‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 45 sur 65 · A L^AMIRAL DE RIGNY · texte numérisé non relu

A L^AMIRAL DE RIGNY

En ce qui concerne les autres , savoir les mesures que vous proposez pour régulariser le service des douanes, ils sont immédiatement envoyés à la commission des finances, et nous rinvitons à recueillir les observations que vous lui donnerez et à nous communiquer aussi son opinion, attendu qu'il est de notre intention de donner suite sans aucun délai aux mesures que vous proposez.

Nous vous engageons aussi à achever votre travail, et à donner en même temps la liste des employés qui seraient chargés provisoirement des doubles fonctions de liménarque et de dasmotélonis (percepteur de la douane). Vous pouvez aussi vous concerter sur la composition de cette liste avec la commission des finances, pour la partie qui la concerne.

Ces travaux terminés , vous pourrez vous occuper de vos aflfaires personnelles pendant deux mois, à l'expiration desquels nous désirons que vous continuiez votre inspection , ou bien que vous acceptiez d'autres devoirs. Le service public y gagnera d'une manière ou de l'autre.

• . 25 septerabre

Egine, „ . 1829.

° 7 octobre

Je m'empresse de répondre à la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire en date d'hier. Les mesures que M. l'amiral Heyden a jugé conve-

320 d'ÉGINE. OCTOBRE 1829.

nable d'adopter en faveur du commerce , par une suite de la conclusion de la paix, ne me semblent nullement applicables à celles que le gouvernement grec est trèsimpatient de prendre, du moment où il plaira aux Puissances alliées de lui faire connaître sa situation. Jusquelà il pourra bien dès aujourd'hui ne mettre aucun obstacle à ce que les pavillons neutres fréquentent les ports et les côtes bloques, mais il lui serait difficile de publier un acte qui annoncerait à la nation Grecque et au commerce européen la levée des blocuSi

La réponse que le secrétaire d'état adresse à M. le baron de Rouen prouvera, j'espère, à M. l'amiral de Rosamel que l'incident dont il se plaint n'a dépendu nullement ni des intentions ni des ordres du gouvernement.

kS^ k^v', ^ 'u:?'neffa^ef^ Ô^^tata, a Z^e nette,

' , 26 septembre

Effine, ï— r 1829.

° 8 octobre

C'est avec infiniment de peine que j'apprends le double motif qui vous retient à Genève. J'aime à espérer que la santé de M"* Eynard, qui est le premier, est à cette heure parfaitement rétablie , et que par conséquent cet obstacle est levé. Quant au second, j'ose me flatter également que la force des choses l'aura aplani.

Le paix a été signée à Andrinople le 2 (M) septembre.

La Porte a accepté le traite' du 6 juillet et le protocole du 22 mars. On négociera , dit-on , après l'échange des ratifications, tous les arrangements qui doivent être une conséquence de Tacceptation tant du traité que du protocole.

Quel que soit le résultat de ces négociations, il faut de toute nécessité que dans ces entrefaites le gouvernement puisse maintenir un peu d'ordre dans le pays, à Tefifet de contribuer, autant qu'il pourra dépendre de lui , à Taccomplissement des vues pacifiques et bienfaisantes des cours alliées. C'est vous dire en d'autres termes que ce gouvernement doit être immanquablement secouru dans le courant de l'automne, d'une somme d'au moins 1,000,000 et demi de francs. Je vous répète ici ce que je vous ai dit dans mes lettres en date du 12 ^24) août. Le déficit de notre caisse est d'autant plus funeste, qu'il provient en partie du non-paiement des 500,000 francs, qu'à titre de subside arriéré S. M. T. C. dans sa munificence a daigné nous faire envoyer depuis quatre mois. M. le baron de Rouen en a été le porteur; mais faute de je ne sais quelle ordonnance, il ne peut nous les faire délivrer.

En cet état de choses, il était de mon devoir de frapper à toutes les portes, et ce devoir je ne cesse de le remplir, au risque de passer pour importun. Dans la conviction que l'emprunt devait être conclu depuis le mois d'août, je comptais, ainsi que je vous l'ai écrit, sur une anticipation. \ celte heure je ne compte plus que

322 d'égine. — OCTOBRE 1829,

sur la Providence. Je vous donne ces informations , afin que vous ne négligiez aucun moyen de venir à notre secours.

D'après ce que vous me mandez par vos lettres du 8 et du 11 août, le ministère français a besoin de l'autorisation des chambres pour donner sa garantie. S'il en est ainsi, il n'est guère à espe'rer que l'emprunt puisse se faire avant le mois de février ou de mars. Or si jusque-là on lie nous donne pas de quoi payer les mai^ins , les soldats et les employés, si Ton ne nous donne pas de quoi faire ensemencer les terres en friche que les Turcs nous lèguent et pour lesquelles nous devons les indemniser, le peu de bien qui s'est fait disparaîtra, et ce ne sera que par des sacrifices plus grands qu'on pourra sauver ce malheureux pays d'une perte inévitable.

Vous me parlez aussi des opérations relatives à l'ancienne dette ; vous n'ignorez pas que je partage tout en* tière votre opinion , mais ce que je viens de vous dire vous prouve qu'il n'est pas en mon pouvoir de partager pour le moment vos travaux.

J'en viens aux renseignements que vous me demandez, quant aux garanties que devrait offrir le pays pour rendre plus facile la négociation de l'emprunt. A qui doit-on offrir ces garanties? Ce n'est pas aux prêteurs, puisqu'ils en trouvent une dans la garantie des Puissances et dans les fonds d'amortissement qu'on créera par l'emprunt même; et si c'est aux Puissances garantes, ce ne seront pas les renseignemenls que nous leur donne-

roiis en ce moment qui pourront les satisfaire. Lorsque nous saurons quel est le territoire dont la Grèce se compose, quelles sont les indemnités qu'elle aura à payer aux Turcs, quels sont les arrangements qu'elle peut faire avec ses créanciers à Te'trangpr, quelles sont enfin les ressources pécuniaires que la garantie européenne lui procure , alors le gouvernement grec pourra à son tour donner à ces mêmes Puissances les renseignements qui leur prouvent qu elles ont fait des placements très-avantageux.

