A M. DS STOURDZA
mais parmi les employcs il y en a qui saTcnt Tilalien et le français.
Si vous me trouvez celte perle d* homme, je ne prétends pas que vous m*en fiissiez cadeau. Je lui donnerai le traitement dont vous serez convenu avec lui. Pour les premiers mois je rattacherai a la personne du président, et il travaillera avec lui.
Voici encore une autre commission. Dans nos écoles centrales, tant militaires que civiles, nous avons le plus grand besoin d'un bon maître de dessin. Je ne crois pas qu*«l soit didicilc d*cn trouver un en Italie. Ce maître doit pouvoir instruire les clèvcs dans le dessin de Tarclmi* tccture militaire et civile. Les dispositions des clcves sob"^^ étonnantes.
Je continuerai à vous écrire en Italie.
Naiiplie. -- noTcmbro 1850.
Mon cher Stourdza, Je profite du départ pour Constm ^' tinople du jeune prince Soltihofî, jusqu ici secrétaire ^^ M. le comte de Panin, pour vous remercier de votre bon^^ lettre du 7 (19) octobre. Le prince reste îi la légation J^ Russie, et il aura la complaisance de se charger de vos 1^^' très et des miennes.
Notre situation est toujours la même, c'est-a-dire pr^^
168 DE ftAVVhlK. -«- NOVKMBRK 1830.
caircj on nous menace tous les jours de Texccution des de-' cisions du protocole qui concernent la délimitation, et tous les jours de nouveaux incidents retardent des mesures dont les conséquences ne peuvent être que dcsas-r treuses. Tout ce qu on a fait jusqu'ici après de longs dé-r I>ats et de volumineuses écritures, a été de livrer Candie aux troupes de Méhémet-Ali. Le seul moyen qui meresr tait pour offrir quelque protection à ceux des malheureux Candiotes qui ne peuvent s* accorder avec les Turcs, c'était de tenir une garnison grecque a Grabuse aussi longtemps que possible, et de ne retirer cette garnison quà condition que des soldats de marine des escadres alliées la remplaçassent. Cette cruelle et douloureuse opération vient enfin de s'accomplir. Maintenant les émigrés candiotes arrivent de toutes parts dans les îles et ici, tous dans le dénuement le plus complet, et nous demandent du pain et des chaumières.
Je suis accablé de ce surcroît de dépenses dans un moment où Ton m'écrit de Paris et de Londres que Taffaire de l'emprunt est plus que problématique, et que je ne dois pas non plus compter sur la possibilité d'obtenir de nouvelles avances de la part des cours alliées. Ce n'est que depuis peu de jours que M. Diiwkins m'a annoncé qu'il est autorisé à mettre à ma disposition Içs 20,000 livres sterling que son gouvernement nous avait promises de-r puis le mois de juin. Avec ce secours qui complète le 1,000,000 et demi accordé par les Puissances sur l'emr prunt quelques jours après l'abdication du prince Léo-
A M. OK 8T0URDZA. 109
pold^ jo puis à pcino satisfaire aux besoins les plus pressants jusqu à la fin de Tannce. Mais alors que deviendrons-nous? Je ne cesse de frapper h toutes les portes* S*ouvriront-ellcs? Dans Tctat actuel des choses en France comment Tespérer?
Je suis loin cependant de me décourager. J*ai fait et )€ continue à faire toutes les démarches possibles pour tenir ou la conclusion dcTemprunt ou la continuation avances, et le bon et excellent M. Eynard m*a secondé me seconde avec un zcle et une activité qui ne sont pi de saison dans notre bas monde. En mcme temps je me en œuvre tous les ressorts imaginables , pour essayer porter la nation li se sufliro ii cllc-mcmc, du morne qu'elle ne pourra plus espérer les secours que les Pui sanccs lui ont promis.
Nous avons de beaux domaines et des terres incuit qui renferment dans leur sein des trésors. Les unes composent de plantations de raisins de Corinthe et d'ol> viers; les autres sont des terrains fertiles, arrosa par eaux de source ou de rivière, et a portée de la mer.
Le sénat discute dans ce moment les différents proj que je lui ai communiqués sur un sage système de par ger quelques millions de stremmcs de terres national^^ aux paysans qui ne sont pas propriétaires. Par cette da^ tribution Tétat se procurera un revenu annuel consicS^^* rable, soit qu il donne ces terres en exigeant une reix^^ perpétuelle sur leur valeur, soit qu il en exige le pris ^ de longs termes. Ceci est pour les terres incultes ou m^^
t70 ))K NAItPLlK. «— ?I0VEMBRK 1830.
cultivées. Quant aux domaines ^ il pourrait les vendre définitivement contre le paiement immédiat de leur valeur. On lu fait monter a plusieurs centaines de milliers de talaris, ce qui nous donnerait ^ si la chose peut réussir, un capital au moyen duquel nous pourrions ou couvrir notre déficit, ou assurer le dividende d'un emprunt que dans cette hypothèse le gouvernement contracterait h rétranger.
Réfléchissez, mon cher Stourdza, sur toutes ces données. Elles vous offrent les éléments que vous pourriez peutêtre combiner, dans le double but de résoudre heureusement toutes les questions que vous m'avez adressées par votre dernière lettre.
Pourquoi les capitalistes d'Odessa ne formeraient-ils pas une compagnie qui souscrirait, je suppose, pour la somme de 50,000 talaris? Elle enverrait en Grèce avec Targent un fondé de pouvoirs qui achèterait des terres^ et si elle se décidait a les distribuer aux laboureurs que la guerre a accumulés dans les parages de la mer Noire, je me fais fort de lui accorder de très-bonnes terres aux conditions les plus avantageuses.
Les actionnaires placeraient leurs capitaux à un haut intérêt. Ils deviendraient propriétaires en Grèce; et le jour oii ils viendraient s*y établir, ils jouiraient de tous les avantages que donne la fortune. Ils seraient des citoyens utiles, et ils feraient une œuvre de bien,* en procurant du travail et du pain aux malheureux qui sont expatriés. Us auraient enfin rendu un grand service à la nation, a laquelle ils tiennent a honneur d*appartcnir.
A M, OK STOUIIDZA.' 171
Cent sur celte grande ihcse que je vous engage k pdrorcr les Inglessis^ ics Seraphinos^ et autres* La somme leur paraîtra pcut-êti*e énorme ; ch bien ! quils se cotisent pour une somme moins forte, mais quils donnent au moins le bon exemple; les capitalistes grecs de Tricste, de Vienne et de Livournc le suivront. Sans cela les capitalistes anglais et français finiront par s emparer des meiU Icnrcs terres.
Je propose aux richards d'Odessa des terres incultes, dans la suppositioir qu*ils se décideront a y coloniser les Grecs de Mosconissia, de Varna , d* Anchilion, et de Sozopolis, etc., dont vous me parle/.. Uans la supposition qu ils prennent des domaines d6]h cultives, je pourrai également leur. en vendre, et avec Targcnt que j'en tirerai, ce sera moi qui coloniserai vos protèges.
Enfin s il veulent prêter une forte somme au gouvernement grec a Tintérct de 8 pour 100 et avec Thypothèque des dits domaines, ils placeront leur argent a la banque, et j'en profiterai également pour accueillir et utiliser ces émigrés. Je ne vous en dis pas davantage sur ce chapitre. C'en est assez pour un homme comme vous.
Quant aux émigrés du Plianarc, je n'ai pas de réponse satisfaisante à leur faire. J'ai reçu leur lettre, et j*en ai causé longuement avec M. de Uibcaupierre; suni verba et voccs prœtereaquc nihU. Je ne me refuserai pas cependant au devoir de leur donner quelque consolation, pour le cas oii la Providence nous en accorde a nous-mêmes. Sous peu de jours je vous enverrai ma réponse a leur lettre.
172 DS MAUPLIK. — NOVBHBRK 1830.
Je ne finirai pas celte longue lettre sans vous recom* mander encore une fois raffaire de Yarvakis. Faites tout :e qui pourra dépendre de vous pour que M. Rodofinikin 5t M. DaschkofF nous procurent les 300,000 roubles. Nous en avons le plus grand besoin pour soutenir nos écoles, et pour leur donner le développement que roclament chaque jour davantage les progrès étonnants des îlcves.
Je viens de faire une tournée dans le Péloponèse et dans t Grèce occidentale. M. Cannas qui fait ses premières arics auprès de moi m*a accompagné. Il vous dira qu*à fossolonghi et à Ânatolico il y a deux bonnes écoles d*en- 'îgnemcnt mutuel, remplies d'élèves pleins de zèle. A lessolongbi il y aura bien lot une école hellénique, qui sera ii:*igée par Thonnêtc et respectable professeur Palamas.
Grand Dieu! que de bonnes institutions ne pourrait-on ^8 fonder; mais oii sont les moyens?
tjy x^Ô. /e T^cneiaf tS^ua^n , à i^otJau.
Nûuplie. -- DOTembre 1S30.
A. roccasion du de'part du bâtiment national qui va ■^^ixher à Girfou le généreux secours que nous donne ^Wigleterre, je joindrai , mon général, à la lettre d'office ^>^ lac£uelle je vous recommande Tamiral Sactouris^ uelques mots pour solliciter un bienveillant accueil de
171 DE MAUPLIB, — M0TE9IBIIE 1830.
dois attacher à ce que vous rouliez bien me fournir les moyens de leur donner plus de développement.
D*après ce qu*on m*assure, Tadministration de Corfou possède pour la construction des grandes routes un mate'ricl très-considerable , consistant en tombereaux , charrettes, brouettes, pioches, pelles, râteaux, outils pour briser les pierres, etc. Ces objets ne sont peut-être plus de la même nécessite pour elle h présent que des chaussées traversent en tout sens File, et dans tous les cas elle les remplacerait toujours facilement et à peu de frais. Le gouvernement grec au contraire pour se les procurer aurait non-seulement à supporter des sacrifices pccuiiiaires considérables, mais aussi la perte de temps qui serait inévitable, s'il devait les commander en France ou en Italie.
Je vous adresserai encore , mon général , une seconde demande , celle d'obtenir de vos pépinières la plus grande quantité d'arbres qu'il vous serait possible de nous céder, en les choisissant surtout parmi ceux d'une croissance rapide, tels que les acacias, les catalpas, les sycomores, et autres que vous, mon général, qui possédez, au dire de tout le monde, un riche et délicieux jardin, connaissez sans doute mieux que moi.
Je m*arréte, et j'abandonne à M. Gérostathis le soin de vous entretenir, s'il le faut, plus longuement du double service que je me permets de vous demander* Il est entendu que le prix de tous les objets que vous auriez la complaisance de nous fournir, serait convenu d'un com-
mun desti le g depc mon mon I>osil
M prév
die, com en cl Grèi nom du te N(
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176 DE NAUPUE, — - KOVEIHBRE 1830.
ront Tousle permettre, les embarcations qui sont à votre disposition.
Il faut cependant c|ue leur de'part soit accélère' autant que possible , attendu que la prolongation de votre se'jôur dans les parages de Candie peut motiver, selon Topinion de Messieurs les amiraux, des discussions et des complications très-facheuses.
Quoique nous ne partagions pas cette opinion, puisque d'une part votre commission a un but que les re'sidents des cours alliées ont bien voulu eux-mêmes nous signaler, et que de Tautre les traites donnent aux Candiotes le droit d'èmigrer dans le nouvel état, néanmoins nous désirons que ce but soit atteint dans le plus court délai possible, et que tous les Candiotes qui sont décidés à émigrer s*embarquent.
A cet effet nous avons itérativement demandé à Messieurs les amiraux de nous aider. Nous les avons priés cl* ordonner à leurs propres bâtiments de se charger de quelques familles. La réponse que nous venons de recevoir de leur part nous fait espérer que cette assistance aura lieu. Il est utile que vous en soyez informé.
