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ÉgiDCy -~ mai 1829.
Il m'est impossible de trouver l'expression pour vous témoigner les regrets que j'éprouve de ne pas vous avoir donné signe de vie depuis si longtemps. Ce doiit vous devez être assuré cependant , c'est que depuis quinze mois que je suis ici, je n'ai pas encore pu trouver un instant pour jeter un coup d'œil sur les comptes de mes dépenses domestiques. Je n'ai pu répondre à aucune lettre particulière, et si j'ai écrit à quelqu'une des personnes avec lesquelles j'ai été de tout temps en relation, je ne leur ai écrit que dans les intérêts du service de ce pays. Tel est le cas avec MM. Mustoxidis, Marinoglou d'Âncône, Eynard, etc.
Vous connaîtrez lénorme travail dont je suis accablé, en pensant que tout est à faire dans ce pays, et que rien ne peut se faire à moins que je n'y mette la main. De là la nécessité indispensable de me rendre en personne partout oïl il s'agit d'établir les premiers éléments d'ordre et d'administration. De là aussi la nà^essité de passer en revue le plus souvent possible les hommes qui sont mis en action, et les choses dont ils s'occupent. Je suis par conséquent tous les quinze jours en voyage, tantôt à cheval, tantôt sur le paquebot à vapeur, et en menant cette vie nomade, les écritures vont leur train j il n'y a pas d'af-
AU COMTE MOGÉNIGO. 149
faire que je ne tache d'expédier dans les vingt-quatre heures.
C'est par une suite de tous ces efforts que le désordre et Tanarchie ont cessé. Je ne me fais pas illusion; ce résultat en est un, mais il est négatif. Pour le rendre positif, il faut jeter les fondements de quelques institutions, et c'est de quoi je m'occupe dans ce moment.
Si Ion nous laisse le temps, si Ton nous accorde plus que des aumônes, c est-a-dire si Ton nous accorde un petit crédit financier, si enfin Ton ne &it plus planer des incertitudes sur l'avenir de ce pays, il sera possible alors de recueillir, plus tôt qu'on ne pense, le fruit du peu de bien qu'on a pu semer depuis quinze mois sur cette terre fertile.
Les si dont je parle en sont des conditions de rigueur. Tant que ces conditions ne s'accompliront pas , nous vivrons ici au jour la journée , mais non pouF le lendemain. Ma confiance, vous le savez, est en Dieu; il a fait des miracles pour sauver ce pays, il ne peuJt pas les avoir faits en vain. Fort de cette conviction, je tâche de remplir mes devoirs, et p abandon ne le reste à la Providence. Il me serait impossible de vous en dire davantage sur ma situation et sur ce pays.
La présente vous parviendra par M. Métaxas, fils du comte André , qui est un des fonctionnaires publics très^ activement employé. Il envoie ce jeune homme en Italie pour faire ses études en droit. Si c'est à P^doue ou à Bologne qu'il s!arrête, vous trouverez le moyen dç le recom-
150 DÉGINE. — MAI 1829.
mander aux professeurs qui ont Thonnour de vous être
connus.
(^ /ed ^aiHiH^€€ùtd Aiem4d04>t€d,
Effincx — mai 182^.
Vous recevez aujourd'hui le décret et la circulaire qui concernent Téleclion des plénipotentiaires appelés à former le quatrième congrès national.
Il est d*un grand intérêt que les provinces se décident à choisir leurs représentants. Ils doivent jouir de toute leur confiance, et nous aimons à espérer qu ils justifieront la notre.
L'expérience a désormais démontré que les citoyens ayant droit de suffrage ont besoin d'être éclairés, d'une part sur Timportance des fonctions qu ils sont appelés, à remplir dans les assemblées électorales^ et de Vautre assurés que, d'après les voeux que nous formons, les délibéralions du congrès national n'auront d'autre résultat que de donner une base légale et immuable à l'existence nationale et politique de leur patrie>i
Les craintes que la malveillance peut leur avoir £aiit concevoir sur leur avenir , par une conséquence des délibérations d'un congrès national, n'ont aucun fondement. Tout au contraire^ l'avenir est entre les maios de Dieu,,
et il sera sans doute conforme à nos espérances ^ du moment que la nation saura se donner les garanties qu elle se doit à elle-même. Or ces garanties consistent, non dans des pleins pouvoirs conférés au chef du gouvernement, mais dans des actes sagement conçus et revêtus de la sanction d'un congrès national.
Vous donnerez ces explications conjointement avec celles que renferme ma circulaire du ... . aui démogérontes et aux personnes de chaque province dont la voix a un jusle crédit auprès de leurs concitoyens. Vous vous concerterez avec les uns et les autres, pour faciliter dans les formes les plus régulières le choix des plénipotentiaires. Nous ne vous en prescrivons aucune^ mais nous vous recommandons encore une fois la régularité et la publicité. Avec cette double sauvegarde, Tesprit d'intrigue se trouvera déjoué, et dans aucun cas les élections qui auront lieu ne pourront être critiquées comme arbitraires.
