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Dette publique.
La dette publique était en rente perpétuelle, en 183()
Elle sïlève aujourd'lmi à
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Accroissement .'{.OnOJ»"'
La dette perpétuelle était déjà de plus du quart du revenu ordinaire, qui ne peut être évalué qu'à environ 17 millions de ducats. L'impôt du sel a été reporté à son ancienne fixation de S millions. La contribution financière de Naples a été élevée à 1/2 en sus du principal, 500,000 ducats, et Ton ne paye aucune créance de Tarriéré.
On peut juger, d'après ces données, où conduira la progression d'un pareil ordre de choses.
Les temps modernes ont produit un phénomène inconnu aux anciens; c'est dans plusieurs États l'influence de l'accroissement de la dette publique 8ur celui de la richesse généi'ale ; mais il faut pour cela des conditions qui manquent absolument ici. II faut d^abord qu'il existe déjà un revenu public croissant dont l'excédant puisse toujours solder Tintérèt de la dette et le contingent annuel de son amortissement ; il faut encoi*e posséder dans le pays assez de richesse pour que la dette publique tombe dans les mains de capitalistes nationaux. C'est alors un grand capital mobile et disponible, qui s'aocroit en pur bénéfice à mesura que la dette se rapproche du pair, qui sert de base à toutes les spéculations, se verse successivement dans toutes les industries agricoles, manufacturières et commerciales, et les féconde à l'infini. Mais, lorsque la dette reste en pi*esque totah'té dans la main de l'étranger, ce n'est plus qu'un tribut que le pays lui paye, et cette partie de son revenu et le capital qu'il reippésente vont, en Tiq^iMttYrisgant , servir à la pMspérité de l'étrangw,.
37S APPEHDICE.
Or, lé royaume de Naples ne connaissant que rindustrie agricole, dont nous avons expliqué b souffrance, n'a ni ces voles ouvertes aux ciqxîteix amenés par les emprunts, ni ces capitalistes indigènes qui acquièrent la dette publique, ni cet exeédant de revenu qui croît en même temps qn'elle. Naples perd même ce travail que procure une armée. Les troupes autrichiennes font presque tout fabriquer dans les États autrichiens, et Tofficier i^conome, loin de dépenser son revenu patrimonial, envoie chez lui ses épargnes.
Telle a été la première faute du gouvernement de Nsqples en souscrivaiit 4 cette occupation doublement exorbitante. Elle est si grave que. si le Congrès n'y apportait incessamment remède, «Ue entraînerait infailliblement la ruine de la monarchie. Un gouvernement impuissant à protéger ses sujets, les laissant à la discrétion de Tétranger, tomberait dans im avilissement sans égal et cesserait par le fait d'être un gouvernement. L'occupation, telle qu'elle est aujourd'hui, est un cercle vicieux : elle écrase, elle irrite, et par là perpt^tiiesa cause premièi-e.
Conduite du (jouvcrncmcnt après la liestauration.
Nous avons vu les fautes qui, dans le régime intt^ rieur de TKtiit, suivirent la Restauration de 1816 et devinrent les causes de la révolution de 1880. Voyons quelle fut la conduite du f^ouvamement
après la Restauration de 1821. Il était démontré que la monarchie avait péri faute de base, d'appui, de défenseurs ; il fallait, en reprenant le j)ouvoir, chercher où elle en pouvait naturellement trouver : il s'en présentait. Une révolution faite ainsi d'en bas par des soldats et des miliciens avait effrayé tout ce qui avait quelque chose à perdre; dans les premiers moments d'anarchie, les hommes s'étaient classés par leurs intérêts et leurs sentiments, les fauteurs de désordre d'un côté, les amis de l'ordre <le l'autre. Les derniers avaient été les plus forts etles plus habiles, et avaient d'abord arraché la révolution à ses premiers auteurs ; ils avaient entouré le Roi et le prince son fils et les avaient fait respecter; c'étaient eux qui, faisant valoir la douceur (le l'administration dans les cinq années précédentes, se servant de la crainte des puissances alliées, de la présence des escadres françaises et anglaises, avaient préservé le pays de presque toutes ces horreurs si communes dans les révolutions et plus encore sous un climat ardent et chez un peuple féroce; les mêmes hommes s'étaient compromis pour essaver de réfoiTner la Constitution dans un sons à la fois monarchirjue et aristocratique, et ils <*ussent réussi si la cour y eût mis plus de vîf»ueur fiscalement moins de crainte; on leur devait d'avoir fait consentir le Parlement au départ du Roi pour Laybach. Enfin, dans ces temps difficiles, ils Vivaient constamment agi d'accord avec le Roi ou ^\ec le prince; dépositaires de son autorité, ils avaient prouvé leur influence et leurs bons senti-
37/i APPENDICE.