Nous ne devons pas vous laisser i(;norer que Messieurs les amiraux ont reçu des rapports par lesquels on taclie de donner un caractère équivoque h votre mission. On vous suppose chargé de distribuer des munitions de guerre, et d*encourager par conséquent les Candiotes aux hostilités et à la résistance. On a été plus loin; on a prétendu que M. Renieri avec les membres
A ■• BBTAMT. 177
de âon conseil abusent du nom du gouTemement grec et de son influence ^ pour faire espérer aux Candiotes que les décisions des cours alliées à leur égard vont changer. Nous nous sommes refusés à faire réponse à cette double incrimination. Nous respectons trop ce que nous nous devons à nous-mêmes, pour descendre à de semblables explications. Cependant il est de notre intention que vous fassiez parvenir à la connaissance de M. Renieri les bruits calomnieux dont il estTobjet, et que vous l'engagiez , ainsi que nous Tavons fait nousmêmes tant que nous étions en correspondance avec lui^ à se retirer de Candie, et pour ce cas vous lui ofTrirez une place à bord de la corvette.
Nous finissons eu vous recommandant de continuer à remplir votre mission avec le zèle qui vous distingue. Plus vous en accélérerez le terme, plus vous sauverez de Candiotes, et plus vous justifierez la confiance que nous inspirent vos services et votre noble caractère.
-- ,, 20 noTembre ^^.
^"'^"•' a décembr. "*«•
J*ai sous les yeux , mon cher Bétant , votre aimable lettre du 25 août, et celle aussi que M. le docteur Gosse m'a fait Thonneur de m*écrire en date du 19 septembre. Vous savez combien mes moments sont comptés, et vous
178 DB VAUPLIl. — DSCBHBRX 1830.
ne m*en voudrez pas si je ne réponds qu*à Tun de tous. Ce sera par une autre occasion que j*ëcrirai à M. Gosse; en attendant, dites-lui mille choses de ma part.
J*ai envoyé à M. Mustoxidis votre lettre.^ J*espère pouvoir me rendre moi-même sous peu de jours li Ëgine, et je serai auprès de lui votre fondé de pouvoirs y en ma qualité de citoyen de Genève.
Notre petite collection de débris d*antiquités devient fous les jours plus intéressante. Si nous avions à dépenser autant qu*il le faudrait pour faire des fouilles, elle le sers^ it encore davantage. Cependant je ne me presse pas, et i*£^ ime à me flatter que les voyageurs ne nous les enlèvefoait plus de contrebande comme cela arrivait autrefois. JEgine n*est plus la résidence du gouvernement ; mais cLK^ renferme dans ce moment le noyau de tous nos éta- 1>I^ 2 céments d'instruction publique. A côté de Torpliano trophe, où sont élevés 500 jeunes Grecs, il y a deux ec^oles normales, Tune pour renseignement mutuel, et l*^utre pour la langue et la philologie helléniques, pour Ic^ éléments des sciences exactes, les langues étrangères, 1^ dessin et la musique. Cette seconde école porte le noxji de M. Eynard, parce qu'elle a été bâtie et fondée ^ ^^s frais.
^Jne grande et belle imprimerie grecque travaille à ^^^^ de ces écoles à l'impression des livres nécessaires.
^^ncernant la demande de quelques objets d'antiquités pour le musëe
A H* BBTAHTé 179
jtels que grammaires et cahiers pour servir de texte aux leçons. G*est avec l*argent que le comité de Grenève a mis à ma disposition en dernier lieu, que j*ai paye' une bonne partie de cette imprimerie à M. Didot, et je tous prie de le dire à 1M« Favre , à M. Munier, et à tous ceux de leurs collègues que vous connaissez*
Les élèves qui fourmillent à Égine dépassent, y compris Torphanotrophe , le nombre de 1,500. Leurs progrès sont très-satisfaisants. Il en est de même dans toutes les provinces ; chacune a une ou deux écoles d'enseignement mutuel. Elles nous donnent un total de 8,000 élèves. Sous peu toutes seront instituées d*après la metliode de M. Sarasin, et par des maîtres qui sortiront de Tecole normale d'Egine.
L*ecole militaire de Nauplie nous donne aussi de belles espérances. Dans Texamen public de cette année les elè> ves se sont distingués au delà de toute attente.
Un séminaire est institué dans le couvent de Poros. Cet^ établissement date de peu, et par conséquent il a besoioM d*une surveillance plus soutenue et plus immédiate— C*est vous dire que je me la réserve.
Enfin, gruces encore aux bienfaits de M.Eynard, un^ ferme-modèle est établie à Tirynthe. M. Paléologue, qii^ i sort de rétablissement de M. Dombasle, en est le directteur. Il a aussi sous sa direction soixante élèves, do il nous promet de faire d'excellents valets de ferme.
Nauplie commence à être de'blayée de ses ruines, prend tous les jours davantage la tenue d'une ville.
.180 DE NAUPLII. — DSCIUBRE 1830.
chaumières que j^avais fait e'tablir il y a deux ans^ dans un emplacement destine à devenir un faubourg, disparaissent, et sont remplacées par de belles et grandes maisons. C*est le faubourg de Pronia ou de la Providence.
Le tracé d*une grande route qui mène à Argos est presque achevé'. On va de Nauplie à Argos en cinq quarts dMieure. Argos se montre avantageusement de Nauplie; on y compte déjà plusieurs maisons assez bien bâties.
Dans mes fréquentes tournées j*ai eu lieu de me convaincre qu*un peu de bien se fait partout. Les habitants jouissent d*une parfaite tranquillité. Ils travaillent et améliorent maintenant leur sort. Dès que Tamélioration matérielle aura atteint un certain degré de consistance, Tamélioration morale y gagnera sans doute. Les écoles d'enseignement mutuel y contribuent déjà, et y contribueront bien plus avec le temps.
En voyant la Grèce sous ce point de vue , on a la conviction intime qu'elle fait journellement de grands progrès vers sa restauration sociale et politique. Cependant il y a des étraiigei*s, et même des Grecs, qui voient le pays sous un autre aspect. Ils le trouvent asservi, parce que le gouvernement ne Ta pas encore appelé à prendre une part constitutionnelle dans la direction des affaires publiques.
Chacun est libre de voir et de juger comme bon lui semble; mais je ne changerai pas pour cela d*opinion, ni de direction. Plus je désire que la Grèce s'élève à la hauteur d^uiie nation libre est indépendante, plus il est
182 DE MAUPUE. **— OBCEHBRE 1830.
«, ,, 20 Dorembre ..^ ""*"'' 1 décembr. ^^'
J*ai reçu , mon cher comte , très-exactement les lettres que TOUS avez eu la bonté de m*ecrire en date de juillet et d*aoùt. Je ne vous en ai pas accuse la réception plus tôt, parce que je ne suis pas le maître de mon temps. Il est consacre au service du pays , et je puis vous assu-> rer que je n*ai pas un seul moment à ma disposition pour mes affaires personnelles,
Âujourdliui plus que par le passe ma situation et celle du pays s*aggravent, à raison des événements qui ont eu lieu durant cette époque en France, en Hollande, et en d'autres pays. Jusqu'ici , depuis l'abdication du prince Leopold, rien n'a e'te statue sur les questions majeures qui doivent faire l'objet des négociations entre les cours alliéeSé Pouvons-nous espérer qu'elles s'en occuperont dans ce moment!' En attendant, que deviendrons-nous? Surtout comment vivrons-nous sans subsides et sans les ressources de l'emprunt P
En luttant contre tout le monde pour faire des économies , et pour qu'on ne gaspille pas trop les pauvres revenus de l'état, je puis, grâce aux 500,000 francs que l'Angleterre vient de mettre à la disposition du gouvernement, faire aller l'administration peut-être jusqu'à la iin de l'année. Mais aprèsP... Convenons qu'il y a de quoi
AD MAMBCnAL MA1801I. 183
se décourager. Cependant je ne désespère pas du salut de ce pays, parce que j*ai grande confiance en Dieu,
La bonne opinion dont tous Toulez bien honorer ma conduite dans les circonstances difficiles oit je me suis trouve, me procure une véritable satisfaction, et je vous en sais gré. J*ignore, mon cher comte, quand et où nous pourrons encore nous rencontrer. Vous savez combien je serais heureux de vous revoir, et d*apprendre ce que vous croyez utile de me communiquer. L'hiver n'est pas une saison de voyage , et dans tous les cas vous n*étes pas assez marin pour faire une course d*agi'ément en Grèce.
Ainsi ce serait moi qui devrais venir vous chercher. J*en aurais le plus grand besoin , ne f&t-ce que pour me reposer, et pour prendre les eaux minérales. Tout ceci est dans Tavéhir. Espérons qu il sera conforme à nos. vœux. *
"•"'"•' « décembre *"•'
La Grèce se félicite d'apprendre que la confiance roi des Français a appelé Votre Excellence au ministè des affaires étrangères.
184 OK NAUPLIK. «^ DBOUIBIIfi 1830.
Vous avez , Monsieur le maréchal ^ pris une part si dlecisire à son avenir, vous y avez si puissaounent con* tribuë en la délivrant des Egyptiens, et en vouant une généreuse sollicitude en faveur de son oi^anisation militaire, qu*elle ne peut pas douter de Tintérét bienveillant avec lequel vous voudrez bien accueillir les vœux qu'elle forme pour que ses destinées s'accomplissent.
M. le prince Soutzos a de'jà eu Tlionneur d'exprimer nos vœux à Yoti'e Excellence, du moment où elle a pris la direction des affaires. Il les lui exprimera encore aujourd'hui, au risque de la fatiguer de ses instances.
Il vous démontrera , Monsieur le maréchal , que malgré tous ses efforts , la malveillance n'a pu jusqu'ici atteindre le but qu'elle se proposait. Depuis l'année dernière elle aurait voulu réveiller l'esprit de parti , troubler la tranquillité intérieure, et surtout porter l'armée à la mutinerie et à la révolte. Elle a cependant échoué contre le bon sens du peuple et des soldats.
Ces dcraiei*s prennent déjà rang dans le bataillon-modèle que M. le général Gérard organise; et si le gouvernement pouvait disposer des fonds indispensables à cet effet, les vingt bataillons de Rouméliotes seraient déjà réduits à dix , portant fusil à batonette , et faisant le service de troupes disciplinées et régulières.
C'est dans l'attente des secours c[ue je n'ai cessé de
K>Uiciter, que je prépare les éléments de cette réforme..
^^ le aura lieu sans difficultés et avec des résultats immen-
pour ce pays, du moment que je pourrai assignei^
AD MARfiCHAL MA180K. 185
aux soldats qui seraient licencies quelques arpents de terre et quelques centaines de francs ^ au moyen desquels ils puissent s*e'tablir et acheter du bétail.
Ces hommes qui sont aujourd'hui consommateurs^ deviendraient producteurs. Ayant une proprie'te ils respecteraient la propriété'. Hors de cette combinaison je n*en connais aucune autre.
Licencier 2 ou 3,000 soldats sans leur faire un sort^ ce serait donner une fatale consistance aux anciens dephtes^ et compromettre non-seulement la sûreté intérieure du nouvel état , mais aussi les relations de bon voisinage avec les Turcs.
Or tant que les cours alliées se borneront à donner des subsides provisoires au gouvernement grec, il ne pourra prendre aucune des mesures qui sont relatives ni à la réforme dont il s*agit, ni à aucune autre conçue dans la pensée de l'avenir . Il est forcé de vivre au jour la journée, et de se tenir dans une situation précaire.
D'autre part cette situation s'aggrave encore davantage à raison des grands événements qui ont eu lieu en France et dans d'autres états , depuis les derniers jours du mois de juillet. M. le prince Soutzos aura l'honneur de mettre sous vos yeux mes observations à cet égard , et je vous supplie , Monsieur le maréchal , de ne pas leur re« fuser votre attention.
