‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 55 sur 65 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

25 décembre 1829.

Nauplie,

6 jaoyier 1830.

Vos lettres du 29 novembre et les entretiens dont elles me rendent compte me font espe'rer que vous ne laisserez pas en repos les personnes qui vous ont introduit auprès de S, A, R. le dauphin, qu'elles ne vous aient procure' encore des audiences. Vous plaiderez encore une fois notre cause, et vous obtiendrez les secours, sans lesquels non-seulement je ne réponds plus de rien, mais je déclare que les Puissances elles-mêmes seront obligées de faire d'énormes sacrifices, pour sauver leurs propres intérêts dans ces contrées.

Donnez aussi communication de tout ce que je vous écris à M. le comte Pozzo di Borgo, et insistez auprès de lui , comme je l'ai fait auprès de M. de Ribeaupierre , afin que dans toutes les hypotlièses on ne laisse pas périr ce pays, pendant qu'on délibère dans l'intention généreuse de lui assurer un avenir.

Les démarches que vous avez faites à votre arrivée à Paris, pour accélérer les décisions de l'empereur de Russie, soit sur l'emprunt, soit sur les avances que j'avais sollicitées, doivent à cette heure avoir un résultat. J'ai fait de mon côté tout ce qui était en mon pouvoir. M. de Ribeaupierre m'a encore promis ses bons offices.

Ce que je vous dis dans ma lettre d'office de ce jour

n'est que trop vrai. Avec les seuls revenus du pays il m'est impossible de maintenir un peu d'ordre. Je ne pourrai donc avancer dans aucun sens Tœuvre de sa restauration; et dans une situation semblable à la nôtre, si Ton n'avance pas, on re'trograde.

J'ignore si les Puissances sont enfin d'accord sur notre avenir, ou si toutes fatiguées qu'elles sont des discussions relatives à la Grèce, elles devront s'en occuper encore pour longtemps. Dans tous les cas aucune Puissance ne gagne rien au désordre et à l'anarchie qui bouleverseraient encore ce pays. Toutes sont également intéressées à prêter à son gouvernement les moyens de prévenir ce désastre, et de préparer les voies à l'accomplissement de leurs vœux.

Le commerce du levant a beaucoup souffert de la révolution de la Grèce. N'en souffrirait -il pas de même «i, au moment de renouer des relations utiles avec ce pays, il y trouvait encore le brigandage sur terre et la piraterie sur mer? Or c'est de ces deux fléaux que la Grèce et l'Europe seront encore affligées , si avant tout on ne continue pas à nous secourir, et si on ne décide pas d'après les principes d'une justice rigoureuse les grandes questions qui nous concernent.

Comme je viens de répéter ces tristes vérités à M. de Ribeaupierre, en le priant de les porter à la connaissance de $es collègues, je crois utile de vous mettre à même de les répéter à votre tour, afin qu'il ne nous reste rien sur la conscience.

436 DE MAUPLIE. -— JANVIER 1830.

Vous ue parlez aussi des difEcultës qui s^opposent à Tëlection du chef fiitur de la Grèce. Elles seront aplanies du moment où Ton s*entendra siu* la question principale, celle de la délimitation. Si on la décide de manière à ce que les mesures qui en dépendent soient exécutables , on trouvera un prince , et je ne me reftiserai pas à le servir, parce que je tiendrai à honneur d'achever ce que j'ai commence , et il en vaudra la peine. Dans le cas contraire, on ne trouvera pas de prince, et je doute qu'on fasse de moi quelque chose, car nul n'est tenu à l'impossible.

Voilà , mon cher Eynard, en peu de mots ma profession de foi sur ce grand intérêt. C'est celle que j'ai énoncée avant d'arriver en Grèce ; c'est celle que j'ai répétée Tannée dernière à Poros. On la connaît donc , et à tout événement il sera toujours au pouvoir des Puissances d'exécuter par tout autre intermédiaire ce qu'elles auront arrêté. Sans avoir pris en considération les vœux de la Grèce et sans sa participation, je ne serai jamais cet intermédiaire.

