée dans des circonstances ordinaires et tranquille^. Les anciens partisans de rAiitriche étaient en petit nombre, isolés et sans crédit. Au total, et d'après cet exposé, le gouvernement de Naples avait toutes les apparences de la stabilité, mais, en y rof^ardant de près, on s'apercevait qu'il devait plutôt la tranquillité de sa marche à Tabsence de circonstances difficiles et d'obstacles qu'à sa propre énergie; les institutions sur lesquelles il reposait étaient faibles, et, loin qu'elles empruntassent aucune force aux mœurs, l'ignorance et les passions particulières des hommes en faveur viciaient trop souvent les actes de l'autorité
ANNEE 18S3. 3li9
Ministère rVActon.
Le ministère d*ActonS utile à quelques égards, fut pernicieux dans son ensemble; il créa des obstacles qui n'existaient pas. Acton était un homme à projets, ce qu'on appelait alors en France un faiseur^ un de ces hommes qui parurent à cette époque dans divers États, comme pour y préparer les révolutions futures; Acton était en outre un favori. Pour l'exécution de ses projets, pour le maintien de sa faveur, il avait incessamment besoin d'argent. Ses opérations blessèrent ou menacèrent bientôt tout ce qu'il y avait d'élevé et d'éclairé dans la nation. Par sa hauteur, sa prédilection pour les étrangers et ses fausses mesures politiques et administratives, il réunit la noblesse la plus éclairée, le haut clergé et les classes moyennes dans une opposition sourde contre sa puissance plutôt que contre le trône. Les opinions de la révolution française se répandaient; elles s'emparèrent bientôt de cette op-
* Sir John-Francis-Edward Acton, ne à Besançon le l**" octobre 1737, descendait d'Edward Acton, auquel Charles I***, roi d'Angleterre, conféra le titre de baronnet, en \6Ui, comme rëcompeoM de sa fiddlit^. 11 dtait catholique de naissance, et servit suc- «estirament dans les marines française, toscane et napolitaine ; il «ai §|igoer la faveur de la reine Caroline et finit par devenir premier ministre du roi Ferdinand : il se signala par sa haine pour U révolution française et ses adhérents. 11 conserva le pouvoir jotqa'ao 1806 et mourut à Palerme le l^ août 1811. —Consultez le Dictionary ofthe peercuje and baroneiage ofihe Dritish Ern^ pirtf by sir Bernard Burke» p. 13. London, 1809.
360 APPENDICB.
position et lui donnèrent leur caractère. Naples avait produit et possédait des publicistes célèbres, VicoV Gravina*, Filangieri^, Caraccioli*, Galiani^, Pagano^, Delfico*^. On se mit à comparer leurs théories avec la marche du gouvememeot, et bientôt à censurer cette dernière. La cour prit Féveil à rinstigation d' Acton ; elle commença à sévir contre les frondeurs et particulièrement contre la noblesse. Une méfiance réciproque fut le fruit de ces
* Giovanni-Battista Vico naquit en 1668 à Naples, où il mourut en V7Uh, Son œuvre capitale est intitulée : Principj di una scienze nvuyva dintorno alla commune natnra délie nazionL
^ Giovanni-Vincenzo Gravîna, né à Roggiano (Calabre) en \66i*, mort à Rome en 1718. Son principal ouvrage a pour titre : Origines Juris civilis, .
' Gaetano Filangieri, ne à Naples en 175S. D'une famille noble et ancienne, il s'adonna de bonne heure à l'étude du droit et des sciences morales et politiques. Il fut appeM, en 1787, au Conseil suprême des finances. 11 mourut à Vico-Equeuse en 1788. Le li^Tf qui a fait sa r(?pu talion (Sctenza dcUa legislazione) est rest(^ inachev(''.
* Voyez ci-dessus, p. 302.
^ L'abbë Ferdinando Galiani, no à Chicti (ALnizze-Citenourv' en 1728, mort à Naples en 1787. De 1760 à 1709, il fut secrétaire d'ambassade près la cour de France. 11 s'est t'ait connaître comiiic littérateur, comme arclidologue et surtout comme économiste: Traité sur les monnaies ; DialŒjues sur les hlés, etc.
^ Francesco-Maria Pagano, né d Brienza (Basil icate^ en jT^- Son œuvre capitale est iutitulc'e ^aggi politiri. Membre du gouvernement provisoire de la Re'publique parthenofrc'enne on ITÏfî*. il l'ut arrête? au retour du roi Ferdinand, et périt sur IVchafan^l le 6 octobre 1800.
