AU PRINCE DE POLIGNAC
fei^ssement et au développement de nos nouvelles institutions militaires.
M. le baron de Rouen n'aura pas non plus laissé ignorer à Votre Excellence les observations que je lui ai communiquées relativement aux questions qui concernent les subsides arriéres, le subside de 100,000 fi'ancs, et l'emprunt. Que Votre Excellence me permette de solliciter ses bons offices auprès de S. M. le roi , pour que ces questions soient décidées d'une manière favorable à la Grèce.
Si les membres de la commission scientifique prolongent leur séjour en Grèce, ainsi que Votre Excellence nous le fait espérer, le gouvernement ne négligera rien pour leur procurer les moyens de continuer leurs savantes recherches. C'est ainsi qu'il ne cessera d'agir à l'égard des ingénieurs géographes, dont la tache aussi difficile qu'importante ne pourra être accomplie qu'à l'aide du temps et de longs travaux.
La Grèce sait trop combien la civilisation éclairée des peuples de l'Europe doit contribuer a sa restauration, pour ne pas apprécier tout ce dont elle est déjà redevable à la France, qui, lui ayant voué un noble intérêt, aimera à lui prêter encore le secours de ses talents et de ses lumières.
La bienveillance généreuse dont le roi s'est plu à donner aux Hellènes des témoignages si nombreux, nous fait espérer que, conjointement avec ses augustes alliés, S. M. prononcera sur le sort de cette malheureuse
408 DE NAUPI<li;« NOVEMBRE 1829.
nation , de manière à ce qu'elle puisse ofirir à ses bienfaiteurs des preuves de sa juste et éternelle reconnaissance.
En mon particulier, il me serait difficile d*exprimer à Votre Excellence cojnbien je suis flatte des bontés dont le roi daigne m'honorer. Votre Excellence peut rassurer que je serai heureux , si en accomplissant les devoirs sacrés que m'impose la confiance de mes concitoyens, je puis continuer à mçriter sp^ auguste suffi*age.
Nauplie> — norembre 1829.
Au montent où j.' allais rençierçier Votre Excellence de s^ lettre du 18, je reçois celle du 19, qui m'apporte la nouvelle du désastre de Navarin.* Si quelque chose pouvait ajouter aux difficultés, pénibles, au milieu desquelles nous place le départ de vos troupes du Péloponèse , la destruction d'une de ses^ places les plus importantes aggrave encoire davantage ces nçiêmes difficultés. Le gouvernement grec n'a dans ce montent aucun des moyens nécessaires pour remettre cette place en état.
Si des circonstances dont le général Trézel rendra compte à Votre Excellence ne me retenaient ici, à la
* Explosion d'une poudrière, occasionnée par la foudre.
▲ M. AAMPHOS. 409
réception de votive lettre, je serais parti pour Modon. Je ne renonce pas cependant à ce projet , dans l'espoir de m'entretenir avec vous, Monsieur le gênerai, des mesures que le gouvernement devrait prendre pour établir une garnison à Navarin. Je vous ferai part aussi des démarches que j*oserai faire pour solliciter encore une fois de la bienveillante générosité du roi Fassistance qui nous est nécessaire pour réparer un si grand malheur.
Le gouverneur provisoire a reçu, et reçoit encore, les ordres les plus positifs de faire tout ce qui pourra dépendre de lui , afin de témoigner à Tarmée combien la nation a été pénétrée de douleur en apprenant que tant de braves ont péri, et que tant d'autres soufiQrent encore sur le sol qui leur doit sa délivrance.
Je serai heureux, lorsque je pourrai m' acquitter moimême de ce devoir.
Nauplie^ — noyembre 1829.
Votre lettre du 8 nous a navrés de douleur. La catastrophe de Navarin arrive dans un moment très-décisif, et le départ des troupes françaises nous met presque dans l'impossibilité d'y apporter aucun remède. Néanmoins nous ne nous décourageons pas, et nous ferons tout ce
qui peut dépendre de nous pour arriver sur les lieux avant le départ du général , soit pour délibérer avec lui sur ce que le gouvernement pourra faire provisoirement afin de placer une garnison à Navarin, soit pour songer aux mesures qu'il s'agira de prendre dans Tespoir de mettre en état cette forteresse. J'en écris moi-même au général, et je joins ici ma lettre.