Je n'abuserai pas de vos moments , Monsieur le maréchal, en répétant encore ici les raisons majeures qui me portent à solliciter la prompte décision des questions
186 os MAUPLIE. — OBCEHBRX 1830.
sur lesquelles la conférence de Londres doit se prononcer définitivement. J'oserai néanmoins vous faire observer qu'à la longue le statu quo est inadmissible , et qu*il sera fatal pour ce pays ^ si son gouvernement est prive' de tout secours pécuniaire. Celui que M. Eynard a demande' au mois de mars devient indispensable ^ quand même les autres questions seraient de'cide'es dans ces entrefaites.
Je demande pardon à Votre Excellence de tous ces de'tails. Elle a eu la bonté de me permettre jusqu'ici de lui en faire pai^t, et j'aime à espe'rer qu'elle ne me refusera pas cette consolation par la suite.
nS9 %^ô. ^ <^aion c^^uA^^nann. cJb^4c/en/
Nauplie. rr dëcembre 1SS0. «
Je vous félicite et je me félicite de vous savoir charge !
des intérêts de la Grèce à Constantinople. ^
M. le comte de Nesselrode a la bonté de m' annoncer i
que lorsque M. BouteniefT vous remplacera, vous serez ' condamné à venir délivrer M. le comte de Panin. \
Quels que soient mes regrets de voir partir M. le comte
de Panin , et de ne pouvoir rien faire pour vous rendre
moins pénible votre séjour en Grèce, je me réjouis au
moins pour ma part de trouver en vous l'appui ferme e(
AU BAROH RUIUIAHII» 187
Tassistance dont ce pays a besoin toujours, et aujourd'hui plus que jamais.
Je ne vous entretiens pas , Monsieur le baron , de notre situation et de nos affaires. M. le comte de Panin remplira suffisamment cette tâche. Il vous enverra même une copie iVune dëpêche que j*adresse au ministère impérial relativement a la délimitation.^
Nous attendons avec une grande anxiété les nouvelles que vous serez dans le cas de nous envoyer ; celles que nous ont apportées les journaux de Paris arrivent jusqu'au 26 novembre , et elles ne sont guère de bon augure.
P. S. M. le colonel Skalon vient de me communiquer le beau travail qu*il a fait sur la ligne de frontières, qu il est chargé de tracer conjointement avec ses collègues. Il est d*une haute importance que ce travail arrive le plus tôt possible à sa destination. U méritera sans doute l'approbation de l'empereur j et il est h espérer que les cabinets de Londres et de Paris reconnaîtront la justesse des observations de M. Skalon. J'ose vous prier par conséquent, Monsieur le baron, d*accéleVer autant que faire se pourra l'expédition de votre courrier.
* La copie de celle dépêche ne s'est pas trourée dans les archlTes du
mm.m^JimlÂ^m,i
188 DE MAUPLIE, -— OÉCENBRS 1830.
a atûycâa ^ ae c/yie/^ia.
Nauplie^ -- décembre 18S0.
Nous croyons nécessaire de vous faire connaître le premier résultat des explications que nous avons eues avec les difiercnts plénipotentiaires des îles d*IIydra et deSpetzia qui se trouvent ici.
Nous leur avons déclaré sans hésitation Timpossibilité oîi nous sommes de faire une proposition au sénat concernant Tapprobation de leurs comptes. Notre opinion a cet égard devrait pouvoir se fonder sur les rapports des deux commissions qui ont été instituées à TeHet de liquider les comptes susmentionnés. On n*a qu* a jeter les yeux sur les rapports de ces deux commissions pour se convaincre de cette vérité 9 et à cet effet nous vous les transmettons cijoints en copie.
Désirant aplanir autant qu il pouvait dépendre de nous cette difficulté, et ofTrir aussi un prompt secours aux îles maritimes, nous avons proposé à leurs plénipotentiaires une double manière de procéder a la conclusion définitive de cette affaire importante. Nous leur avons énoncé de vive voix notre opinion sur ce double rapport, et puisque ces messieurs ont désiré Tavoir par écrit, nous la leur avons donnée dans la pièce ci-jointe.
Ces messieurs semblent peu satisfaits des propositions
A n. HATROMAT». 189
qu'elle renferme; cependant ils se réserrent d'en conférer avec leurs concitoyens.
C'est dans la vue de vous mettre à même de les éclairer à votre tour et sur les intentions du gouvernement et sur leurs propres intérêts, que nous vous transmettons cijointe cette même pièce. Vous leur ajouterez que nous ne nous refuserons pas a prendre en considération les contre-propositions qu'ils jugeraient pouvoir faire, tant dans le système d'un arrangement en bloc , que dans celui d*une liquidation régulière.
Vous ne leur laisserez cependant pas ignorer que s'ils persistaient dans la prétention de faire reconnaître par le gouvernement, sur la base des travaux de la première commission, la dette d'environ 18,000,000 de phénix, nous serions dans la nécessite de donner par une communication officielle au sénat, l'exposé des faits qui concernent cette négociation, et celui des motifs sur lesquels se fondent nos propositions. Cette pièce serait alors rendue puj blique, et la nation en jugeraité
Nous vous saurons gré des efforts que vous ferez pour accélérer les réponses que nous attendons avec impatience des citoyens des îles, qui demandent les indemnité en question.^
* Le gouTernement leur Arail offert pour liquidation définitive e^OOOyOOS de phënixy un tiers en terres, un tiers en inscriptions, et un tiers sor l'emprunt espërë, ou le total en terres. S'ils n'étaient pas contenta de cette offre 9 il leur proposait de designer une commission pour juger de I leurs prétentions. Ils s'y refusèrent , insistant pour que le goiiTemeneat
190 OBGIIfS. *— JANTIKII 1831*
/en/taùe au Uc4€^etne^nen/ ^ à %S^^Mned.
^ . 25 décembre I8S0»
*^«f*"*' 6jaDTierl831.
Je rëponds sans retard a votre lettre du 22. Vous n'ignorez pas peut-être à celte heure qu*Ismaïl-Bey a invité Messieurs les résidents des cours alliées ^ se rendre k | Athènes pour conférer avec eux sur Texécution des ordres que ) conjointement avec Omer-Pacha, il vient de recevoir de Constantinople. Ces ordres portent que Téva- , cualion doit se Êiire le plus tôt possible de part et d'autre^ sur tous les points de la frontière.
M. de Rouen et M. le comte de Panin n ayant reçu aucune direction a cet égard de la part de leurs supérieurs , \ les trois résidents répondent collectivement à Ismaïl-Bey | que du moment que les directions quils attendent leur « seront parvenues, ils se rendront à son invitation. |
Dans cet état de choses , je ne puis consentir \ ce qu*Is- [ mail-Bey se donne la peine de venir h Égine pour s* en- : tretenir avec moi. Messieurs les résidents pourraient S croire que le gouvernement grec poursuit avec Ismail- ^ Bey des négociations dont il leur fait un mystère.
aecepUl leurs comptes , ei pUçAl ce capital imaginAÎre dans la banque à S pour 100 9 chargeant ainsi le trésor d*un débours de 1,4409000 phénix par an 9 payables à cent particuliers tous insulaires.
AD oiMÈlUkL flOmiDBII. 191
Je n*hésite donc pas à vous autoriser à lui expliquer les motifs par lesquels je ne puis pas accueillir sa proposition. Si lorsque Messieurs les résidents se rendront k Athènes, Ismail-Bey désire s entretenir aussi avec moi, il n*aura qu*}i me le Êiire savoir, et je tacherai alors de le satis&ire en me portant à Salamine. Je ne me propose de rester à Egine que peu de jours , et par conséquent je ne vous engage pas à y venir vous-même.
Je pense au surplus que nous ne pouvons avoir aucune part a ce que les Turcs évacuent ou n* évacuent pas une heure plus tôt les pays qu ils occupent. Cela dépend d ordres que recevront les résidents.
^ ,, 26 décembre ISSO. ^ 7 janvier ISSl.
Je remercie Votre Excellence des lettres qu'elle m' fait rhonneur de m* écrire en date du 22 et du 30 di cembre.
J*apprends avec infiniment de satisfaction les mesur"*^ que vous avez prises pour faire sortir de ses ruines le du ^ ' S teau de Navarin.
M. de Ribeaupierre a quitté Egine le 19 (31) dëcer^ bre. Le surlendemain j*ai fait encore une apparition ' Salamine. On y organise maintenant six bataillons, et ^^ moment que cette organisation sera terminée je com^'^
192 DB NAUPLIX. -— JAHYISR 1831.
me rendre encore sur les lieux avec M. le gënëral Gérard, pour inspecter les troupes et les envoyer ensuite k leur destination. \
Cette grande affaire finie, je voudrais, n importe la saison , faire une tournée dans le Pcloponèse , et me pro^ curer ainsi le plaisir de voir Votre Excellence.
Al Corinlhe, à Calavrita, h Fatras, à Gastouni, on remue autant qu on peut les esprits. Des voyageurs intrépides ne cessent de se transférer de Tun de ces points k i Vautre, dans le but d'instituer des associations secrètes, et ; de pousser quelques hommes au désordre. Ils n'ont réussi jusqu a présent qu'à faire intercepter un seul courrier i du gouvernement.
Si les protecteurs de la Grèce la laissent pour longtemps encore dans 1* incertitude sur son avenir, et quils n'assistent pas le gouvernement au moyen de Temprunt i eu de la continuation des subsides, je n oserais plus ré- | pondre du maintien de la tranquillité intérieure. Mais il y aurait plus. Peu de jours suffiraient pour détruire le fruit de tous les sacrifices que les Puissances ont portés pour la rcstautatton de ce pays. i
J'ai exposé cet état de choses dans le mémoire dont je | joins ici une copie. M. de Rouen le communiquera sans , doute au ministère du roi , et la Providence fera le < reste.*
Nous resterons dans Tattente des décisions des cours
* Ce mémoire ne s*esl pos trouve dans les arehires du prësident.
Âv visul III RoraiuB. 195
Rgliiet-jJaiiTier 18SI.
Je viens de recevoir la lettre que Votre Altesse m*a (ait rhonneur de m*ëcrire par le courrier auquel je dis remettre la présente.
Je ne saurais assez exprimer k Votre Altesse les sentiments dont me pénètrent les témoignages de confiance et d*amitié qaelle se plaît 2i me donner* Je la prie de croire que j*y attache un grand prix, et que je ferai tout ce qui peut dépendre de moi pour lui en donner des preuves, aussi souvent quelle voudra m* en offrir Toccasion.
Celle qui a motivé sa lettre a depuis longtemps fait Tobjct de mes soins les plus vigilants et de ma sollicitude la plus persévérante.
L^anarchie et les désordres de tout genre qui ont longtemps dévasté les contrées dont Votre Altesse me dit l'honneur de me parler, leur lèguent des malheurs qui semblent y perpétuer encore les funestes habitudes du brigandage.
Je n*ai négligé et je ne néglige aucun des moyens à ma disposition pour en préserver la Grèce, et certes elle n*accucillcra pas ceux qui voudraient dorénavant s^y réfugier.
Des ordres très-positifs et très-sévères ont été donnés
196 d'eGINE. — JANVUBR 1831»
depuis longtemps; je les rditère aujourd'hui ^ en enj(Mgnant aux chc& militaires et aux gouyemeurs cîvib de remplir strictement les instructions dont ila sont munis, et je ne doute pas du zèle et de la vigilance quils déploieront pour se conformer aux intentions du gouvernement. Quelque pénible et difficile que soit ma tâche à raison de la situation oîi se trouve encore ce pays, je m'efforcerai néanmoins de la remplir, et pour préserver la Grèce de la contagion du brigandage, et pour commencer sous des auspices favorables et réciproques des relations d'amitié et de bon voisinage avec Votre Âltesse«
Égine, --JaoTier tSSI.
Peu de jours après la réception de vos deux derniers rapports, j*ai reçu de la part du vbir une lettre, par laquelle il demande de la manière la plus positive et la plus instante que le gouvernement n accorde pas d*asile aux capitaines et aux soldats qu*il qualifie du nom de brigands, et qui sont dans ce moment en armes contre lui.
