SUPPLEMENT A LA CORRESPONDANCE
— Ws^ Im conta de Ch«nlKird âi M. G. de 8erT«.
FrosUorf, le 31 août IST»*.
Je Tiens lie recevoir, mûosieur. les deux volume^ ifoi coiidexmecu Li Corre«^#icfa/ice de votre illuitnr père, correspoodaace annotée par vos soins avec kn>spect; filial que vous avez déjà apporté dans la publication des I/i;scour:i de rbomme d'État t-mî* nent qui, de IT^B à ISâJ», fut mêlé à tous les é^vuements de cette période si a^tée de notre histoii^. Vous ne pouvez douter du plaisir que j'aurai à Ir suivre dans ces pa§:es intimes où, plus à Taise daiii la libre expression de sa pensée, un esprit, comme celui du comte de Serre, n'a pu manquer de fermulor sur les hommes et les choses de son tenips des i\rTex:ous et des jugements dun veriiaJjle iiitcrvc.
Vous avez raisou. monsieur, de |XMisor que IVniJ»:' attentive Jes luttes que la Restauration tui a s^.vjteuir contre la mauvaise toi ruvolutionnain- *.«rYiva la ni»ditati«.ni eonsoiencieust* île ct-nx ij'ii - .i' aujoin\rhui aux prises avec les mrni»'S J»a>^i^»^-. «!♦• fzrandes leçons et de salutaires enseiiin» in» nî-. .!»• suis bien touch»/ de l'expression de votre il»\.iiirnient. Crovez à toute ma gratitude et à nie- -fijiments bien sincère?.
IIENKI.
ANNÉE 187Ô. un
1455. — Le baron Eugène d'Huart à M. G. de Serre.
Nouvelle-Orlëans, octobre 1876.
Quatre lettres de M. de Serre (n"* hlh à M. Royer- CoUard, n^* h30 et h6h à M"** de Serre, n^ JiSO à M. de Wendel) peuvent, selon moi, à elles seules, donner une idée exacte de la position difficile et souvedt cruelle où il se trouvait placé et expliquer la première partie de sa condui4;e publique. Il parle avec un juste mépris de ces ultra-royalistes qui préféraient un jacobin à un royaliste modéré. Il peint vivement le ridicule jeté sur une partie de Tancienne noblesse par Tincapacité et les prétentions insoutenables de plusieurs anciens nobles. II affirme et répète qu'il ne voit de salut pour le pays et pour le trône que dans le maintien, le développement d'institutions libres. Il exprime le désir que tous les royalistes acceptent sincèrement Tidée fondamentale de la Charte. En efi*et, comment administrer, gouverner, marcher avec des fonctionnaires incapables, ne montrant que mauvais vouloir? L'opposition de ces royalistes au gouvernement de leur Roi était, comme le remarque très-bien M. deChevers (n"" hSS), un grand contre-sens.
Si ces quatre épîtres dévoilent un tableau à peu près complet de Tineptie, de la mauvaise foi des
|i3S SUPPLÉMENT A LA CORRESPONDAMCE.
ultra-royalistes, deux lettres de M. de Wendrl (n'"' ASâ et 526) présentent une exposition trts-véridique des opinions réelles et des vues du pirtl libéral. Ce parti, composé de vieux jacobins et d'anciens courtisans de TEmpire unis par la haine des Bourbons, ne reculait devant aucune perfidie. 11 venait, pour s'essayer la main, de faire Dcmmer Grégoire à la Chambre. Comme il est facîi* de comprendre, devant cette audacieuse scélératesse, rindignation de Thomme loyal, Thésitatioa dr* rhomme d'État! Il ne s'agissait plus de combattr' des ridicules surannés ; il fallait faire fact* à de> menées qui mettaient en péril la monarchie. La voie se trouvait de tous côtés obstruée ; les ennemi* se montraient chaque jour plus nombreux, tandi*^ que les amis semblaient irrésolus, chancelants, pev dévoués. MM. Royer-Collard et Guizot n'ont certainement pas donné à M. de Serre Taîde et l*^ concours sur lesquels il devait alor> roinpt«T.. Quant aux doux lettres de WiMulel au st\!»* r:'\presque brutal, je les trouve admirabli-s de vrri> de prévision; et, lorsque je pense aux é|><mvant;il'i'événements arrivés depuis, aux hontes intlipt-s a 1. France par les uns, aux horribles massâmes r..r: mis par les autres, je me demande si h» irnuid fur-i' ron n'a pas été inspiré par un souftle proj»li»:iijî> Les n"^ 507 et 508 sont deux réponses du j»nH :renr aénéral de Paris à M. de Serre. Il rst ♦•Ni.i'T' ({ue le ministre était fort mécontent de cv zrh- i:.tempesiir. L'indépendance du magistrat e>t ilnns . cas une excuse sans valeur. Les procès politi^jut-
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doivent nécessairement n'être intentés que d'après les ordres du pouvoir suprême ; autrement les gens du Roi pourraient, selon leur humeur, compromette? les ministres et même le souverain. C'est ce qui est arrivé sous la Restauration, en dépit des arguments de Bellart. Ces procès de presse, ces poursuites de libelles répétés jusqu'à la nausée, inspiraient haiiK? et rancune contre la magistrature, contre le ministère, contre le Roi. Puis les victimes, condamnées à cpielques mois de truffes et de vin de Champagne,
sortaient ayant les rieurs de leur coté Que de
fois le zèle excessif l'a emporté sur la plus haute raison!
Tu comprends avec quelle avidité, avec quelle émotion j'ai dévoré ces pages qui me retraçaient dos «événements, des faits qui s'étaient passés sous mes yeux, quel souvenir et quel regret d'une époque pleine d'intérêt, animée, brillante!
Continue ton pieux travail ; termine le monument que tu as commencé. C'est un privilège que l'héritage de documents historiques ; c'est un devoir de les faire connaître. Je ne connais rien au-<lessus do l'histoire vraie. J'attends avec impatience les autres volumes.
Merci et merci, mon cher (iaston.
FIN DU TOME SIXIEJJR KT DERNIKR.