‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 33 sur 95 · IV. S · texte numérisé non relu

IV. S

4 avril I8I51.

Sire y j'ai Thonneur d'adresser à Votre Majesté les états qu'elle a demandés pour le rappel des anciens militaires rentrés dans leurs foyers«

Un premier rapport explique les états de répartition établis suivant les intentions manifestées hier par Votre Majesté. J'ai cru devoir y joindre un second rapport et un autre état de répartition dans la supposition où il serait établi des dépôU. Je trouve dans la formation de ces dépôts de grands avantages ; j'ajouterai même que ce mode peut seul atteindre le but, et que le premier le manquerait en grande partie. Je supplie Votre Majesté de me donner ses ordres.

4 avril 1815, une heure et demie du matio.

Sire, Votre Majesté me demande si le régiment d'artillerie est paili hier matin.

Neuf compagnies du 4* régiment d'artillerie à pied sont parties hier matin pour Grenoble ; il en reste 6 à Vincennes.

Votre Majesté me demande s'il y a en Franche-Comté,

> Décret. — « Palais des Tuileries, 28 mars 1815. Article premier. L*Einpereur appelle tous les sous-officiers et soldats qui ont quitte Tarmée, par quelque raison que ce soit, à rejoindre leur corps et à courir à la défense de la patrie. Il leur donne la promesse spéciale que, aussitôt que la paix actuelle sera consolidée, ceux qui auront rejoint en conséquence du présent décret seront les premiers qui obtiendront des con{;és pour rentrer dans leurs foyers.

u Art. 2. Tous les sous-officiers et soldats qui ont servi dans la vieille garde, infanterie, cavalerie et artillerie, ainsi que dans la jeune garde, et qai sont maintenant chez eux par congé ou par permission autre que par semestre, rejoindront à Paris pour reprendre leurs rangs. Ceux des sous-officiers et soldats appartenant ht d'autres corps seront tenus de les rejoindre dans les lieux indiqués par le tableau ci-joint. Toutefois ils seront les maîtres, s*ili ont servi plus de trois ans dans un autre corps et s^ils le préfèrent, de le rejoindre, etc. » {Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 46-47.)

ûans la 18* division militaire, ou ailleurs, des troupes plus voisines de Lyon que celles qui partent de Paris, afin de les ériger sur Lyon. 11 n'y avait que le 6* léger et le dépôt.

5 avril 1815.

Sire, le général duc de Plaisance m'annonce, en date du !•% que le général Pelletier, commandant à Givet, lui rend compte, sous la date du 20 mars, qu'il passe journellement devant cette place des bateaux chargés de grains et de bois de construction se dirigeant sur Dinan et Namur.

Ce général demande si, en raison des circonstances, on doit empêcher l'exportation de ces objets à l'étranger.

Je prends les ordres de Votre Majesté à cet égard; j'ai répondu au duc de Plaisance qu'en attendant que je lui fasse connaftre les intentions de Votre Majesté, il devait laisser tout passer.

5 avril 1815 1.

Monsieur le général, je viens de recevoir vos lettres du 2 avril sur l'occupation de Bordeaux.

' Aa moment du 20 mars, le duc et la duchesse (rAn{;uulémc étaient dans le Midi, où la cause royale trouvait d'ardentes sympathies. Tandis que le duc d'Angoulême accourait à Marseille, pour essayer de se maintenir en Provence et de remonter le Rhône, la duchesse d*An{;ouIémc était restée à Bordeaux, où elle était Tobjet de beaucoup de respect et de démonstrations chaleureuses de dévouement. A la tète de la résistance bordelaise fi{piraicnt le maire, M. Linch, M. Laine, — le chef des volontaires royaux, M. de Martignac, M. de Vitrolles qui arrivait de Paris. Là, comme partout, dans le Midi, la population était ardemment royaliste, la garnison était silencieuse et n'attendait que le moment de se rallier à l'empire. Le général Glausel, envoyé de Paris, était arrivé rapidement avec des forces insignifiantes, 150 gendarmes et quelques gardes nationales, sur la Dordogne, à Cubzac, où il avait rencontré le chef des volontaires royaux, M. de Martignac. Puis, sans s'arrêter, il avait passé la Dordogne et s'était présenté devant Bordeaux, sur la rive droite

Sa Majesté me charge de vous témoigner toute sa satisfiiction. Vous avez rempli, on ne peut mieux, ses intentions, et, certes, l'occupation de Bordeaux, avec une poignée de monde, produira un grand effet, non-seulement dans Tintérieur, mais encore à Textérieur.

11 n'y a plus, heureusement, d'insoumis qu^entre Lyon et Marseille, et pour dissiper promptement les insurgés, l'Em^ pereur vient de faire partir six régiments d'in&nterie, en poste, pour Lyon, et trois régiments de cavalerie qui feront double étape. Le maréchal duc d'Albuféra est parti pour prendre le commandement de toutes ces troupes.

J'ai envoyé l'ordre au général Morand, qui avait celui de se porter d'Angers sur Bordeaux, d'accélérer son mouvement, et, vu l'occupation de cette ville, de se diriger sur Ntmes, pour coopérer avec le duc d'Albuféra. Je lui mande d'entrer en communication avec vous et de vous laisser un régiment de cavalerie. Si vous aviez besoin de plus de troupes, vous lui en feriez la demande.

