MÉMORANDUM
en sont résultés, et plus on est convaincu d'une vérité incontestable, savoir, que ces mesures n'ont répondu aucunement à la pensée dans laquelle elles ont été conçues et adoptées.
L'expérience faite avec les Turcs de toute ancienneté et dans ces derniers temps, celle que les cours alliées feront encore aujourd'hui par l'envoi de leurs ambassadeurs à Constantinople, leur prouvera que la Porte ne consentira jamais, et qu'elle ne pourra jamais consentir par la voie des négociations à aucun arrangement qui , conformément au principe consacré par le traité de Londres, assurerait aux Grecs une existence nationale et politique.
Si malgré le refus que le sultan ferait encore une fois d'accepter la médiation qui lui a été offerte par le traité du 6 juillet, les Puissances persévèrent à vouloir pacifier la Grèce par les Turcs et selon les clauses renfermées dans le protocole du 16 novembre, il y a d'autres motife et d'autres considérations qui les portent à suivre une détermination semblable.
Quoi qu'il en soit , nous doutons qu'il puisse se trouver un Grec qui osât prendre part à un arrangement de cette nature , ou qui pût en honneur et conscience prêter ses conseils ou son influence à l'exécution d'un système qui limiterait la Grèce au Péloponèse et aux Cyclades.
Le seul système auquel nul Grec ne pourra et ne s^ura se refuser, celui au contraire pour l'exécutioix
156 d'égine. — MAI 1829.
duquel chacun d'eux, nul excepte, tiendra à honneur de faire une complète abnégation de soi-même, c'e^t le système qui reposait sur les bases posées par la conférence de Poros, en comprenant toutefois dans la circonscription du territoire de la Grèce les îles de \ Candie et de Samos. Nulle force ni aucune garantie morale ne peuvent désormais replacer la population chrétienne de ces îles sous la domination musulmane. Il en résulterait qu'une fois livrées aux Turcs, la guerre et une de ses plus funestes conséquences, la piraterie, continueraient à rendre illusoire et infructueuse la pacification du levant.
Gous^emement de la Grèce.
Dans rhypotbèse que ce gouvernement fut condanmé à souscrire au protocole du mola de novembre, il souscrirait à sa perte dans Toplnion du pays. Il ne pourrait l'exécuter que par la force des armes étrangères, en se chargeant d'une responsabilité sous laquelle il devrait nécessairement succomber. Il n'y aurait de sécurité et d'ordre dans le Péloponèse et dans les Cyclades , que là où se trouveraient des soldats ; mais dans ces endroits mêmes la partie inerme et dénuée de tout moyen d'existence des populations de la Grèce continentale, de Candie et de Samos, qui s'y réfugierait, rendrait insupportable aux habitants du pays la misère à laquelle les condamnent pour longtemps encore
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