Je réponds au visir par le Tartare auquel je confie la présente pour vous, que le gouvernement a veillé et veille très-attentivement afin de préserver la Grèce de la contagion du brigandage, et qu il renouvelle aujourd'hui
kV OOMMISSAIRK IXTR. Dl hK OUiCI OCaOBlITALB. 197
tant aux commamlants militaires qu'aux gouverneurs civils | Tordre de ne permettre à aucun capitaine ou coips arme de passer en dec^ des positions que nous occupons. I J*ai autorise le secrétaire du gouvernement pour la guerre ii adresser sans perte de temps les circulaires aux commandants militaires , et ii vous en donner connaissance 9 ainsi qu à votre collègue de la Grèce orientale.
M. Rodios doit vous avoir développé les considérations qui me portent à attacher la plus grande importance k Texécution la plus stricte des ordres susmentionnés. Je me dispense par conséquent de vous les répéter ici , et je me borne à vous recommander de ne négliger de votre part aucun soin, afin que le visir demeure convaincu que nous savons et que nous pouvons garantir le pays de L'invasion des brigands qu'il poursuit.
Messieurs les résidents des cours alliées ayant Tintention de se rendre incessamment a Athènes pour conférer avec Ismaïl-Bey des intérêts relatifs a la délimitation, m'ont engagé a les attendre ici pour m'entretenir sur ce sujet. Lorsque j'aurai vu ces messieurs, et que je connaîtrai au juste de quoi il est question , je m'empresserai de vous faire parvenir les informations et les directions qui I pourront vous ctre nécessaires. Jusque-la vous recommanderez, et par vous-mcme et par les employés qui sont soiu vos ordres, aux habitants du pays de rester tranquilles et de vaquer paisiblement à leurs affaires.
198 D*fiGlKB. JANVIER 1831*
ËgÎDe, r- JanTier 1831.
Je ue crois pas qu*il convienne dans ce moment d'engager une espèce de guerre avec les Spartiates.
Si en effet Constantin Mavromiclialis s*est rendu à Limeni dans l*intention de ramener sa famille à Tordre^ et 8*il y réussit, comme je n*en doute pas du moment qu'il sera de bonne foi , la tranquillité sera maintenue pour le moment, et nous tacherons par la suite et graduellement d'extirper, s*il se peut, le mal dans sa racine. Dans le cas contraire il faudra de toute nécessite' en venir à des mesures de rigueur; mais ce n'est pas à mettre deux bataillons à la disposition de M. Corne'lius que ces mesures peuvent se borner^ 11 faudra plus que cela : il faudra donner la direction d'une pareille entreprise à un magistrat d'un ordi*e supérieur, et de plus l'appuyei* de foi'ces navales considérables.
M. Cornélius parait en sûreté', soit qu'il se ti'ouve dans le château fort d'où il nous écrit, soit qu'il se soit embarque', comme le prétend M. Tangopoulos. C'est donc d'après les informations que nous recevrons que nous tracerons la ligne de conduite.
En attendant, il est d'un grand inte'rèt de mettra en uiouveuient tous les moyens en notre pouvoir pour donner au voyage que ('onstantin Mavromichalis vient de
AH. DAWKIMS. 109
faire un but utile. A cet effet le secrétaire de la guerre lui écrira d*ofIice de revenir avec les siens ^ et de plus qu*il aura justifie' la confiance du gouvernement, s*il emploie son influence auprès d*eux pour faire cesser le scandale qui a eu lieu à Limëni, et pour que ce scandale ne se reproduise plus.
Vous engagerez de même le sénateur Zanetakis à employer à son tour son crédit dans le même but. Vous lui ferez connaître que vous m*avez rendu compte des observations qu*ii vous a faites, et vous lui direz que je suis très-dispose' à les prendre en conside'ration. Vous les discuterez en eflet en conseil avec vos collègues, pour que je puisse à mon tour en de'llbérer au plus tôt.
Il serait aussi ne'cessaire que PieiTC Mavromichalis luimême e'crivît d*une manière ferme et positive aux siens; d*abord pour désavouer les insinuations qu*on prétend qu'il leur a faites; en second lieu pour les engager h venir tous à Nauplie, où le gouvernement aura soin, s*il le faut, de les établir. Vous lui direz que c'est la dernière condescendance que le gouvernement peut avoir pour lui et pour sa famille*.
- ,, 23 janvier ^^^
J'ai rhonncur de vous remercier de rcmpresscment
I connaissance tannique dans vous ai adres- [ayromichalis.
Sparte m*anifavromichalis
)rd d*une fré-
l'est apparent-
rtant pavillon
ingereuse ma-
evrais donner . a le comman-f d^ns les parac M*. Gordon 9 ISj lirigcrait vers \^ linsule^etd'y H Jt a bord. Ih
3 crois devoir ^ fin qu elle ne ||1 fàch.cuse..
ilesloniennesy uloir bien cm- 1 J puisé de leur \i cr la tranquil-
J*ai reçu vos rapports jiisqu*à la date du IS^ ainsi vos lettres particulières de la même date.
Je déplore avec vous Faveuglement des hommes qui laissent entraîner aux désordres par les insinuations i sdes des Mavromichalis. Vous n* ignorez pas que le chef d ~t cette Êimille, le sénateur Pierre, embarque sans pasicjiuport dans le bâtiment de M. Gordon, a atteint la raiK.e de Zante ; on ne sait pas si c est à cause du temps ou â dessoin.
Les rapports que je viens de recevoir de Calacolo , csa date du 19 , m*annonccnt que Pierre Mavromichalis j est arrivé avec une barque galaxidiote , a cause du ve0t contraire.
Si les ordres que le gouvernement a donnés sont exécutés avec exactitude, comme je n*cn doute pas^ il sera ra* mené à Nauplie par le paquebot à vapeur qui a été envoya à cet effet depuis avant-hier. Au reste, quil soit arrêté ou 1 non , le tribunal compétent le jugera.
Vous trouverez ci- joint le message que j*ai adressé à c^ sujet au sénat, le rapport que la commission vient de i^^ faire, et Tactc par lequel il est suspendu de sè^ fonctioi^^ Vous recevez aussi la circulaire qui a clé adressée à to^^
— ^«.irs civils de Tclal. Ils sont chargés de rccac"»-*'
202 OX NAUPUB. -» FÉVRIER 1831.
lir Topinion des magistrats et des primats de cliaque province sur le désordre de Limeni et sur la famille Mavronichalis.
D*après les informations que renferment vos rapports , *ai lieu de croire que toutes les provinces de Sparte se >rononceront dans le sens le plus favorable au maintien le Tordre et de la tranquillité. Vous leur rendrez service n leur procurant cette occasion de &ire preuve des sentinents qui les animent.
Le mirarque Canaris doit avoir reçu les ordres qui sont locessaircs pour encourager de sa présence les Spartiates [ui réprouvent la conduite des hommes reunis à Liméni. )a moment qu ils seront isolés dans ce district, ils ne tarleront pas a reconnaître leur propre égarement, et peutitrc même à se débarrasser des intrigants.
Lorsque la procédure sera avancée , le tribunal compéent émettra les ordres nécessaires pour faire comparaître levant lui les autres membres de la famille Mavromi-
G)mme je vous l'ai dit dans ma dernière lettre particuière, je vous confirme Tautorisation de vous établir à Kyries ou à Marathonisi.
Vous trouverez ci-jointe la copie d*une adresse que tiennent de m*envoyer quelques-uns des habitants et des >rlinats de Marathonisi. Vous leur ferez savoir en réponse {ue le gouvernement se plaira à recueillir les observations [^e M. le sénateur Zanétakis lui fera touchant les amélio- '^^ions qui forment Tobjet de leurs vœux; qu*il ne tardera
AU PRIRCS 90UTZ0S. 20S
pas a leur (aire connaître ses décisions ultërieurcs, et qu*il ne se refusera pas, si les circonstances Texigent, à engager Monsieur le sénateur même à se rendre en personne sur les lieux.
*^ ' 8 fcrricr ^*
J*ai tardé , mon prince , à vous accuser la réception de voti*e dépêche sous le numéro 12 , parce que je désirais pouvoir vous faire part du résultat des instructions que Messieurs les résidents des coui^ alliées avaient reçues de Constantinople, concernant Tévacuation d'Athènes, de TËubée et de rAcarnanie.
Je me trouvais à Lgine, lorsqu*ils m*ont invite à les y attendre afin de conférer avec moi sur les mesures relatives à cette question grave et affligeante. Je n'entrerai ici dans aucun détail sur mes entretiens avec Messieurs les résidents; vous en concevrez assez Tesprit et le but par les offices que ces messieurs m*ont adressés plus tard , et par les réponses que je leur ai faites.
L'échange de ces documents a eu lieu à Sulamine. Messieurs les résidents s*y étaient rendus pour traiter avec IsmaïUBey, et m'avaient témoigné le désir de m'y voir. Messieurs les amiraux Mulcolm et Ricord y étaient; el M. Lalande, commandant de la station française, ainsi
204 Dl KAUPUE. — FBVRIER 1831.
que M. le gênerai Schneider, y sont arrives aussi de
Modon.
Les conférences avec Ismaïl-Bey ont abouti à faire reconnaître à Messieurs les résidents et à Messieurs les amiraux qu*ils devaient encore avoir recours à Constantinople pour solliciter de nouvelles directions. Le commissaire turc ne s*est montre' nullement dispose à hâter TeVacuation d* Athènes et de TEubée; le gouvernement grec 9 tout en déclarant qu*il était prêt à se conformer aux décisions des cours alliées, a repété à cette occasion toutes les observations qu*il a énoncées depuis Tannée dernière, et les conséquences funestes des arrangements inexécutables que le protocole du 3 février arrête relativement à la délimitation de la Grèce continentale.
Cest à Salamine, et lorsque Messieurs les résidents,. les amiraux et le général Schneider s*occu paient de ces intérêts majeurs dans des intentions très-favorables à la justice de notre cause, que M. Dawkins le premier a reçu des instructions de la part de lord Palmerston. Elles lui confient la tâche de se concerter avec ses collègues et avec moi, à Teffet de retarder Tévacuation de Yonitza et de rAcarnanic. Lord Palmerston lui explique le but auquel tendent les dispositions bienveillantes de la conférence de Londres, et lui recommande par-dessus tout la discrétion et le secret. M. le comte de Panin a reçu aussi par le même courrier quelques mots de M. le comte Mathussevitch.
Messieurs les résidents n'ont pas eu de peine à rem-
AU niiHci 80irR06« 205
plir ces ordres 9 puisque les nëgociations de Salamine renvoyaient, comme je vous Fai marque 9 toutes les dëcisions ultérieures à Constantinople, et que par conse'quent les choses en Grèce restent in statu quo.
A peine de retour à Nauplie j*ai reçu aussi vos dépêches sous les numéros 13 et 14, et elles me donnent toutes les infomuitions que je pouvais désirer pour comprendre les ordres dont M* Dawkins est muni et les communications que M. de Rouen vient de me faire. Je ne saurais assez vous remercier du zèle et de Factivite que vous déployez, afin de contribuer pour votre part à sauver la petite nacelle de Tétat Grec du naufrage qui la menace, même au moment où elle doit entrer dans le port.
Désirant vous procurer les moyens de poursuivre cette grande tache, je vais vous faire part avant tout de mes observations sur la question dont s*occupent les cours alliées , pour donner au nouvel état une véritable frontière continentale. Je vous donnerai en second lieu un aperçu exact de notice situation intérieure; je répon- 1 drai enfin à quelques-uns des articles de vos dépêches 1 sur lesquels vous me demandez des directions.
M. Rizos vous transmet tous les documents relatif aux négociations de Salamine , ma correspondance avec le visir Kiutahy, et les nouvelles de TÉpire et de TAlbanie.