Vous ajouterez des titres à notre gratitude, en ne négligeant aucun soin et en ne vous épargnant aucun effort, pour recouvrer l'artillerie et les objets de guerre ensevelis sous les décombres.
Vous mettrez une sollicitude particulière pour témoigner à l'armée la douleur dont nous pénètre la catastrophe qui a fait périr tant de braves., et qui en laisse dans la souffrance un nombre considérable. Nous croyons même qu'il serait convenable que vous fissiez célébrer en grande pompe par l'archevêque un service fimèbre en commémoration des morts dans cette circonstance funeste.
Nous vous autorisons enfin à procurer tous les adoucissements possibles aux blessés, si les directeurs des hôpitaux avaient recours à votre assistance.
Nauplie^ —- noyembre 1829.
Vous n'ignorez pas, Messieurs, que le congrès d'Ârgos, par son troisième décret en date du 26 juillet, a arrête' que le gouvernement doit:
1"". Etablir, dès l'expiration de Tannée courante, la répartition la plus égale et la plus équitable possible des impôts et des droits de douane.
2*. Faire cesser la triple dîme, sans priver l'état des ressources qu'il en retire.
3"*. Organiser le mode de perception qu'il croira devoir être le moins onéreux pour le trésor et le moins gênant pour les citoyens.
Afin de se mettre en mesures de procéder, de concert avec le sénat, à la confection d'un nouveau règlement basé sur les principes énoncés ci-dessus et conforme aux vœux de la nation, le gouvernement devrait avoir sous les yeux un relevé statistique exact de Tétat actuel des propriétés, tant nationales que particulières. Un semblable travail exige du temps, et il est impossible de l'entreprendre avec Tespoir de Tacliever avant le mois de mars, époque à laquelle le nouveau système financier devra être mis à exécution.
Désirant néanmoins remplir les intentions du congrès
national pour cette même époque, ne fût-ce que par un règlement provisoire, il nous est indispensable de recueillir les notions que nous tous demandons, et que TOUS vous empresserez de nous fournir, en ne vous écartant pas des directions suivantes :
Vous TOUS empresserez de nommer une commission de douze citoyens , les plus respectables de chacune des proTinces qui sont sous Totre direction , quatre appartenant à la Tille, quatre aux faubourgs, et quatre à la campagne.
Cette commission deTra, dans le courant du mois de décembre, tous présenter un traTail qui donne les notions ci-après :
l"". L'état nominatif de tous les propriétaires de chaque Tillage, faubourg, Tille de la province.
2"*. A côté de chaque nom , il sera ajouté la quantité et la qualité du rcTcnu annuel de sa propriété particulière , la situation et le nom de la dite propriété.
3*. Si le même propriétaire cuIUtc ou fait cultiTer des domaines nationaux , on ajoutera de même la situation , rétendue du domaine , ainsi que ses rcTcnus.
4"". Ceux des citoyens qui cultiTcnt ou font cultiTer des domaines nationaux sans aToir des propriétés particulières, seront également inscrits dans Tétat nominatif, et à côté de leur nom seront marqués également la situation et rétendue du domaine, ainsi que ses re- Tenus.
La commission , en fixant approximativement les re-
venus 9 s*en tiendra à un terme moyen d*après les revenus des deux dernières années.
Il est entendu que chaque membre de la commission a la pleine faculté d^avoir recours à la coopération et aux lumières de tous les citoyens qui auront des titres à sa confiance.
Pour faciliter à la commission son travail , nous joignons ici un tableau partage en huit colonnes; elle n'aura qu*à marquer son observation sur chacune de ces divisions.
Le gouvernement n'est pas dans l'intention que la commission voue son temps et ses travaux sans obtenir une juste indemnité. Elle en trouvera sans doute une dans le service qu'elle rend à la provmce, en contribuant ainsi à la réforme qu'il s'agit de faire, et qui est tant désirée. Le gouvernement aura en vue le nom des citoyens qui composent la commission, pour les em^ ployer activement dans l'administration intérieure. Enfin, au moment de mettre en exécution le nouveau système, si les ressources de l'état le permettent, le gouvernement ne se refusera pas la satisfaction d'offrir à chaque membre de la commission une gratification pécuniaire.
414 DE NAUPLIB. -^ DÉGBMBRI 1829.
Nauplie^ -7-T-; ; 1S29.
4 décembre
Nous avons pris en mure considération le projet de décret que vous nous avez transmis par yotre message du 16 courant, sous le numéro 6.