"Melcliiorro Delfîco, né au cbâteau de Leognano (royaume <1« Naples) en 17/* ^, mort A Teramo en 1835. On cite parmi se> œuvres : Pensieri su la storia e su Vinrcrtezzn ed inutiliià tW^ ïncdcsima; .S«//c origini ed i pix>grcssi délia società.
ANNÉE 18SX, aSl
mesures, et la cour, croyant avoir perdu rafféction <ie la partie élevée de la société, y chercha une compensation dans celle du bas clergé et de la populace. En 1796, le Roi imposa pour la première fois un dixième sans le consentement des sedili. Ije prince de Canosa, célèbre depuis, publia contre cet impôt un écrit qui fut regardé comme la protestation de la noblesse.
Conquête et révolution de 1799.
Dans cette disposition des classes élevées et éclairées, leurs membres furent plus ou moins impliqués dans la révolution démocratique opérée par les Français en. 1799; ils furent en conséquence abandonnés à la réaction sanglante des classes inférieures, à l'aide desquelles, la même année, le royaume fut reconquis et la royauté rétablie ; jusqu'à 1806, la royauté resta appuyée sur ces dernières classes. Ainsi, et l'on ne saurait trop insister sur ce fait capital dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, dès 1799 la monarchie avait perdu ses bases naturelles, les classes conservatrices étaient devenues révolutionnaires et celles des prolétaires <'*taient devenues conser\'atrices, position forte dans le fait et pour le moment, mais fausse en principe vt menaçante pour l'avenir.
Rèfjirne français de 1806 à 1615.
Le$ dix années de la domination française furent employées en partie à détruire cette force de
l'ancien régime : la résistance matérielle des classes inférieures fut domptée ; des mesures de police classèrent et réduisirent les lazzaroni ; ceux qu^on ne put occuper .furent enrégimentés et rejoignirent les armées françaises dans les diverses parties de l'Europe. Une guerre sans relâche et les exécutions les plus rigoureuses purgèrent le royaume d'une partie des brigands. L'abolition de la féodalité et du fidéicommis, la vente et la division des domaines accnirent le nombre des propriétaires. Une armée nationale fut formée ; Naples entrevit une lueur de gloire militaire.
Toutes ces mesures avaient beaucoup affaibli les partisans de l'ancienne monarchie, et il fallut en 1815 la force étrangère pour rétablir le Roi, qui ne fut secondé par aucun mouvement de l'intérieur, car la classe moyenne armée contenait les prolétaires.
Développons davantage la nature et les c^ffets du gouvernement de Joachim ; nous en verrons sortir la position du royaume à la restauration de 1815. Napoléon avait assis le pouvoir militaire sur la démocratie, et, bien qu'il s'occupAt en France à terminer la Révolution et à recréer une aristocratie, au dehors lui et ses lieutenants propageaient réellement la Révolution, étendaient ses lois aux peuples conquis et ruinaient partout rancicnne aristocratie, soit qu'ils désespérassent de se rattacher, soit qu'ils préférassent se faire des partisans avec ses dépouilles. Des impôts considérables étaient nécessaires pour subvenir à l'entretien des armées.
i Tércction des monuments et à tous les travaux utiles ou brillants, destinés à imposer aux peuples. L^administration et le fisc occupaient une légion remployés dévoués.
Beaucoup de monde était entraîné par ce mouvement. La noblesse napolitaine perdit son exisience morale, les lois nouvelles n'admettant plus îe privilèges ; ses pertes matérielles ne furent pas noindres : l'abolition des droits féodaux, la faveur lonnée aux prétentions des communes contre les seigneurs, la suppression des fidéicommis, les partages avec les cadets de famille, l'expropriation des Inens pour satisfaire à ses anciennes dettes. Pour inlancer tant de pertes, elle avait pris le parti f entrer dans les carrières publiques ou d'accepter les largesses de la cour française. Aussi, à la Restauration, craignait -elle en masse de perdre ce ({u'elle possédait sans l'espoir de récupérer ce cja'elle avait perdu ; elle craignait en outre d'être persécutée à raison du parti qu'elle avait pris durant l'usui^pation. Ses craintes furent en partie calmées par les stipulations du traité de Casa-Lanza et par la conduite du gouvernement royal envers ceux qui avaient servi en son absence. Toutefois, tes nobles n'étaient plus un appui pour le gouvernement, les circonstances les avaient rendus indif- ISirents ou impuissants.
