‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 38 sur 65 · AU COMTE DE LASTEYRIE · texte numérisé non relu

AU COMTE DE LASTEYRIE

Argos, -- août 1829.

J'ai reçu aujourd liui seulement le duplicata de la lettre en date du 10 juin, que vous m'avez fait Thonneur de m' écrire au nom de la société philhellénique de Paris.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le comte , et de faire agréer à vos honorables collègues , l'expression de ma reconnaissance et de celle des familles aux enfants desquelles vous prodiguez vos soins. Je suis vivement peiné que les jeunes Apostolis et Karaiskakis n'en aient pas mieux profité. Il m'est on ne peut plus agréable d'apprendre qu'en revanche Négris et Psycas s en montrent dignes par leurs progrès en matliématiques et en chimie. Ils pourront, avec ces sciences et du patriotisme, rendre les plus grands services à la Grèce.

Quand les établissements d'instruction publique dont vous me parlez seront formés, j'aurai recours à votre obligeance pour vous prier d'y faire entrer quelques jeunes Grecs dont l'éducation déjà ébauchée aura fait reconnaître la vocation et la capacité.

J'accepte avec infiniment de reconnaissance les renseignements que vous voulez bien m'offrir sur ces établissements. Je serai heureux de pouvoir y puiser des données pour en organiser d'analogues, aussitôt que les

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t:irconstances me permettront de le faire. Mais jusqu'à pre'sent je ne puis que pï^opàger l'enseignement mutuel, et songer à le re'gulariser.

Permettez qu'à ce propos je vous rappelle ma lettre du 7 (19) septembre^ par laquelle je vous fars part de la prière que j'ai adresse'e à la socie'té pour l'instruction élémentaire. ,

^'^?io%, -— août 1829.

Vous n ignorez pas les scandales qui ont eu lieu depuis quelque temps à Tarmée de la Grèce orientale et occidentale. Vous n'ignorez pas non plus la longanimité avec laquelle le gouvernement a tâche' de sauver, s il se pouvait encore, Thonneur de l'armée et les grands intérêts de rétat, qui sont nécessairement placés sous la sauvegarde de cette même armée.

Vous connaissez les prétextes dont se servent quelques misérables intrigants pour séduire le soldat, et pour le porter à manquer à tous ses devoirs, et a compromettre ainsi sa propre existence, son avenir, et par conséquent tout ce qu'il se doit à lui-même et à la patrie. L'un de ces prétextes, c est le retard qu'a éprouvé le paiement d'un trimestre arriéré et de quelques mois du siiérésion.

AU MEMBRE DU COMMISSARIAT POUR l/ ARMÉE. 277

Les fonds nécessaires pour le paiement de l'un et de Tautre se trouvent déjà à Phanéroméni depuis quelques semaines; et c'est dans un tel moment que les troupes qui étaient devant Thèbes ont pris la fuite, et ont exposé le pays à une invasion des Turcs. Les derniers rapports du stratarque, en date du 9 du courant, nous prouvent encore une fois que le désordre est au comble, et que nulle des positions qui pourraient couvrir la Livadie n'est gardée.

Dans cet état de choses, il est d'une haute importance que vous vous rendiez immédiatement à l'armée à Teffet :

1*. De reconnaître d'une manière positive le motif réel d'une si grande calamité.

2**. De faire le paiement du trimestre et de six mois de

siêérésion»

3". D'engager le stralarque h rassembler encore son armée, et a la placer dans des positions qui couvrent la Livadie, et permettent de faire une nouvelle revue, pour procéder ensuite au paiement du reste des arriérés.

Vous ne négligerez aucun effort, afin de faire touchei: au soldat lui-même le paiement qui lui est maintenant destiné. A cette occasion vous ferez comprendre aux soldats et aux chefs que dans ce moment leur sort se décide hors de la Grèce, et que leurs ennemis les poussent dans ce moment même à se montrer incapables de se défendre et de conserver par conséquent à la patrie la Grèce continentale.

Après leur avoir fait celle déclaration de la manière Is^

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plus solennelle, vous leur direz de ma part que c'est par une conduite strictement conforme aux devoirs et aux lois sévères de la guerre qu'ils prouveront au gouvernement leur ciepentir; que dans ce cas seul je ne me refuserai peut-être pas à me rendre au milieu d'eux, pour leur faire éprouver les avantages que le quatrième décret du congrès me met à même de leur procurer.

Dans la supposition que les soldats et les chefs se montrent hors d'état de se rallier encore sous leurs drapeaux, et de se placer là où le stratarque leur ordonnera , vous ne procéderez à aucun paiement, et vous nous rendrez compte immédiatement de cette nouvelle crise. Alors nous n'hésiterons pas à mettre à exécution les mesures que nous avons déjà arrêtées, afin de ne pas laisser peser injustement les conséquences d'une si grande catastrophe sur la nation et sur le gouvernement.

J'adresse copie de la présente instruction au strataiv que, et vous voudrez bien vous mettre immédiatement en rapport avec lui , pour que les ordres qu elle renferme soient exécutés très-promptement et très-exactement^

^S^ K^é^ ^ C^/ia/aia44e f//id€M?t/^,

Argos^ — août 182^.

Nous ne saurions vous faire d'autre réponse à votre rapport du 9 du courant, qu'en vous transmettant ci-

jointe la copie de rinstruction dont nous munissons aujourd'hui le membre du commissariat pour la guerre.

Nous vous engageons à vous conformer à toutes les dispositions quelle renferme, et a nous faire parvenir, conjointement avec M. Métaxas et le plus tôt possible, des informations satisfaisantes. Nous aimons a lespérer, attendu que, nous vous le répétons, un scandale de plus achèvera le triomphe des ennemis de la patrie, et surtout de ceux qui sont payés peut-être pour perdre la Grèce continentale et 1 armée.

22 août ^„^^

Poros, r— 1829.

3 septembre

La lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'ëcrire en date du 28 juillet, m'est arrivée en même temps que le Galignani^s Messenger du 10, du 11 et du 12 août. L'ordonnance du 10 qui crée le nouveau ministère n'aifaiblit nullement ma conviction, quant aux résultats que devront avoir immanquablement les bienfaits dont le roi, votre auguste souverain, et la France ont comblé ce pays. Ce qu*on a commencé à faire ne peut pas être détruit et doit être achevé. La force des. choses l'emporte toujours sur certaines opinions, et celles que vous avez eu à combattre, Monsieur le maréchal^ sont à cette heure complètement anéanties par le fait.

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