ments; ils pouvaient et voulaient servir la royauté. Ils s'y rattachaient d'autant plus après le retour du Roi qu'ils étaient en butte à la haine des révolutionnaires, que ceux-ci leur reprochaient la honte de leur défaite et les tempéraments auxquels ils l'imputaient. C'était donc là un élément naturel du parti royal, et il dépendait du Roi de le réunir au petit nombre de fidèles et plus anciens serviteurs dont les circonstances avaient paralysé l'activité dans la révolution. Cet élément naturel était encore un élément nécessaire. La royauté n'a pas les mêmes ressources à Naples qu'en France ; elle n'y a pas rendu les mêmes inunenses services ; une révolution démocratique poussée à tous les extivmes ne s'est pas rassasiée du sang et de la fortune de tout ce qu'il y avait d'un peu élevé dans l'État, ^Ue n'y a point inspiré l'horreur des révolutions et l'allié au trône tout ce qui avait été entraîné dans ^a mine.
La forme du gouvernement consultatif arrivant <le Laybach, ceux-là mêmes qui, par système, en eussent désiré une autre, comprenaient qu'il n'avait pas dépendu du Roi de Taccorder, et reusseni accepttH? ; mais il dépendait du gouvenienient que i^otte forme fût réelle et non pas illusoire. Il dépen- <lait de lui d'y appeler ou d'en exclure les hommes auxipiels il venait d'avoir de si récentes et de si ^irandes obligations, les hommes dont l'influence lui était indispensable pour fortifier le pouvoir. jK^ur régner en un mot.
Ministère Canosa.
Vn autre système prévalut ; on imputa à crime à ces mêmes hommes les rôles qu'ils avaient joués durant la révolution et que la plupart J'entre eux à/avaient acceptés que sur l'ordre ou sur les pressantes sollicitations du Roi ou du duc de Calabre : la disgrâce, la destitution, l'exil furent leur partage. Le caractère du prince héréditaire fut sacrifié , et il l'a senti.
L'apathie politique du ministère Medici avait laissé faire la révolution ; on oublia que l'inquiétude et les plans excentriques du prince de Canosa en avaient, dans son court ministère de 1816, jeté les premières semences. Il fut rappelé aux affaires; il y rapporta ses idées, que déjà nous avons signalées, n est inutile de les développer, de les discuter. C'était l'abolition successive de tout ce qui avait été élevé depuis quinze ans, la résurrection <le tout ce qui avait été aboli, le retour à la situation politique de 1800 et de 1799. Au lieu d'écarter simplement les employés qui avaient encouru de jnstes reproches, on établit des Juntes de scrutin où tout homme placé dans une carrière publique dut subir un jugement secret; ce jugement ne poita pas seulement sur les actes des neuf mois de la Constitution, mais sur toutes les frases politiques antérieures. Ce fut un délit d'avoir servi soas les Français, d'être attaché aux lois qu'ils avaient données; à ces délits positifs se joignirent tous ceux
8» ^^KMilIlklQB.
que la passion, la corruptiim peuTmt sappom i rhomme qu'elles yeujent pordm aa renoi^aoer. U dénoQeiation anonyme fut enoouragée^
Les remplaoementsjiie furaifc làm mdm qfûmh reux.: des l)on^ne&in|»||Mi^01llî^^ fcum^piKtéi li^la tête des proviaees ou des arroiidisaraie^; tout le )x>yaume, mis eo état de tm^pmoÊi^ Ait Mné à rioquiétude ; des aTvesrtatimis, des dkàtirniiùB ccMitralres mii(. lois en vigueur raocrurent. On psrb de modifia* le système ônaaciar, d'annuler oa de reviser la vente des domaines nationaux.
