‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 20 sur 95 · AU DUC DE BASSANO · texte numérisé non relu

AU DUC DE BASSANO

Paris, 21 mars, onze heures du matin.

Mon cher duc, je crois nécessaire que Ton fasse connaître par toutes les lignes télégraphiques les événements survenus et l'arrivée de l'Empereur à Paris. Il sera bon aussi d'ajouter pour la ligne de Brest qu'on soit tranquille sur ce point; que si les armements des Anglais à Torbay devenaient importantSi des troupes s'y porteraient immédiatement.

Paris, le 21 mars 1815 ^

Monsieur le maréchal , j'ai l'honneur de vous prévenir que l'intention de Sa Majesté l'empereur Napoléon est que Votre Excellence regarde comme nuls et non avenus tous les ordres que vous avez reçus du dernier gouvernement, pour organiser et commander le corps d'armée que le général Dupont avait réuni à Orléans et Montargis, sous le nom d'armée de la Loire, et que vous vous rendiez tout de suite à Paris pour prendre ses ordres.

Votre Excellence fera connaître à tous les officiers généraux et d'état-major qui ont reçu des lettres de service pour être

> Le maréchal Gouvion Saint-Cyr, avait quitté Paris le 20 mars, se rendant à Orléans, avec mission de rassembler des forces sur la Loire pour le Roi. A son arrivée, il avait trouvé la révolution à demi faite en faveur de TEmpereur, le drapeau tricolore arboré, les troupes déjà prononcées sous rinfluence du général Pajol. Le maréchal avait aussitôt fait arrêter Pajol cC rétabli, avec le drapeau blanc, l'autorité du Roi ; mais les nouvelles arrivant bientôt de Paris, le mouvement reprenait son cours, le 1*' régiment de cuirassiers délivrait spontanément Pajol ; l'Empereur était de nouveau reconnu, et le maréchal Gouvion Saint-Gyr était obligé de quitter Orléans. Au premier moment, on ne savait encore sur quel point il s'était dirigé.

employés sous vos ordres, les intentions de Sa Majesté, et leur ordonnera de se rendre à Paris pour recevoir une nouvelle destination.

Les troupes resteront cantonnées où elles se trouvent, sous les ordres du général Bonnet, qui reçoit Tordre d^en prendre le commandement.

Faites prendre la cocarde tricolore.

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