AU CONSEIL DE CANDIE
fcgine, -- février 1829.
Nous avons reçu les lettres que vous nous avez adresse'es en date du 21 et du 24 janvier. Nous avons vu les députes Papadëmëtrius et Jean Platrakis, escortes par des adresses qui portent le nom de toutes les provinces et de la population en gênerai. Nous avons aussi vu en dernier lieu deux autres députes, les sieurs Plazogiannis et Papadëmëtrius, envoyés par les dëmogërontes avec une lettre du 30 janvier datëe de Castelli.
L'ensemble des informations qu'il nous ont données , des demandes et des vœux qu'ils nous ont exprimes, nous font regretter vivement, ainsi que nous l'avons ënoncë dans notre dernière lettre en date du. . . , l'impossibilitë où nous sommes de vous donner pour le moment les secours directs que la situation actuelle des Cretois semble exiger. Nous disons secours directs , parce que nous savons vous avoir prête jusqu'ici des secours indirects très-salutaires, dont vous ëprouvez dëjà les effets.
Nous nous sommes expliques à cet ëgai^d avec les dëputës , et ils vous donneront de vive voix l'assurance que nous aimons à vous rëitërer ici.
Nous ne nëgligerons aucun moyen en notre pouvoir, afin de vous faire traverser cette ëpoque de crise avec le moins de danger possible. Il vous appartient de votre
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côte d'en faire autant, en encourageant vos milices h garder leurs positions, et en administrant le pays de manière à le rattacher à ses magistrats. Nous reconnaissons avec vos députes qu'un semblable résultat ne peut être obtenu au milieu de vous que par Fintervention d'une autorité nationale, mais étrangère au pays. Nous avons pour le moment confié cette tâche au capitaine Hane, commandant de Grabuse ; et nous espérons sous peu , si les circonstances nous favorisent, pouvoir vous envoyer un délégué de notre part.
Croyez encore une fois que nous ferons tout ce qui peut dépendre de nous, pour vous préserver des renforts que Tennemi espère d'Alexandrie , et pour vous mettre en état d'attendre les décisions qui doivent fixer le sort de votre patrie, comme celui de toute la Grèce.
Bigme, -- février 1829.
Le capitaine Hastings n'est plus. La blessure mortelle qu il reçut en redoublant d'efforts sous les murs d'Ânatolico, nous l'a enlevé le 20 mai de l'année dernière.
Nous avons tous trop bien apprécie le malheur que la Grèce a éprouvé dans cette circonstance funeste, pour que rien d'extérieur puisse ajouter aux sentiments dont il
A MM. MAVROCORDATOS , ETC. 53
nous a pénétrés. Toutefois nous devons à la mémoire de ce brave et loyal défenseur de T indépendance grecque, nous nous devons a nous-mêmes, de donner aui étrangers contemporains et de laisser a la postérité un témoignage non moins solennel que durable, et des mérites de ce brave envers la Grèce, et de notre juste reconnaissance.
Homme de bien, soldat, marin habile ^ cultivant avec un égal succès les lettres et les sciences, le capitaine Hastings a exercé une influence bienfaisante sur toutes les classes de la nation. Cest cependant comme marin qu'il a le plus agi en faveur de la Grèce, et c est en combattant sur mer qu il a reçu la blessure cause de notre deuil.
> Il est peu d'endroits en Grèce, lesquels, en offrant le souvenir d'un acte héroïque ou de quelque bienfait du eapitaine Hastings, ne soient propres à rendre la pompe funèbre plus touchante. Mais comme centre de cette même marine, qui lui doit de si précieuses améliorations pour la défense de la patrie, Poros mérite la préférence. Comme point de ralliement de ses compagnons d'armes , Poros sollicite sa dépouille mortelle, afin d'offrir sa tombe aux regards de ces braves qui, conservant le souvenir de leur illustre camarade, le croiront encore au milieu d'eux, et par une consolante illusion s'estimeront encore forts de sa présence. Enfin comme école de nos jeunes marins, Poros réclame encore le privilège de servir d'asile a ses mânes, afin que rendus par la toujours présentes a ces jeunes gens, espoir de la patrie, la mémoire de
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ses vertus préside à leurs études, et les excite à acquérir les vertus, les connaissances qui le distinguaient.
