A M. DAWKINS
ligne de séparation entre la Grèce continentale et le Péloponèse, qu elle a plus d'une fois sauvé par d immenses sacrifices? Et lors même que ce gouvernetnent s'attribuerait arbitrairement ce droit, aurait-il le moyen d effectuer cette séparation, sans exposer à de nouvelles catastrophes des populations qui commencent à peine a gagner leurs foyers et à espérer le même repos dont jouit la péninsule, grâce à la protection et aux bienfaits des Puissances alliées? Ni les voies de la persuasion , ni celle de la force, ne sauraient lui fournir ce moyen.
Les habitants de ces provinces lui répondraient que Tarticle 3 dû traité du 6 juillet, et la clause de la délimitation contenue dans le protocole du 22 mars, les encouragent à espérer que la justice et la magnanimité des augustes alliés ne les abandonneront pas, et que ce serait les abandonner sans retour que de les contraindre à quitter les positions susceptibles de défense qu ils occupent. Ils répondront enfin que Texpérience de leurs longs malheurs les oblige a être inébranlables dans la résolution de ne quitter leur sol natal, ou les ruines qu ils défendent les armes à la main, qu en cédant à Faction d'une force majeure.
Au nombre des positions qu ils ont occupées en dernier lieu, se trouvent Vonilza, Lëpante , Messolonghi et Anatolico. Les musulmans qui composaient les garnisons de ces places, abandonnés au dénuement le plus complet, et privés des ressources du dehors par le blocus des côtes, ont demandé de leur propre mouvement à rentrer dans leur
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patrie; mais cette retraite, loin d'avoir donné lieu a leffusion du sang ou à d'autres malheurs, s'est opérée -sous la sauvegarde des conventions qui caractérisent les vues modérées et pacifiques que le gouvernement grec se £siit un devoir de suivre, et la juste confiance des musulmans eux-mêmes. Les lettres que le commandant du château de Roumélie et le pacha de Lépante nous ont adressées lors de révacuation de ces places, en fournissent une preuve irrécusable.
Dans cet état de choses, il n'est pas impossible que la faible garnison d'Athènes et des autres points compris dans la délimitation désignée dans Tarlicle 1** du protocole du 22 mars, suive l'exemple des garnisons de la Grèce occidentale.
Par de semblables résultats le gouvernement grec aurait contribué, autant que ses faibles moyens pouvaient le lui permettre , au succès des démarches dont sont chargés au nom des trois cours les plénipotentiaires de S. M. Britannique et de S. M. le roi de France, lesquels vont se rendre à Gonstantinople.
Indépendamment de ces observations, il en est d'autres qu il est du devoir du gouvernement grec de soumettre à la considération des trois cours alliées sur différents articles du protocole du 22 mars, et notamment sur ceux qui concernent l'indemnité et la suzeraineté'.
Ne devant pas tarder à remettre à M. Dawkins la présente note , il se réserve de lui faire part plus tard de ses observations sur les points indiqués ci-dessus.