TOME lîl
Nauplie^ -- janvier 1830.
J*ai tardé à répondre à vos lettres, quoique M. Rizos m'ait souvent rappelé que votre messager restait ici dans Tattente. Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il ne dépend pas de moi de disposer du temps que les affaires de ce pays m'enlèvent, sans me laisser un instant pour les miennes.
Les députés de Vonitza sont partis très-satisfaits des raisons que je leur ai données, afin de leur prouver que le moment actuel était le moins propre pour régler d'une manière équitable et définitive les intérêts que la province leur avait recommandés.
Je vous engage aussi à voir ces mêmes intérêts sous un point de vue plus général. Tant que vous les considérerez à la vieille manière , c'est-à-dire comme des intérêts de parti, vous ne ferez aucun bien à la province, et je doute qu'elle puisse gagner quelque chose à se quereller avec tel ou tel autre capitaine , dans un moment où le grand intérêt de tous est de se tenir tranquilles.
Je viens à vos doléances. Quelque peu réfléchi que soit le langage avec lequel vous les articulez , je veux bien n'y pas faire attention , pour vous dire encore une fois que personne n'a plus de motifs que vous d'être sa-
AU GÉNÉRAL GRIVAS. 451
tisfait de la conduite du gouvernement envers lui. Il fera davantage, et il vous tiendra parole : mais ce n'est pas, comme vous paraissez l'entendre, en vous donnant encore des sommes considérables d'argent, lorsqu'il en manque pour les besoins les plus pressants du service.
Tâchez de vivre en paix et comme vous pourrez. Du moment que la nouvelle organisation militaire sera assez avancée, pour que le gouvernement puisse fixer une situation honorable et utile aux officiers supérieurs, vous aurez la vôtre, et vous n'aurez pas de motif raisonnable d'être mécontent.
Votre secrétaire sollicite une place; je ne demande pas mieux que de lui en procurer une; mais il faut qu'il me laisse le temps de la lui trouver. Veuillez le lui dire.
Je finirai en vous disant que nous touchons au terme de toutes nos incertitudes, et que sous peu les décisions définitives sur le sort de la Grèce mettront chacun en état de mieux juger de ses propres intérêts. Tous ceux qui les auront associés avec les intérêts de la patrie s'en trouveront bien, quelles que soient les décisions des Puissances. Croyez-le : ce n'est qu'en marchant sur la route droite qu'on avance vite et qu'on arrive au port de salut, malgré les obstacles que l'aveugle malveillance s'efforce d'y opposer.
452 d'égini. — JANVIER 1830.
Egine, — janyier 1830.
Les 2,000 piastres que vous avez envoyées par Fentremise de M. G. Constantas ont e'te', selon votre bonne intention , destinées à Fusage de Forphanotrophe.
En acceptant cette noble oflGrande , nous témoignons à Votre Re've'rence Festime toute particulière qui est due aux ecclésiastiques, lorsque par de bons exemples ils enseignent pratiquement Famour du prochain.
S^ f^^W^y^. ^ <^€d4c/en/à c/rJ ^ew^ a^^lki^.
Egîne^ -T janvier 1829.
Des marins et des négociants grecs se sont adressés au gouvernement pour connaître son opinion sur la teneur de la pièce ci-jointe ,* qui circule depuis quelque temps
* Voici la copie de rinstructioa réseryëe à la cbaDcellerie du corn* merce.
En conséquence des arrangements convenus entre les légations d'Angleterre, de France et de Russie, pour la protection provisoire à accorder aux bâtiments et aux individus grecs, munis de documents par le gouvernement actuel de la Grèce, et qui se présenteraient soit à Constan-