Tout en partageant complètement Topinion du sénat sur les avantages qui résulteraient pour les provinces d*une nouvelle organisation, par laquelle chacune d'elles aurait un gouverneur et un conseil municipal, nous ne croyons pas cependant qu'il soit possible d'étendre dès aujourd'hui indistinctement cette mesure sur toutes les provinces de l'état, et moins encore qu'il convienne d'en faire une loi générale.
La circonscription territoriale de l'état, ainsi que la nomination des commissaires extraordinaires, ont eu pour but de sortir les provinces de l'état d'anarchie oii elles se trouvaient, et de procurer au gouvernement des notions positives, au moyen desquelles il put procéder graduellement à l'organisation d'une administration régulière et permanente. Si vous jetez les yeux sur les instructions générales, en date du 16 avril 1828, dont furent munis les commissaires extraordinaires, vous serez convaincus de cette vérité.
Vous n'ignorez pas , Messieurs , que la Grèce continentale sort à peine du désordre qui est une suite iné-
YÎtable de la guerre, et qu'elle se trouve par conséquent dans la position où était le Péloponèse, lors de l'institution des commissaires extraordinaires.
Vous n'ignorez pas non plus que dans la péninsule même, malgré tous nos efforts, le pays de Maïna n'éprouve pas encore tous les bienfaits que devrait lui assurer une administration, forte uniquement du pouvoir tutélaire des lois.
D'autre part le département des Sporades orientales est aussi dans une situation que des considérations d'un ordre supérieur recommandent plus particulièrement aux soins et à la vigilance du gouvernement.
Enfin la promulgation d'un décret qui désignerait spécialement les places que le gouvernement ferait occuper, dans des provinces qui ne sont pas encore sous sa juridiction, produirait en Grèce et hors de la Grèce une impression qui dans ce moment serait peut-être peu favorable à ses plus grands intérêts.
Tels sont les moti& qui nous ont portés à modifier le décret que vous nous avez communiqué, dans celui que nous joignons ici, et sur lequel nous vous invitons à nous faire connaître votre opinion.
^ ,. 25 ooyembre .__^
Nauplie, -— -t-7 7 — t8î9.
5 décembre
Une année ne s'est pas encore ëcoulëe , depuis que le roi votre auguste souverain a daigné vous confier la tâche de compléter Toeuvre si heureusement commencée par Tarmée de Texpédition, et dans ce court espace de temps que d'avantages vous avez su procurer à ce pays !
Les travaux entrepris dans les places de la Messénie ont été perfectionnés ou achevés. Vos soldats mal abrités, entourés de privations et exposés aux dangers d'un climat que les dévastations des musulmans avaient rendu insalubre, ont rivalisé d'ardeur pour restaurer les forteresses qu'ils occupaient. Partout l'artillerie a été montée, les magasins approvisionnés de munitions de toute espèce. À. Modon les fortifications anciennes ont été réparées, et l'on a vu s'élever de nouveaux remparts. A Navarin la citadelle avait été mise dans un état complet de défense. L'argent, les peines y avaient été prodigués, et la Grèce devait aussi au corps du génie un monument digne de la gloire qu'il s'est acquise dans l'Europe entière.
Mais la catastrophe du 19 est venue plonger la Grèce dans le deuil, et détruire en quelques instants le fruit de. tant d'efforts et de sacrifices. Les troupes que vous commandez auraient pu seules réparer les suites de ce'
AU CHEVALIER ETNARD. 417
desastre. Cependant les ordres de votre auguste souverain les rappellent. Sous peu de jours vous ne serez plus au milieu des Hellènes, qui vénéreront votre nom aussi longtemps que seront honores dans le monde le courage et la loyauté'. Tous les braves qui avec vous ont conquis a la péninsule le repos et Tindépendance , auront bientôt quitte' ces parages. Vous ne devez pas douter du profond regret que le gouvernement e'prouve , de ne pouvoir pas leur donner dès aujourd'hui le témoignage de la reconnaissance nationale y que le congrès d'Argos Ta autorise à oflfrir aux ge'ne'reux de'fenseurs de la Grèce. Que Votre Excellence veuille assurer les soldats et les officiers qui Tentourent que la volonté' de Tassemble'e ne tardera pas à être remplie. Les vœux et les bénédictions d'un peuple reconnaissant les suivent dans leur patrie , dans cette noble France y qui n'a cesse' de re'pandre ses bienfaits sur les Hellènes.
