‹ Correspondance du comte J. CapodistriasChapitre 30 sur 33 · SERVICE CIVIL · texte numérisé non relu

SERVICE CIVIL

Frais d'administration, gouverneurs d*

vils, etc 576,000

Justice, tribunaux de première instance

et dappcl 386,000

d. Clergé, évêqucs et leurs c!i«'^pitres. 215,000 Santé, employés supérieurs et subal- f ■#^•^^00

ternes 264,000

e. Postes 106,000

Liste civile, chancellerie, secrétaires. 432,000

ji reporter. Francs. 5,847,0C

532 SUrPLBMBVT.

Rqfûri, Frtnct. 5,847,000

ftianci luuTAmi.

f. Rations et dépenses d'habillemenl de

dix bataillons d'infanterie régulière. 2,576,000

Rations, fourrage, habillement et équipement de deux escadrons de cavalerie 365,000

Solde, rations et habillement de six

compagnies d'artillerie 258,000 ^ 5,175,000

Id., id* de trois chiliarchies demi-régulières 1,016,000

g. Armes, munitions, objets d'artillerie 960,000

Réparations, arsenaux

MARIME.

h. Solde, nourriture, etc • 950,900 ^

Achat de matériaux, constructions, ré- \ 2,070,000

parations, munitions, arsenal, etc. 1,120,000 )

ToUl, Francs. 13,092,000

Observaiioni.

a. En indiquant cette somme, on a supposé qu'on parviendrait h un arrangement qui réduirait la dette extérieure à 35,000,000 de francs, et l'on a ajouté à cette somme dernière 250,000 francs pour l'amortissement.

A. La dette intérieure n*est pas encore exactement connue. On a cru ne pas s'éloigner de la vérité en supposant que, toute réduction faite, elle sera d'environ 30,000,000 de francs, dont l'intérêt annuel à 5 pour 100 est de 1,500,000 francs.

c. L'amélioration du système de fierception des impèts déter-

svppLÉmRT. 533

mine uae aaipnaïUtion da frais, el celte fomaié ne fera phu tulfinote.

d. On n'a oompris dans oe calcul que le haut dergé. En introduisant plus tard le même système pour tout le dergé, les dépeniei seront portées à plus de 1,000,000.

€• Ce calcul est fait sur un système provisoire. /• La force d'un bataillon doit être, d'après le règlement actuel, de 853 hommes cITectifs, et le calcul est fait sur la solde et h nourriture fixées par le même règlement; mais il est hors de doute que le soldat est mal payé, mal nourri, et très-mesquinement vêtu. Quant aux ofliciers, leur solde ne suflirait pas même à leur habillement, et le gouvernement a été obligé de leur accorder une gratification; il devient donc indispensable d'augmenter la solde, ainii que d'améliorer la nourriture; dans ce cas la somme ci-contre indiquée suflirait à peine pour l'entretien de six bataillons ou de 5,118 hommes cITectirs.

S'il s'agissait d'avoir un bataillon de Suisses ou d'autres troupet étrangères pour servir de noyau ou de type, les dépenses seraient beaucoup pins grandes encore, et la somme indiquée ne suflirait que |K>ur l'enlrcticn de 4,000 hommes, y compris le bataillon étranger. Les observations relatives à l'infanterie peuvent être reproduites pour la cavalerie et pour rartilleric, avec cette seule différence, qu'ici il ne pourra plus être question de réduire la force à peine suflisante; mais qu'il faudra augmenter h sonunc de quatre dixièmes, pour obtenir le total approximatif des dépenses.

g. Vu l'état actuel des arsenaux, ce calcul a été fait sur une échelle très-bornée, surtout pour les deux ou trois premières années, pendant lesquelles il y aura tout à faire.

