AU GÉNÉRAL REILLE ET AU DUC DE PLAISANCE
31 mars 1815 1.
nsieur le général, je vous adresserai incessamment la 3sition de vos administrations, de votre artillerie, per-
I qu*il était à peu près rassuré sur les frontières de Test et du nord préoccupaient plus que l'ouest et le midi, dont on espérait obtenir nent la soumission, Napoléon, ne doutant pas que la guerre ne fût iminise mettait à réorganiser Tarmée. C'est dans ce sent qu'il écrivait, cinq près son arrivée, au ministre de de la guerre :
ipereur au maréchal Davout. — « Paris, 26 mars 1815. Mon cousin, ;ment que tous les mouvements de l'Est et du Nord sont terminés, il •mer des corps d'observation.
i^^ sera composé de tous les corps qui sont dans la 16* division. A t, le 1'^ et 1c 2* bataillon de tous ces réjpments se réuniront au camp, lataillon seul et le dépôt resteront dans les places. Vous donnerez au l'Erlon l'autorisation de faire les changements qu'il jugera convenables s commandants et ofBciers des gardes nationales. Ce corps d'observaréunira à Lille.
2* sera commandé par le général Reille, et composé de l'infanterie
cavalerie qu'il a avec lui ; il se réunira a Valencienncs et Maubcuge. itcs-moi connaître combien de divisions de cavalerie et d'infanterie on t ainsi former dans le Nord.
audra successivement renforcer ces deux corps d'observation par les illons, aussitôt qu'ils auront été complétés par le rappel des semés- : des congés illimités, ainsi que par les anciens soldats qui rejoindront. 3* corps d'observation sera formé des troupes qui sont à Ghàlons et 2* division militaire. Le duc de Plaisance en conservera provisoire- ! commandement ; on y enverra un officier plus habile, aussitôt qu'il îessairc. Ce corps se réunira à Mézières.
4* corps se composera de tout ce qui est dans les 3* et 4" divisions es. On laissera les 3*^' bataillons et les gardes nationales dans les Le général Gérard commandera ce corps, qui se réunira à Thionville. 5* corps sera composé de tout ce qui se trouve dans les places d'Aï- 3 duc d'Albuféra le commandera; il le réunira près de Strasbouq;. int que les 3^' bataillons et les dépôts dans les places avec les garder
sonnel et matériel^ et une instruction générale sur rétablisse* ment des troupes. Je dois tous faire observer que ce ne sera que sous quatre ou cinq jours que les préfets pourront avoir du ministre de l'intérieur des instructions sur la formation des gardes nationales. 11 se passera encore bien du temps avant que cette force, qui pourra rendre disponibles toutes les troupes régulières, soit organisée. Il est donc prudent de ne pas trop dégarnir les places {pow le comte dErlon)^ surtout celles qui sont entre Lille et la mer, qui sont découvertes.
On doit rappeler sous les drapeaux tous ceux qui les ont quittés ou qui ont été congédiés sous le dernier gouvernement. Si cette dernière mesure réussit, comme tout l'annonce, ce sera une nombreuse et excellente recrue.
Vous recevrez incessamment des instructions à cet égard.
Je vous adresserai aussi des instinictions générales pour les dispositions à prendre pour le placement des troupes.
Les vivres de campagne seront accordées aux troupes. Je vous enverrai une instruction à se sujet. Des mesures vont être prises par le ministre du Trésor pour assurer la solde.
Je ne puis trop vous recommander, général, de maintenir la plus grande discipline dans les troupes, et que les habitants ne soient pas foulés. Sévissez contre les officiers qui ne réprimeront pas les désordres des soldats.
Concertez-vous avec le général Reille pour le terrain que vous aurez à surveiller, afin qu'il n'y ait pas entre vous et lui des débouchés non observés.
[Au général Reille : Concertez- vous avec le duc de Plaisance et le général d'Erlon, pour, etc., etc.)
nationales. Donnez-lui rautorisation de changer dans la garde nationale tons les officiers qui ne seraient pas sârs.
« Le 6* corps sera réuni près de Ghambéry, pour couvrir les Alpes. On y enverra les régiments qui sont dans les 7* et 8" divisions. Le général Deisaix les commandera.
« Le 7* corps observera les Pyrénées; il sera composé de tous les régiments qui sont de ce côté. Le général Glausel le commandera.
« Enfin il y aura un corps de réserve de Tintérieur, qui formera le 8* corps et sera réuni autour de Paris. Il sera commandé par le comte de Lobau.
« Faites-moi former cet état des différents corps, afin d*en arrêter définitivement l'organisation... n {Correspondance de Napoléon^ t. XXVIII, p. 36.)