8 décembre
Le gouvernement ne peut plus tarder à donner exécution au huitième de'cret du congrès d'Argos, en ce qui concerne l'institution de Tordre du Sauveur, et l'office des insignes par lesquels la nation de'sire donner une faible marque de reconnaissance aux amiraux des souve-
rains alliés, au général en chef de Texpédition fi-ançaise, aux militaires et aux employés qui lui seront indiqués par CCS oflSciers supérieurs, ainsi qu'aux généreux philhellènes qui ont contribué à sa défense et à sa restauration.
Je viens par conséquent d'adresser à M. lé maréchal Maison^ et à MM. les amiraux Codrington, de Rigny et Heyden, la circulaire dont vous trouverez ci- jointe une copie,* avec un exemplaire du huitième décret, un dessin de la décoration de Tordre du Sauveur, et une note explicative au moyen de laquelle il sera facile de faire exécuter à Paris les plaques, les croix et les rubans. Vous accepterez sans doute avec plaisir les insignes de la seconde classe que je suis heureux de vous ofi&'ir, au nom et de la part de la nation à laquelle vous avez rendu et vous rendrez encore les plus éminents services.
Celui que je vous demande, en vous transmettant les documents mentionnés ci-dessus , est également très-important. Les articles 4, 5 et 6 du huitième décret ne peuvent être exécutés selon les intentions du congrès que par votre coopération. Pour que le gouvernement puisse les remplir, il doit connaître les personnes qui dans les différents pays ont dirigé ou présidé des associations qui ont eu pour but de secourir la Grèce. Vos relations vous mettent en état de nous en donner une liste complète ; nous pourrons alors, en nous adressant à ces bienfaiteurs, et en leur offrant la décoration de l'ordre du
* Voyez ci-dessus, page 287.
Sauveur, leur demander les noms de ceux qui daus leurs socie'te's respectables ont le plus contribue au succès de leur noble entreprise.
Dès que M. le maréchal Maison aura consenti à accepter et à porter les insignes de Tordre du Sauveur, vous voudrez bien, quoique le brevet n'en soit pas expédie, lui oflfrir ceux de la première classe, et le prier de vous indiquer les personnes qui, outre MM. les géne'raux Durrieu et Higonet, peuvent mériter cette marque de reconnaissance de la Grèce.
Je n'ai rien à ajouter, relativement aux grands intérêts qui vous sont confiés, à ce que je vous ai dit dans ma dernière expédition du 8 (20) décembre, et dont je vous joins ici le duplicata.
28 Doyembre
Nauplie, - — -T-, ;— 1829.
^ 10 décembre
Mon cher Eynard, Vous recevez aujourd'hui le duplicata de ma dernière expédition, ainsi que la copie de la circulaire que j'adresse à Messieurs les amiraux et au maréchal Maison.
Le Ciel a réprouvé le départ de la brigade française des places de la Messénie. La foudre a fait sauter les poudrières de Navarin, et avec elles les forts que les ingénieurs de l'expédition avaient mis dans le plus bel état
420 DE TCAUPLIE. DÉCEMBRE 1829*
de défense. Cette place est désormais ouverte, et elle est la cle' du Peloponèse. Que fera-t-on maintenant P Le général Schneider a été spontanément au-devant des vœux que je lui ai exprimés. Il a démontré au ministère de la guerre que la Grèce n'était nullement en état de rétablir cette forteresse. Il lui a de plus marqué la dépense et envoyé le plan des travaux. Mais ce n'est pas tout. Il ne suffit pas d'un ingénieur et de l'argent ; il faut encore des ouvriers disciplinés et capables, et nous n'en avons pas. Le roi mettrait donc le comble à ses bienfaits, s'il daignait laisser encore pour quelques mois ou du moins jusqu'à la belle saison le peu de troupes qui restent encore en Grèce , et qui devaient former le dernier convoi. Je crois qu'elles s'élèvent tout au plus à 1,500 hommes.
' 'J'écris aujourd'hui au général Maison. Voyez ce noblé et généreux ami de la Grèce , et tachez de faire , Isélôn les directions qu'il se plaira à vous donner, tout tef ijui est possible pour que le désastre de Navarin ne fi'hpi^e pas de nullité les sacrifices que la France a faits poùt* restaurer les places du Peloponèse.