A. Ce calcul et le suivant ont été faits sur l'hypothèse que Ton tiendrait en mer douze bâtiments de difliérente grandeur, tels que corvettes, bricks et goi'leltes, et un nombre égal de barques ou chaloupes canonnières, force «^ peine suflisante pour protéger le cabotage sur toute l'étendue des côtes, et pour prévenir le renouvel-

kment de h pinlciie dans F Arcbipd. H fiml obtcnrcr c^Mduit qa'oo n'a pobt calailé les dépenses d'hibillemenlj ^ seroul iné* vitables^ dès qœ le gourernement Toudra aToir une marine i^Qtt» lière. Pour y suppléer il faudra diminuer d*un cinquième la foree^ si Ton ne veut pas au{vmentcr les dispenses. Quant à la somme des» tinée pour le matériel^ comme il y a tout & créer dans cette branche importante du service^ il est liors de doute qu'asile ne suffira pas pendant les premières années, malgré récouomie la plus stricte el la mieux entendue.

Il est permis d'évaluer à 4,000,000 de francs par an les revenus que la Grèce pourra progressivement donner h la caisse publique, si, comme il est à espérer, son administration s'affermit de plus en plus, sous la 8auvc{prde des lois.

Ce fonds serait destiné aux avances que le (gouvernement devrait faire pour la restauration des villages, des villes, etc. La confection des grandes routes, rétablissement et Tentrelien des écoles, les dépenses extraordinaires seraient prises sur le même fonds.

Noie verbale confidentielle adressée au gouvernement grec par les

repréuntants des cours alliées.

Porof» • décembre 18S8.

Les représentants voyant approcher le terme de la mission qui les a conduits & Poros, et dont ils avaient fait connaître de G>rfou, à M. le comte Capodistrias, la nature et le but, pensent lui offrir une nouvelle preuve du vif intérêt qu'ils vouent au sort de la Grèce, en Tinslruisant confidentiellement ici des résultats de leurs délibérations sur les questions à Tégard desquelles les renseignements que leur a fournis S. £• les ont mis à portée de se former une opt« nion, et en le priant de vouloir bien aussi leur communiquer confU dentiellement la sienne, tant sur ces mêmes résultats que sur un

SUPPlifiXKNT. 533

dflrmer point, que ttot le seeouri de tes lumières ils craindraient de ne pouToir pas résoudre avec un dejpré sutOsanl de oerliiude.

Les représentants croient d'ailleurs inutile de faire obsenrer ici que leur opinion est uniquement destinée à servir de sujet aux délibé* ration des coura alliées. La question qui en premier lieu a dû fixer leur attention est celle de la délimitation, que, pour remplir essen** tiellement le but du traité de Londres, il leur a paru convenabi*'. de proposer pour la Grèce. Les représentants pensent que pour la partie continentale de cette délimitation, la ligne qui parmi toutes celles qui sont olTcrtes à leur considération satisferait le plus à la sûreté et aux intérêts de la Grèce, est celle qui commençant près de rentrée du golfe de Volo suivrait la iTètc de TOtbrys, traverserait le Pinde et aboutirait à la mer par le golfe d'Arta. Quant à la délimitation maritime^ les représentants n'hésitent point à exprimer la pensée que toutes les Iles situées, d'une part, entre le 36"^ et le 39"** de{jré de latitude; et de l'autre, entre le continent grec et le 26"* degré de longitude (méridien de Grccnwich), doivent être comprises dans les limites de la Grèce ; Chios, Samos et Candie ne figurent point, il est vrai, dans cette délimitation» mais pour ce qui est de la première, sa situation présente fait juger aux représentants qu'il est impossible do songer à la réunir à la Grèce. Quant aux lies de Samos et de Candie, dont l'une a depuis sept ans maintenu son indépendance, et dont l'autre est actuellement encore en pleine insurrection, les représentants se feront un d'?voir d*exposer tous leurs titres à la liautc protection de Talliance, et à l'application, en leur faveur, des principes du traité de Londres.