{Au duc de Plaisance : Concertez-vous avec le général Reille par votre gauche, et avec le général Gérard par votre droite, pour, etc., etc. Le général Gérard part cette nuit.)
Envovez-moî Tétat de situation et l'itinéraire de toutes les troupes que vous ferez venir pour former votre corps d'armée.
31 mars 1815.
Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre du 31 mars. Votre 'évouement à l'Empereur est connu et apprécié. Je vous ngage à ne pas donner suite à votre projet de vous retirer hez vous, maintenant que l'organisation de corps d'armée me mettra, d'un moment à l'autre, à même de vous mettre en ctlvité et d'utiliser qn bon serviteur de l'Empereur.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté l'état qu'elle e demande, par sa lettre du 25 mars, des maréchaux et utenants généraux qui occupaient des emplois de colonels néraux avant le dernier gouvernement.
l*' avril 1815.
Monsieur le maréchal, j'ai l'honneur de vous renvoyer les très que vous avez reçues de Vannes et que vous m'avez mrauniquées. Je ne pense pas que je doive en faire rapport 'Empereur. Sa Majesté est certainement loin dépenser qu'il it possible que vous ayez des correspondances contraires à s obligations envers lui et notre patrie.
s avnl 1815.
Pour les quatre divisions de g^rosse cavalerie dont Votre Majesté a ordonné la formation, elle a désigné le général Milhaud pour la 1'*.
L'intention de Votre Majesté est-elle de désigner les trois autres, ou dois-je les choisir *?
1532. — AU GÉNÉRAL MAURICE MATHIEU Envoyé à Toulouse pour commander la 10* division militaire^
2 arril 1815.
Monsieur le général, l'Empereur vous confie le commandement de la 10' division militaire.
Vous remettrez au général Delaborde, qui avait ce commandement, la lettre ci-jointe qui le rappelle à Paris. Dites-lui bien qu'il n'y a aucun sujet de mécontentement de la part de Sa Majesté. Elle désire l'employer ailleurs.
Vous trouverez ci-jointes les principales circulaires qu'il vous importe de connaître, afin d'en exécuter les dispositions. N'ayant encore aucun rapport de Toulouse, et toute la correspondance prouvant qu'on a cherché à faire sur ce point des rassemblements de mécontents, l'Empereur vous donne des pouvoirs extraordinaires, comme de faire suspendre et même arrêter les autorités civiles, de nommer des commissions militaires, enfin de prendre toutes les mesures qui vous paraîtront
I Par une lettre du 30 mars, où il revenait en détail sur Torgamsation des divers corps de Farinée du Nord, TEmpereur avait ordonné la formation de trois divisions de grosse cavalerie, — le maréchal dit quatre. « ...Vous fermerez, disait TEmpereur, trois divisions de réserve de cuirassiers. Mon intention est de mettre à leur tête trois généraux de division de premier ordre qui aient eu déjà des commandements généraux de cavalerie. Nommez le pénéral Milhaud pour commander la i*^ qui se réunira h Douai et sera sous les ordres du comte d'Erlon. Elle se composera des l*"", 4% 7* et i2« de cuirassiers; désignez deux généraux de brigade distingués pour les commander. . . a (Correspondance de Napoléon, t. XXVII J, p. 56.)
riécessaires pour rétablir Tordre et faire reconnaître Tautorité le FEmpereur. Vos pouvoirs sont d'autant plus étendus que Sa Majesté connaît votre prudence et votre fermeté.
S'il y a eu des rassemblements, il vous sera très-facile l'avoir les listes des instigateurs et d'en connaître l'organisaion. Vous ferez déclarer, individuellement et à tous ceux qui >nt formé ces rassemblements, que désormais ils deviennent responsables de tout ce qui arrivera dans leurs communes, et 'ous ferez effectuer leur désarmement.
J'écrirai au ministre du Trésor pour qu'il réalise le plus )romptement possible, sur ce point, des fonds pour commencer à payer les objets fournis par réquisition.
Dans le cas où l'insurrection aurait pris une grande consisance, vous iriez rejoindre le général Morand, qui mettrait ne colonne de troupes à votre disposition.
Le général Clausel est parti d'ici le 22 mars pour prendre ? commandement de Bordeaux. Il est probable qu'il est dans Dn commandement en ce moment. Je vous engage à entrer n relation avec lui.
3 avril 1815.