Le haut clergé avait suivi le sort de la noblesse;
1 était dans les mêmes dispositions. Le clergé in-
'érienr tenait à conserver les avantages que lui
traient faits les communes aux dépens des barons; VI. as
$Ut APPENDICE.
avac cdles-ci, il craignait sous ce point de vue Ir retour du gouvernemeat royal ; il le désirait avec le peai^e dans l'espoir de voir diminuer la conscription et les impôts. h'3.nnéc, appui du gouvernemeat militaire de Joacliim et foiioant le seul oriirt' dans l'État, voyait avec chagrin la Itestaunitiûii. Ijft caa^ague de 1815 l'avait plus dépitée qu'liumiliée, jparce qu'elle ne s'était point terminée jkit Ift iatee des armes, mais par une dissolution, asuHat de causes morales et politiques. La pan qa'^e avait prise aux grandes guerres avec 1k Fimaçais lui inspirait un orguei 1 exagéi-é qui s'esalli eooope parce que les troupes ramenées de âicîtepar le Roi, et les plus vieux militaires, qui rcprireal du service, ne pouvaient lui opposer des prêtaitioas de ce genre. Sa force numérique proportû»nelle f contribuait encore, puisqu'elle formait ob cadre de 80,000 hommes, et que les troupes rerenues de Sicile n'en formaient qu'un de 10,000- Elle avait craint d'êti'e licenciée; l'exécution du traité de Casa-Lanza assura solidement son exivtence; toutefois, elle se rappelait avec tristesse sW ancienne position. En 181A et 1815, elle avait exprimé son vœu pour une Constitution. La charboonerie s'était introduite dans ses mngs; néanmoins elle avait combattu les e-arlionari, les avantai^esqur lui offrait Joacliim l'emportant sur les opinioni partielles des individus. Après la Restaïu^tion, l'armée se considérait comme n'étant guère que ii>* lérée par le gouvernement, qui, en effet, voj'sii plutôt en elle un fardeau qu'un appui.
La classe moyenne avait beaucoup gagné par Tacquisition des biens ecclésiastiques, par les carrières militaires, judiciaires et administratives, qui lui avaient été ouvertes, et dans lesquelles elle ac* quérait de la fortune, de la considération et de l'influeuce. La guerre civile du brigandage Tavait à un certain point aguerrie, et Timportance qu'avaient acquise les provinces et les communes réllécliissait sur leurs principaux habitants. Les petits propriétaires. Tonnés par la division des propriétés, devinrent les clients de la noblesse de province ou des riches provinciaux ; la haute noblesse perdit toute influence sur les anciens domaines. Toutes ces classes craignaient laréactiondu gouvernement du Roi; cette crainte dissipée, elles désirèrent voir diminuer les impôts et l'action administrative se relâcher de sa rigueur et de sa vigilance, cpii contrariaient parfois leurs intérêts et souvent leurs passions. f^ Il résulte de cet exposé que les bases de Taucîenne monarchie, déplacées en 1799, étaient complètement dénaturées ou détruites en 1815. Avant de voir comment la royauté restaurée aurait pu opérer sur ce terrain nouveau et comment elle opéra, il importe de parler avec quelques détails d'un phénomène sun^enu pendant ce temps de guerre et de révolution : de la charbonnerie.
CarbonarL
Comme toutes les sociétés secrètes, la charbonnerie a dû son origine à des temps de désordres
« I ) n r II
APPBNDICB.
Iiwtwilii Iw fnililnii. n'n jnnt r*"" '*'*
tênalln à cppOMT i knn 6iiiHni8,kv dBB finraes morales dMdnêrtH A pvépanr 1 WDoMDt de kns foraes phyaiqiMS et i edlra da vaiBqiMiir.