Je n*ai rien à ajouter quant aux notes de Messieurs les résidents et à mes réponses. Elles vous offrent encore
206 OX MAUPUS. — FEVRIER 1831.
une fols roccasion de confirmer dans leurs génëreuses dispositions M. le comte Sébastiani et lord Palmerston. J'espère que Messieurs les ambassadeurs et les plénipotentiaires de Russie les partageront.
L'argument le plus frappant et le plus solide sur lequel la conférence de Londres peut fonder la décision de revenir sur la question de la frontière continentale , c*est, il me semble, Fimpossibilite physique d*e'tablir la ligne que trace le protocole du 3 fe'vrier.
Le commissaire russe, M. Skalon, a rédige un beau travail que je vous envoie ci-joint. Il a eu la complaisance de me le communiquer, et je crois ne pouvoir en faire un meilleur usage que de vous le transmettre. Vous pouvez le placer sous les yeux de M. le comte Se'bastiani, de M. le comte Pozzo di Borgo, et de Monsieur l'ambassadeur d'Angleterre. Vous pouvez aussi l'envoyer à M. le comte Matliussevitcb.
La délimitation que propose M. Skalon sacrifie l'Acarnanie; mais il fait observer lui-même que ce sacrifice laisse entièrement découvert le flanc gauche de Tetat Grec, parce qu'il considère les deux lignes de l'Aspropotamos et du Sperchius comme des données inaltérables.
Au contraire si, comme il paraît, il s*agit maintenant d'un nouvel aiTangement, assurément la ligne proposée par la conférence de Poros est la seule qui puisse mériter la haute intervention des cours alliées.
Dans l'une et dans l'autre hypothèse, il ne faut pas se faire illusion sur l'opiniâtreté avec laquelle la Porte se
AO PIUHCX 80UTZ06. 207
refusera à toute concession 9 maigre Timpossibilitë évidente d*executer les clauses du protocole du 3 feTrier.
Si j*ëtais appelé' à articuler une opinion sur le mode le plus prompt et le plus sûr de trancher cette immense question , sans que la Porte puisse élever des plaintes légitimes ou opposer la moindre rcfsistance , je repèterais aujourdUiui ce que j'avais propose à Messieurs les représentants des cours alliées à Poros, ce que les circonstances actuelles m'autorisent à proposer aux augustes cours alliées.
La guerre et Tanarchie désolent les provinces limitrophes de la Roumelic. Les mesures de violence par lesquelles le visir a cru soumettre les Albanais et les capitaines grecs ) n'ont fait que réveiller leur esprit belliqueux ; et si , comme on l'assure , le pacha de Scutari se met à la tête des uns et des autres 9 la dévastation et le désordre seront à leur comble.
Cet état de choses n'est et ne peut pas être seulement momentané et transitoire; il durera et se renouvellera souvent. Pour s'en convaincre on n'a qu'à consulter riiistoire des faits de tous les temps; celle surtout du règne d'Ali-Pacha fournit des témoignages irrécusables.
Or comment les Puissances alliées peuvent -elles espérer, qu'avec une frontière semblable à celle cjue trace le protocole du 3 février, l'état Grec soit à même de se préserver des irruptions des capitaines albanais ^^ grecs, sujets de la Porte, et en révolte contre cite • Comment, si ces hommes se réfugient en Grèce, le g^^'
208 OX HAOPUX. — FKVRIER 1831.
yemement pourra-t-il maintenir des rapports de bon voisinage avec les Tui'cs î
Cest donc autant dans Tintërêt de la Porte que dans celui du nouvel état et de Talliance , qu*il faut donner à la Grèce une frontière qui sépare militairement les deux e'tatS) et assure à la Grèce les provinces dans lesquelles les Turcs n*ont ni propriétés ni force morale 9 et dans lesquelles par conséquent ils ne pourront jamais établir leur pouvoir sur une base solide et pacifique.
La ligne de Volo au golfe d*Arta , surtout si Ton y comprenait Prévésa , répondrait en tout point à ces vues salutaires ; mais la Porte n*y consentira que pour autant que les faits lui prouveront Tinutilité de son opposition.
En partant de ces considérations, les Puissances ne peuvent-elles pas admettre le principe que la rétrocession des territoires indiqués dans le protocole du 3 février ne peut s'effectuer que par Tentremise des Puissances elles-mêmes, et dès lors que les défilés de Macrinoros, Vonitza, Caristo, Nègrepont, Carababa, et Athènes, seront occupés par leurs troupes P
Les populations qui se trouvent hors de la ligne actuelle viendraient au-devant des troupes alliées; et pour éviter les hostilités entre elles et les Turcs, ces mêmes troupes se porteraient sans délai vers les positions qui constituent la ligne de Volo au golfe d*Arta. Une fois là, ioa Puissances décloreraicnt à la Porte que la force des
AO PRlilCS 800T106, 209
choses leur impose la nécessite de considërer cette ligne comme la frontière du nouvel ëtat^ et qu*elles interviendront pour faire obtenir en retour au sultan une indemnité pécuniaire de la part du gouvernement grec. Le montant en serait pris sur les fonds de Temprunt.
Je doute que hors de ce mode les Puissances atteignent leur noble but , quelles que soient la justice et la haute sagesse avec lesquelles elles jugent devoir rectifier la frontière continentale du 3 février.
Il ne nous appartient pas de prendre Tinitiative sur aucune de ces questions; mais il est de notre devoir de les soumettre confidentiellement à la considération des augustes cours alliées. Nous devons insister de la manière î|{ la plus respectueuse 9 mais la plus pressante , pour que des retards ultérieurs ne compromettent pas tous les jours davantage les grands intérêts qu*il s*agit de sauver*
Que Talliance daigne fixer son attention sur Tétat dans lequel se trouvent dans ce moment TÉpire et T Albanie; qu elle considère que les Turcs supposant FEurope à h veille d*une guerre, peuvent s*aveugler au point de faire des tentatives d'agression contre la Grèce; et qu'elle décide par conséquent une heure plus tôt des mesures qu^ lui paraîtront les plus propres à préserver ce pays * peine constitué de nouvelles catastrophes.
Ce n*est pas tout. Les mêmes questions, envisagées dans leur rapport avec notre situation intérieure ^ présentent sous un aspect encore plus alarmant; et les cours alliées se plaisent à les considérer sous ce
210 DB KAUPUX. — • Fivuisii 1831.
cond point de vue 9 elles se hâteront d*autant plus, j 'espère 9 de les résoudre, et de &ire parvenir leurs décisions à la connaissance de leurs re'sidents et du gouveinement grec.
. Les mêmes hommes qui s*étaient flattes de troubler Tordre et la tranquillité' lors de Telection du prince de Cobourg, essaient aujourd*hui de poursuivre leurs coupables desseins. L*année dernière c*e'tait le pre'texte d*allcr au-devant du nouveau souverain. Actuellement c*est dans la vue, declarent-ils , d*associerla Grèce au mouvement des peuples qui s'insurgent contre leurs gouvernements, et de lui faire ainsi obtenir les bienfaits d'une constitution démocratique et d'un gouvernement fedcratif.
C'est dans ce but que cette poignée d'intrigants s'est eflbrcéc de mettre en vigueur une phrase des constitutions d'Mpidiiure et de Trczcne, par laquelle est sanctionne' le principe de la liberté' de la presse. D'autre part ils ont fomenté Tesprit de parti et de révolte à Liméni, province de Sparte, dans laquelle les Mavromichalis font leur résidence. Us ne cessent de pousser les primats d*llydra, de Spetzia et de Psara, a demander dans ce moment à la caisse publique leurs indemnités, i[\\\ ne consistent en rien moins qu'en 15,000,000 de francs.
Un principe n'étant *pas une loi , et la presse libre supposant toute une législation qui n'a jamais existé et qui «existe jias eu Grcce, je viens dlnlerdire la publication
Ail PRiHCB aoonos. 211
d^uli nouveau journal qui allait prêcher dans toutes les provinces T insurrection.
M. Rizos vous communiquera les documents relatifs à Lime'ni jet aux Mavromichalis , et je joins ici le message que j*adresse au sénat. L*ensemble de ces pièces vous donnera une idée complète de cette triste afFaire.
Les primats des îles dont j*ai fait mention plus haut, tout en hésitant à accepter les propositions du gouvernement, hésitent cependant aussi à se livrer aux insinuations perfides de ces meneurs. Les gouverneur sont à leur place,, la tranquillité' publique n*a jamais été troublée , et la population des îles ne se laisse point ébranler par les fantaisies ambitieuses ou par la cupidité de quelques-uns des primats. Il en est de même dans r Archipel, dans le Péloponèse, et dans la Grèce continentale.
Les hommes qui s* agitent et s^eflTorccnl de bouleverser le pa3's sont ceux que je vous ai signalés dans tnei précédentes lettres. Ce sont (permettez-moi de les appeler de leur nom collectif) les Phanariotes , quelques étrangers qui n*ont pas pu faire fortune, quelques pi*^' mats qui voudraient se partager les |>auvres revenus de Tétat en se plaçant chacun à la tète de sa province ^ ^^ quelques jeunes gens qui viennent endoctrinés du ^^' hors.
Les meneurs se flattent que les Puissances ne pourrO^^ plus s* accorder sur la question du gouvernement gC^' Ils s*attendent dès lors h ce qu'elle soit renvoyée k ^^
212 DE HAUPLUS. — F]£¥RISR 1831.
congrès grec , et ils tachent de se ménager dès aujourd'hui les moyens de la faire décider à leur profit.
Or pour réussir dans ce projet, ils s*efforcent de paralyser la marche du gouvernement actuel, et surtout de le placer dans Timpossibiiite' de payer Tarmée et les fonctionnaires publics. Ils savent et espèrent que Tétat est et sera réduit à ses seules ressources financières, et c'est pour les lui enlever qu'ils redoublent d'elTorts dans ce moment.
En eflct, s'ils pouvaient exciter des troubles dans les provinces, le gouvernement ne pourrait plus affermer les reveîms publiuf , et dès lors il ne saurait se soutenir. L'année financière de la Grèce commence au mois do mars, et c'est dans le courant de ce mois et dans les premiers jours de février que les fermes sont données au plus offrant, et que la caisse publique recueille le premier tiers que doivent lui payer les fermiers.
Je n'ose pas répondre de ce qui adviendra de toutes ces intrigues. Ce qui me parait cependant assez probable, c'est qu'elles manqueront leur but; et mon opinion à cet égard se fonde sur le bon esprit qui jusqu'ici anime le peuple et l'armée.
Je suis d'ailleurs fermement et iiTévocablement résolu de ne m'écarter en aucune manière de la ligne de conduite que je me suis tracée, et je ne me prêterai dans aucun cas au moindre changement dans Tordre actuel <lcs choses, avant d'avoir connu les décisions de la conférence de Londres.
AU PIUNCI S0UTZ08. 213
Pour ramplir cette double t&che^, un double secours
m*e8t indispensable. Les rësidents'des cours alliées doivent être autorises à soutenir d*un commun accord le
gouvernement; et le subside que vous avez sollicité avec tant de zèle doit être accordé et expédié en Grèce le plus tôt possible, quelle que soit la somme que Ton juge pouvoir donner. Celle de 1,200,000 francs ou de 1,000,000 suffirait pour le moment, car indépendamment de Tassistance matérielle, Tappui moral produirait TeiTet le plus salutaire.
Fort de ces informations, appelez, mon prince, rattention du ministère français et de Messieurs les ambassadeurs sur Turgcncc des décisions qui se discutent li ki conférence de Londres.
