DE P(U\OS^ SEPTEMBRE
L^armëe russe était le 10 à Andrinople; et le sultan, dit-on, a envoyé des plénipotentiaires à Rodosto pour demander la paix. Nous sommes ici dans Fattente de nouvelles ultérieures.
Il serait déplorable que dans cet état de choses on hésitât encore à nous donner les moyens de nous placer sur notre ligne de frontières , et de nous organiser en conséquence. Quant à moi, ainsi que j*ai eu Thonneur de vous récrire par ma lettre du 2 (14), j'ai déjà envoyé à M. Eynard les pleins pouvoirs nécessaires , et je lui réitère aujourd'hui les recommandations les plus pressantes de se rendre à Paris, et de travailler à la concli^sion de l'emprunt. Les instructions dopt il est; muxii le mettent à mémo de lever toutes les difiScultés qu'on pourrait opposer, afin de gagner un temps qui serait d'autre part perdu sans i^etour, et pour la Grèce et ppur ses véritables bienfaiteurs.
M. le général Schneider vient de faire une course à Nauplie et à x\rgos, où j'ai eu le plaisir de le voir. Nous nous sommes entretenus du recrutement et de Torgani^ sation de nos troupes régulières. Il a été satisfait du dé^cret du congrès national qui concerne cette branche du service public^ Si une haute politique que je ne comprends pas nous laisse vivre , si elle ne nous refuse pas les moyens, nous mettrons à exécution ce décret, et la» Grèce aura jusqu'au printemps prochain de 7 à 8,000 hommes de troupes régulières, en supposant toutefois qu'on décide définitivement à Constantinople la ques.-
tion des frontières, et que les 5,000 Français actuellement dans la Messenie puissent sortir du Pëloponèse.
Ce plan cependant peut être un rêve , et les hommes faciles à se décourager seraient tente's de le croire , en voyant que les 500,000 francs des subsides arrie're's restent toujours à Navarin , à défaut d'une ordonnance qui n'arrive pas depuis trois mois , et en voyant en même temps plusieurs autres petits incidents auxquels je ne veux pas faire attention.
Ce dont je puis vous assurer, Monsieur le maréchal , c'est que rien ne me découragera , et que je marcherai toujours sur la ligne droite du devoir. Veuillez donc conserver tout entière votre protection à ce pays. Il a fait preuve de bonne volonté' au congrès d'Argos, et vous en serez convaincu en jetant un coup d'oeil sur les décrets, dont je vous ai envoyé' déjà un exemplaire par la voie de Naples. Je vous envoie la présente lettre par le général Schneider, et je la laisse à cachet volant pour abréger les écritures. Je ne vous parle pas des services qu'il nous rend, ni du bien que j'attends du zèle du général Trézel. Ce serait vous dire ce que vous savez déjà. Monsieur le maréchal, ces officiers vous étant connus et jouissant de votre estime.
282 DE POAOS. SEPTEMBRE 1829.
^ 22 août
Poro», r— 1829.
3 septembre
Je réponds à l'instant à vos lettres du 20 et du 27 juillet. J'espère qu'au moment où vous recevrez ces lignes, vous aurez déjà sous les yeux ma lettre , ainsi que les pleins pouvoirs qu'elle accompagne. Je suis infiniment peiné que la santé de M"' Eynard ait mis obstacle à votre départ pour Paris, et je la remercie au nom de ce malheureux pays de ce qu'elle vous permet de faire le voyage tout seul. Il est d'une immense importance que vous arriviez une heure plus tôt sur les lieux où va se décider la plus grande de nos afFaires. Les lettres que M. le maréchal Maison m'écrit, en date du 28 juillet, me prouvent incontestablement que la question de la garantie est résolue en principe, et qu'il ne s'agit plus que d'en régler les formes. Il me presse par conséquent de vous envoyer des pleins pouvoirs, et ensuite de vous envoyer des commissaires. Je lui réponds que les pleins pouvoirs pour vous sont partis, et que les commissaires partiront bientôt.
Le changement de ministère ne doit pas vous arrêter un instant. Si les deux cabinets ont arrêté, du consentement delà Grande-Bretagne, de donner la garantie, les nouveaux ministres ne peuvent qu'y souscrire.
Le plan que vous avez conununiqué à M. le comte
Roy peut être utile, s'il ne retarde pas d'une seconde la conclusion du nouvel emprunt; mais dans le cas contraire, et si Ton pouvait saisir ce pre'texte pour . ajourner l'emprunt avec la garantie des deux Puissances, nous éprouverions une crise qui serait plus forte que nous; je sais ce que je vous dis.