Nous sommes ici S£àis nouvelles sur notre avenifc*. Les intrigants du dehors, et leur nombre augmente tous les jours, répandent toutes sortes de bruits, qui jusqu'à présent n'ont eu aucun succès. Le peuple est tranquille, il place sa confiance dans le gouvernement. Il , s^ccupe. de ses misères, et s'efiForce d'en sortir. Je x^e réponds cependant pas des suites fâcheuses .que peut
AU GUEYALIER EYNARD. i2i
avoir cette crise, si elle se prolonge, et si Ton continue à Taggraver par des émissaires qui empruntent souvent un caractère moins équivoque. Ce peu de mots vous donnent la mesure de T impatience avec laquelle j'attends vos lettres; je n'en ai pas reçu depuis celle du 26 octobre. Vous trouvez ci-joînte la lettre que vous adresse le«sénat. Elle vous porte l'expression bien sincère des senti^ ments qu'inspirent vos nobles et généreux efforts en faveur de la Grèce.
P. S. On prétend savoir ici que le prince destiné au gouvernement de ce pays est choisi. S'il en est ainsi, et que vous ayez accès auprès de lui , engagez-le à nous secourir et à suivre votre exemple. Pour récolter il faut semer. Adieu , mon cher Eynard, je baise les mains à Madame votre épouse. Je la conjure de nous aider. Tâchons, ainsi que je vous l'aï dit par ma dernière lettre, de finir ensemble; et allons après nous reposer très-paisiblement aux bords du lac de Genève. J'occur perai dans mes vieux jours le petit pavillon FleuridPeau^* bien entendu à moins que la bise ne m'en chasse^^ Je vous serre la main et je suis tout à vous.
^ Vaille maison siuiéc à Beaulieu^ au^boril du lac de Genève, et que M. Eynard avail fait construire dans Vintenlion de la donner au éont te Gapodislrias. x' .|. | «
422 DK NAUPLIB. OÉCKUBRB 1829.
29 norembre
Naupiie, TT— r: r — 1829.
11 décembre
Démëtrius Metalias, Psariote, est retenu au fort de Palma-Nuova depuis cinq ans. Sa famille n*a cesse et ne cesse de re'clamer rintervention du gouvernement pour obtenir sa délivrance. Depuis Tannée 1B27 la commission administrative de la Grèce a fait des démarches en faveur de cet infortune'. Votre Excellence en aura la preuve dans le résumé ci-joint.
Je réitère aujourd'hui^ Monsieur. Tamiral, auprès de vous ces démarches, dans Tespoir qu'elles auront plus de succès. Il n'existe plus de piraterie, et les mesures prises par le gouvernement grec garantissent désormais . la navigation européenne des dangers, qui dans le passé n'étaient qu'une conséquence de l'anarchie. C'est d'après cette considération que beaucoup d'individus emprisonnés à Malte et à Toulon , comme le malheureux Démétrius Métalias, ont été mis en liberté, et rendus à leur patrie et à leurs familles.
J'ose par conséquent espérer que par les bons offices de Votre Excellence cette même grâce sera accordée au pétitionnaire. L'accueil bienveillant qu'elle voudra faire à ma demande, et l'intérêt dont elle voudra honorer une famille malheureuse, ajouteront de nouveaux titres à ma reconnaissance.
AU MEMBRE DU COMMISSARIAT POUR l/ ARMÉE. 423
m aueUe aanJ ^ ^^ece at^een/eue.
Salamine. -r dëcembre 1629.
M. de Ribeaupierre, ministre de Russie, qui se rend à Constantinople pour terminer, conjointement avec les ambassadeurs de France et d'Angleterre, les affaires de la Grèce, est arrive' à Poros et m*engage à m'y rendre. Je dois donc partir demain; mais je ne renonce pas pour cela à me considérer comme étant ici , pour achever l'affaire, importante du paiement, et la reorganisation de l'armée de la Grèce orientale.
J'ai vu moi-même les soldats et leur dénuement. J'ai entendu leurs plaintes, et il ne m'a pas été difficile de démêler dans ces mêmes plaintes celles qui étaient l'expression sincère du soldat, de celles qui lui ont été suggérées. Je connais l'esprit qui a dicté ces dernières, et c'est parce que je le connais que je vais vous tracer la présente instruction, et que je vous engage à la porter à la connaissance des différents chefs, de ce corps d'armée.