L ensemble de ee système n'obtintpas Tassent!ment des commissairea des puissances ocrapantes; ne pouvant décider le ministère Ganosa à eatarer dans d'autres voieSi ils entreprirent de le ehanger. Jl esit déplorable de voir que quinze mois se perdirent dans cette lutte, quinze mois qui, bien employés, eussent été si précieux, quinze mois pendant lesquels Tindignation contre les révolutionnaires s'aflaiblit. La Restauration se discrédita et perdit une partie de ses ressources.
Ministère actuel.
Un nouveau ministère fut créé dans les premiers jours de juin dernier. Sa position était difficile; le
* L'article 7 de la loi d'amnistie du 98 septembre de cette innée porte : « U est expressément défendu à toutes les antorit^ judiciaires et administratives de recevoir et de donner court tox dénonciations anonymes, excepte les seuls cas de délits flagrants ou permanents, aux termes de l'article S8 de nos lois sur la pro* cc^dure dans les jugements criminels; tome autre dûpofi^ contraire est révoquée » (Nota de If . de Serre.)
Roi ne Tavait pris qu'avec une grande répugnance et après s'en être longtemps défendu. Il restait près de l'oreille du monarque le parti du prince de Canosa; parti peu nombreux, peu éclairé, mais entier, consciencieux et fidèle, surveillant inquiet et malveillant des nouveaux ministres.
Toute la force de la nouvelle administration était dans son chef : une carrière longue, active et irréprochable, des services récents, lui donnaient droit à la confiance de son maître; il était investi de celle de l'Autriche. Avec de la droiture, de l'esprit, de la facilité, il lui fallait encore une volonté forte pour n'être pas trop dépendant de l'Autriche. On empruntait son appui pour imposer à la cour et vaincre ses rivaux dans la confiance du Roi ; malheureusement il était arrivé au déclin de l'âge sans jamais avoir administré. Ayant passé sa vie dans les ambassades, il avait été absent de Naples pendant trente années, et devait juger souvent parles yeux d'autrui.
Ce fut une faute et un affaiblissement pour lui de s'adjoindre MM. de Medici et Tommasi. L'aptitude à remplir tel ou tel département ministériel ne suffit pas, il faut encore convenir aux circonstances du moment. Par cela seul que le ministère Medici n'avait su ni prévoir ni arrêter la révolution de 1830, ses membres devaient êti'e exclus d'un ministère destiné à prévenir le retour d'une révolution pareille. Leur présence seule devait décréditer ^ la cour les plus sages mesures, et leurs talents ne compensaient pas un si grand désavantage.
Il ne s'agissait guère dans la justice et les finances que de conserver Tordre établi. Le prina* Ruffo* aurait tout aussi bien fait le dernier emprunt, et, entouré d'hommes neufs, il eût été plus fort, s'il eût voulu l'être.
Bien que le statut fondamental qui avait établi le gouvernement consultatif au retour de Laybach fût rappelé dans les décrets qui, en juin dernier, avaient organisé le Conseil des ministres et le Conseil d'État*, le nouveau ministère a oublié son titre et s'est, encore moins que le précédent, soucié d'obéir au statut. Les proportions de la Consulte d'État avaient été fixées d'une manière trop étroite pour qu'on pût y appeler un certain nombre de membres influents de chaque province et connaître leurs be soins, y pourvoir et les attacher ainsi à la couronne. On n'y en a dans le fait appelé presque aucun, et la Consulte d'État est étrangère à l'État. Ciîtte Consulte n'a pas même été réunie. Contre la lettre du statut, les lois ont été faites sans elle. Aucune importance n'a été donnée aux Conseils provinciaux, on ne paraît pas même penser à rien fonder.