La question qui s'est offerte ensuite à l'examen des représentants est celle du tribut, que, suivant les termes et l'esprit du traité, la Grèce devra payer annuellement à la Porte : ils sont d'avis qu'une somme annuelle de 1,500,000 piastres turques n'imposerait pas à la Grèce un trop lourd sacrifice, surtout si ce tribut ne devait être acquitté que gi*aduellement et en raison de l'accroissement des revenus.

536 SDPriiHBMT.

En troisième lieu venait k question de l'indemnité stipulée en principe par le traité de Londres, pour les propriétés particulières turques, dont il assure k possession à Télat Grec. Les représentants pensent que ces propriétés mêmes devront répondre de l'indemnité » que du moment où k Porte aura reconnu le nouvel ordre de choses en Grèce, tout propriétaire turc dépossédé devrait être admis à faire valoir ses titres ; qu'ils seraient examinés par une commission mixte nommée œl hoc, sauf appel à l'arbitrage d'une autre commission nommée par les cours alliées; que s'ils sont reconnus légitimes, le réclamant pourra, dans un temps donné, vendre sa propriété luimême ou par un fondé de pouvoirs; finalement que, passé ce terme, la commission d'arbitrage procédera à une évaluation équitable de cette propriété, et délivrera ensuite au propriétaire une ou plusieurs reconnaissances de liquidation, payables par le gouvernement grec a des échéances déterminées.

Les représentants n'ont donc plus aujourd'hui, pour arriver au terme de leur mission, qu'une question à résoudre: celle des rapports de suzeraineté dans lesquels k Grèce, par une suite de médiation des cours, serait placée envers k Porte; rapports qui, pour remplir le but du traité de Londres, devraient être établis de telle aorte que l'indépendance pratique des Grecs y fût conciliée, autant que possible, avçc les garanties à offrir au gouvernement turc pour k jouissance des droits que ce même traité lui assure.

Mais une question si grave, et de laquelle dépend en grande partie rafTcrmissement de la tranquillité et de k prospérité de k Grèce, se lie nécessairement à l'organisation définitive de son gouvernement, et c'est cette intime liaison entre l'une et l'autre, qui fait particulièrement éprouver aux représentants le besoin de recourir, à ce sujet, aux lumières de S. E. le comte Capodistrias.

tUPPL^WENT. 537

R^nnue eu gouvememeni grée à la noie verbale eonfideniielk

des repriêmUanU des cours iMiieê.

p ÎT norembre

I '9 décembre

LL. EE. les représentants des oours alHées ont bien voulu recueil- ÏLT, par Tentremise du (jouvemement (prec^ les notions statistiques qui pouvaient fournir des données sur les questions relatives à Tacooniplissement du traité de Londres,

Ils ont aussi jugé nécessaire de connaître l'opinion du même gouvernement sur la question fondamentale des frontières.

Au moment d'achever leur travail, il a plu à LL. EE. de communiquer au comte Capodistrias, dans des entretiens confidentiels, le résultat de leurs délibérations, et de l'inviter en même temps à énoncer son opinion personnelle sur les propositions qui vont faire l'objet des 4écisions des cours alliées, et par conséquent du sort définitif de la Grèce.

La note verbale et conridentielle que LL. EE. viennent de lui adresser en date du 8 décembre, fixe d'une manière plus positive les propositions susmentionnées, et c'est en exprimant sur chacune de ces propositions les vœux qu'il forme, que le comte Capodistrias répétera dans la présente les observations qu'il a eu l'honneur de faire de vive voix à LL. EE.

La confiance dont les représentants des cours alliées l'honorent, lui ofTre un nouveau moyen de remplir ses devoirs envers la Grèce et ajoute, s'il se peut, à la reconnaissance qu'il doit à LL. EE.

Il no saurait mieux remplir ces devoirs qu'en énonçant avec franchise envers les cours alliées quelles sont les seules conditions auxquelles la Grèce sera à même de répondre à leurs vues bienfaisantes.