U y a des factieux qui poussent le soldat à la révolte.. Si le gouvernement n'a pas une garantie que cette poignée de misérables est mise dans l'impossibilité d'accomplir ses desseins^ il ne doit pas les rendre plus forts, eu leur donnant par le paiement complet des arrérages le
424 DE 8ALÂH1NE. DÉGBMBRK 1829.
moyeivde s* accréditer davantage dans l*esprit du soldat, et d*executer leurs coupables projets. Or cette garantie, le gouvernement ne peut la trouver que dans le dévouement sincère des che&, qui doivent dans cette occurrence avoir un intérêt réel à affermir leur réputation et à s'assurer un sort honorable.
Après vous être expliqué avec eux, vous m'en proposerez quatre, lesquels sous votre présidence se chargeront de la mise à exécution de la nouvelle organisation. Cette commission nommée, rien n'arrêtera plus le paiement complet de l'armée, et en même temps l'organisation des nouveaux bataillons.
Je ne doute pas que vous ne remplissiez cet ordre dans la journée de demain. Vous m'enverrez par consc^quent un courrier, et si un ou deux des membres de la commission que vous me proposerez veulent être les porteurs de vos dépêches, je vous autorise à y consentir.
Si dans l'intervalle, pour soulager le soldat de ses misères, il s'agissait de donner à chaque corps une avance sur les arrérages, vous êtes autorisé à m'en proposer le montant, en indiquant la somme que chaque corps devrait recevoir à compte, et je donnerai imm€>^ disrtemebt à M. Lucopoulos les ordres nécessaires. -
Vous n'ignorez pas tout ce que j'ai fkit depuis déuX ans pour sauver* l'armée, et pour la placer graduellement dans' une «situation fiivorable' à 30n avenir. Oe se^ rait ^vec«douleirr que je verrais xlanS le moméiitUctiïel détruire le fruit deloutes mes peines, par les sArgge^tténs
AU MEMBRE DU COMMISSARIAT POUR l' ARMÉE. 425
insensées de quelques misérables. Toutefois je remplirai mes devoirs, afin que les hommes de bien et les innocents ne soient pas confondus avec les coupables. Mes mesures à cet égard sont prises, et vous pouvez en donner l'assurance aux che& auxquels vous lirez la présente. Dites-leur que je serai bientôt de retour, et que je compte recueillir de leur part des preuves de sagesse et de patriotisme.
kS^ %^/fô. -te K^^vée^nme eue ^o^n^n^àai4a^ Aau^
Poros, -- décembre tS29.
Les hommes coupables qui ont poussé Tarmée à «des actes insurrectionnels continuent encore leurs menées» Il faut donc délivrer Tannée de leur présence. Les chefs qui siègent avec vous dans la commission doivent 4ti;e hautement intéressés à cette mesure, parce que c'est !« seule qui puisse les garantir eux-mêmes de la reSpoD8a|bilité qui pèserait sur eux, si les meneurs n'étaie&t pif»is^
Tout ce qui s'est passé jusqu'à présent ^ iWîtida|à l'objet de beaucoup de rapports ^ue les ageoUi^ifengers ont envoyés à leurs cours. M« de Rouen.q^i,6ft;al^ rivé ici, ne m'a pas laissé ignorer qu'alarmé 4e «ce* qif'iMi lui a fait savoir des mouvements insurr.ectionaeU ides soldais,. il a du eiii*endr^ compte à sa couvt \ ki ti-.h
426 DE POROS. DÉCEMBRE t829.
Or si l*on ne punit pas les misérables qui ont excite les soldats contre les chefs et contre le gouyernement, les cours étrangères ne pourront-elles pas croire que les che& de Tarmée sont eux-mêmes les coupables P
Une fois que vous aurez pénétré de ces raisons les cbe6 qui méritent votre confiance^ vous vous concerterez avec eux pour faire arrêter les individus dont vous trouverez ci-joints les noms dans Tordre qui les concerne. Vous les ferez arrêter de nuit. Vous les ferez embarquer immédiatement dans un des bâtiments armés qui sont à votre disposition^ et vous les enverrez sous bonne escorte à Nauplie, en les accompagnant de la lettre ci-jointe pour le commandant supérieur de la forteresse.
On me dit qu'un certain Nicolaïdès qui était auparavant secrétaire de Hadji Christos est aussi arrivé à Salamine. S'il y est, il fera compagnie aux autres que vous enverrez aussi à Nauplie.
