AU GÉNÉRAL EXELMANS, A AMIENS
S3 mars 1815, neuf heures et demie du soir '.
M. le général, je suis informé que le Roi s'est présenté à Lille et que M. le duc de Trévise est allé à sa rencontre. Je sais positivement que M. le maréchal Mortier et les troupes qui sont à Lille sont très-bien disposées, et qu'ils n'attendent que l'apparition des troupes impériales pour se décider; il ne feut pas marcher avec circonspection.
Il feut envoyer un parti de 100 chevaux sur Arras; il devra y être rendu en huit heures. Vous devrez marcher immédiatement après la réception de ma lettre.
J'ai envoyé un de mes aides de camp, hier, à Arras, où commande le général Teste. Je suppose que la garnison de cette place s'est déclarée.
Le général Gfaastel doit être de sa personne près de Lille; il doit se concerter avec les commandants pour occuper cette place au nom de l'Empereur. L'arrivée du Roi contrariera ce mouvement. Il est donc nécessaire que les troupes impériales se présentent le plus tôt possible avec la cocarde nationale sous les murs de Lille. Nul doute que la garnison de celte place ne se déclare. Si le Roi y était, on le laisserait aller en Belgique avec les princes et ceux qui voudraient le suivre.
L'officier qui ira à Arras trouvera de la cavalerie fraîche; il choisira 150 chevaux et se transportera tout de suite sur Lille. On fera un détachement de 25 chevaux sur Douai pour faire prononcer la garnison.
Il n'y a à craindre que les troupes étrangères qui pouiTaient occuper Lille. Alors vous aurez voti*e retraite sur Arras. Il sera bon aussi, d' Arras, de faire de petits détachements sur
' On ne pouvait savoir encore à Paris, à cette date (23 mars), ce qui sr passait à Lille, où le Roi était arrive le 22 pour (;a(;ner aussitôt la Belgique. Le (jénéral Exelmans avait été expédié à la poursuite de la maison du Roi qui s'acheminait sur Béthune, naturellement un peu en désordre, avec le comte d'Artois et le duc de Berry. Le général Exelmans avait mission, non de cliercher le combat et d'en venir aux mains avec la maison du Roi, mais de la harceler, afin d'en provoquer la dissolution et le désarmement.
Valenciennes et le Quesnoy, pour faire prononcer les garnisons. Il faut répandre le bruit que vous avez 6,000 chevaux, et que le comte de Lobau part avec 25,000 hommes pour se porter sur Lille.
11 faut étonner l'imagination et vous porter en avant sans tirer. Je vous le répète, il est essentiel de mettre beaucoup de promptitude et d'audace. Vos détachements peuvent arriver demain sur la brune à Lille.
Le général Gharriére doit se porter sur Calais, avec un détachement de 50 chevaux, pour aller prendre le commandement de cette place.
23 mars 1815
Monsieur le maréchal, TEmpereur me charge de vous réitérer Tordre de revenir à Paris et de vous faire connaître que si vous ne le faites pas et si vous continuez à faire filer des troupes sur la Vendée, vous serez déclaré traître à la patrie, et qu'en conséquence vos biens seront confisqués.
J'ai été chargé par l'Empereur de faire prévenir madame la maréchale Saint-Cyr de ces dispositions.
23 mars 1815.
Monsieur le général, je viens de recevoir le rapport que depuis votre départ le maréchal Gouvion Saint-Cyr a donné des ordres contraires aux intentions de Sa Majesté. La cocarde blanche a été reprise, l'autorité de l'Empereur méconnue.
Ce maréchal a donné une direction du côté de Tours à plusieurs régiments : il a pris des mesures pour cacher tous les événements qui se sont passés à Paris. J'aime à croire que lorsqu'il aura reçu l'ordre que je lui ai adressé de la part de l'Empereur de se rendre à Paris, il aura obéi.
Je lui réitère cet ordre. En cas de refus de sa part.
366 CORRESP02rDA2rCE
▼oo:» le ferez arrêter: too* diri{jerez sar Paru le A6^ régiment de ligne et le 5' régiment de ciiira;>siers, desquels on a cherché à égarer le» esprit». II ne peut i|ii*ètre trés-otîle an bien du «errice de £ûre prendre à ces corpe l'air de la capitale.
Je Toas aatorise à donner tons les ordres que le bien du r^errice Toa.s dictera, à Toars et à B[ois. Tons donnerez Tordre en particulier au général Donadieu et an commissaire des guerres Marcoiin de 5e rendre près de moi.
Des diTisions Tont être réunies à Chantres et à Alençon pour être prêtes à se porter dans les départements où les mauTais Français auraient pu obtenir quelques soccèSy afin d>n arrêter Teffet, des le principe.
Correspondez fréquemment avec moi.
Cî-joint une lettre pour le général Pajol, qui est mis à votre disposition.
Prenez avec les autorités locales toutes les mesures nécessaires pour assurer la subsistance des troupes.
1495. A LEMPERECR ET ROI.
23 man 1813.
Sire, le ministre de la guerre a Thonneur de transmettre à Votre Majesté le rapport que le général Domon m*a £ait.
Le ministre a faât partir pour Chàlons le général Domon, pour porter Tordre au général Bigaud de s*arréter avec ses troupes à Tendroit où la dépêche sera remise.
Le général Domon réunira dans les environs de Rethel et prendra sous son commandement toutes les troupes dirigées sur la Meuse par le duc de Bellune. Il a ordre, toutefois, de laisser rentrer dans les garnisons de Givet les troupes qui les formaient.
Le général Ghabert est parti pour prendre le commandement de Méziéres, en remplacement du général Dumonceau, qui est trop vieux.
Le ministre a réitéré au duc de Bellune Tordre de rentrer il Paris.
23 mars 1815.
Sire, j'écris au duc de Rovigo pour faire partir tout de suite le général de gendarmerie Saunier pour les départements de rOuest. Toutes les troupes des 11% 12* et 21* divisions militaires qui étaient en marche sur Paris ont reçu Tordre de s'arrêter à Alençon;je fais chercher le général Travot pour en prendre le commandement. Quatre généraux de brigade seront mis à sa disposition ; il dirigera les troupes sur les points où il le croira nécessaire; il demandera au général Belliard des renseignements.
Ces ordres sont donnés en exécution de la note que le général Belliard m'a remise de la part de Votre Majesté.