‹ Correspondance du comte J. Capodistrias, président de la Grèce ..., Volume 3Chapitre 8 sur 65 · AU LIEUTENANT PLÉNIPOTENTIAIRE · texte numérisé non relu

AU LIEUTENANT PLÉNIPOTENTIAIRE

cet état de choses. Il renforce la station, et il vous écrit qu'il est de notre intention que vous prolongiez votre séjour devant Lépante , et que vous preniez le commandement du blocus du golfe.

Nous vous confirmons directement cette commission , attendu qu'elle est d*une haute importance, et qu en vous la confiant le gouvernement croit faire tout ce qu il peut dépendre de lui pour contraindre par la famine les Turcs a évacuer le château de Lépante, si décisif pour le sort de nos frères de la Roumélie.

Vous vous mettrez en relation avec notre lieutenant plénipotentiaire à Tarmée, afin que vous puissiez concerter vos mesures avec celles qu'il prendra, dans la vue de hâter le moment oii les Turcs, fiiute de subsistances, demanderont a capituler.

Nous vous adresserons sous peu de jours des instructions ultérieures, si le besoin l'exige.

Nauplie. — 1829.

^ 6 mars

Nous recevons avec une entière satisfaction votre rapport sous le numéro 37 du 18 février. Nous approuvons les dispositions que vous avez prises conjointement avec le stratarque. Nous aimons à espérer qu'elles auront des résultats utiles.

58 DE NAUPLIE. MAA8 1829.

Le commissariat a Tordre de vous transmettre 40,000 talaris , somme qui répondra probablement a un mois et demi de solde et de ration pour les deux armées. Nous tacherons de vous envoyer sous peu de jours une égale somme, afin que le trimestre soit payé. Mais nous exigeons, comme condition de rigueur, que Tarmée soit épurée, et que le trésor et les magasins soient délivrés une fois pour toutes du gaspillage et du désordre, qui n ont cessé d'épuiser inutilement jusqu ici Fun et les autres.

Le bulletin que vous annexez a votre rapport est parfait. Continuez à nous en transmettre la suite, pour que le public connaisse Tétat des affaires dans la Grèce continentale.

Nauplie> — 1829.

^ 6 mars

Les avertissements que vous ont donnés de ma part vos frères du conseil ecclésiastique, doivent être pour Votre Éminence un gage de Tintérêt que vous m'inspirez.

Des réunions peu ordinaires ont eu lieu à Saint-George, et des sujets complètement étrangers à Téglise et à votre ministère y ont été pris en considération. Vos diocésains et les hommes du peuple qui redoutent les conséquences des combinaisons arrêtées dans de semblables conseib,

A L* ARCHEVÊQUE DE GOAINTHE. 59

m'ont demandé souvent de vous engager à quitter Saint- George et le diocèse. Xai tranquillisé ces bons citoyens, en leur donnant Tassurance qu aucune menée ne saurait détourner le gouvernement de sa direction^ ni du but qu il doit atteindre, et qu à Taide de Dieu il atteindra.

Je n'ai voulu donner suite a aucune des réclamations qui m'ont été itërativement adressées contre Votre Eminence; et j'ai attendu Toocasion de la tournée que font les membres du conseil ecclésiastique, pour vous éclairer amicalement sur votre propre situation. Il dépend actuellement de Votre Eminence de me prouver par le fait , que toutes ces alarmes de la part de vos diocésains n'ont point de moti& légitimes , et vous me donnerez cette preuve en vous renfermant strictement dans la sphère des devoirs que vous impose votre ministère ecclésiastique.

Veuillez aussi en remplissant ces devoirs vous rappeler que, grâce à Dieu, le pays n'est plus sous la domination musulmane. Pensez que tous ses sacrifices et tous nos efforts tendent à le délivrer par la puissance des lois, des abus que cette domination protégeait.

Je serai bien aise du reste d'avoir des occasions de vous témoigner le prix que j'attache aux services que vous pouvez rendre à votre dioœse et à l'état.

. -. 23 février ^^^^

Nauphe, 1829.

7 mars

La lettre que vous avez bien voulu in*adresser en date du 21 février, ainsi que les comptes qu'elle accompagne, m'apportent un nouveau témoignage du zèle éclairé et de Texactitude honorable dont vous avez fait preuve, en répondant toujours a la confiance qu ont placée en vous à si juste titre les généreux amis de la Grèce.

Je n*ai pas besoin de vous répéter combien cette nation apprécie les services que vous lui avez rendus, et combien en mon particulier je vous dois de reconnaissance.

Sur ma demande vous avez prolongé d'une année votre séjour en Grèce, et durant cette année, notamment Fétë dernier, la peste et les maladies qui ajoutèrent à nos misères et k nos embarras, vous donnèrent l'occasion de coopérer avec un noble dévouement à l'exécution des mesures sanitaires qui , grâce à Dieu , ont sauvé le pays des plus grands malheurs.