Les aventuriers qui parcourent le pays, et les meneurs qui le fatiguent de leurs mensonges, répandent des bruits sinistres. Les uns et les autres ont pour but de troubler l'esprit public et de faire manquer la convocation d'un congrès. Cest assez vous dire que nous ne saurions remplir nos devoirs, dans les circonstances graves du moment, qu'en nous trouvant entourés, le plus tôt que feire se pourra, des députés légalement constitués les plénipotentiaires des provinces. Après avoir fait ce dernier appel, aucune responsabilité ne pèsera plus sur nous.
152 d'égine. — MAI 1839.
Pénétrez^ vous des vérités que je viens de vous énoBcer; faites partager votre conviction aux hommes de bien de la province, et les élections se feront de manière a justifier l'attente générale. Vous aurez dès lors de nouveaux titres à notre reconnaissance.
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Bgîne, -- mai 182i^.
Mon prince, M. Stockmar m'a remis la lettre que Votre Altesse Royale m'a fkit Thonneur de m'écrire en date du 24 mars. Fidèle organe de vos intentions
LeUre de &. A, /?. le prince de Scixe-Cobourg à S. E, le comte Capodistrias, pre'sident de la Grèce.
Marseille 9 24 mars 1829.
MoD très-cher comie, Araot de partir pour ritaHeaumois d'octobre.» j'ayais voulu vous faire parvenir une lettre par le porteur de celle-ci, G.-S.-G. Stockmar; il était parvenu jusqu'à Gorfou» où des difficultés ioatteudues lui ont fait rebrousser chemin.
Ayant fini des affaires d'argent qu'il avait en Allema^Qe, il veutbiei^ de nouveau se charger de ma commission, et pour cette fois-ci j'espère que lui et ma lettre vous arriveront.
Cette lettre doit lui servir d'introduction , car du reste il doit être mon porte-voix , sa parfaite sûreté étant son principal mérite , et certes c*en est un grand a mes yeux. Tout ce que je désire est que vous voulussiez (ivpîr l'amitié de me communiquer par lui vos vues, vos idées pour l'avez
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bienveillantes, il m'a communique les informations qu*il vous plaît, mon prince , de faire porter à ma connaissance, et il m'a demandé en retour celles que, dans voti'e généreux intérêt pour ce pays, vous désirez recevoir de ma part. Pressé comme il Test d'aller rejoindre Votre Altesse , et accablé moi-même d'affaires qui deviennent, grâce à la politique européenne, tous les jours plus épineuses, je n'ai pu avoir avec M* Stockmar que deux entretiens. L'opinion que dans ma conscience je dois porter invariablement sur les dîfiférentes questions que nous avons discutées , se trouve consignée en peu de mots dans le petit mémorandum que je lui confie. C'est ma profession de foi tout entière, et Votre Altesse la trouvera conforme à celle que je lui ai faite, soit par ma correspondance, soit de vive voix, lors-
pir. On ne peut pas nier que cet avenir est certainement encore douteux sous bien des rapports ; cependant pour pouvoir parvenir à une fin désirable y il faut s*entendre. N'ayant pas eu de vos nouvelles depuis votre départ de TAngleterre en 1827^ je craignais déjà que les événements ne m'eussent eflacé de votre souvenir amical > et c'est avec une vive et grande satisfaction que j'ai entendu le contraire de plusieurs personnes impartiales qui venaiei^t récemment de vous voir.
Vous connaissez depuis des années la sincère amitié que je vous porte; vous croirez donc facilement avec quel intérêt j'ai suivi vos pas, et quels vœux j'ai formés pour vos succès.
Fasse le Ciel que votre santé ne souffre point de toutes ces fatigues ; soignez-la bien^ et songez combien elle est précieuse pour vos amis et pour la cause que vous avez embrassée avec tant de dévouement.
J'espère que mon messager me rapportera de bien bonnes nouvelles , et je saisis cette o^ccasion pour vous réitérer les sentiments dbtingués avec lesquels je serai toujours, mon cher comte» vQtre très-dévoué ami ^t serviteur.
154 DBGINE. MAI 1829.
qu*elie a bien voulu connaître mes idées sur l'avenir de la Grèce. L'expérience que je viens de faire depuis quinze mois au milieu des misères, des intrigues de tout genre et des fausses mesures politiques, dont cette malheureuse nation peut devenir la victime, ajoute, s'il se peut, à la conviction où je suis, qu'il n'est de salut pour elle que dans le système dont j'ai pris la liberté d'indiquer les bases dans mon mémorandum de ce jour.
Que Votre Altesse veuille bien croire à la sincérité des vœux que je forme pour que le Ciel la réserve à être le bienfaiteur d'une nation qui a des titres réeU à l'existence honorable qu'il s'agit de lui assurer. Veuillez croire aussi, mon prince, aux sentiments de profonde reconnaissance avec lesquels je reçois les témoignages de bonté que vous voulez bien me donner^
Egine» —- mai 1829^
A^enu* de la Grèce.
Plus on médite les actes diplomatiques par lesquels les cours alliées se proposent depuis l'année 1827 de pacifier le levant, plus on considère les mesures qu'elles ont prises pour atteindre ce but et les faits qui