P. S. Ainsi que je l'annonce dans le mémoire, cette pauvre Grèce risque aujourd'hui de devenir la victime d'ime nouvelle crise. Des intrigants de toute espèce et de toute couleur remuent les esprits, et une poignée de mécontents trament des complots contre l'ordre actuel des choses. On les encourage en leur promettant de larges subsides, dès qu'ils auront, comme on leur

AU CHEVALIËK EYNARO. 437

dit, secoue le joug de la Russie. Jusqu^ici il n*y a que des menées et des paroles ; mais il n*est pas impossible qu'à la longue on ne pousse ces misérables à quelque acte criminel, tel que le non-paiement des impôts, la résistance aux ordres du gouvernement , et les voies de fait qui en seront la conséquence.

Dans ce cas affligeant, mon parti est pris; je ferai respecter les lois, et je tacherai de maintenir Tordre en n'épargnant aucun des coupables ; mais. aussi il faut pour cela que le gouvernement ait de quoi payer ceux qui le servent ; sans cela je devrais anner la milice à la charge des provinces, et légitimer en quelque sorte les abus dont ce malheureux et admirable peuple est à peine soulagé.

Ces embarras et ces périls nous viennent du dehors, et j'en ai plus que la conviction morale. On veut atteindre im but, et Ton n'est pas scrupuleux dans le choix des moyens. Or ce but serait l'accomplissement des vues les moins favorables aux espérances, de la Grèce. Elle aspire au rang des nations libres et indépendantes, et l'on veut soutenir qu'elle n'est pas même en état de devenir une paisible colonie; et pour cela il faut que le désordre et l'anarchie en offrent dans ce moment la preuve.

On peut vouloir aussi autre chose ; mais je ne sais pas où trouver le temps de vous développer ici toutes les conjectures auxquelles donne lieu l'abjecte malveillance qui nous tourmente. La conjecture cependant qui me

parait la moins douteuse , c'est celle dont vous me parlez. On ne veut pas de moi. On veut que d*autres hommes, ou un autre homme à ma place, mettent à exécution sans difficulté les arrangements dont on se flatte de convenir avec la Porte.

Je le pense aussi, et ce nest pas d'aujourd'hui ni d'hier : mais pourquoi ne me parle-t-on clair, et ne me dit-on pas avec une noble franchise : Tirez-vous de là; nous ne pouvons nous entendre avec vousP A ces mots, je ne resterais pas à ma place une minute de plus; et je saïu^ais m'y prendre de manière à ne trahir aucun de mes devoirs envers cette nation, qui m'a honore et qui m'honore de sa confiance. Plus je de'sire m'acquitter de cette dette en honneur, et plus je regrette qu'on préfère des intrigues à des démarches amicales et sincères. Quoi qu'il en soit , je reste ferme comme un rocher dans la resolution invariable de servir ce pays, tant que je pourrçii lui être utile, et tant que je pourrai me convaincre que mon intervention dans ses affaires ne peut pas lui être nuisible^

Il est bon, je vous le répète, que vous soyez instruit de ma profession de foi , et que vous la fassiez connaître aux grands personnages qui se plaisent à prote'ger ce pays. Je ne vous fatiguerai pas plus longtemps, pour ne pas dire encore : procurez-nous, et le plus tôt que vous pourrez, de l'argent et de l'argent.

AU CAPITAINE PARKKR. 439

.- -. 30 décembre 1829.

maplie.

11 janyier 1830.

Le Melville est arrive à Malte, et M. Mac-Gill a eu soia de me transmettre la lettre que vous m'avez fait rhonneur de m' adresser en date du 16 septembre, ainsi que le rouleau renfermant la poudre précieuse qu'il vous a plu de m'envoyer par la même occasion.

Je ne saurais tarder à vous remercier de ces nouveaux témoignages de votre aimable souvenir. Us me rappellent, s'il se peut, avec plus de force toutes les preVenances, toutes les bonte's , que vous me prodiguiez , lorsqu'il y a bientôt deux ans, je parcourais, sous vos auspices les. mers de la Grèce.

Depuis lors des changements notables se sont opérer dans la situation intérieure de ce pays, et j'ose le dire,, à son avantage. Toutefois ces améliorations seraient et plus nombreuses et plus essentielles, si l'on n'avait pour ainsi dire désespéré dès sa naissance de la vie de ce nouvel état. On lui a donné des secours suffisants^ pour traîner une existence mal assiu^ée et précaire ; mais on n'a pas songé, en fixant d'une manière immuable ses destinées , à mettre la nation Grecque en état de guérir elle-même les blessures profondes que lui a faites l'absence si longtemps prolongée dans son sein de tout ordre légal. Cependant elle est digne de ce nouveau

bienfait, et elle le prouve tous les jours davantage par Tattitude calme qu'elle sait conserver au milieu des dangers politiques et de la misère qui Tassiegent. Quant à moi, je continue ma pénible tâche avec persévérance, La Providence assistera la Grèce. Tous les hommes généreux qui, comme vous, Monsieur le conmiandant, sont guides par un esprit noble et dégage de passion , soutiendront encore sa cause.