Les revenus de la Grèce ont presque doublé depuis mon arrivée* Ils ont donné Tannée dernièi*e environ 3,000,000 de francs» Ils nous promettent cette année environ 5,000,000, si le raisin de Corinthe ne tombe pas; mais c'est une goutte d'eau dans TOcéan. Tout est à faire dans ce pays dévasté, et rien ne se fera d'une manière utile qu'au moyen d'avances considérables. Si j'avais eu cette année de quoi acheter quelques centaines de paires de boeufs, si j'avais pu prêter aux communautés quelques millions de piastres, des champs seraient labourés, des villages seraient rétablis, des écoles organisées, etc. Faute de ces avances tout languit, et tout se fait péniblement et sans résultats marquants, ni au matériel ni au moral.

La France depuis le mois d'avril nous donne 100,000 francs par mois pour l'organisation et l'entretien du corps régulier. Mais cette somme ne peut pas suffire. Les troupes régulières exigent des casernes et des hôpitaux.

324 DE l'hÉLÈNE. OCTOBRE 1829.

Il a fallu et il faut les construire et les monter. Nous avons 12 à 14,000 mangeurs de pain qui portent les armes en Roumëlie. Il faut aussi les payer sous peine de reVolte. Nous avons enfin une vingtaine de bâtiments de guerre qu'il faut aussi payer. Une administration de tribunaux, à laquelle il faut aussi donner un traitement. Comment sufBre à tout ceci, et aux milliers de familles qui meurent de faim et de misère en Roumëlie P

Je vous donne ces détails, pour que vous en fassiez bon usage, le cas échéant. Je n'ai pas encore nomme' les députes, et je crois que c'est à vous a commencer la négociation. Ils viendront après et suivront vos directions. Pour le cas oii vous ne pourriez pas faire un long se'jour à Paris, je consens à ce que vous vous fassiez remplacer par M. Lutteroth père , et je vous enverrai par la première occasion une lettre d'office à cet effet.

kS^ K^/^n^./Mû. ^d u:^{im^z^)ja<i€d ear^iac^cuhatifd

A bord de rHélèue, — ocrobre 1829.

Désirant prendre sans retard les mesures que le congrès national a adoptées par son onzième décret, nous avons institue la secre'tairerie pour l'instruction publique et pour les affaires ecclésiastiques.

Pour que ce ministère puisse répondre par son travail

aux vues énoncées dans le décret du congrès mentionné ci-dessus, il a besoin, Messieurs, de la coopération la plus zélée, la plus active et la plus soutenue, tant de votre part que de celle de vos collègues.

Vous commencerez à la lui prêter, en adressant au gouvernement les informations les plus précises et les plus authentiques sur les questions indiquées ci-après :

1**. Dans le département ou dans les provinces qui sont confiées à votre administration , y a-t-il des écoles en activité, ou n'y en a-t-il pasi^

Dans le premier cas vous nous direz quel en est le nombre, quelle en est la nature, combien il y a d'élèves, quels en sont les maîtres, et quelles sont enfin les ressources au moyen desquelles ces écoles sont entretenues. Vous nous adresserez à cet effet un tableau, dans lequel vous aurez soin de marquer non-seulemeni le nombre, mais aussi le nom des élèves, et vous nous procurerez en même temps les renseignements les plus, positifs sur la capacité et sur la moralité des maîtres.

Dans le cas oîi il n'existe pas d'école dans votre département, vous nous direz quels sont les moyens que peuvent ofifrir les dispositions des citoyens pour concourir à la fondation de ces établissements, et quelles sont les facilités que le pays pourrait offrir sous le rapport du matériel.

Depuis que vous gérez les fonctions qui vous sont confiées, vous nous avez souvent entretenus par vos rapports de cette partie essentielle du service public.

3r6 DiE l'hÉLÈNE. OCTOBRE 1829.

Nqus désirons maintenant que vous nous transmettiez le résume' de tous ces rapports, en marquant dans ce même extrait leur date et leur numéro.

2*^^ Vous ferez de même pour tous les projets et les communications que vous nous avez adressés relativement aux couvents, dont les revenus pourraient subvenir en partie aux frais de Tinstruction publique. Quoique nous ayons recueilli k cet égard beaucoup d'informations, nous désirons maintenant les comparer avec celles que vous pouvez nous avoir transn^ises, ou que vous serez dans le cas de nous transmettre. Vous aurez soin ^ marquer également dans les extraits que vous ferez de vos rapports le numéro e^ la date.

3**. Il se peut que dans vos rapports précédents vous, n'ayez pas fait mention des églises ou des établissements, qui seraient depuis Tannée 1821 le résultat de la charité chrétienne, tant des, nationaux que des coreligionnaires^ étrangers. Vous nous direz par conséquent, si dans le département ou la province que vous administi-ez , il existe de ces églises ou de ces établissements, ou s'il n'en, existe pas. Dans le premier cas vous vous procurerez toutes les données, pour nous faire connaître quels sont \e$ fonds qui ont été jusqu'ici recueillis, quel en a été^ l'emploi ainsi qu^ l'administration.

Nous attachons un grand prix à recevoir, dans le plus, court délai possible, les travaux que nous vous demandons. Nous ne doutons pas du zèle et de l'activité avec lesquels vous remplirez cette tâche.

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