i mars
Sire, le ministre de la guerre a l'honneur de proposer à Votre Majesté d'ordonner que MM. les lieutenants généraux et maréchaux de camp nommés et employés dans ces grades au 1*' avril 1814, touchent leurs traitements d'activité, depuis le 1*' mars, époque à laquelle Sa Majesté a débarqué en France, sur le pied du grade qu'ils avaient au 1*' avril 1814.
Je me ferai faire des rapports sur ceux de ces ofBciers qui auraient obtenu de Tavancement, pour en demander la confirmation dans lé cas où ils le mériteraient par leurs services.
24 mars 1815.
Monsieur le maréchal, l'Empereur n'a point de vos nouvelles. Je suppose que l'aide de camp du général Gérard vous sera arrivé. Je vous fais passer copie de la dépêche dont il était porteur.
Ze% CORRESPONDANCE
Le duc de Bellone fait des tentatÎTes à Chàlons pour entraiaer les troupes à marcher contre notre souTeraio légitime. Il est le souTerain voulu par la nation, car celui-là n'est pas donné par 3 à 400,000 baïonnettes, et ce n*est pas stcc 600 hommes qu*il eût forcé notre volonté.
Les troupes ont abandonné le duc de Bellune. Pareille chose vient d'arriver au maréchal Gouvion Saint-Cyr à Orléans. Dans la Vendée, les Bourbons ont complètement échoué.
Le duc de Trévise, qui est à Lille, a annoncé que le Roi y arrivait. Dans le principe, il devait s^embarquer; mais craignant d'être retenu par les vents contraires, il a traversé Lille poor se retirer en Belgique.
Faites exécuter, mon cher maréchal, dans tout votre goovemement, les décrets de TEmpereur, et surtout celui du 13 mars : fsiites chasser des places tous les émigrés qui y ont été envoyés dans ces derniers temps '.
Il n'est pas vraisemblable que l'étranger cherche à pénétrer sur nos frontières; mais prenez toutes les mesures pour mettre nos places à l'abri de toute surprise et trahison.
24 mars, à hait heares et demie do matîn.
Mon cher général, l'Empereur, à qui j*ai soumis les instructions que je vous ai données, vient de me faire les réflexions suivantes que je m'empresse de vous transmettre, en vous laissant toutefois la feculté d'agir suivant les circonstances.
> Le maréchal Sachet, dac d*Albaféra, qui commandait en Alsace, ■*était •onmis aux éyénement« et avait arboré le drapeau tricolore, se préoccapant avant tout de la défense de la frontière et de la sûreté des places fortes. Le décret du 13 mars, dont il est ici question dans la lettre à lui adressée, avait été rendu par Napoléon à Lyon et portait dissolution des deux Chambres. Ce décret, appuyé sur des considérants extrêmement violents, se fondait sur ce que les deux Chambres s'étaient rendues indices de la confiance de la nation, en voulant rétablir les droits féodaux, en mettant en doute la validité des ventes de biens nationaux, en violant les droits du peuple, en livrant la France aux émigrés, etc., etc. C'était le langage du jour.
• Il £aut tâcher de rallier et de prendre les troupes dans « Tendroit où elles se trouvent. Il n'est pas probable que des « corps puissent venir de Châteauroux à Alençon sans être « débauchés ; il faut donc faire plusieurs colonnes sur le point « où les troupes se réunissent. Le point de Tours me paraîtrait «convenable, comme point central, mais il faut que les géné- I raux marchent avec prudence. »
Je vous préviens, mon cher général, que le général Lemarois reçoit Tordre de se rendre à Rouen pour prendre le commandement qu'avaient les maréchaux Augereau et Jourdan.