J'ai été heureux, d'apprendre que votre auguste souverain ait daigné vous confier le commandement de l'un de ses yachts royaux, en accompagnant cette faveur des marques de bonté les plus flatteuses poiu* vous. S. M. n'a fait que rendre justice à vos talents et à vos longs services. Je devrais cependant joindre à mes félicitations l'expression de tous mes regi^ets , car désormais votre nouvelle destination vous met dans l'impossibilité de revenir dans des parages , où vous avez su inspirer des sentiments aussi profonds que sincères.

31 décembre 1829.

^ 12 jaiiYier 1830.

Votre lettre du 27 décembre me fait éprouver une double peine. Elle me signale les circonstances difficiles oîi se trouve la population d'Hydra , et elle me montre

A M. GONdOURlOTIS. 441

aussi que vous n'êtes pas disposé à concourir à son soulagement. Vous re'itérez la demande d'être dispense des fonctions publiques que vous gérez, et vous la re'itérez au moment où il s'agirait de faire un effort commim, pour prévenir les conséquences funestes dont vous entretenez le gouvernement.

Je n'ignore pas que quelques-uns de vos marins, pressés par le besoin, ont été chercher du service à Constantinople et ailleurs.

Ce que le gouvernement pouvait faire pour offi'ir du travail et du pain aux. marins hydriotes, il l'a fait, et il le fait encore , quelque extrême que soit la détresse de ses finances. Il entretient des bâtiments armés, non pour défendre le pays contre un ennemi qui n'est plus à craindre , mais pour employer vos marins. Le gouvernement a fait plus. Depuis l'année dernière il n'a cessé, et il ne cesse, de travailler à la conclusion d'un emprunt, au moyen duquel il puisse indemniser en partie les pertes faites par les îles guerrières , et procurer ainsi à leurs habitants les fonds que leur activité commerciale et maritime utilisera sans doute au profit commun.

Ne voulant pas livrer à la chance seule de l'emprunt un si grand intérêt, le gouvernement a obtenu du congrès d'Argos l'autorisation d'hypothéquer à la banque des domaines nationaux, dans l'espoir que cette nouvelle garantie vaudrait à la banque des placements un peu considérables , et que dès lors le gouvernement serait à même, au moyen de ces fonds, de venir au Recours de la

442 DE MAUPUS. — JAMVilR 1830.

marine nationale. Dans peu de jours les riches domaines, qui consistent en vignobles de raisin de Corinthe, en oliviers , et en autres branches de revenus pour une valeur de 5 à 6,000,000 de piastres, seront hypothe'qués à la banque. Je n'ai néglige aucun efifort pour engager les capitalistes à lui prêter quelques fonds sur cette caution. Si mes démarches ne sont pas stériles, vos concitoyens seront soulagés; et si, ce qu'à Dieu ne plaise, elles Tétaient, aucune responsabilité ne pèserait plus sur le gouvernement. A tout événement la nation et le monde en jugeront.

J'entre, Monsieur, dans ces détails, pour vous engager encore une fois à vous associer au gouvernement, dans les mesures qu'il va prendre pour venir au secours de vos concitoyens. Si conjointement avec Monsieur votre frère et d'autres capitalistes de votre île, vous préfériez de prêter à la banque sur une hypothèque spéciale de quelques domaines dont vous auriez collectivement ou séparément l'administration , le gouvernement accéderait volontiers à un arrangement semblable.

Pour ce qui est des fonctions publiques dont vous désirez être relevé, ainsi que je vous l'ai écrit il y a quelque temps, j'aurais aimé m'en expliquer d'avance avec vous et les primats ; ce n'est que le vent décidément contraire, qui m'a empêché de faire une apparition à Hydra dans ma dernière tournée. Je ne tarderai pas pour cela à procéder sous peu à la nomination de votre successeur.

A M. DE STOUADZA. 443

kS^ f^y^, kS^. c/e f5/7a€Uc/^, à ûc/^a.