L'Empereur a reçu le rapport officiel que le général Darrieau avait arboré les couleurs nationales à Perpignan et avait proclamé le gouvernement de l'Empereur, ce qui a été reçu avec le plus grand enthousiasme par la garnison.

Je suppose que vous avez, tout de suite, envoyé des ordres pour prendre possession de Bayonne et de tous les ports et places fortes qui sont à proximité des Espagnols. Il faut les faire approvisionner pour six mois. En exécutant cette mesure par des marchés, cela entraînerait beaucoup de lenteur; le ministre du Trésor, d'ailleurs, ne pourrait, dans les circonstances actuelles, disposer de beaucoup de fonds pour cet objet, avant d'avoir rétabli l'ordre dans les travaux de son ministère. Il faut le faire faire par des réquisitions que vous régulariserez avec les autorités civiles, en déterminant les prix sur

de la Garonne, après avoir rallié quelques compagnies cantonnées k Blaye. L*arrivée du général Glauael n'avait pas tardé k produire son effet, d*abord sur la garnison. Puis les divisions avaient éclate entre la garde nationale et les volontaires royaux. Bref, la résistance 8*étiit rapidement désorganisée, et la duchesse d* Angouléme avait subi la nécessité de s'embarquer le 1*' avril ; le général Glausel était entré à Bordeaux le 2 avril.

des mercuriales du pays, et, d'après votre rapport, je réclamerai auprès de Sa Majesté le prompt remboursement.

Si vous apprenez que les ordres du duc d'Angoulême sont encore reconnus à Toulouse et dans d'autres départements voisins, dirigez des troupes pour faciliter au général Maurice Mathieu de prendre le commandement de cette division auquel il a été nommé; entrez en relation avec ce général.

En général, entrez en communication avec tous les commandants militaires qui se trouvent entre le Rhône et Bordeaux; prenez toutes les mesures que vous jugerez nécessaires pour neutraliser Tinfluence des agents des Bourbons et particulièrement du duc d'Ângouléme. 11 est surtout d'une grande importance d'empêcher les communications des agents des Bourbons avec l'Espagne. Il faut donner des instructions à cet égard aux commandants des gardes nationales, aux autorités locales, aux commandants des troupes et de la gendarmerie.

Rétablissez sur la côte les garde-côtes. Enfin, en attendant que le général Maurice Mathieu soit à Toulouse, donnez des ordres dans la 10' division militaire ainsi que dans la 9*. Entrez en correspondance avec tous les généraux commandant les départements de ces divisions militaires et même de la 20*.

11 faudra, dans les premiers jours, une grande activité pour que la gendarmerie recherche et arrête tous les agents des Bourbons et les provocateurs à la sédition.

5 avril 1815.

Sire, j'ai eu l'honneur de porter le 3 avril à Votre Majesté l'organisation d'une partie du personnel des différents corps d'armée dont Votre Majesté a ordonné la formation; je demandais son approbation : je la prie de vouloir bien me la faire connaître, afin que je puisse faire partir les officiers généraux qui y sont compris.

5 aTril 1813.

Monsieur le général, j'ai reçu cette nuit un rapport officiel du général Clausel, daté de Bordeaux , le 2 avril. Ce général m^informe qu'il y est entré avec tres-peu de monde, qu'il a été accueilli avec enthousiasme aux cris de : Vive l'Empereur ! La duchesse d'Angoulême s'était embarquée le 1" avril.

Cette occupation de Bordeaux est d'une grande importance, surtout maintenant que les rassemblements de Marseille, du côté de Valence, étaient devenus assez importants. On a £ait partir pour Lyon, en poste, six régiments d'in&nterie et trois régiments de cavalerie, par double étape. Le maréchal Suchet se rend lui-même à Lvon. Il Csiut seconder son mouvement

pour dissiper ces rassemblements.

Portez-vous avec rapidité sur Toulouse et Ntmes. Ralliez toutes les troupes qui se trouvent dans ces pays, et à votre approche tout sera fini, les insurgés se disperseront.

Il est nécessaire que vous envoyiez un régiment de cavalerie au général Clausel, pour qu'il puisse en montrer dans tous les pays des environs de Bordeaux, qui ont été plus ou moins agités. Entrez en communication avec lui. Il fisiut vous faire annoncer plusieurs jours à l'avance partout, parce que la nouvelle de votre approche, en même temps qu'elle comprimera les malveillants, donnera de Ténergie aux bons Français. Assurez la subsistance de vos troupes et exigez qu'elles observent la plus grande discipline.

Laissez quelques troupes au général Travot pour qu'il puisse maintenir la tranquillité de la Vendée; donnez des ordres pour qu'on arrête tous les chefis des Vendéens qui se sont mis à la tête des rassemblements; fiaiites signifier à ceux qui ont montré un mauvais esprit qu'ils aient à rester tranquilles chez eux, sans quoi ils compromettraient leurs personnes et leurs propriétés.

Je n'ai pas encore reçu de vos nouvelles depuis l'accusé de

DU MARÉCHAL DAVOUT. — 1815. Wf

l'éception de mes dépêches du ... Entrez en communication avec les commandants des 9% 10% 19* et 20' divisions militaires, pour qu'on connaisse partout votre arrivée.

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