AU GÉNÉRAL CLADSEL, A BORDEAUX
6 «Tril 1815.
Monsieur le général, je reçois votre lettre du 4 avril et les lettres interceptées qui y étaient jointes. Je les ai mises sous les yeux de l'Empereur. Je ne doute point que votre entrée à Bordeaux n'ait déjoué les projets des chefs insurgés. On s'est déjà ressenti à Lyon de Toccupation de Bordeaux.
Les nouvelles télégraphiques d'aujourd'hui annoncent que les insurgés se retirent, et que les troupes de ligne se rallient. Tout annonce que sous peu de jours Marseille sera soumis. Lorsque j'en aurai la certitude, j'arrêterai les troupes du général Morand du côté de Toulouse, de manière qu'elles seront sous votre main, dans le cas, peu vraisemblable, d'une invasion de la part des Espagnols. Dans cette hypothèse même, je vous adresse une lettre pour le général Morand pour qu'il mette ses troupes à votre disposition. Lui se rendrait à Paris.
11 est très-important que l'on coupe toute communication avec l'Espagne à tous les agents des Bourbons. J'espère que le général Maurice Mathieu, qui a le commandement de la 10* division militaire, en sera maintenant en possession. Concertez-vous avec lui pour ne laisser aucun débouché de libre entre Bayonne et Perpignan; que tout soit bien observé, soit par des troupes de ligne, soit par des gardes nationales. 11 faut faire approvisionner pour six mois les places sur les frontières d'Espagne. Si vous appreniez que les troupes espagnoles font des mouvements, annoncez les forces du général Morand, et triplez-en le nombre.
Le président du Corps législatif. Laine, doit être à Bordeaux, et peut-être aussi beaucoup d'agitateurs : faites-leur connaître que le moyen d'obtenir leur paixlon, c'est de réparer
le mal dont ils sont en partie les auteurs, et que vous le» rendez responsables du moindre trouble qui aurait lieu.
J'ai mis sous les yeux de l'Empereur la demande que tous faites de M. Pierre-Pierre, pour commissaire général de police.
Votre entrée à Bordeaux a fait à Paris une grande sensation. Votre sagesse et votre fermeté sont appréciées.