Monsieur le général, depuis les ordres que je vous ai expéiés pour votre marche sur Nîmes, je n'ai point reçu de vos ouvelles. Le général Grouchy, dés son arrivée à Lyon, me lit savoir par une dépêche télégraphique de ce jour que les isurgés sont entrés hier à Valence : il a envoyé le général iré avec le 6' d'infanterie au pont de l'Isère. Je lui envoie emain, en poste, par ordre de l'Empereur, la division Girard, ui y arrivera dans quatre jours.
Le général Brayer se rend aussi à Lyon, pour prendre le Dmmandement de la ville et laisser le général Dessaix dispoible pour marcher à la tête des troupes.
J'ai ordonné au général La Salcette de manœuvrer de son 5té pour garantir Lyon. Vous sentez. Monsieur le général^
/>>3ib.er4 i! e-î i?np!>runt. [«^ar rtouffer des le principe ce^ el:xir:^!!e% de ^erre arile. de pre»»er Totre nuadie for 5iiae«. fâr roCre colonne de gancfae. L'Empereur tous en donne l'ordre exprès. H y a lont lien de croire qoe Tapparitîon de ro^ téte-ç de colonne détermînefa les cfaeB de cette eutreprUe in«ensëe à r renoncer eoftierement. 11 sera nécessaire qoe Too$ m'enroriez rhinéraire de tos colonnes, et que Too^ établissiez bien xotre serric? d'estafette.
A l'instant, je reçois une lettre da général Amer, dont je roa« donne commonication. Cette lettre est un nonrean motif d'accélérer votre marche. Annoncez l'arrÎTée de tos troupes au général Amer. Donnez to> instructions au général Boqoet de la gerjdarmerie pour que des mesures soient prises poor arrêter tou» les émissaires qui cfaercfaeiaient à propager rinçurrection. Il Eaut les faire mettre en lieu de sûreté.
Donnez toutes vos instructions à Rennes et à Nantes pour qu'il T ait une grande surreillance. Il ne Eaut pas qn^on se liome à »urveiller les agitateurs; il faut les arrêter. Faites connaître à tous les chefs des insurgés, aux la Trémouille, etc.^ qu'ils sont resfK>nsables de ce qui arrirera dans leur commune, et vous ferez des exemples.
Prenez des mesures pour mettre en sûreté les valeurs qui M>nt à Limoges.
Je vous préviens qu'il y a un exemplaire de la carte de Cassini dans chaque préfecture. Vous pourrez le requérir, en en donnant des reçus, pour le mettre à la disposition de vos généraux, si cela est nécessaire.
3 avril, à onze kenres du soir. •
Monsieur le général, à l'instant l'Empereur me transmet votre dépêche télégraphique de ce jour, qui dit que a le 2 au
' L*Empor(mr au marnclial Davout. — « Paris, 3 avril 1815, huit heuref rlu soir. Mon cousin, voua trouverez ci-jointe une dopécYie téléj^pbiqae. Donnez ordre à la dirision Girard, qui devait partir demain pour se rendre»
: matin les insurgés ont attaqué nos troupes qui se sont
i repliées sur Valence. A cinq heures du soir, les insurgés se
sont emparés de cette place. Ils ont des troupes de ligne,
' notamment le 10' et 8 canons. Le 6^ régiment d'infanterie
i légère et le général Pire doivent prendre position au pont
sur risère. Ce général doit rallier ce qui s'est retiré de
Valence. Le général Loverdo et le 83' sont repassés aux
insurgés. Envoyez, en poste, des troupes à Lyon ; les moyens
de défense y sont insuffisants. »
Si vous n'avanciez pas ces faits aussi positivement, on ne ourrait y croire, surtout en lisant les rapports du général
u côté de Belfort, de partir avant le jour, pour se rendre en poste à Lyon. Al lieu du 5® de li{;nc, vous y mettrez le 7*, et le 5* restera à Paris. Faites ^nnaitrc au {^onor.d Girard ce dont il fî*a{*it, afin qu*il mène avec lui deux ons fjénéraux de brigade, de ceux dont il peut être sûr.
« Il est nécessaire de faire partir sur-le-champ deux commissaires des lierres pour parcourir la route, afin que des voitures soient prêtes. Il suffit uc la troupe les prenne à Essonne. Donnez ordre également au bataillon 'artillerie du 4" régiment, qui doit être parti aujourd'hui pour Lyon, et qui oit être ce soir à Ë-ssonne, de prendre la poste pour arriver plus tôt à Lyon, donnez lt> même ordre au bataillon de sapeurs que j'avais ordonne qu'on 'nvoy«ît sur Lyon. Comme jusqu'à Fontainebleau la route de Moulins et i*lle de Bourgogne sont la même, vous pourrez faire passer une colonne par Ici un et Tautrc par Essonne. Faites préparer des relais pour ces deux routes. Invoyez un de vos aides de camp a franc étrier pour annoncer ces troupes, ni doivent arriver à Lyon en quatre jours. Cet officier continuera sa route iHqii'à Grenoble, pour ordonner au général La Salcette de manœuvrer pour irantir Lyon.