Bîen que le nouveau ministère ne paraissi* pa> avoir adopté les plans du prince de Canosa, îl esta peu près resté dans les mêmes voies à réc;ard des personnes; nombre d'hommes indignes d'emploi> importants y sont maintenus, et dans les destitn-
* Voyez L IV, p. 379.
> Le Conseil d'État tel qu'il a été ëubli est une creatioD iilosoirc, et qui doit l'être. C'est une superf (station reconnue d^ aussi inutile aux ministres qu'à l'État. (Note de M. de Serre.}
tions, dans les exils, dans les exceptions à Tamnis- Lie, les scrutins ont servi de ri^gle. Seulement on n'a pas fait tout ce qu'ils commandaient; en frappant les coups préparés par leurs prédécesseurs, les ministres actuels les ont adoucis et ont ainsi vécu de transactions. Leur considération n'a pas gagné à cette conduite ; on pardonnait plutôt au prince de Canosa des rigueurs qui étaient dans sa conviction et son système, qu'on ne pardonne au prince Ruffo de céder à la conviction de ceux dont il est venu réparer les erreurs, et d'obéir à un système qu'il désavoue. Le prince de Canosa avait ses partisans, ses prolétaires, sa police : ce dernier appui reste seul au gouvernement; les concessions insuffisantes que fait le ministère au parti Canosa ne lui acquièrent pas ce parti ; de même il a pour les prolétaires, dont il ne pense pas à se servir, de faux ménagements : les propriétaires ne peuvent obtenir d'être protégés contre l'introduction des grains étrangers, crainte de faire payer le pain un peu plus cher au peuple, auquel on ne pense pas que les propriétaires ruinés ne pourront plus donner du travail.
Les derniers débats du Conseil sur la loi d'amnistie ont fait tort au gouvernement. Qu'on imagine un gouvernement qui, sur des faits passés depuis plus de trois ans, ne sait pas encore à qui il veut pardonner et qui il veut punir; qu'on imagine qu'après avoir laissé les gens tranquilles tout ce temps, tout d'un coup, et sans autre prétexte que de les comprendre furtivement dans l'exception de l'amnistie, il décerne contre eux une centaine de man*»
a» AFFB3(DICE.
dats d'arrêt^ et qaH ne fasse pas cela pour satisfaire à ses propres pasâoos, â ses propres craintes, mais â celles de te! oo tel coardsan, et qu^il ne sache qoelle suite donner à ces mandats, et* qu'il les conrenisse en lettres d' ejtîl !
L'Autriche est-elle comptétement étrangère i cette marche incertaine et subalterne d'un ministère qui est son ouvrage ? EUe Texcuse, elle exagère les obstacles qu'il reacontit^, loue ses intentions, vante son impartialité. L'impartialité ou, pour mieiLX dire, la justice doit être sans doute le but du gou- %-emement; elle n'en est pas la condition première, mais bien la force. Or il n'v a dans la conduite de Tadministration actuelle pas plus de justice que de force; elle n'inspire plus guère ni espérances ni craintes, et, malheiureusement pour la Restauration; on commence à n'espérer plus en aucune administratîon possible.
Pour compléter ce triste tableau, il nous reste à indiquer It^tat actuel de lacharbonncrie et du brigandage. Quelcpjes réflexions générales terminenmt ensuite ce mémoire.
Carbonari. — Caldcrari, — Étal actuel.