Supposez que dans ces entrefaites , à défaut d*uii se^ coui*s pécuniaire quelconque et d*un langage unanime^ clair et positif de la part des résidents des cours alliéest le mouvement de Liméni s*étende dans les autres pi*ovinces de Sparte, dans le Péloponèse et dans la Grèce continentale; qui pourra empêcher la lutte cnti*e les Gi*ccs et les Turcs P Si le visir est en forces, pourquoi ne péncti'C' rait-il pas dans les provinces que le protocole lui assig^^^ et plus loin si les chances lui deviennent favorable»? ^ au contraire les troubles de TAlbanie et le pacha de i^^^^ tari le tiennent enfermé h Janina, poui^quoi les aif >^^ nés grecs et albanais qu*il a menacés d*exterminati( feraient-ils pas cause commune avec les Kouméliot< dès lors quelles en seraient les suites P
214 1>S NAUPLIS. -— VSVRIKII 1831.
Si juscju'à pi*ësent le gouvernement a pu maintenir le plas grand ordre dans la Grèce continentale 9 si. les rapports avec le visir sont très-satisfaisants 9 c*est que Tarmce est obéissante, et que les habitants attendent leur salut de la justice des cours alliées et de la coopération sage de leur gouvernement. Mais peut-il en être de même si ce gouvernement est entrave, aiTete dans son action P s*il n*a pas de quoi payer Tarmee et les fonctionnaires publics j et si les meneurs sont encourages à insurger le peuple?
Je suis si accable de travail et d^aflfaires, qu*il m*est impossible de trouver le temps nécessaire pour donner à toutes ces conside'rations les développements dont elles seraient susceptibles. Je vous confie cette tsiclie. Vous la remplirez avec le talent et la sagacité qui vous caractérisent.
J*:ipprouve les démarches que vous avez faites, et dont vous me rendez compte par votre lettre sous le numéro 13, et je vous engage h les continuer en vous étayant du contenu de la présente, et des documents que M. Rizos vous transmet.
Notez les nuances propres h chacune des réponses €{1X0 Mes$ieui*s les i^ésidents ont adressées à mes commuiiîeations sur la fuite de Pierre Mavromichalis. Notez ^tissi le bâtiment qui Ta reçu h son bord.
Je ne pourrai faire à M. Villévéque et à ses amis d*au-
*t*e raponse cpie celle que vous avez faite. Cependant
^' lies ca|>italistes veulent acheter des terres en Eubée,
AU CmTALIBR KYVARD. 215
ils n*ont qu*à envoyer leurs agents et les capitaux qu*ib destinent. Une fois sur les lieux, leurs fondes de pouvoirs jugeront du mode d*après lequel ils pourront le mieux assurer le succès de leur entreprise. Vous pouvez leur donner Tassurance la plus positive que je les aiderai de tous mes moyens, et que je leur offrirai toutes les facilites qui seront en mon pouvoir.
La Grèce a une banque qui paie le 8* pour 100 d mterêt avec la garantie des domaines de Tëtat. En faisant des placements à cette banque, les capitalistes peuvent se ménager le temps d'acheter des teiTCS nationales. Ils les paieront à Tetat au moyen de billets de la banque. S*ils preTerent acheter directement aux Turcs leurs proprie'tes , le marche est ouvert à tout le monde , et je vous le répète, je prêterai à la société dont M. Villévêque est Forgane toute mon assistance é
%S^ K./^. ^ iûnetJtauef^ Synaie/^ à ^^Ci^ne^
Je dois , mon cher Ey nard , vous accuser la réception de vos lettres, Tune datée de Florence le 9 novembre 9 ^ Tautre de Rome le 8 décembre. J*ai tardé à m*acqui^^^^ de ce devoir, parce que je voulais vous donner des ^' formations bien positives sur nos grands intérêts cX- ^ notre situation. Depuis la réception de vos lettres J* ^
216 DB NAUPLIS. -— • FEVRIER 1831 •
tous les jours dans Tattente des nouvelles de Paris et de Constantinople. Ces dernières sont arrivées, et elles ont apporté à Messieurs les résidents Tordre de se concerter avec les Turcs , pour que Tévacuation des places qui , diaprés le protocole du 3 février, doivent être rétrocédées mutuellement, fût effectuée le 24 janvier (nouveau style). Il y a eu à cet effet des conférences à Salamine, oit je me suis aussi rendu ; mais on a fini par reconnaître qu*il fallait de part çt d'autre avoir recours à de nouvelles instructions , et des courriers sont en conséquence partis pour Constantinople •
Dans ces entrefaites j*ai reçu de la part du prince Soutzos des lettres du 7 janvier ; elles pi'annoncent que la conférence de Londres a repris ses délibérations dans des vues extrêmement bienveillantes envers la Grèce. Nous sommes encore dans Tattente de leur résultat, et j*ai tout lieu d'espérer qu'il sera conforme aux vœux légitimes des Grecs.
Je viens d'envoyer au prince Soutzps ui^ gros volume. Il sera donc à même de mettre sous les yeux du minis-. tère français et de Messieurs les ambassadeurs et plénipotentiaires de Russie et d'Angleterre toutes les notions, qu'ils pourront désirer pour résoudre une heure plus tôt les grandes questions dont ils s'occupent.
Je lui. envoie aussi le tableau le plus exact de notre situation intérieure, et je regrette de ne pouvoir pas vous envoyer la copie de ce travail. Le résumé en est que la tranquillité et l'ordre continuent à se maintenir malgré
AU CHSTAUBII BYHABD. 217
les efforts des meneurs. Ils ont lance à Sparte les Harromichalis, dans Tespoir de pousser les habitants indociles de ces provinces aux troubles et au brigandage ; mais ik n*y ont pas réussi. Un seul petit endroit (Limeni), où les Mavromiclialis font leur résidence 9 a fait un peu de bruit. Le mouvement s*est arrête là, et les autres provinces ne semblent nullement disposées à se laisser égarer.
Le prince Soutzos en suivant vos bonnes directions ne cesse d*insister auprès des cours alliées, afin d*obtenir les secours pécuniaires qui nous sont indispensables. Les re'ponscs qu*il a reçues ne le découragent pas, et je partage ses espérances.
Avec les 500,000 francs que TAngleterre nous a donnes en tout dernier lieu, j*ai payé Tarmee jusqu*à la fin de Tannée ; mais un nouveau trimestre sera échu à la fin de mars. En attendant , je tache de faire face aux dépenses les plus urgentes avec les pauvres revenus de Tetat , et je compte toujours sur le succès des démarches que j*ai faites et que le prince Soutzos réitère auprès des cours alliées.
Adieu, mon cher Ëynard, veuillez présenter m^ts hommages à vos dames , et agréez vous-même Texpr^^^' sion bien sincère et bien cordiale de toutes mes tiés.. Tout à vous de cœur et d*ùme.
218 DK «AUPLIS. «P-» FEVHIIR 1831.
Nauplle, ^ fiffrier 1891.
n est de mon devoir de ne pas tous laisser ignorer Tabus qu*ont fait les hommes de Limeni de la mission dont a ëte' charge en dernier lieu le commandant d*un brick que M. Lalande y a expédie'.
Les trois pièces ci-jointes sont la traduction littérale, 1*, de la lettre que ces mêmes hommes prétendent avoir adressée à M. le commandant Lalande; 2*, de la proclamation qu'ils ont envoyée par des émissaires dans les provinces de Sparte; 3*, d'une lettre que M. le. sénateur Zanétakis vient de recevoir de la part d'une personne de confiance qui se trouvait à Limeni au moment de Farrivee du brick français.
Je dois ajouter que les primats et les capitaines des provinces m'ont fait annoncer qu'ils vont m*adresser <lc8 protestations solennelles contre la lettre et la proclamillion susmentionnées. Ils déclarent qu'ils n'entendent j-'as permettre que cette poignée de leurs concitoyens révoltes contre le gouvernement ose s'exprimer au nom et ^'<^ la part de leur patrie, attendu qu'elle les flétrit et les ■'^|>rouve.
Je ne pense p<is qu'en eflet ces hommes aient ose en-
3'cr à M. Lalande une lettre revêtue de formes non-
^^ lement illégales, mais révolutionnaires. Il peut y avoir
AU PRUCl SODTZCNi. 219
des Spartiates qui manifestent leurs opinions personnelles comme bon leur semble ; mais il ne peut pas y en avoir qui , aux yeux d'un commandant de la station française, se donnent le titre de commission constitutionnelle de Sparte, et accompagnent la signature de ses membres d*un cachet portant des armes que la nation n*a pas adoptées.
Ces observations ne sont pas aussi minutieuses qu*on peut le croire au premier aspect. J*aime à espérer, Messieurs les résidents, que vous partagerez mon opinion h cet égard.
Je vais faire part confidentiellement à M. le gëneVal Scimeider et ù M. le commandant Lalande de la présente communication. Elle n*a d^autre objet que de prévenir les versions par lesquelles diflerents journaux en France accompagneront sans doute la publication de ces pièces. Ce ne sera pas la première fois que les intrigants en Grèce auront saisi une occasion pour donner matière à des articles de gazette.
fS^ ^yw. ^ Crimée cS^/^^^ à ^attj.
Nauplie, rr férrier 1831.
Je viens de recevoir votre lettre sous le numéro 15 en date du 7 (19) janvier, ainsi que les deux annexes qu elle accompagne, et je profite d'une prompte occasion que
320 DK NAUPLiv, — - PBvniKa 1831.
m* offre M. le commandant Lalande pour vous répondre* Je vous ai écrit longuement il y a peu de jours, et î*aime a espérer que Fensemble des informations que renferme ma lettre préccdente vous offrira les moyens de faire encore preuve du zèle et du talent qui vous distinguent.
Ainsi que je vous Tai annoncé , les mouvements de Liméni et les projets insensés des Mavromichalis ont manqué leur but. Le sénateur Pierre, chef de cette famille, a ctc arrêté à Clarenza , conduit dans un des forts de Nauplic, et sera jugé. Uun de ses frères s*est présenté volontairement h bord de la corvette qui est sous les ordres du brave Canaris, et les autres neveux et parents ayant échoué partout oîi ils ont voulu employer de coupables intrigues, en feront probablement autant.
Toutes les provinces de Sparte et du Péloponcse ont envoyé au gouvernement a cette occasion des adresses par lesquelles elles expriment des sentiments trcs-honorables. J*ai donc lieu d*espércr que la tranquillité et le bon ordre fl seront maintenus en Grèce.
La copie ci-jointe du dernier rapport que je viens de recevoir de Mcssolonghi vous donne une idée complète de fl '^oire position sur le continent et des bruits qui circulent ^^ns le voisinage.
Les représentants des cours alliées vont faire des démar- il cUcs auprès de la Porte pour obtenir la ligne de Volo ù II Xria. Je forme des vœux pour que ces démarches puissent avoir un prompt succès, mais je n*ose m*en flatter. Les ob- "
AU PAiwci «Nrraos. 221
scrvalions que je vous aï communiquées par mes derniires lettres vous en donnent les motifs.
Si la Porte s'obstine à refuser son assentiment, et si elle est encouragée par la manière d'envisager les grands intérêts compromis par la crise qui menace la Belgique, la Pologne et d*autres contrées de TEurope, notre position deviendrait diflîcile et périlleuse. Mais ne nous en alarmons pas avant le temps, et espérons dans la Providence.
En me conformant à votre ddsir, je joins ici une lettre pour M. le comte Sel)astiani. J'en joins aussi une autre |)0ur lord Granville. Vous en prendrez connaissance par les copies que je vous transmets, et je vous engage à les mettre sous les yeux du comte Pozzo di Dorgo, en lui présentant mes amitiés.
Les deux points les plus urgents et les plus essentiels sont les secours pécuniaires et l'instruction collective pour Messieurs les résidents.
Je n'ai qu'à me louer des rapports qu'ils entretiennent avec le gouvernement; mais ces rapports deviendront encore plus utiles, du moment qu'ils seront le résultat de nouvelles instructions communes. Dans les circon* stances actuelles, il faut que ralliatico se montre aux yeux des Grecs et des Turcs plus forte et plus unie que jamais. Toute apparence qui pourrait légitimer des dou* tes à cet égard induirait l'esprit mobile des uns et l'or-^ gueilleusc ignorance des autres, à dos erreurs dont ( conséquences seraient funestes.