Il est entendu que vous n'exécuterez cette mesure que lorsque vous aurez la garantie que les membres de la commission y concourent de leur pleine conviction, et par conséquent de tous leurs moyens.
Je me dispense de vous faire observer qu'il faut par la réorganisation de l'armée l'épurer de tous les meneui^, et la réduire à de véritables soldats, dont le nombre soit bien compté, et ne dépasse pas nos moyens pour les entretenir.
AU MARÉCHAL MAlSOrf. 427
Nauplie, -- décembre 1829.
En transmettant à Votre Excellence la communication officielle qui concerne Tordre du Sauveur, je prendrai la liberté de l'entretenir un instant des dififérentes demandes qui m'ont e'të adressées directement, tant par les chefs de section de votre expe'dition scientifique, que par d'autres employe's qui ont servi sous vos ordres.. J'ai répondu à ces messieurs, que le gouvernement se fera un plaisir de leur offrir un témoignage du prix. que la nation attache aux services qu'ils lui rendent; mais qu'il ne pourra le faire que lorsque la proposition lui en sera adressée par l'entremise de Votre Excellence, Je vous prie par conséquent. Monsieur le maréchal, de vous donner la peine de prendre en considération toutes les demandes de celte catégorie, et de vouloir bien leur faire droit, dans la liste que vous aurez l'obligeance de me transmettre.
J'ai aussi à remercier Votre Excellence de sa lettre du 6 octobre, M. le colonel Gérard qui en a été le porteur, est déjà nommé adjudant-général ; et il travaillera, sous la direction du général Trézel , à l'œuvre aussi importante que difficile de l'organisation de nos troupes régulières. Je suis heureux de savoir que vous honorez cet officier supérieur de votre amitié. C'est pour moi le gage
428 DE NAUPLIS. DÉCEMBRE 1829.
le plus rassurant des résultats que nous devrons à ses capacités et à son deVouement pour la cause de ce pays. Grâce à yotre bienveillant intérêt, nous avons du drap et des objets d*équipement; mais nous sommes dans le vague sur les subsides ou du moins sur une avance, jusqu'à ce que Temprunt puisse être conclu.
M. Ejnard avec Tempressement le plus généreux nous a envoyé en attendant 700,000 francs, au moyen desquels nous pouirons temporiser jusqu'au mois de janvier. Mais comment pourrai-je entreprendre l'organisation des troupes légères, si je ne suis pas à même de leur assurer la solde, au moins pour un semestre? Cependant je ne me décourage pas ; je partage complètement votre conviction. Monsieur le maréchal, et je crois comme vous que la force des choses l'emportera sur de fausses combinaisons.
En attendant, on alarme ce pays à chaque instant par de nouveaux bruits. On parle d'un protocote du 26 octobre, du prince qui va arriver en Grèce, et de choses semblables. Ce puissant levier n'a remué jusqu'ici qu'une poignée d*hommes insignifiants. Le peuple reste tranquille et ne se laisse pas égarer ; il aura donné la preuve qu'il a. du bon sens, et qu'il apprécie ses véritables intérêts.
Je me suis expliqué Tannée dernière avec les ambassadeurs des Puissances alliées sur le gouvernement futur de ta Grèce, et je l'ai fait de manière à ne pas laisser de doute sur la part active que je prendrai à Taccomplissement des mesures qu'elles auraient arrêtées
AU MARÉCHAL MAISON. Hd
d*un commun accord dans ce grand but. Mais je n*ayais jamais pense' que le protocole du 22 mars viendrait annoncer une disposition qu'on n'était pas encore en mesures d'exe'cuter, et moins encore qu'on ferait de cette disposition du protocole un moyen d'intrigue et de désordre.
Comme pour aggraver cet état de choses, la brigade sous les ordres du général Schneider reçoit l'ordre de quitter le Péloponèse , et la foudre détruit la citadelle de Navarin. Je connais les démarches que le général Schneider a faites poiu* obtenir.de la munificence du roi les secours qui sont nécessaires pour réparer ce désastre. J'aime à espérer, Monsieur le maréchal, que vous joindrez vos bons offices aux siens, et que la Grèce vous devra, non-seulement le secours dont il s'agit, mais la prolongation du séjour à Modon des 1,500 hommes qui s'y trouvent encore.