Avant tout elle doit exister, et ce n'est qu'en se constituant soui la sauvegarde tutélaire de l'alliance consacrée par le traité de Lod-

538 suppiiMxsT.

dresj qu'elle peut derenir par sa redauratiôn un moyeo^ peut-être mime une des baset^ de la paciticaiion du levant.

Elle sera un moyen ^ si les Turcs s'obstinent encore pour longtemps à rejçlor la médiation; elle sera une base, s'ils se déddeni enfin à l'accepter.

Le comte Capodistrias se dispense de démontrer ici encore une fois, que si un commencement d'ordre a pu être établi dans ce pays depuis peu de temps, la Grèce ne le doit qu'au double bienfait que les Puissances alliées ont bien voulu lui accorder. D'une part c'eal, dans les rapports directs qu'elles ont établis entre elles et son gouvernement, que ce dernier a puisé la force morale que nul autre appui n'aurait pu lui prêter. D'un autre c6té, ce sont leurs subsides qui lui ont offert le moyen de donner à cette même force une application utile.

En partant de ces faits, le comte Capodistrias re([rette de ne pas être appelé par la note verbale de LL. EE. à leur soumettre encore une fois ses observations sur les secours dont la Grèce a le besoin le plus pressant et le plus indispensable pour exister, et afin de pouvoir prendre part à l'accomplissement du système de pacification, que dans leur justice et dans leur prévoyance les cours alliées auront arrêté.

En espérant que par leurs délibérations elles sanctionneront le résultat des travaux de leurs représentants, le gouvernement (jrec doit nécessairement se demander si les mesures qui en dépendent peuvent être mises en œuvre, sans que les trois cours accordent collectivement à la Grèce le secours que son gouvernement a sollicité de leur munificence.

Le comte Capodistrias s'arrêtera encore un instant sur cette question vitale.

En la décidant conformément aux vœux de la Grèce, il sera alors possible aux cours alliées de mettre à exécution tout ce qu'elles auront arrêté sur les autres questions.

En les écartant de leurs délibérations, les clauses du traité de

•uppiiMivT* 539

Londrci^ pour ce qui concerne li Grèee^ peuvent être remplici virtueUemeni; maii ellet ne le feront jamait par le fait^ soit que Ica Turcs acceptent la médiation^ soit qu'ils s'obstinent toujours i la rejeter.

Et en effet, quelle que soit la ligne de frontière sur le continent que les Puissances jugent devoir donner à la Grèce, encore faut-il qu'elle prenne possession de cette ligne, en forçant les Turcs à évacuer les forteresses et les positions qu'ils occupent* Quand même dans d'autres circonstances les trou]ies grecques pourraient s'acquitter, à elles seules, de cette honorable tâche, les l'urcs maintenant leur opposeraient une longue et pcul-ètrc invincible résistance* Us connaissent à cette heure comment s'est opérée l'évacuation da Péloponèse. En se voyant cernés par des troupes grecques seules, pourraient-ils croire que les Puissances sont résolues de les faire sortir de leurs retranchements? Et ne le croyant pas, pourquoi consentiraient^ils à se retirer?

Il en serait bien autrement, si les troupes françaises dont la présence seule a sufli pour délivrer le Péloponèse des Egyptiens et des Turcs, appuyaient de leur apparition au nom des trois Puissances les mouvements des Grecs sur le continent. En peu de jours la partie de ces contrées, que les Puissances comprendraient dans la frontière grecque, serait complètement évacuée par les Turcs.

Si à côté de ce bienfait les trois cours ajoutaient en même temps celui des secours pécuniaires, selon le mode proposé par le gou« vernement grec, on ne saurait douter qu'il ne parvint, dans le court espace de trois ou quatre mois, h organiser ses propres troupes, ou 4,000 hommes recrutés dans l'étranger. C'est ainsi que b pierre fondamentale de l'état Grec serait enfin ]>osée.