n pvÉlt dteontaé qn» la reine CbralÎM Ai^^irtiodnBraBtlAeliHrlMmneriedMtlnf»
ponralioBeiilerlA véMtaasiiii «OMhaift à M fin. Les idées de n^ et d'JndJpmdMBBe fiuent aolMtitnées aAùhK d^tfteekeBMDt A la dynastie léfUiBe^
ses dMBwnds avee Napoléon, «a 18 nadrennttre de eette aeeto pourri Napoléon, anqodi on ptélait le pnget viaoBâr N^ples à fat Fknaee : effisetivenient aan« sedails par les pionsesses dn et JoMlûai, s*alliènDt à loi. Les miliiairet fltls cnploQpès simoBt Aucol invités A s^inscrin pifii rax pour les sanreiller et les diriger. Les érè»* meots politiques et militaires de l^uit^ détour» nèKfit r&tieQtioD et l'attirèrent vers le Nord; Jot* chim sVcait réconcilié avec son beao-frhne. Aprèf la campagne de 181S, il rentra dans le royanae avu^" de nouveaux dégoûts; fl resserra les liens aiw les carbocari : U promit de s^allier aux Anglais et ^k" ilonner une Constitution au rovaume. Effectivei:)enî il nt^^ocia avec lord Bentinck et avec TAiifriohe: mais un nouveau racooaunodement avec Xapdkxm le conduisit à rarmée française, en Sue.
I^s cmrbonari.troiiqpés^ firent des mouvemoits Ci ^^^Uwe et furaat cruellement punis par le gënénf
Manhès^ Ils étaient contenus par la force militaire au retour de Joa^him, qui rompît encore plus ouvertement avec eux tous en se réunissant aux alliés. Les cai*bonari opérèrent un soulèvement en masbc dans les Abruzzes ; ils furent soumis par le général Florestan Pepe* et ensuite sévèrement châtiés par le général Montigny. Lord Bentinck chercha, par l'entremise de son agent Church, à les rattacher à la cause du roi Ferdinand ; il y réussit, et, lorsque Joachim entreprit la campagne de 1815, les carbonari envoyèrent des députés en Sicile; ils portèrent 70,000 ducats au roi Ferdinand à Mcs-
* Ch.irlcs-Aiitoine Manlies, no il AurilLic en 1777. Sous-lieutenant en 1705, il suivit d Naplcs Joachim Murât, qui le nomma en 180S colonel, en 180.) mare'cbal do camp, en 1811 lieutenant gcnt'ml avec le titre de comte, en 1812 premier inspecteur gc^néral de la gendarmerie : il se signala par une rigueur impitoyable d'abord contre les brigands, puis contre les carbonari. Rëinte'grc^ en 181G dans Tarmde française comme iieutcnant gendral, il serfit jusqu'en 18110. Il mourut à Naples en ISuJij
* Florestan Pepe, frère du gcne'ral Guillaume Pepe, naquit X Squillace (Calabre) en 1780. Sous-lieutenant au régiment de Bourbon en 17'c'8, il se déclara, Tannée suivante, pour la IMpublîque partliënopëenno et obtint le grade de capitaine; au retour du roi Ferdinand, il passa en France. Il fît les campagnes de 1810 et do 1811 en Catalogne comme chef d'etat-major de ladirîftion napolitaine et devint mardchal de camp. Il rejoignit en 181S U grande arm<^e et montra lieaucoup de fermctë lors do la retraite do Russie. Kn 1815, il reçut de Murât le grade do lieutenant général. D'abord étranger à la révolution de 1830, il fut charge' par le gouvernement constitutionnel do soumettre la Sicile. Sous la troisième Restauration, il %'ccut dans la retraite et refusa de prendre part au mouvement de I8/48. Il mourut à Naples en 1851. — Voyez la Biographie universelle (Michaud), nouvelle édition, t. XXXII, p. h3B.
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de foire débttaftr rnrtnée dte Jomtfciii, cfeiMfA
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sa paix «V0O eux; 101 traité ftit érewé, auJa laii» 1 â|)pj!Oiivvraii |Mui« 068C 0n TII0 <Ki 08 tnflripi JoBÎànm^pfalkè^ le nfMMi
A la Restâxinrfloiit Iftflêcte pentti itfve A j|m Att ÛBnâèn dénmdia; dte espéraitt tf\m wattêtÊât en ee qu'elle amdt fait antérietunemeirt pour Asi*» rieer le retour dit Rai. La fimmile du maaeatqÊt le gouvernement royal exigea de tous ses sofefilB fit voir qu'elle pouvait être tranquille pour le jÊÊâ. mais qu'elle devrait à l'avenir s^abstenir de tmk réunion, et les grands événements de l^Earopitii triomphe des coalisés en France firent lentrerks carbonari dans un silence momentané.
Restauration de 1815.