Il est de mon devoir d'insister sur toutes ces demandes, au risque de devenir importun. Quelles que soient les décisions qu'on prendra, ce devoir rempli , ma conscience n'aura aucun reproche à me faire. * t
Depuis deux mois on nous laisse dans une ignorance complète de ce que nous sommes, et de ce que lioùs allons devenir. Veuillez donc. Monsieur le maréchal^ ne pas oublier votre oeuvre; continuez, en la défendimt'eii France, à aider M. Eynard, et honorez-moi* le pluk souVent que vous pourrez de quelques mots de'VCrtrè main. - - , - ' t. «"
430 d'ÉGINE. DÉGEMBRS 1829.
19 ■ EffiDe. —• décembre 1829.
C'est ici que j'ai reçu tos lettres jusqu'à la date du 29 noyembre. M, de Ribeaupîerre se rendant à Constantinople a jeté' l'ancre à Poros, et pour ne pas relarder son voyage, j'ai quitte Salamine, et j'ai ëtë le rejoindre à Egine.
Par la première occasion je vous enverrai la copie du mémoire que je lui ai remis. Ignorant complètement le résultat des délibérations de la conférence de Londres, je n'ai pu raisonner que sur des hypothèses, quant à ce qui concerne notre avenir. Mais c'est en m'étayant sur des faits malheureusement trop réels, que j'ai exposé avec une entière vérité notre situation actuelle.
Les intrigants ont attaqué le gouvernement, comme je Tavais prévu dès le mois d'août, dans sa partie la plus faible. Ils ont poussé Tarmée à vouloir le paiement de tous ses arrérages. Vos 700,000 francs m'ont mis à même de m' acquitter de cette dette, et de prévenir ainsi le brigandage et le désordre, qui auraient en grande partie détruit le fruit de deux années de travail. Ces arrérages payés, les faibles revenus du pays peuvent à peine m' offrir les moyens de faire marcher encore régulièrement l'administration durant le mois de janvier. J'espère que dans ces entrefaites vos démarches auprès
AU CHEVALIER ETNARD. 431
du ministère français et auprès de Monsieur l'ambassadeur de Russie auront produit un effet salutaire, et qu'à la réception de la présente vous serez rembourse' de vos 700,000 francs, et en mesures de m'envoyer 800,000 francs encore, et peut-être quelque chose de plus.
Je vous ai longuement e'crit par mes pre'ce'dentes sur tout ce qui concerne l'emprunt; presse' comme je le suis aujourd'hui, je ne puis que me résumer, en vous répétant que, quel que soit l'avenir de ce pays, l'emprunt est une condition sine qua non de son existence.
Les détails que renferment vos dernières lettres sont d'im grand intérêt. Ils me donnent des notions qui me mettent en état de comprendre beaucoup de choses, et je vous en remercie infiniment.
Mes précédentes lettres vous prouveront combien j'ai été heureux d'apprendre que M. le général Schneider, avec le reste de sa brigade, a reçu l'ordre de ne pas quitter les places de la Messénie. Les soldats travaillent déjà avec un bataillon de troupes régulières grecques à réparer le désastre de Navarin.
Je vais recevoir le subside de novembre et de décembre pour nos troupes régulières;^ mais j'ignore s'il continuera pour la nouvelle année. Ce serait un grand bienfait, s'il plaisait au roi de nous accorder encore ce secours mensuel jusqu'à la conclusion de l'emprunt.
432 DE SALAMINB. JANVIER 1830*
^ , . 20 décembre 182d.
Salamine,
1 janvier 1830.
Nous joignons ici la liste des chefs de bataillon et des capitaines des six bataillons qui doivent être inunëdiatement organises ici.
Nous plaçons sous votre responsabilité et sous celle de vos collègues le choix des autres officiers , des sousofficiers et des soldats, qui doivent composer ces bataillons.
Vous n^admettrez pas d'hommes maries, ni appesantis par rage ou par des infirmités. S'il y en a à Tarmëe, le gouvernement pourvoira à leur sort, à moins qu'ils ne puissent y pourvoir eux-mêmes.
L'ordonnance que vous publierez ici, comme elle a ëtë publiëe à Lëpante , explique clairement la situation honorable et utile à la fois que nous donnerons par l'institution de l'ëtat-major, ainsi que par d'autres mesures, aux officiers supérieurs et aux autres officiers qui ne trouveront pas pour le moment des places dans les bataillons que vous allez organiser.
Pour qu'on puisse procéder avec justice au paiement du septième trimestre, que nous désirons efFectuer inces-