Ce n'est qu'en obtenant de la munificence des cours alliées le subside modique pour dix ans que le gouvernement grec solUcite par le mémoire du 30 octobre (11 novembre) 1828, qu'il lui sera donné d'organiser ses troupes, d'affermir une administration régulière, et que, fort lui-même de cette double garantie il lui sera pos-

540 svppiiaiiiT.

sible de donner ft son tour aux Puissances alliées oelle qu'elles lui demanderont, relativement aux obligations qu'il contractera envers la Porte, et envers les Turcs qui avaient des propriétés en Grèce. Hors de là on peut bien lui «mposer des obligations, mais il ne serai jamais en état d'en remplir aucune, et dès lors le but de la pacification sera manqué.

Le comte Capodistrias s'abstiendra de fixer davantage l'attention de LL« £E. sur ce point. Il les prie néanmoins de vouloir bien faire considérer à leurs cours respectives la question des secours pécuniaires comme étroitement liée aux autres questions, attendu que la solution des unes ne peut être pratique et udie, qu'autant que la solution de l'autre l'aura précédée.

La ligne sur le continent qui commencerait à l'entrée du golfe de Volo suivrait la crête dcTOtbrys, traverserait lePinde, etabou* tirait au golfe d'Arta jusqu'à la mer, renfermerait sans contredit un territoire assez étendu pour que les Grecs qui ont porté les armes durant la lutte puissent y trouver une patrie, du repos et de la tran* quillité. Ceux qui resteraient hors de cette limite pourraient peutêtre, sous la sauvegarde des conventions qui auraient lieu entre les Turcs et les Grecs sous la médiation des trois Puissances, s'établir dans le nouvel état Grec, et accomplir encore mieux la clause du traité qui regarde la séparation complète de deux peuples qui ont porté les armes.

Dans cette supposition les inconvénients que peut présenter cette ligne, à raison des contacts immédiats qu'elle rendrait nécessaires entre les Turcs et les Grecs, seraient atténués. Les musulmans li* milrophes commenceraient par n'être pas en hostilité avec les Grecs, et le temps ferait le reste.

11 n'en serait pas de même si les Turcs du voisinage devaient continuer pour longtemps à considérer les Grecs en état do guerre, comme ils les considèrent maintenant.

Quoi qu'il en soit, au reste, de cette considération et de toutes celles qui ont déjà été développées dans les communications o0i-

Bomàmmur. 541

cidlet que le goutenieiiient grec a eu nionneur da frantiiieUre i LL« EE. les reprétentanU, la ligne qu'ils proposent est un Téritabk bienfait^ pounru que lea cours alliées accordent au gouTemement grec les moyens de l'occuper militairement.

La délimitation maritime ne semble pouvoir être arrêtée déBniti- ▼ement que par les décisions concernant Candie et Samoa; mais k gouvernement grec doit espérer que les cabinets alliés^ en reconnaissant les titres de ces deux lies à l'application, en leur faveur, des principes du Iraité de Londres^ les associeront au sort qu'ib destinent à TArchipclj au Péloponèse et au continent.

Jusque-là la Grèce ne cessera d'invoquer l'assistance puissante des cours alliées^ afin qu'il ne soit plus permis au pacha d'Egypte d'envoyer de nouveaux renforts aux garnisons qui restent encore dans les places de Candie.

Le tribut annuel de 1^500,000 piastres que le gouvernement grec^ une fois reconnu par la Porte, devrait lui payer ^aduellement et en raison de l'accroissement de ses revenus, ne semble pas trop incompatible d'une part avec les obligations que le traité impose 4 U Grèce, et de Taulre avec les ressources que pourront procurer successivement à ce pays les fonds et le crédit financier que son gouvernement sollidte (le la bienfaisance des cours alliées.

Le comte Capodistrias prendra cependant la liberté de faire observer qu'il serait d'un grand intérêt de déterminer le rapport de la piastre turque avec la piastre d'Espagne, ou avec toute autre monnaie qui représente une valeur fixe.