Tel était l'état du royaume en 1815. L'ancien régime eût été trop faible pour le temps nouveao; mais ses éléments mêmes étaient détruits. Un prîocf non guerrier, et qui n'avait ni le goût ni ToccasioD de le devenir, ne pouvait penser A saisir le sceptre tout militaire de Joachim ; il était donc indispensable de donner au royaume des institutions an moyen desquelles la royauté pût rallier à elle 1» classes influentes et propriétaires, et ruiner ainsi, balancer au moins une secte à peine assoupie. D fallait réduire considérablement, par un choi^ bien
fait, une armée qui excédait de beaucoup les besoins réels de TÉtat, et dont, pour partie au moins, les dispositions étaient fort équivoques; par là on pouvait diminuer sensiblement Timpôt, et c'était politique et juste, la paix ayant exposé les denrées de Tltalie à la concurrence de celles d'Odessa, de rÉgj-pte et de la Barbarie, et avili les prix.
Il parait que donner des institutions à son peuple de Naples était l'intention du Roi et de son gouvernement avant de quitter la Sicile; elle avait été formellement annoncée dans le dernier discours du trône au Parlement sicilien. La politique de l'Autriche donna une autre direction à ses vues. Par les articles secrets du traité du 12 juin 1815, elle obligea le roi de Naples à ne rien introduii'e dans son royaume qui ne pût se concilier soit avec les anciennes institutions monarchiques, soit avec les principes adoptés par l'Autriche pour le régime intérieur de ses provinces italiennes ; or, l'Autriche, dont les finances étaient délabrées par de longues guerres, a jugé convenable, au moment où elle recouvrait la riche I^ombardie, de l'exploiter comme une ferme, en silence et sans le moindre concours des habitants. KUe leur a donc imposé un gouvernement étranger qui peso sur le pays et ne h» pénètre pas, qui ne sent ni ses besoins ni ses souffrances. Ce gouvernement est solide toutefois; son point d'appui est à Vienne. Mais établir un tel gouveniement à Xaples, c'était l'établir en l'air, en
présence des carbonari, qu'une telle conduite de- VI. 23'
3» APPBNDICE.
vait irritar et fortifier, et d'une armée qui devait bientôt devenir hostile.
Cette faute capitale fut eneore aggravée par une antre impardonnable dans tous les syst^nes: ce fut la conservation presque intégrale de cette même année, soit que FAutriclie eût entendu ainsi, contre toute raison, le traité de Gasa-Lanza, soit que le général Nugent\ sorti du service autrichien et mis comme capitaine général à la tête de Tannée napolitaine, ait craint en réduisant Tarmée de réduire sa propre importance. Cette faute était d'autant plus incompréhensible que TÂutriche laissa pendant tjrois ans une armée de 15,000 hommes à Naples. Ce double fardeau, celui d'autres subsides mis à la charge de Naples par les traités, rendirent impossible toute diminution notable d'impôts, rt, sur ce point aussi, les peuples appauvris furent trcHopcs dans leurs espérances.
La conduite tenue à l'égard de Naples entraîna celle que Ton tint à l'égard de la Sicile ; le Koi, empêché de donner des institutions à Naples, crut ne pouvoir en laisser à la Sicile ; le Parlement sicilien fut suspendu, la Sicile réunie. Les ministres du Roi, sous le motif de perfectionner l'administration.
* Laval, comte Niigent de Westmeatli, ne' à Dublin en 1777. Officier dans i'arme'e autrichienne en 179/*, gene'ral -major en 181.''. il fut g<^nëral en chef de I'arme'e napolitaine de 1817 à 1830. Pui-^ il rentra au service de l'Autriche et obtint, en 18/é9, le grade il»' feld-mare'chal. En 1859 il prit part, comme volontaire, à la iataille do Solferino. Il mourut au château de Bosiljcvo, près Karistadt, le Sa août 1863.
ANNÉE 18SS. an
trmTaillaknt à la fanon des deux pays, à la conversion de la Sicile en province napolvtadne. Les coeurs des Siciliens fnrent aliénés, exaspérés. Privé de Ti^ipai moral de ce royaume, ccmstamment fidèle, le Boi en devint d'autant plus faible à Naples.
Déjà nous en avons dit assez pour faire pressentir comment, après la retraite des Autrichiens et dans la commotion produite par la révolution d'Espagne et de Portugal, il a suffi du moindre choc pour renverser le gouvernement de Naples ; mais il importe d'approfondir, indépendamment des causes permanentes de la révolution de 18â0, les causes occasionnelles et les motifs qui Tont amenée.