Nauplie^ 7- janvier 1830.

Vous appartenez, Monsieur, à tant de titres à la Grèce, vous lui avez donne des preuves si nombreuses de dévouement , que nous n'hësitons pas à vous recommander encore une fois ses intérêts les plus chers.

Vous n'ignorez pas que feu Varvakis a légué à sa patrie 1,000,000 de roubles.* Vous n*ignorez pas non plus les dispositions également généreuses de la famille Zossimas et du docteur Flévas,

liC secrétaire du gouvernement pour Tinstruction publique vient de m*adresser un rapport, dont vous trouverez ci-jointe la copie, et par lequel après avoir exposé les faits, il sollicite le gouvernement de faire des démarches pour recouvrer ces legs.

Nous croirions manquer à tous nos devoirs, si nous n'employions tous nos efforts, afin de procurer à l'instruction publique les ressources que, dans leur bienfaisance , de nobles citoyens lui ont destinées.

Quelles que soient la bonne volonté et l'ardeur que mettent nos provinces à établir dans chaque arrondissement des écoles élémentaires, quelque nombreuses et fréquentes que soient ces écoles à celte heure, elles ne

* Voyez ^onae I, page 49Ç.

peuvent encore re'pondre aux besoins du pays, et le gouvernement est hors d'e'tat de subvenir aux dépenses qui seraient nécessaires pour un objet si important.

Indépendamment de Forphanotrophe et des écoles d'enseignement mutuel , où 7 à 8,000 enfants s'instruisent, le gouvernement s'occupe dans ce moment de l'institution d'une école normale et d'un petit séminaire. Mais pour donner à ces deux établissements, ainsi qu'aux écoles élémentaires, tous les moyens et toute la consistance qu'ils exigent, il faut que le gouvernement puisse disposer sans le moindre délai d'une somme de 4 à 500,000 francs.

Cette avance lui procurerait le temps de se ménager d'autres ressources tirées du pays même , telles que les revenus, aujourd'hui dilapidés ou mal administrés, des institutions pieuses.

Il vous appartient. Monsieur, de lui obtenir cette avance , en recouvrant par les moyens les plus efficaces, si ce n'est la totalité, du moins une partie des legs indiqués ci-dessus.

Nous ne connaissons que trop les procès interminables et les autres difficultés nombreuses, qui jusqu'ici ont rendu infructueux les efforts que nous avons faits nousmêmes pour atteindre le même but. Nous espérons néanmoins que vous serez plus heureux , en vous étayant de la protection du ministère impérial, et de l'assistance bienveillante de M. le secrétaire d'état Daschkoff.

A cet efTet nous adi^essons par les lettres ci- jointes plus

A M. DE 8T0URDZA. 445

particulièrement nos vœux, tant à ce dernier qu'à M. le comte de Nesselrode,

Dans la supposition que, pour réaliser la somme mentionnée ci-dessus , vous eussiez besoin de procéder à des transactions, soit avec les exécuteurs testamentaires soit avec les débiteurs de MM. Varvakis, Zossimas et Flévas, le gouvernement vous donne par la présente les pleins pouvoirs nécessaires à cet effet.

Vous êtes par conséquent autorisé à faire en son nom et de sa part toutes les démarches que vous jugerez nér cessaires auprès du ministère de la justice ou des tribur naux. Vous êtes également autorisé à stipuler, à conclure et à signer, au nom et de la part du gouvernement, un arrangement quelconque avec les deljiteurs, en vertu duquel il puisse recouvrer immédiatement une partie des legs , en conservant toutefois tous ses droits sur le reste.

Nous nous dispensons. Monsieur, de vous parler de la reconnaissance que vous devra la Grèce pour le service que vous êtes appelé à lui rendre. Vous en trouverez la plus douce des récompenses dans la conscience du bien que vous aurez opéré en faveur des institutions qui seules peuvent régénérer ce peuple.

Nauplle^ -- janyîer 1830.

Ainsi que nous Favons annonce dans notre dernière communication, nous acceptons les vœux que vous nous avez témoignes, en chargeant pour le moment de la direction de l'administration publique dans votre île le se'nateur G. Mavromatis.

En rentrant dans la sphère de vos autres concitoyens, vous ne vous dispenserez pas cependant de concourir de tous vos efforts aux mesures que le gouvernement désire prendi'e, pour apporter quelque soulagement à la nombreuse population d'Hydra.

