‹ Correspondance du comte de SerreChapitre 67 sur 78 · VI · texte numérisé non relu

VI

1- Lûcstfaen Ibi;» et 1815 Naples et llulii- <cMpp>ifm a la dominadon de Napoléon, les aninsQtatioos de ces contrées, minées par k- ^. avaient été détroites jus<iue dans leurs êlr- E^ par les lois de la conquête ; les audeniKs faahinKks étaient effacées. Cependant les clisses iaterirarcs s'eiaient partagé les dépouilles de ciasâps sopérieiiies: les révolutions et les guenes avaient excite Tambition et la cupidité ; un moareiDent ascendant traTaillait les esprits. Ainsi le moment où les institutions auraient dû satisfaire ou cœtcfiir les peuples était précisément celui oùelks manquaient totalement.

^ Ce manque ne fut pas même remarqué : le iveime militaire fut remplacé par celui plus doux, plus paternel, mais moins viirilant« moins actif. moins enereîque des anciens princes. Ils ne s'entotirènent pas même de ces simulacres d^institutioib lior.: I:\ coi^nu'te avait fait son cortcce, doui rlir:: v%:>^»:: 1 aiiibiiion, ramour-proj>re dt-^ Iioculx? ::.:V:o:::< e: la cri-\lulitc Ju pouplo. Labseiicf ;r.;i-' ivr.v:;: I :> anciens priuci^ t'traniiers a Irurs sii;'> ils le àèviirAUî davauiace encoiv j^ar ri>i.»Kiuviiî ' ia torjviir Jo Kur izouvernoiueiu . L'Iuiiii- ^tu/. >v ;:sle pr^ii clorai o.\clusil\U- rAuirichc: SiHiiLi':- V niiou iii:\vro, son iailuriuv vi ^^^u c-Xf/uipic n- ^lï^ivi.i la oviiiiiuiie de tous k^ prinors italiens.

:\ t r::^ iiii'iu li^v ikti-rniina lu niêui** u-iiips ^-^ jiii.e-^ a icuir >ur pitd dr> iuiiin^ c\i'r>^ivij, • ::* i- i.i.i\ riieon- davaniaiie leu^•^ moviiis dt- li*- :i :.^ . :!- i. nuvivui dans îles systèmes qui ass<.viait:-"

ANNÉE 1831 * i£ff

à Tannée une grande partie de leur population. Les peuples furent excédés d'impôts et de corvées. La discipline faiblit sous le gouvernement restauré ; elle était naturellement faible sur des milices ; ainsi les éléments de révolution se trouvaient réunis et concentrés dans des foyers où le mouvement des États libres ou révolutionnés ne pouvait manquer de les allumer. Il semblait qu'on eût encore, qu'on n'eût plus que la France conquérante à craindre^ Pour obvier à un péril imaginaire, ou courait 1q danger le plus réel .

/é" Telles sont les causes des dernières révolutions de ritalie. Depuis qu'elles ont été réprimées par la force, le système qui les a produites ou n'a pas su les prévenir a-t-il été sensiblement modifié? Oui, en un seul point, le développement militaire des États italiens; on parait avoir renoncé aux grandes années et aux milices ; rien n'a été fait d'ailleurs poiur lier les peuples aux princes pai* des institutions. On avait à Laybach paru en sentir la nécessité en adoptant le régime consultatif pour les Deux-Siciles; on donnait encore les mêmes assurances en établissant, le 7 juin dernier, un Conseil des ministi*es et un Conseil d'État; mais ces promesses ont été ou éludées ou violées; mieux eût valu ne pas les faire. Lorsque le gouvernement y voudra revenir, il aura le double inconvénient de paraître rétrogi*ader et de céder aux suggestions de rétranger. Il aura peine à vaincre la méfiance et le découragement des peuples.