Vous allez maintenant remplir un vœu qui honore vos sentiments. Vous allez vous rendre dans votre heureuse patrie et auprès de Madame votre mère. Je vous accompagne de mes bénédictions; je vous souhaite toute sorte de prospérités. La Grèce ne peut dans ce moment vous exprimer d aucune autre manière sa gratitude. Il vien-

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dra, j'espère, un temps oîi elle le pourra; et ce sera alors que son gouvernement s'acquittera avec empressement de ce devoir envers vous, ainsi qu envers tous les étrangers qui, comme vous, ont servi là sainte cause avec des intentions pures et dans des vues élevées.

Lorsque vos affaires et vos intérêts vous le permettront, vous vous occuperez de la Grèce partout où vous vous trouverez, et partout vous lui serez utile. Mais si vous aimiez lui être d'une utilité plus immédiate, revenez encore au milieu d'un peuple qui vous connaît et qui vous aime, et son gouvernement s'empressera de vous mettre à même de lui rendre encore de grands services.

. ,. 27 février

Nauplie, 1829.

^ 11 mars

M. Cratéros vient d achever la tournée qu*il a faite par notre ordre dans les différentes provinces du Péloponèse, afin d'instruire les cultivateurs dans la manière de planter et de cultiver les pommes de terre. Aux explications qu'il a données de vive voix, il a ajouté celles que renferme l'imprimé ci-joint. Il vient de nous donner l'assurance que ses soins ne manqueront pas de donner un résultat satisfaisant, surtout dans les départements de lElide et de TAchaïe , si les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires peuvent ménager aux cultivateurs

quelques £sicilités à se procurer des pommes de terre dans le courant du mois de mars. Nous vous engageons par conséquent à porter à Tapprobation du conseil une circulaire que vous adresserez de notre part aux commissaires extraordinaires et aux gouverneurs provisoires de Tëtat, afin de leur recommander de porter encore une fois à la connaissance des cultivateurs les directions de M. Crateros, dont les exemplaires vous seront livrés par l imprimerie, d'après le texte ci-joint.

La où le marché n a pas de pommes de terre en vente, le commissaire extraordinaire ou le gouverneur provisoire tachera d*en faire arriver, pour que les cultivateurs puissent s'en pourvoir. Dans les provinces oii la misère serait extrême, le commissaire extraordinaire ou le gouverneur provisoire serait autorisé a en acheter , à les distribuer aux cultivateurs, sauf à se faire rembourser, soit en argent soit en nature, au moment de la récolte.

Pour encourager la culture des pommes de terre, les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires seront autorises a promettre une gratification à ceux des cultivateurs qui en planteront au-delà de 200 oques. Cette gratification pourrait consister, pour les pauvres, dans la cession gratuite de la semence que le gouvernement leur aurait avancée, et pour ceux qui lauraient achetée, dans le paiement de la valeur de la semence.

Les commissaires extraordinaires et les gouverneurs provisoires seront engagés à donner des informations trèsexactes au gouvernement sur le résultat des soins qu'ils

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auront donnes à Texécution de cette commission importante. La circulaire approuvée par le conseil ^ vous Texpédierez sans retard, attendu que le temps presse. Je me charge du département de FArgolide.

reau/fef".

„ -. 28 février ^^^^

Nauplie, -— 1829.

^ 12 mars

Par le décret ci-joint le gouvernement vous confie la place importante d'aumonier du corps régulier.

M. le colonel Heideck qui a la direction de ce corps vous mettra en rapport avec les officiers qui le commandent. Vous vous concerterez avec eux pour régler, d'après les ordres que le directeur donnera , les jours où durant le carême actuel les troupes régulières, les officiers, les sous-officiers et les soldats en garnison actuellement à Nauplie, rempliront les devoirs de notre sainte religion, nous voulons dire la confession et la communion. Vous leur prêterez a cet eflet votre assistance spirituelle. En votre qualité de confesseur, vous ne manquerez pas sans doute de rappeler à ces jeunes soldats tout ce qu ils doivent à la patrie de fidélité et de bonne conduite.

Avec Fautorisation de Tarchevêque, vous fixerez les jours oîi ils doivent faire maigre. Nous pensons qu'à Texception de la première et de la dernière semaine du ca-

rême, de la semaine où ils communieront, et du mercre-^ di et du vendredi, ils pourront être dispenses de faire maigre.

Vous TOUS informerez s ils ont l'habitude de faire leurs prières tous les jours, et dans le cas contraire vous vous donnerez la peine de les leur enseigner.

Nous aviserons plus tard aux moyens d'introduire graduellement Tusage de lire les prières dans des livres que nous vous mettrons à même de distribuer aux soldats.

, ,. 28 février ^^^^

Nauplie. — — 1829.

^ 12 mars

Les jeunes étudiants, MM. Panagiotis et Constantin Gharalambos auront Thonneur de vous présenter ces lignes. Ces jeunes gens appartiennent à une des familles les plus distinguées du Péloponèse. Leur frère aîné emploie les derniers débris de sa fortune pour leur procurer les moyens de servir utilement leur pays. A cet effet ils sont actuellement a Paris, dans l'intention d'étudier le droit.

Ils viennent, Monsieur le professeur, solliciter votre protection auprès de ceux parmi vos collègues auxquels vous voudrez avoir la bonté de les recommander.

Pcrmetlez-moi de joindre mes vœux a ceux qu'ils vous exprimeront. Je prends un très-vif intérêt a ce que ces jeunes gens deviennent un jour dans leur pays de bons

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