J'ai sollicite la garantie des Puissances pour un nouvel emprunt, dans la vue de rendre cette opération complètement indépendante des anciennes dettes. Une fois le nouvel emprunt conti'acte' sous la sauvegarde du cre'dit des Puissances alliées, le gouvernement grec pourra traiter sur une base équitable avec les porteurs de bons des emprunts des années 1824 et 1825 , pour en venir à un accommodement fondé en justice, et de nature à ce que la Grèce puisse en remplir les conditions. Allez donc à Paris, et le plus tôt que vous pourrez, si vous n'y êtes déjà. N'oubliez pas que, sans le secours en espèces que je demande par ma lettre du 12 (24), il est impossible de maintenir ce pays dans une situation qui lui permette de ne pas désespérer de son avenir.
Le subside que nous devons à la munificence de Charles X suffit à peine à l'entretien et à l'organisation du corps régulier, à la construction de casernes et d'hôpitaux, et à la réparation des forteresses. La marine et les troupes irrégulières absorbent les revenus de l'année en peu de mois. Il faut cependant faire face à toutes ces dépenses; et c est pour cela que je vous demande la prompte conclusion d'un emprunt, et un à-compte, le
28 i d'ÉGINE. SEPTEMBRE 1829.
le plus tôt que faire se poun*a^ de 1,000,000 et demi o» de 2,000,000.
^, . 27 août ^^^^
Lgine, =— 1829.
° 8 septembre
M. Graillard m'a apporté vos rapports en date du 15^^ au moment où le lieutenant plénipotentiaire et le membre du commissariat venaient d'Eleusis.
J'ai reçu aussi hier votre rapport en date du 21 . L'ensemble de ces informations me fait espérer que vous aurez pu, d'une part rallier l'armée, de l'autre vous mettre en mesures de tenir en e'chec l'ennemi, jusqu'à ce que nous puissions, s'il effectue une invasion, lui couper la retraite, et s'il ne l'effectue pas, le repousser hors de la ligne.
Le lieutenant plénipotentiaire part aujourd hui pour Lépante, et je vous engage à vous mettre directement en relation avec lui , pour prévenir de nouveaux désastres. Il vous secondera de tous ses efforts^ mais nous ne pouvons pas nous faire illusion sur les difficultés qui ont entravé jusqu'ici les mouvements des troupes. C'est à lever ces difficultés que nous avons employé les longues semaines qui viennent de s'écouler.
Les nouvelles que nous recevons de Constantinople sont du 17 (29) août. Les Russes marchaient sur la ca-
A M. RAIKO. 285
pîuk) el des plénipotentiaires allaient s assembler à Rodosto. Dans cet état de choses il serait très-déplorable que les habitants de la Livadie eussent a subir les conséquences d'une invasion. Que les soldats remplissent leur devoir; le moment est décisif.
De son coté le gouvernement a déjà préparé les fonds pour le paiement exact des arrérages, et le commissariat n attend pour y procéder que lensemble des comptes détaillés qu il a demandés aux différents corps, sur le dernier paiement qui vient d'être fait.
-«, . 30 août
^^^^^y Tz e— 1829.
12 septembre
J*ai tarde' à répondre à vos deux rapports sous les numéros 16 et 17.
J'aime à espérer que M. Koring survivra à sa maladie. Quoique d'après ce qu'il voii$ a dit il croie que ses comptes sont en règle , il n'est pas moins vrai que ces mêmes comptes n'ont pas été jusqu'ici présentés, et que 4,000 et quelques écus ont disparu de sa caisse, sans qu'on ait pu jusqu'ici en découvrir le voleur.
Je regrette infiniment qu'il y ait eu des malentendus, lors de l'arrivée à Patras du capitaine G:iézis. Il se peut qu'à cause de sa maladie il ait mal compris
286 d'ÉGINE. SEPTEMBRE 1829.
VOS soins et vos prévenances. Le fait est que le capitaine Crie'zis est un des marins les plus distingues, et que sa présence dans les parages de la Grèce occidentale est d'une importance majeure dans les circonstances actuelles.
J'entre dans ces détails pour vous engager à avoir des égards pour cet officier supérieur , si une seconde fois il arrivait à Patras.
Je donnerai des ordres pour que les bâtiments de guerre soient les premiers à se conformer aux règlements sanitaires.
Je partage complètement votre opinion sur la nécessité de relever aux yeux du public le respect qu'on doit aux troupes régulières. Je vous engage par conséquent à m'indiquer d'une manière positive quelles sont les mesures que le gouvernement devrait prendre, pour (jue les citoyens soient à leur tour punis du manque d'égards qu'ils auraient pour les troupes.
Croyant que dans cette position et dans le moment actuel, il n'est pas sans importance que vous soyez exactement informé des événements qui doivent enfin décider du sort de la Grèce, je vous transmets succinctement les nouvelles que nous venons de recevoir de Constantinople. Elles sont du 23 août (4 septembre), et un bâtiment de guerre anglais en a été le porteur. Elles annoncent d'une manière positive que les Russes, échelonnés depuis Enos sur la mer Egée jusqu'à Rodosto sur la mer de Marmara et Sézépoli sur les