222 DK VADPUS. — FivusR 1831.
J*aime à espërer que vos dëmurches aupr% de M. le comte Pozzo di Borgo et de lord Granville auront ëtë bien accueillies h Londres, et que la conférence aura décide de nous envoyer les secours que vous avez solli • cites. Notre détresse est extrême. Cependant je tâche de satisfaire aux besoins les plus pressants au moyen des petites e'conomies que j'ai pu faire ; mais sous peu de jours elles seront épuisées. •
Nous allons affermer les revenus, et je compte sur cette ressource pour le paiement du trimestre qui expire au mois de mars.
Je m'occupe d*un moyen subsidiaire, et j*y aurai recours si nous ne recevons aucun secours des Puissances. Ce moyen subsidiaire consisterait dans une émission de papier-monnaie qui comblerait le déficit d*un semestre. La banque nationale serait autorisée à émettre et à prêter au gouvernement ce papier. Il l'emploierait selon ses besoins à payer les fonctionnaires et Tarmée, partie en numéraire et partie en papier-monnaie, et il recevrait dans les mêmes proportions l'acquittement de ce que les fermiei*s et les douaniers doivent à la caisse publique.
Indépendamment de cette garantie j'en donnerai une seconde. La banque mettrait en vente des domaines nationaux pour une valeur égale & la somme qu'elle aurait prêtée au gouvernement en papier-monnaie, et ces ' Qomaines seraient achetés exclusivement au moyen du popi er-monnaie en circulation.
AV ranrci aonraos. 223
Cette mesure à laquelle je prépare les Grecs depuis deux ans n*est pas encore à leur portée. L'agiotage peut la rendre nuisible et même de'sastreuse. Le régime turc a fait les mœurs de ce pays , et ce n'est pas en deux ou trois ans qu'on peut les reTormer. Toutefois, je vous le répète, si la question de l'emprunt n'est pas résolue, si l'on ne vient pas à notre secours dans le commencement (lu mois de mars, je serai forcé de recourir au papiermonnaie, mais dans les limites et avec les garanties dont je viens de faire mention.
J'ai communique mes idées à ce sujet à quelques négociants du pays, en les encourageant à s'associer au gouveiTiement. Je viens de recevoir de leur part un projet dont je vous envoie l'extrait. Veuillez le faire connaître à quelques capitalistes les plus forts et les plus solides, et voyez s'il y aurait moyen de les engager à se mettre à la tête d'une semblable entreprise.
Je ne crois pas que les Grecs puissent l'accomplir à eux seuls. Selon mon opinion ce ne sont pas les capitaux qui leur manquent, mais c'est quelque chose de plus qui ne s'acquiert ni en peu de temps ni par volonté; c'est le cre'dit.
Si un capitaliste étranger plaçait une somme considérable et qu'il devînt lui-même le directeur de l'établissement, son crédit prêterait à celui des capitalistes grecs Tappui moral dont il a besoin.
Je vous ai déjà dit ce que je pense de la demande dont vous avez chargé M. Eynard. Je lui ai écrit en der-
224 DE BIAUPUE. — FEVRIER 1831.
nier Heu que j^approuve complètement le parti que tous avez pris.
Nauplie, ^ fërrier 1831.
Les rapports de M. le prince Soutzos me donnent de nouveau la mesure de tout ce que la Grèce doit au bienveillant intérêt dont Votre Excellence Tlionore. J'ose vous prier de vouloir bien le lui continuer, au moment où il s'agit d'asseoir ses destinées sur une base large et solide.
Je n'abuserai pas, Monsieur le comte, de vos moments pour appeler votre attention sur les questions dont s'occupe la conférence de Londres. Je continuerai seulement à vous supplier d'en huter la décision.
M. le prince Soutzos a reçu et reçoit aujourd'hui des informations qui vous prouveront, Monsieur le comte, combien il est urgent de ne pas livrer pour longtemps encore le sort de ce pays aux chances des négociations avec la Porte , vu les événements qui peuvent avoir lieu diiis les entrefaites.
J'ai fait et je ferai tout ce qui peut dépendre de moi
k ÉILOifU) ORAHTILLB. 225
ix>iir prësenrer les Grecs des égarements qui les ramèneraient à ranarcliie, et pour entretenir d'autre part des relations amicales avec le visir et avec tous les Turcs du voisinage.
Jusqu*à présent j'y aï réussi ; mais je ne me dissimule pas qu*à la longue mes efforts ne pourront avoir un sucr ces assuré que pour autant que Tappui moral des résidents des cours alliées y contribuera, et qu'un secours pécuniaire quelconque prouvera aux Grecs et aux Turcs que Talliance subsiste. Ce peu de mots vous donneront , Monsieur le comte, Tidée la plus complète de notre situation, et ils vous expriment en même temps nos vœux.
M. le baron de Rouen, qui connaît à cette heure et assez bien les hommes et les choses de ce pays, ne vous ^ laissera, j'espère, aucun doute sur Turgente nécessité des décisions que la Grèce invoque de la haute sagesse du roi et de ses alliés et de votre sollicitude éclairée.
%^ %^6<ujtm ^iantit^ale , KS^^^n^c^oacur a fS^n
^/eUe, a ^at-ed.
Nauplie, -j fërrier 18S1.
Milord , Je suis heureux d'apprendre que Votre £x« cellence est encore appelée à contribuer au succès des négociations qui ont pour objet les destinées de la Grèce.
M. le prince Soutzos m'a rendu compte, Milord, de
226 DS NAUPLIE. «-* TBTRIER 1831.
VOS bienveillantes dispositions, et je vous prie d*en agréer mes actions de grâces les plus sincères.
M. Soutzos a reçu et reçoit encore aujourd*hui des informations qui le mettent à même de vous démontrer combien il est urgent de buter la décision des grandes questions dont s*occupe la conférence de Londres.
Plus des intérêts d*un ordre supérieur absorbent rattention des cabinets, plus ceux de la Grèce semblent devoir être promptement et définitivement re'gles.
Dans Tëtat de fermentation dans lequel se trouvent les esprits dans presque toutes les contrées de TEurope et en Turquie même, j'ose croire que tout retard ultérieur de la part des cours alliées dans les transactions relatives au nouvel état Grec accréditera Tespoir de chances favorables à des projets que le bon sens et la raison relèguent dans le champ des utopies.
Si les Grecs et les Turcs se font illusion sur leur avenir, si les uns et les autres se laissent égarer, les conséquences en deviendront funestes.
C'est pour aller au-devant de ce danger, que j'ai demandé avec instance que les résidents des cours alliées soient munis d'instructions collectives, en vertu desquelles ils puissent convaincre les Turcs et les Grecs que, nonobstant les grands changements survenus en Europe, Talliance subsiste toujours, et que c'est d'elle que dépendent Tallermissement du sort de la Grèce et l'établissement des relations de ce pays avec la Porte. Cette conviction morale produira l'effet le plus salutaire , si
AU aiiiAT. 227
toutefois elle est appuycfe par les secours pécuniaires que M. le prince Soutzos a sollicitës«
Veuillez, Mi lord 9 appuyer de vos bons ofBces auprès de M. le comte Palmerston les vœux que je prends la liberté de tous exprimer. Vous avez accueilli avec tant de bonté ceux dont je vous ai fait part en 1827 ; votre généreuse coopération a st puissamment favorisé à cette époque leur accomplissement, que je croirais manquer à tous mes devoirs, si je n*avais encore recours à votre assistance. M. le prince Soutzos la sollicitera souvent, et je vous supplie de ne pas la lui refuser.
^ 1 mart
Nous vous avons entretenus plus d*une fois. Messieurs, dans nos conférences confidentielles, de la situation ^es finances de Tétat. Nous avons appelé votre attention sur le déficit qui résulte, soit des retards que mettent les fermiei^ et les contribuables à remplir leurs engagements, soit des événements qui viennent d*avoir lieu dans différentes contrées de TEurope , et qui semblent devoir retarder encore les décisions concernant l'emprunt ou les avances des cours alliées.
Quoique nous n*ayons négligé aucun moyen pour obtenir, jusqu*à la conclusion de Temprunt, des secours
228 DE NAUPLIX. — HAIIS 1831.
de leur munificence, nous ne nous dissimulons pas ne'aumoins les grandes difficultés qui s*opposent au prompt 'accomplissement des vœux que nous leur avons exprime's.
Dans cet e'tat de choses , nous avons engage la Commission des finances à nous présenter le budget de Tannée qui commence au mois dé mars, et nous lui avons aussi communique nos idées sur les mesures qu*il serait urgent de prendre pour combler le de'ficit, jusqCi*à 'ce qu*il nous soit possible de régler de'finitivement nos finances ou par le moyen d*un emprunt ou en utilisant les ressouix!cs de Tetat , dès que les circonstances seront devenues plus favorables.
La commission des finances vient de nous transmettre les rapports ci-joints sous les lettres A et B. L*un présente le budget de Tannée, Tautre le projet d*un décret, en vertu duquel le déficit serait comble par Te'mission de 3,000,000 de phénix en papier-monnaie.
Nous vous invitons, Messieurs, à prendre en considération ces rapports, et à émettre votre opinion sur le pi'ojct de décret.
M. Papadopoulos, membre de la commission des finances, portera la parole pour la commission , et donnera au sénat les éclaircissements que celui-ci pourra désij*er sur lé projet, et le soutiendra dans la discussion à laquelle il donnera lieu.
Nous ne vous développons pas les avantages inappréciables que la nalion pourrait retirer du système d*après
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230 DE HAUPL». — » HAHS 1831.
qail ne pourra pas s'en dispenser, et il le retirera de la circulation dès Tinstant qu*il aura reçu des secours du dehors ou que Temprunt sera conclu.
Cest d*ailleurs un essai que nous faisons. Si, grice aux précautions que nous ne négligerons pas de prendre 9 il réussit, nous aurons résolu le grand problème de nos finances de la manière la plus heureuse.
Si nous pouvons nous placer dans cette belle position, la liquidation de nos dettes et les emprunts s*opèreront, jnon par le moyen du crédit que nous sollicitons de la énerositë des cours alliées , mais par le crédit national. Cest à atteindre ce grand but que doivent tendre nos (Torts. Vous pouvez compter, Messieurs, sur ceux que ra le gouvei^ement, comme celui-ci se plaît à compter m.ir votre coopération .
Naiiplit^ - 1831.
Nous partageons , Messieurs , les vœux que vous cxpri- ^Aez par votre adresse du 3 février, et nous nous plaisons ^ ^ous annoncer nous-mêmes que c*est avec une véritable satisfaction que nous nous empressons non-seule- '^ent à consentir, mais à prendre part à leur accomplis- ^ïï^ent.
Vous avez formé le projet de fonder, d*entretenir, et
A MM* 8U0D0UIUS BT JM>UMA8« 23 1
de perfectionner graduellement une école du commerce à Syra, au moyen d*une souscription à laquelle contri* hueront aussi les deux compagnies d*assurances. Nous autorisons aujourd'hui le gouverneur à souscrire en notre nom 9 pour 1,500 phënix par an, et nous aimons à espérer que Yos. eflforts auront un plein succès auprès de vos confrères les négociants grecs établis à Syra, et dans d'autres places de commerce, soit du levant, soit ailleurs.
Du moment que les souscriptions vous donneront les fonds nécessaires pour le premier établissement de Técole , les souscripteurs tiendront alors leur première réunion, pour élire les commissaires et les conseillers, et pour procéder aux autres mesures, selon le projet de règlement que vous nous avez proposé.