Le prince de Canosa, appelé au ministère de la Police dans les premiers temps de la Restauration de 1815, au lieu de ne penser qu'à éteindre Tesprit de parti, eut la fatale idée d'opposer aux carbonari une secte nouvelle qui prit le nom de calderari (diaudronniers). C'était reproduire le système d'Acttm qui s'était appuyé sur les prolétaires ; mais les temps étaient changés : cette classe était désormais a£Eaiblie et empreinte encore de Todieux des exécutions sanglantes de 1709.
Les carbonari, qui se crurent menacés, se réveillèrent ; ils reconnurent la supériorité de leurs forces et se promirent de les accroître.
Le capitaine général Nugent leur en fournit Voccasion la plus propice. Non content d'une armée qui embarrassait déjà le gouvernement, il imagina, sans autre motif possible que celui d'accroître son autorité et de l'étendre de l'armée à la population.
Mr AfPESVlCB.
* 3 «■^■B. (fisd»4ioss, d*or^DÎs«r drsi mmbn de 9Ûl00D Iwrmwt. !>• mouve \ 1— arriptioa et de runiév rejetait I w^g soldais, et par cotMJquent leore mOiees. EQes fincnt leimeâ de s'habtlli frais, fMqwmnnt rémies, exercées. De tdk I iwii, qae ae justifiait aucune néeesaité, leur ( , RBt de pHiefi TvsuUioa» e( leur inspiréreot I I paad aiéooBtgn bernent. La secte des I trawTS dsBs eel riablissement ' une or^^mais militaire et léçaie, et bîenti*t les di«poeiliaa« i ^snI■n^ lui tirent faire de ooaveaux procréa.
I.'artaêe. tnatérieileiDeot bien traita, était ■»> 1 raleineiit DécUsi-e : les troupes rerenuns de Sîâk, j saas être três-favorisées. jooisisaiefit, en nûseo et I lear fiiMicé, d'uae fUscinctiou tpû humiliait H I ponasaût é la tnêfiance les troupes restées A Nafte: diflitTOce dans Ii^ 54>Idi^s. dau^ lc^< 1 1 n liW J l'accès dans la s^rde fermé aux mîlitaiivs icsMs à Naples: eofin, le Roi ne voulat jamais porter l'oiA» rouserrê fies Deux-Siciles, lors même qnH l'cit a^li et remplacé par celui de Saint-OeorsKS. Les miliiairvâ. qui n'avaient pas servi pewlant les (fix aQ5. eocombraieot Tarroée et reprenaient leur raaf trancieuueté. ce qid était juste, mais retardait Inr
' CmM faol* |irr«ptU la Krobitïoa; le gowiwe— I s'anH pû5«ii U prcMnce J'wpril ogUriyieMr de faire pwUiwin»!* «n:ii- ta i»nie rojale mit les 3 oa UO aoMau nfaeOe* de VoMlrfone et f êioafler a
nduH les proviims ¥x>ÎUBe3. et U rib^Bam fmr^ m ». (KM* d* M. de Serre.)
avancement. Toutes ces circonstances mettaient du froid entre le pouvoir et la force qui le devait soutenir. Un chef étranger dont le désordre des idées rendait inutiles les intentions droites fatiguait Tarmée au lieu de former son moral et sa discipline et de lui faire comprendre ses véritables intérêts. Ainsi les carbonari trouvèrent jour à flatter l'humeur d'un corps puissant et peu soigné.
Le gouvernement traitait bien au fond les hommes qui avaient suivi Murât; mais souvent il ne leur cachait pas qu'il les voyait de mauvais œil. Il leur donnait du pouvoir et leur refusait sa confiance. Par cette fausse conduite, il rejetait les muratistes vers les carbonari, tandis que, sous Murât,
l'armée avait contenu ces derniers. La réunion au camp de Sessa fit connaître à chaque corps les dispositions de l'autre et aux provinces qu'ils traversaient les dispositions de l'armée. Toutefois, l'esprit révolutionnaire n'était pas tant dans les grades élevés que dans les inférieurs. Ces derniers avaient perdu les espérances et les illusions d'avancement et de fortune qui les avaient animés sous les Français; ils avaient la folie de croire qu'ils les retrouveraient dans une révolution. Les officiers supérieurs, au contraire, avaient légitimé et assuré une fortune faite.