Quand à ces considérations nous ajoutons que les efforts et les vœux du brave que nous pleurons n'ont eu pour but que le bien de la Grèce , nous croyons en quelque sorte remplir ses dernières volontés en faisant déposer sa dépouille mortelle à Poros , où elle doit encore exercer une influence si salutaire aux Hellènes.
C*est pourquoi nous vous engageons, Messieurs ^ k rédiger le programme du convoi funèbre, qui le 20 mai de cette année, premier anniversaire de la mort du capitaine Hastings, transportera ses restes précieux d^Égine à Poros.
Nous nous ferons un devoir de suivre le convoi ] et M. Tricoupis, secrétaire du gouvernement pour les affaires étrangères, portera la parole au moment oii le cercueil devra être déposé dans le tombeau, pour entretenir les magistrats, les marins et peuple, de leur douleur et des motiÊ qui la rendent si légitime.
Nous nous réservons de £aire dresser un second programme, que nous enverrons à ceux des Hellènes qui cultivent les beaux^arts dans Tétranger, afin qu ils nous adressent des plans ou des modèles pour le monument, par lequel sera remplacée la pierre tumulaire qui provisoirement recouvrira les cendres de notre défenseur. Nous croyons superflu. Messieurs^ d* ajouter ici que ce monument doit être de la plus grande simplicité. Les services que le généreux défunt a rendus à la Grèce, en prescrivent
les détails; leur indication en fera le véritable ornement. C*est ce que Tâme reconnaissante de nos jeunes compatriotes saura juger et sentir.
Vous étiez, Messieurs, liés d'amitié avec le capitaine Hastings. Votre travail répondra donc complètement aux vœux du gouvernement et de la nation.
- ,. 21 fëyrier ^^^^
Naupiie, — 1829.
^ 5 mars
La lettre que Votre Excellence m'a £ait Thonneur de m' écrire en date du 19 février, m*a trouvé au moment oii j'allais quitter Égine pour me rendre ici. J'y suis arrivé hier matin ^ et je m* empresse aujourd'hui de vous remercier, Monsieur le général, de toutes les dispositions bienveillantes que vous voulez bien me témoigner en £iveur du service militaire de la Grèce.
Je vais m'occuper ici de beaucoup de détails qui concernent ce même service, et je tâcherai ainsi de me mettre à même de vous donner toutes les explications qui pourront Ëiciliter les arrangements définitif auxquels, j'espère, il plaira à Votre Excellence de prendre part.
J'aime à espérer aussi que dans ces entreËiites vous recevrez de France, Monsieur le marquia, les réponses que vous attendez, et que j'attends de même avec la confiance illimitée que m'inspirent toujours les vues bienÊiis^ntes.
et magnanimes du roi votre auguste souverain y et ta générosité de la nation Française.
Je resterai probablement ici dix ou quinze jours. Si la saison s adoucit et que les routes deviennent praticables, je ferai mon voyage par terre; dans le cas contraire j'arriverai à Navarin par mer, et je me procurerai ainsi la satisfaction d'aller vous voir à Modon. De cette manière je vous épargnerai la peine de venir me chercher ici ou à Égine.
Si cependant, dès que vos affaires vous le permettraient, il pouvait vous être agréable. Monsieur le marquis, de Toir quelque autre partie de ce pays, qui vous doit tant de reconnaissance, soit h Nauplie soit a Égine , je me trouverai toujours partout oîi Votre Excellence arrivera.
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Nauplie, -^ 1829.
^ 5 mars
Les informations que nous venons de recevoir de Fatras et du golfe de Lépante nous donnent la pénible conviction que, malgré le zèle et la bonne volonté du capitaine Fabricius, la contrebande se fait, et que les Turcs renfermés dans le fort sont ravitaillés par des barques ioniennes et d'autres bâtiments grecs et étrangers.
Le membre du commissariat pour la marine connaît