La publicité que la révolution avait donnée à la secte des carbonari, la honteuse issue* de leur entreprise et ses déplorables résultats avaient d'abord affaibli, puis décrédité la secte. Depuis, les poursuites dirigées contre eux, des lois plus sévères, la bulle d'excommunication ont suspendu
ANNÉE mu itk
son existence matérielle. On ne peut douter qu'elle ne reste concentrée dans les diefs et dans les hom- Hies résolus; la bulle n'a pas eu tout Teffet qu'on s*en {HtMnettait. D'une part, une partie du clergé a été impliquée dans la révolution, et, de l'autre, quand les ecclésiastiques ont vu que beaucoup de leurs pénitents balançaient entre l'excommunication et la délation, que la confession, considérée comme moyen de police, en recevait une véritable atteinte, ils ont, dans la pratique, adouci les mesures de la bulle et ainsi sauvé les intérêts de la religion, qui ne saurait, sans être compromise, être mêlée d'une manière trop vive et trop explicite aux mesures politiques.
Difficilement la charbomicrie jouera encore un rôle sous le même nom et sous la même forme; mais, tant qu'un ordre stable et fort ne sera point établi dans l'Ktat, ses principes continueront à être répandus, et ses éléments seront des éléments de désordre, des pierres d'attente de révolutions pour le jour où l'on pourra les faire impunément.
Les l'éunions des calderari ont à peu près cessé; leur influence est si faible qu'ils servent seulement à ranimer, à fortifuT leurs adversaires, ils sont de trop au gouvernement, tmit que restera l'armée d'occupation ; ils serraient nuls en son absence. Aussi le gouvernement répudie et réprime ces alliés inutiles et nuisibles.
Brigandage.
Ia^ brigandage est une vieille plaie du royi^np^e
S^S JiPPËNDlCB.
qui prouve depuis combiea de temps et à cfuel point il est, moralement parlant, resté inculte. Les brigands sont» dans Tordre moral, ce que sont, dans Tordre physique, ces animaux malfaisants qui se multiplient aux lieux où cessent la culture et Tliabitation de Thomme. On a constamment cherché à détruire les brigands par la force militaire et la sévérité des tribunaux comme on cherche à détruitv ou comprimer aujourd'hui par les mêmes moyens la révolution. C'est ne pas remonter a la causer ne s'attacher qu'aux effets. La cause de Tun et de Tautre mal est dans Tabsence ou les vices des institutions et dans les fausses idées et les mauvaisis erreurs qui en sont résultées. Les nombreuses vicissitudes du royaume de Naples ont souvent favorisé le brigandage en lui donnant une importauci' politique; à Texemple des condottieri du moyen âge, ces brigands étaient jadis employés par les l)nrons dans les guerres qu'ils soutenaient entre oik ou contre la couronne; en lliÂ^, ils se joignireni a Tannée royale sous le cardinal Huffo* et entnMviii dans Naples en vainqueurs. Pendant les dix ans ii« la domination française, ils ont fait la jiuerre S4)ii> Tétendard du Hoi légitime. Le bri^anda^e a ain-i perdu une partie de son horreur et est devenu uii«
» Fabrice-Denis Ruffo, iic à Naples en ITAJ^. Il fut promu «rdinal-dlacre eu 17l)/4. Les Français, commandes par Champiount-i. étant devenus maîtres de Naples (janvier 1799), le card ni! su»»;! le Roi en Sicile. Nomme lieutenant ge'ndral du royaume, II k-»leva les Calabres et r«»ntra dans Naples (juin 179.») Il mcnn»»
•n lî^;.
carrière publique, souvent couronnée par la fortune. Le gibet était une chance qui leur était commune avec l'homme de lettres, le militaire, le noble, le prélat, souvent victimes des fréquentes /évolutions du pays.
L'intensité du brigandage s'était amoindrie dans les dernières années du règne de Joachim; des mesures sévères, Tarmement des gardes nationales^ raccroissement du nombre des propriétaires, une ai*mée considéi*able en avaient sensiblement diminué les éléments; mais, au retour du Roi, en 1815, beaucoup des plus fameux revinrent de la Sicile avec ses troupes et reprirent leur ancien métier. Le gouvernement fit la faute de transiger avec une bande de trente-trois, les Valdarelli. pendant que les Autrichiens étaient encore dans le pays. Cet acte, rapproché de la vigueur qu'avaient déployée les Français, trahit la faiblesse du gouvernement, influa sur la révolution et inspira aux brigands une nouvelle audace. Ils ont fait quelque tentative, mais qui ne paraît pas avoir eu do suite, pour se rattacher aux carbonari, et ils n'ont joué aucun rôle dans la dernière révolution. Au contraire, les carbonari, maîtres de la gendarmerie et des milices, les dissipèrent dans rintérieur. Le brigandage ne se maintint que sur les confins des Etats romains, où , il ne pouvait se détruire que par un accoi'd suivi entre les deux pays qu'on n'a jamais pu obtenir.