5^ Mais la nécessité reste la même, et les souverains

et les peuples sont en sa présence. La révolution a été un phénomène nouveau, un fléau politique inconnu jusqu'à nos jours; il est pardonnable de s'être mépris sur le régime et les remèdes les plus propices aux nations attaquées de ce mal. L'Autriche a évidemment agi contre ses intentions et ses intérêts. Elle voulait éteindre l'esprit révolutionnaire en Italie •: elle a besoin d'être délivrée d'une aussi grave inquiétude sur cette frontière pour jouir de toute sa puissance sur les autres. Si les dernières révolutions démontrent qu'elle s'est trompée, si l'état actuel de l'Italie le démontre encon* davantage, son cabinet est assez sage et assez grand pour reconnaître dans toute son étendue une erreur fju'il importe tant à l'Europe et à l'Autriche ellemême de réparer.

6'' Quel est le principe et quelle est la puissance des révolutionnaires?

Sous le nom d'égalité, c'est la mine de toutes h> supériorités sociales; puissance» do destniction. puissance vraiment infernale, puisqu'elle flatte « t soulève tous les orgueils. Quel principe, quell»*^ puissances lui opposera-t-on? La nature des cho><le dit : Talliance et la sagesse des siipmorités m» nacées. Dans d'autres temps, le^ souverains ont dû abaisser une aristocratie trop puissante et par là même anarchique. Ces temps sont bien loin d<* nous; le danger vient aujourd'hui du côté oppos** et appelle une politique contraire. Mais ce n'est pa> à une aristocratie purement titulaire, c'est aux influences réelles, à l'aristocratie de fait, quelle que

soit sa date, qu'il faut s'unir. Les Influences existantes ne sont pas à craindre ; les anciennes sont affaiblies et humiliées : les nouvelles n'ont point de racines encore. Toutes ont besoin, pour le salut conunun, de se fonuer en faisceau autour du pouvoir. L'union doit être franche et intime pour être forte; elle doit être sage pour être plus forte. encore : c'est-à-dire qu'elle doit gouverner dans les intérêts généraux du pays pour se faire dans la nation autant d'amis et aussi peu d'ennemis que possible.

7° Cette union des supériorités sociales ne tient point exclusivement à telle ou telle forme de gouvernement : elle peut se produire dans le régime consultatif promis aux Napolitains àLaybach. Ce régime peut aussi garantir jusqu'à un certain point la sagesse de l'administration. Mais qu'il soit réel et sincère, ({u'on ne puisse pas faire aux souverains le reproche ({u'ils adressent justement aux révolutionnaires : celui de tromper les peuples. Que la Consulte d'État ait des dimensions, une existence, une iction qui saisissent et rattachent la nation pour la rattacher au Roi; que la Consulte soit liée aux [Conseils provinciaux ; que ceux-ci le soient au système communal; que le Conseil d'État, au lieu l'être un vain nom, soit un auxiliaire réel des ministres, un contrôle de leurs actes et de ceux des intendants; qu'enfin toutes les parties de l'État soient bien enchaînées l'une à l'autre, qu'elles se )rètent un appui mutuel, et que la force et la vie succèdent à la langueur et au découragement.

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{JÉ^hB ; il se €Mlf âe^fHs «gagé pêat lepMtéfoae è|roonstance analogue existe dans le Piémont). Ayant* que ï\ieca|>»ifcm cesse, n'iaqporte-è-il pas d^arréter ees îitstitatiQiis à leur véritable poiot de jifiradeïiee et d'effieaeité, erainfte que pins tvdf et Ihrré à ce? seidaB fofte»,' eef ptioM ne soitentimiiié ini'ddâdèéeqtt^eg^gent aon ififérêt, eeim des peuples qu^il doit gotnpemér, eehrî de lltalie enfb, el de ITîmrope entière.

lO'^La France, qui tientàritalie par une frontière susceptible, qui fait arec elle un commerce considérable, qui est liée à ses jwrînces par les liens les plus étroits du sang, doit, sous tous ces rapports et sous celui de sa juste infiuence extérieure, chienir les mesures qui raffermissent rcnrdre public dans cette partie de l'Europe.

ANNÉE IBftft. 391

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