Le mode d'après lequel le gouvernement grec sera obligé de faire droit aux réclamations des propriétaires turcs ne lui laissera rien i désirer, si l'on spécifie d'une manière positive que l'indemnité ne pourra être calculée qu'en raison de l'état où se trouvent les biensfonds qui feront l'objet de la réclamation.

Les malsons que les villes de Tripolitza et de Corinthe renfermaient étaient en grande partie des propriétés turques. Ibrabim- Pacha et Dramali ont détruit dé fond en comble et Tune et l'autre

542 suppiiHiMT.

de ces villes ; serait-il juste que les Grecs eussent à inAemnisef les Turcs de la destruction qui est leur propre ouvrage?

Le comte Capodistrias a cru de son devoir de faire observer à LL. EE. que les Grecs aussi avaient des nSclamalions i présenter par le fait des confiscations dont leurs propriétés ont été frappées par le {jouvernoment turc^ depuis l'année 1821. Les Puissances médialriccs n'adnietlraient-ellcs pas les réclamations que les Grecs prc« duiraicnt^ à ce sujets devant la commission d'arbitres? En faisant droit à ces réclamations^ la commission faciliterait peut-être les arrangements relatifs à cette partie importante de la pacification.

Le dernier ;u'ticle de la note verbale sur laquelle le comte Capo« distrias est appelé h émettre son opinion personnelle^ re(prde les rapports de suceraineté dans lesquels la Grèce serait placée envers la Porte.

Ces rapports ne peuvent être établis d'une manière positive^ que lorsque Torganisation intérieure et politique de la Grèce sera définitivement arrêtée par les représentants de la nation.

Les trois congrès^ celui surtout deTrézène^ expriment asseï par leurs actes les vœux de la Grèce. Elle reconnaît, par l'acte de ce dernier, la nécessité et l'utilité de confier pendant l'espace de sept ans, à un seul cbef, la direction du (jouvernemenl ; mais à juste titre elle se garantit à elle-même le droit de voter par ses représentants IcS lois, et les lois les plus essentielles de toutes, celles des finances.

C'est sur cette base que les représentants de la nation Grecque^ éclairés désormais par leur propre expérience, arrêteront, il ne faut pas en douter, l'organisation définitive de l'administration de l'éUt.

Quel que soit le résultat des délibérations de cette assemblée, il constituera sans doute un gouvernement; et les rapports de suzeraineté dont il s'agit, pourraient consister dans l'acte de reconnaissance que la Porte serait tenue de donner à ce même gouvernement, toutes les fois qu'il serait renouvelé selon la loi.

suppuûniiT. 543

L« eomte Capodistriu ne se dissimule pu id on grand danger, edui des complications auxquelles pourraient donner lieu le renouvellemeot du gouTemement et Tacte de reconnaissance de la Porte ottomane*

Il sent aussi combien il lui est difficile de proposer les moyens par lesquels, en préservant la Grèce de ce danger , on pourrait lui assurer un (vouTemement fort du principe sur lequel reposerait tt stabilité ; si ce gouvernement était environné des garanties les plus augustes, il pourrait à son tour donner à la nation des gages d'une restauration complète, permanente et honorable.

LL« ££• ne feront jias au comte Capodîstrias Tinjustice de pen« ser qu'il puisse, dans aucun cas, voir dans sa personne le gouvernement qui offrirait la moindre chance à une combinaison sembla- Me* Il est enfin de son devoir de déclarer qu'il ne voit pas non plus dans sa personne le gouvernement qui pourrait établir et entretenir utilement les rapports qui seraient une des conséquences de la suzeraineté de la Porte* Il dépendra toujours de la haute sagesse des cours alliées de prendre en considération les questions qui se rattachent à cette chuse du traité de Londres, et de faire connaître an gouvernement grec leurs intentions magnanimes.

Plus la communication qu'elles voudraient bien lui faire i cet égard serait prompte, et plus la nation Grecque l'accueillerait comme un nouveau bienfait.

Note verbale adressée à S. E* le présideni de la Grèce, par ks

représentants des cours alliées*

Poros, la décembre I8SS.