Mais les principaux motifs qui poussaient à une révolution étaient l'esprit provincial, qui voulait le plus possible et par degrés s'affranchir de l'influence de la capitale, et l'esprit communal hostile aux restes de l'ancienne aristocratie et à la forme d'admi-
I centrale. Cette lendancr au tvàéi
I dans la révolution espagnole. cOft^ auBÛ le Tiaî eanuitèro et le but de la nHolulioa Nulles, l'oi^Hâ et l'intérêt des provioDCi ^aloment fiattés de pouvoir faire leurs lUeB'taèBun et A mraiis de frais. L.a |in*ft-rKia donnéfri laCanstitatioa espagnole était T^aA^rt de la démocratie.
Le tiait marinant de cette Coostitutiaa art f» trème laïblease du pooroir, c'est celle qai s^ proche le i^us île la République et du systêattfidératif qui serait dégénii-ré en une oli^srcfeiF prorÎDciale et eommunalç.
Le prétexte dont s'emparait la révolutiao ëtailb nécessité de connaître l'emploi des d«iiera de FËU et de réduire les danses que l'oa exagiérait pim fpi'elles étaient secrètes, jiour .iiTÎver d ilimmwr les impôts qui n'étaient plus en praponion aTvc k» ressources des contribuables, depuis l'aviliâseineni des denrées, seule richesse du pays.
liéi-olution de 1830.
Cet ensemble de causes et de circonstances avait tellement préparé la révolution que, lorsqu'elle arriva, elle ne reuconlra aucune résistance et s'accoinpiit avec toutes les apparences de l'unanimité.
Cependant, lorsquou a \-u que la nation ne iaisalt aucun efFort poiu" la soutenir, beauccmp de personnes ont pense, et cette idée se préseotaît oanirellemeut, que la révolution n'était qu'un coup*
main d'une poignée de factieux sur un gouvernement faible, qu'il suffisait de les punir ou de les disperser, et que cet événement ne laisserait après lui aucuns germes qui méritassent d'occuper l'Europe. Celte idée ne serait pas juste: d'abord la faiblesse permanente du gouvernement est à elle seule une cause permanente de révolution; mais allons plus loin et essayons de déterminer mieux le caractère de la révolution de 1820.
Ce n'était rien moins qu'une révolution de- fanatisme et d'enthousiasme politiques; les idées de liberté et d'indépendance ne prennent cette énergie créatrice ou destructive que chez un peuple qui a une forte nationalité. Le royaume de Naples a à peine un nom ; son histoire n'est que celle des étrangers qui l'ont successivement conquis; l'énergie qu'avaient commencé à y développer les princes normands et souabes a été éteinte sous la domination espagnole et n'a pu se ranimer depuis. Il n'y avait d'ailleurs sujet à aucune réaction. La législation française avait détruit les éléments de l'ancien régime; le gouvernement du Roi, depuis 1815, avait été doux envers tout le monde. S'il n'avait pas fait tout le bien qu'on en espérait, il en avait fait; si les impôts n'avaient pas été suffisamment diminués, leur système avait été perfectionné et leur poids ainsi allégé. Les finances, le crédit public étaient dans une situation prospère, et les peuples pouvaient espérer un prochain soulagement. La révolution était donc négative pour la •nasse : « Quelques-uns l'osèrent, beaucoup la vou-
366 APPENDICB.
lurent et tous s'en acooDunodèrent^ », pourrait^o dire, en empruntant les paroles de Tacite sur la mort de Galba. Tous y cherchaient q[uelque satisfaction d'intérêt ou d*amour-propre, quelque accroissement d'importance ou de bien-être, et non la liberté, encore bien moins la gloire.
L'intervention des ptdaaances changea l'aspect des choses et renversa tous les calciils. H s'agissait, en elBFet, de sacrifier le bien-être et la sécurité qu'on avait cherchés à la gloire qu'mi ne cherehait pas. Le Boi s'avançait avec l'armée autrichienne : les plus audacieux étaient intimidés ; les partisans d'une Constitution la trouvaient trop chèrement achetée; cette fois, comme les précédentes, les masses demeurèrent inertes ; elles n'aimaient pas l'occupation étrangère, mais elles craignaient d'en aggraver les effets.
Ainsi s'explique la contradiction entre l'espèce d'unanimité qui avait accueilli le nouvel ordre de choses et la lâcheté que chacim montra pour le soutenir ; ainsi doit se dissiper aussi Terreur qui ne verrait dans la révolution que Faudace de quelques hommes et croirait que leur châtiment suffit à en prévenir le retour.