M Envoyez un courrier au général Morand, pour qu'il presse sa marche sur limes, par sa colonne de gauche.
•« Faites venir le général Brayer; qu'il parte dans la nuit pour se rendre n poste à Lyon. Ayant commandé dans cette ville, il en connaît les dispoitions. Il prendra le commandement de la ville. Grouchy disposera alors de >e3saix pour le porter en avant.
« Il est nécessaire que les deux commissaires des guerres que vous envert'z par les deux routes, aient avec eux de l'argent. Il faut que les troupes arcourent quatre étapes par vingt-quatre heures.
tt Retardez le départ du U* de hussards et du 13* de dragons. Faites partir
n poste le major du 4* de hussards, qui est un officier sûr, pour se mettre
la tête des escadrons qui sont à Lyon, et faites choix d'un officier du 13%
ue Brayer désignera, pour se mettre à la tête de la partie du 13* qui est à
•yon.
« Prescrivez au général Grouchy de faire mettre à pied tous les gardes 'honneur de Lyon, pour procurer des chevaux aux hommes à pied de ces eux régiment.^. » {Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 71-72.)
La Salcette du 31 mars, transmis par une lettre du général Dessaix du 1*' avril, et eu outre l'imagination ne peut pas se représenter des généraux français allumant la guerre civile dans notre patrie et marchant sous les étendards d^un Bourbon dont la famille, depuis vingt-cinq ans, n'a fait que provoquer des guerres étrangères et civiles en France. Quoi qu'il en soit, il est important de faire échouer ces tentatives dès leur principe. En conséquence la division Girard part, demain à la pointe du jour, en poste, pour Lyon, où elle amvera en quatre jours. Le général Girard vous préviendra de la marche de ses colonnes pour que vous puissiez envoyer au-devant. Je donne Tordre également à un bataillon d'artillerie du 4* régiment et à un bataillon de sapeurs, qui sont partis ce matin pour Lyon, de prendre la poste pour rejoindre plus vite. J'ai donné également l'ordre au général Morand de presser sa marche sur Nîmes, par sa colonne de gauche.
L'Empereur envoie le général Brayer pour commander à Lyon, parce que ce général connaît les dispositions de cette ville. Vous pourrez alors disposer du général Dessaix pour le porter en avant. Je vous envoie également en poste le colonel du 4* de hussards, qui est un homme sûr, pour se mettre à la tête des escadrons que vous avez à Lyon. L'Empereur vous prescrit de faire mettre pied à terre aux gardes d'honneur de Lyon, pour procurer des chevaux aux hommes à pied du 4' hussards et de la partie du 13' chasseurs qui est à Lyon.
Si mon aide de camp est trop fatigué, envoyez un aide de camp au général La Salcette pour lui donner Tordre de manœuvrer pour garantir Lyon. Je suppose que le général Dessaix a pris des mesures pour se procurer des munitions; il pourrait en tirer de Grenoble et au besoin de la Franche- Comté; je pense qu'il a dû s'organiser des pièces de campagne.
Il ne faut pas laisser d'embarcation aux insurgés sur le Rhône. Il faut qu'on ne laisse qu'un cordon du côté de Ghambéry. Faites replier sur Grenoble les troupes qui y sont. Alors les insurgés n'oseront pas laisser cette place sur leurs derrières.
Au surplus, ce n'est pas à la distance où je suis qu'on peut
donner des ordres. Vous avez tous les pouvoirs : faites les disposilions.
L'Empereur ne peut pas croire que le général Loverdo, qui a de rhonneur, après avoir reconnu l'erreur dans laquelle on le tenait, ait faussé la parole qu'il a donnée.
3 avnl 1815.
Monsieur le maréchal, je n'ai pas rendu compte à l'Empereur de votre arrivée, puisque vous ne m'avez pas donné de vos nouvelles. J'ai su par le général Lepic que vous aviez passé par Bourges pour vous rendre dans votre terre. Je vous donne l'ordre de la part de l'Empereur de vous rendre tout de suite à Paris, où vous devrez demeurer tranquille dans votre domicile. L'officier de gendarmerie qui vous remettra cette lettre est chargé de vous accompagner dans votre voyage. Vous voudrez bien m'envoyer un rapport sur votre conduite jusqu'à ce jour, pour que je puisse le mettre sous les yeux de l'Empereur.