Ayant terminé les travaux qui avaient particulièrement motifé notre venue dans l'Archipel, et dont nous eûmes l'bonneur de faire connaître l'objet & Votre Excellence par la lettre que nous lui adres-

544 suppiiaBMT.

iimet de Corfou, noua nous IrouToni^ met coUèguet et moi^ au moment de quitter Poros, pour aller nous mettre plui immédiatement en communication arec nos gouvernements respectifs.

Le sort futur de la Grèce dépend de Taccomplissement des rues bienfaisantes qui ont dicté le traité du 6 juillet, et grâce aux infor^ mations que Votre Excellence a bien voulu ne rien négliger pour nous procurer j nous espérons avoir réuni sur les questions qui sont relatives à Texécntion des clauses de cet acte les notions les plus propres à éclairer nos cours, quant aux moyens les mieux adaptés à faire atteindre ce but.

Le succès qu'ont eu jusqu'ici vos eiTorts pour mettre terme i la piraterie et pour établir un commencement d* ordre dans Tintérieur du pays, nous est garant de ceux que Votre Excellence continuera de faire pour justifier en tout point l'intérêt bienveillant dont les Puissances allices honorent la Grèce.

C'est dans cette persuasion que nous exprimons ici le vœu que l'établissement de cet ordre s'achève sous la sauvegarde d'une sage législation, ne doutant pas. Monsieur le comte, qu'en persévérant à vouer à ccttie tâche les soins éclairés et le noble dévouement qui vous distinguent si éminemment, vous n'acquerriez aussi de nouveaux titres à la reconnaissance de la nation, dont les suflrages vous ont appelé à h tète de ses aiTaireâ.

De notre côté nous ne saurions, mes collègues et moi, nous éloigner de la Grèce, sans témoigner personnellement h Votre Excellence combien nous sera précieux le souvenir des relations que nous avons eu l'honneur d'entretenir avec elle.

SrPPLMKHT. 545

Ccmmumkalion adreiê^par legouvememmU grée aux repritetu^ UmU deâ court alliéei, eu repame à leur note #&# 13 tl^eembre.

Porotf 7- dëoerobre I8S8.

Si qodqae diote pouTait ajouter aux aentimenU de reoonnaissance dont la Grèce est pénétrée enTert ses angusles bienfaiteurs^ ce aérait assurément les travaux que Votre ExceOence a consacrési conjointement avec ses collègues , au grand but d'accélérer la di'dsion de son sort, et de lui assurer les moyens de ^accomplir. Sfi Tceux les plus ardents accompagnent. Monsieur Tambassadcur, tm nobks travaux aux pieds de votre auguste souverain.

Éclairées par Votre Excellence et par ses collègues sur la silnstion véritable de ce pays, les trois cours alliées daigneront, j*oac du moins m'en flatter, accorder i la Grèce la continuation do cf bienveillant intérêt, qui seul peut lui assurer les bienfaits dont l'ade du 6 juillet est Texprcssion. La Grèce redoublera d'eflbrts pour s'en rendre digne, et son gouvernement ne saurait mieux atteindre ce but, qu'en aifermissant Tordre, et en se plaçant, quant à sa législation, sous Tégidc des principes et de rexpérience «qui assurent la tranquillité et le bonheur des états.

Cest par une marche graduelle et persévérante que, dès les premiers jours de son établissement, le gouvernement provisoire grec a cru devoir travailler à des améliorations dont le résidtat nécessaire serait un ordre de choses légal et stable.

C'est pour lui un vrai bonheur d'avoir mérité les suffrages dont Votre Excellence et ses collègues ont bien voulu l'honorer dans cette occasion.

Quelque pénible et diflicilc que soit la tâche qu'il est api^elé à remplir, il la poursuivra avec fermeté et circons|iection; mais ses eiTorts seraient couronnés plus promptement de succès, si Voire Excellence et ses collègues inler[K)saient leurs bons oITices auprès

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