Dans le moment actuel, le brigandage a repris des forces, on a même jugé nécessaire d'envoyer dans les provinces quatix^ commissaires du lioi
aW APPENDICE.
avec ValttT ego. Toutefois, coraparativinnent à d'autres rpoqiies, les brigands ne sont pas aussi norubnsux qu'ils devraient IV-tro apix-S niiu rt'-v«!iilion et le licenciement d'une armée. Ceux qui existent s(nit plutôt rudouta,bIes pour If-s particulit'l^ que pour le sonvernement. L'abolition des milice» avaitdiminné les moyens de les coraliatti"C: dfgù ou en est revenu à, l'onner des gardes nationale» , c'està-dii-e à réai;iner ceux que la prudence avait diiwmés. On a reporte- la force là où l'on ne voulait paj qu'elle fût.* La gendarmerie, quoique l'un des c■lql^ les plus gangrenés de carlionarisiue, so distiiigui' , dans ce service et y a perdu du monde. Il n'y a pa.* de troupes nationales; les Autrichiens sont ]m propi-es et encore moins disposés si faire cclti' . guerre pénible et peu glorieuse. Ils ont d'ailleurs i dans le royaume une position fort concentri-e nutour de la capitale ; il ne reste donc à opposer aiiï ; brigands, dans les provinces intérieures, que b habitiUîts des communes, qui du reste trouvent dur de devoir ainsi se protéger eux-mêmes et exposer ' leur vie, lorsqu'ils sont écrasés trimpôts pour b solde des armées. On rappelle l'activité des Fntnç&is dans cette petite guerre et l'exemple de leurs premiers généraux qui n'hésïtèi-ent pas à courir, à la tête de ÔO hommes, pour sauver un village ou une simple métairie, et on ta compare à la tran- . quille apathie de successeurs- non moins coûteux. Denigiis, chef d'une bande de brigands dans la Capitanate, donne à ses n4)iDes, assez modérées d^ailleurs, une couleur d'opposition politique, l'n
I)ataillon et un escadron autrichiens, envoyés contre lui, n'ont obtenu d'autre résultat que d'avoir beaucoup de malades et de lui prendre quelques chevaux cpi'il a tout de suite remplacés. Si l'horizon de l'Europe se troublait, si la misère s'accroissait dans le it>yaume, si les poursuites politiques se multipliaient et continuaient à leur fournir des recrues, il n'est pas douteux que les bandes existantes, faibles aujourd'hui, serviraient de points de réunion contre le gouvernement, et l'armée d'occupation pourrait être fort harcelée et souffrir beaucoup, en les repoussant, de l'influence du climat, surtout en été. Si jamais, en même temps, les carbonari donnaient la main aux brigands et aux prolétaii*es et que les circonstances les favorisassent, la révolution prendrait un caractère de férocité qui étonnerait l'Europe. Telle, au moins, l'annoncent les sourdes menaces du parti ; telle la redoutaient, au départ des Autrichiens, des hommes même que le gouvernement repousse aujourd'hui.
Conclusion.
Nous croyons avoir clairement exposé l'état politique actuel du royaume de Naples. Cet exposi» complète celui que nous avons fait de la Sicile; il provoque et confirme les considérations que nous y avons jointes, en tant qu'elles sont communes aux deux royaumes.
Sans les rappeler ici, nous ajouterons quelques réflexions qui serviront de conclusion au présent mémoire.