M. Mavromatis vous fera part de nos intentions. Il ne dépend que de vous, Messieurs, de les rendre aussi utiles à votre pays que nous le désirons.

Nauplie, — janvier 1830.

M. le sénateur G. Mavromatis se rend au milieu de vous, afin de diriger pour le moment l'administration

INSTRUCTIONS A M. MAVROMATIS. 447

publique de votre île, et surtout à leffet de vous engager a joindre vos efforts à ceux que le gouvernement ne cessera de faire , dans la vue de porter quelque soulagement aux nombreux habitants de votre île.

Veuillez, Messieurs, faire preuve de patriotisme et de bonne volonté dans cette occasion. Vous aurez la gloire davoir concouru vous-mêmes à lexécution des mesures par lesquelles nous espérons faire traverser heureusement aux îles maritimes la crise actuelle , qui à Taide de Dieu sera de courte dure'e.

Nauplie^ — janvier 1830.

Nous nous dispensons de vous répéter ici par écrit les observations que nous vous avons communiquées de vive voix sur lélat intérieur des îles d'Hydra et de Spetzia. Il ne vous sera pas difficile de les rectifier sur les lieux, et vous jugerez alors si les mesures, dont- nous allons vous indiquer le principe, sont de nature à tranquilliser la nombreuse population de ces deux îles, et à lui faire traverser avec patience la crise actuelle, qui , nous aimons à l'espérer, sera de courte durée.

Vous verrez dans la pièce ci-jointe sous la lettre A la réponse que nous avons faite en dernier lieu au gouver-

448 DE NAUFLIE. — •• JANVIER 1830.

neur provisoire d'Hydra, et les propositions que nous avons adressées par son organe à ceux.de ses concitoyens qui possèdent des capitaux. G^est d'après le principe indiqué dans la susdite réponse, que vous vous expliquerez, tant avec les primats qu avec les capitaines les plus considères du pays. Du moment que les premiers voudront donner Texemple, en plaçant à la banque des fonds-considérables, le gouvernement pourra commencer immédiatement à exécuter les dispositions du décret du congrès d'Argos concernant les indemnités. Cest par ces moyens que les marins d'Hydra pourront trouver une ressource, en s' occupant d'abord des réparations dont leurs bâtiments ont le plus grand besoin, et en les armant ensuite pour le commerce.

Le gouvernement attache un si grand prix à prouver aux habitants des îles maritimes ^ qu'il n'est nullement responsable du retard qui laisse encore incomplets les travaux relatifs aux indemnités^ qu il vous engage à vous expliquer à cet égard avec les parties intéressées, en vous <:onformant aux pièces ci-jointes sous la lettre B. Les papiers annexés sous la lettre G vous font connaître en détail les propositions que les primats d'Hydra nous ont faites^ pour obtenir les immunités du port franc.

Nous n'hésitons pas à vous autoriser à leur déclarer de notre part de la manière la plus solennelle que le gouvernement est prêt à les leur accorder, à condition toutefois qu'il soit énoncé dans le décret qui concernera cet établissement :

INSTRUCTIONS A M. MAVROMATlS. 419

1". Que le port franc sera accorde' alternativement une année à l'île d'Hydra, et une à Vîle de Spetzia.

2''. Que deux députés d'Hydra, munis des instructions de la communauté, se rendront à la résidence du gouvernement, pour travailler avec la commission des finances à la confection d'un règlement, lequel sera communiqué au sénat, pour être ensuite de son assentiment décrété par nous.

Dès que vous aurez rempli cette partie de votre commission à Hydra , et que vous nous aurez communiqué vos observations sur le mode de re'gler provisoirement l'administration de celte île, vous vous rendrez à Spetzia, afin de faire connaître également aux habitants de cette île les intentions du gouvernement que nous venons de vous énoncer plus haut.

Nous joignons ici deux lettres d'office , l'une pour le gouverneur et la démogérontied'Hydra, et l'autre pour la de'mogéronlie de Spetzia.

Sur le rapport que vous nous ferez d'Hydra, nous vous dirons à qui durant votre absence l'administration de cette île sera confiée.

Nous ne doutons pas. Monsieur, du zèle et de l'activité dont vous ferez preuve a cette occasion. Vous rendrez un service important a l'état, et le gouvernement aura un motif de plus pour vous témoigner sa reconnaissance.

Page 1