Cependant ce règlement, avant d'être porté à l'approbation des souscripteui^s et à celle du gouvernement, devrait être modifié, attendu qu'il embrasse à la fois les dispositrons qui concernent rétablissement et rorgniiisation de la société des souscripteurs, et celles qui sont relatives à l'organisation de l'école. Nous croyons que ces dernières devraient pour le moment se borner aux bases indiquées dans le projet que nous*avons sous les yeux. Mais la société se réserverait de les développer successif vement et h mesure que les fonds lui peimettraient de procurer h l'école , suivant le nombre et la capacité des élèves, de nouvelles classes et des maîtres, tant pour les langues étrangères que pour la géographie , la statistw.-
232 DE MAUPLUB. «— nARS 1831.
que, riiistoire du commerce, et les éléments du din^U maritime et commercial.
Nous entrons dans ces détails, parce que nous dësirons vous engager h poursuivre, avec le zèle et les talents qui vous distinguent , Tœuvre de bien que vous venez d*en-. treprendre. Connaissant maintenant notre opinion, vous pouvez rédiger la minute de Tacte qui constitue et organise la société des souscripteurs, et celui qui trace les premières bases de Torganisation de Tecole. Ccst en appi*ouvant ces deux actes et en prenant part à la souscription, que le gouvernement sanctionnera rétablissement pnr lequel les négociants de Syra rendront un service eminent à la patrie.
Nauplie^ ^ mars 1S31.
J*ai sous les yeux , mon prince , vos dépêches sous le
auméro 16 en date du 7 février, ainsi que les journaux
jusqu à celle du 25. L*ensemble des notions que j*ai pu
recueillir des unes et des autres n*est guère consolant.
Bien loin de là; avec moins de confiance en Dieu, il y
aurait de quoi se décourager.
Je crois comme vous que des intérêts majeui^ absor- ^ l)ent toute Inattention des cabinets, et que ç*est de la ^ conciliation de ces intérêts que dépend le maintien de la
AU PRINCE floiirao8« 233
paix. Sî elle n*é8t pas passible, il y aura la guerre 9. et dès loi*s la décision de notre avenir deviendra encore plus problématique. Or ces longues incertitudes aggravent tous les jours davantage notre situation.
Les Turcs du voisinage deviennent exigeants et hautains. M. Rizos vous transmet aujourd'hui la copie de documents qui vous mettront à même de bien juger des discussions relatives aux alTaires de FAttique et de TEube'e et de nos relations avec le visir. Vous verrez d*une part, que le gouvernement fait tout ce qui peut dépendre de lui pour êlre en bonne harmonie avec les Turcs, et pour ne pas leur fournir le moindre prétexte de rupture; mais nous observons de Tautre avec peine que Messieurs les résidents manquant d'instructions, sont hors d*état de joindre leurs efforts aux nôtres.
Je ne reviendrai pas sur la question de la fi^ontière : je ne ferais que vous répéter les observations que je vous ai adressées par ma dernière expédition ; ainsi je m*cn abstiens.
J'en dirai autant de nos affaires intérieures. Le bon ordre et la tranquillité continuent à se maintenir partout. Partout le peuple est occupé de la culture des terres, de la restauration des villages, des bourgs et des villes. A Syra et à Nauplie les citoyens s'occupent aussi de commerce ; et à l'exception de quelques faiseurs de brochures ou d'amateurs de presse périodique, h l'exception de peu d'hommes qui prétendent au monopole des inlércts des provinces et des revenus publics, nul ne
23*1 DB NAUPUX. —» HARS 183t.
8*inquiète des grands événements qui tiennent en suspens dans ce moment les destinées du monde. Toutefois si ces événements font pencher la balance du côtd d*une guerre générale; si cette guerre exerce , comme il est presque certain, une influence en Grèce 9 alors il est impossible de prévoir quelles en seraient les conséquences au milieu de nous.
Les meneurs cependant que je vous ai signalés par mes lettres précédentes , ne cessent de travailler sous main les esprits faibles et de remuer les passions féroces. Après avoir échoue auprès des Spartiates , ils ont entrepris les Hydriotes et les Spetziotes. Ces insulaires prétendent & des indemnités, qui se montent d*après leurs calculs à 15,000,000 de francs; et c*est dans les circonstances actuelles qu*ils voudraient forcer le gouvernement h reconnaître cette énorme dette, à en inscrire une partie pour en payer les intérêts, et h en licjuider une autre, au moyen de concessions en terres des domaines nationaux.
G*est pour contraindre le gouvernement à signer une capitulation semblable , que quelques primats de ces îles ont Fair de vouloir se mutiner. Juscpi*ici ce ne sont que des paroles, et j*ose croire qu*il n*en sera pas davantage, à moins que des insinua tior.s du dehors ne viennent exalter davantage les insulaires, et encourager les espérances des hommes qui en font Tinstriunent de leurs coupables projets. Je me propose de me rendre dans quelques joui*s ;i Poros, afln d*appelcr auprès de moi ces primats. Il
AU PBncx floinouNi. 235
se peut que je parvienne à leur faire entendre raison.
Comme je tous Tai marqué dans mes dernières dëpêclies 9 nos ressources pécuniaires sont épuisées. Il n*y a dans la caisse qu*une centaine et quelques milliers de francs. Je suis en face du trimestre qui expire à la fin de ce mois. Si les revenus de Tannée sont dans ces entrefaites affermes, je pourrai alors payer les soldats et les marins. Dans le cas contraire que deviendrons-nous ?
Je vous envoie ci-jointe la copie d*une réponse que j*ai faite à deux négociants anglais , lesquels m*ont offert leurs services pour Tinstitution d*une banque. Je tache d*utiliser cette idée, et je vous engagea en faire autant auprès de quelques capitalistes de France. C*est le même projet dont je vous ai parle, mais sous une forme qui le présente plus avantageusement.
Je ne me dissimule point toutefois les difficultés presque insurmontables que vous opposera tout capitaliste. Ce sont celles que je rencontre moi-même , et elles se rcfduisent toutes h une seule. La Grèce fera-t-elle un état? Cet état a-t-il un gouvemcmentP Le gouvernement peut — il répondre de ses propres engagements? Ou en d*autr^^ termes, les cours alliées sont-elles bien d*accord sur L^ parti qu*elles doivent prendre pour assurer le sort (L ^ la Grèce P
Il se peut que dans les circonstances actuelles il soit h possible de solliciter et d*obtenir une réponse à ces qw tiens ou à celle qui les résume toutes. Ce qui cepei diUit en voudrait une, ce serait 1,000,000 et demi.
236 DE NAUPUS. -^ MARS 1831.
quelques centaines de milliers de francs donnes par Talliance à compte de Temprunt. Ce fait produirait une impression très-favorable dans Topinion des capitalistes, et rinstitution de la banque serait alors possible.
Si les de'marches de M. Pozzo di Borgo et lès vôtres n'ont eu jusqu*à présent aucun succès auprès de la conférence de Londres , plaidez maintenant la question encore une fois sous ce même point de vue. Priez de ma part M. le comte Pozzo et lord Granville, et aidez-vous de leurs bons oilices.
Je n'insiste pas de nouveau sur Timperieuse nécessite d'un secours pécuniaire , comme je ne vous répète pas l'urgence de faire parvenir une heure plus tôt à Messieurs les résidents des instructions collectives, en vertu desquelles ils soient en mesures de contribuer de leur côte' au maintien de la tranquillité' et de Tordre dans rinte'rieur, et à tenir aussi les Turcs en respect. Vous avez sans doute entretenu de ces intérêts M. le comte Sébastiani et Messieurs les ambassadeurs d* Angleterre et de Russie; et vous jugerez si, en recevant la pre'sente, il conviendra que vous fassiez de nouvelles démarches auprès d*eux.
Je vous sais gré des informations que vous me donnez concernant les objets qui sont nécessaires à notre petit arsenal. J'aime h espérer que vous aurez un succès complet, et que M. Pourchet recevra sous peu les moyens dont il a besoin pour mettre en état nos forteresses.
' AU cmyAum itmaiid. ' 237
Nauplit» — mars 1831.
Mon cher Eynard , Lorsque vous ëtiet à Paris ^e recevais plus souvent de vos nouvelles. J*ai fait tout ce qui a pu dépendre de moi pour vous transmettre aussi fréquemment que possible les miennes.
Je vous envoie aujourdliui un exemplaire de notre gazette française , et vous y verrez au juste les progrès que nous avons faits dans la branche de Tinstruction publique. Je vous envoie aussi la réponse que je viens d'adresser aux pix>positions de deux négociants anglais relativement à Tinstitution d*une banque.
Nous sommes à la fin de mars, et nous n*avons pas encore fait banqueroute; mais elle est imminente.
Les nouvelles que j*ai reçues du prince Soutzos par le dernier courrier sont du 7 février. Elles ne me donnent aucun espoir, quels que soient Tactivité et le zèle dont il fait preuve , et je ne puis pas m*en plaindre. Je me dispense de vous en dire la raison. Je n*espère pas non plus grand*chose du projet de banque; mais je vous en parle pour n*avoir rien sur la conscience. Le seul vœu que je forme dans ce moment, c*est que que les événements, d*accord avec la sagesse des hommes, butent une heure plus tôt la décision de notre sort. Cet état d*agonie tsi \
238 DE HODon. *— ATRiii 1831.
Je TOUS prie de me rappeler au souvenir de vos dames , et je vous re'itère 9 mon cher Eynard 9 Texpression de toutes mes amitiés.
Modon^ T- arril 1831.
Cest à Nauplie 9 mon prince , que j*ai reçu vos dépêches sous le numéro Yl^ ainsi que les lettres de M, Ey^ nard qui m*annoncent Tenvoi des 200,000 francs que la Grèce doit encore à sa généreuse sollicitude.
Votre numéro 18 me trouve ici ; je viens de faire ma tournée afin de voir ce qui se passe à Sparte. Je m*arrêterai une couple de jours de plus ici, pour fêter la Saint-Philippe.
M. le commandant Lalande expédie demain une frégate à Toulon , et j*en profite. Quoique épuisé de fatigue et de désagréments, et malade plus que de coutume, je saisirai le peu d*instants qu*on me laisse libre , pour vous faire connaître encore une fois notre situation.
Sans le secours de 200,000 francs elle se serait aggravée au point de rendre plus que probable une crise funeste. Je n*aurais pu faire payer le trimestre à Tarmée et à la marine, et les intrigants auraient excité les Roumé- /îotes et les insulaires a la mutinerie , peut-être même à Al révolte. Les efforts quMIs ont faits dans cette vue cou-
AD PBnCB flOUT»». 239
pable n*ont pas réussi jusqu^à présent ^ et ik ne réussiront pas non plus, tant qu*ofBciers, soldats et matelots seront payes régulièrement.
Cependant les hommes de malheur que je tous ai signales par mes lettres prëce'dentes continuent et renfoiK^ent leurs menées au milieu des Hydriotes et des Spartiates. Ils ont choisi les deux pays qui sont les plus accessibles aux séductions révolutionnaires. L*un comme Tautre renferme une population nombreuse, pauvre, brave, mais démoralisée. L*un et Tautre ont des primats, lesquels pensent avoir figure' en première ligne durant la guerre et Tanarchie, parce qu*ils ont occupé les places de chefs de Tétat. Auprès de ces primats les faiseurs grecs et étrangers ont pensé alors faire fortune , et c*est dans la même vue qu*ils les poussent aujourd'hui à la sédition.
Je vous ai entretenu des premiers mouvements des Mavromichalis et des prétentions absurdes des îles maritimes. J*avals calmé ces mouvements. Pierre Mavi*omichalis et son frère sont arrêtés. Spetzia et un grand nombre de capitaines hydriotes comprennent leurs véritables intérêts, et tâchent de les régler d'accord avec le gouvernement. Il n'en est pas de même de ceux des Hydriotes qui reconnaissent pour che& les Condouriotis , les Miaoulis et les Tombazis. Ce parti est mené par Mavrocordatos et par nos soi-disant libéraux. Pou** les mettre en évidence et les compromettre sans retour avec le gouvernement, ces meneurs ont établi a Ilydra une im-