^ « Isqne habîtus anîmonim fuît ut pessimum facinus auderent pauci, plures vellent, omnes paterantor* « (HisL lib. I, XX^TH.)
Restauration de 1831.
Au surplus, si Ton crut politique d'émettre ce jugement après la Restauration, on le démentit de fait et Ton tomba dans Terreur contraire en laissant dans le pays une armée d'occupation d'une force évidemment exagérée.
Occupation militaire.
Le service qu'une occupation militaire étrangère peut rendre à un gouvernement, c'est de réprimer les factieux par sa présence et de lui laisser le temps et la faculté de relever cette force morale opprimée qui doit servir d'appui au pouvoir et d'organe aux besoins réels d'une nation, et de laquelle doit sortir la force matérielle destinée à remplacer plus tard les troupes étrangères. Les conditions d'une telle occupation sont qu'elle soit sagement limitée quant au nombre, quant au temps et quant aux lieux. Il est utile que l'occupation ne s'étende qu'à la moindre partie du royaijme, pour que dans l'autre le gouvernement national apprenne à y tirer ses forces du pays, et que, en gouvernant par lui seul cette partie, il se mette en état de gouverner plus tard le tout. Il n'est pas moins utile que l'armée d'occupation ne soit pas trop nombreuse pour ne pas miner le pays et accabler ces forces morales dont elle doit protéger la renaissance. Enfin, il est nécessaire que le gouvernement et le pays croient
au terme de l'occupation pour se livrer aux efforts communs qui doivent l'accélérer.
L'occupation autrichienne n*a pas rempli ces conditions, et, par suite, elle est jusqu'ici allée contre son but. Il est juste d'observer que l'Autriche a cédé • aux frayeurs exagérées du gouveniement de Naples ; la faute en résultat n'en est ptf moins grande. Soit que l'on considère l'État des Deux-Siciles, soit que l'on ouvre l'histoire de leurs fréquentes occupations par l'étranger, il est évident qu'il ne fallait pas 52,000 hommes, d'aussi bonnes troupes surtout que les troupes autrichiennes, pour tenir ce pays lorsqu'il n'est menacé d'aucune attaque extérieure. Ayant toutes les places fortes, 25,000 étaient plus que suffisants. L'armée napolitaine a été licenciée, cela était indispensable; mais on a conservé ou reformé tout de suite en murde royale, gendarmerie, artillerie, sapeurs, vétérans et dépôts, près de 15,000 hommes, qui font le service en même temps que les Autrichiens et contribuent avec eux au maintien de Tordre public. Lors même qu'on n'en aurait pas amélioré la composition en excluant tous les hommes suspects, on devait admettre que, tant qu'ils serviront avec une force autrichicMinequi, à la supériorité du nombre, joint celle de la discipline et de la renommée militaires, ils seraient fidèles. Enfin, quoiqu'il ait été fait bien peu de chose pour consolider la Restauration, et beaucoup en sens inverse, on ne peut raisonnablement douter que le résultat du Congrès ne soit de réduire Tannée occupante, au moins dans la pra-
portion indiquée. La tranquillité du royaume de Naples tient maintenant à celle du reste de TEurope, tant qu'elle se maintiendra telle qu'elle existe. L^armée actuelle est évidemment trop forte, et, si là tranquillité de l'Europe était troublée, il est évident qu'on ne pourrait pas même laisser 25,000 hommes dans les Deux-Siciles.
Non-seulement l'armée autrichienne était plus d'une fois trop forte, mais elle a encore été payée à un taux exorbitant. En 1815, les Autrichiens, s'étaient contentés de 0(X),000 francs par 1,000 hommes; ils ont exigé en 1821 1 million.
Finances.
C'est ici le moment de jeter un coup d'œil sur les finances de Naples en mettant la Sicile à part. Nous prendrons pour base le budget pul)lié en 1820.
Le budget était balancé sans auj^mentation d'impôts et sans emprunts. La taxe sur le sel était diminuée de moitié, soulagement d'un million de ducats. Le budget de la dette publique, séparé de celui des recettes et dépenses, était chargé de l'extinction d'une masse énorme de dettes arriérées ; on y reconnaissait des dettes que le gouvernement conteste aujourd'hui. Le ministère ne demandait, pour former sa balance, qu'un crédit de /* millions de ducats, et'il avait proposé pour l'obtenir de réincorporer au domaine de l'État les biens de l'oi-dre de Malte en indemnisant les titulaires par des pensions qui s'éteindraient avec eux. Le budget de l'É-