A VALENCIENNES
12 a^nl 1813.
Monsieur le général, j'ai l'honneur de vous adresser copie d'un rapport qui m'est fait sur la place d'Avesnes. Cette place est très-importante à conserver et à mettre à l'abri de toute surprise; elle a été très-utile aux alliés dans la dernière campagne ; ils en avaient fait une place de dépôt et y firent exécuter quelques réparations. Faites mettre en armement toutes les bouches à feu qui s'y trouvent, et envoyez-y 3 ou 400 hommes. Je donne l'ordre qu'on y envoie une demi-compagnie d'artillerie .
De plus, prescrivez la plus grande surveillance. II faut que
les troupes soient Io[j[ées à côté des postes d'alarme, en cas d'hostilités, sans déclaration de guerre. Vous devez désigner les brigades de gendarmerie et de douaniers qui devront se jeter dans la place. Je vais prendre des mesures pour qu'on y mette des vivres.
12 avril 1815.
Sire, dans les notes que M. le général Vandamme a données à Votre Majesté et qu'il m'a communiquées, M. Deschanips, colonel du 4* de lanciers, y est signalé comme animé d'un très-mauvais esprit, de même que le sous-lieutenant, Desbuisserets, du même régiment, tète exaltée et nuisible par ses propos. Le général Vandamme considère comme une chose utile au service de Votre Majesté la permutation de ce colonel et la destitution de M. Desbuisserets.
Avant de donner à Votre Majesté ces détails, appuyés de ma proposition, j'ai pris des renseignements aux bureaux de la guerre, sans leur donner communication des notes du général Vandamme : ces renseignements ont été tout à fait à l'avantage de ces officiers; mais ils ne peuvent détruire l'impression dé l'effet de leur mauvaise conduite dans ces diverses circonstances.
Je propose en conséquence à Votre Majesté de nommer au commandement du 4* régiment de lanciers un colonel en remplacement du colonel Deschamps, qui recevrait ultérieurement une autre destination, et de donner sa démission au sous-lieutenant Desbuisserets.
MINISTRE DE l'iNTÉRIEUR.
12 avril 1815.
Monsieur le comte, je crois devoir vous donner connaissance, quoique je présume que vous en soyez déjà instruit par
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la voie diredisr, qae M. le Ueatroant général Darricao, cooh fna»lant â PerpignaD. me mande que le préfet, comte Duhamel. MM.Hermann,sou?-préfet, et Delon, secrétaire généralde !a préfecture, ont pri& de» pas^e-porU et ont quitté la TÎlIe. le i de ce moi^, au%»îti>t que la cocarde tricolore fnt arborée et que l'autorité de l'Empereur y eut été reconnue, malgré l'opjio^îtion constante de ces trois individus, qui ont employé, |>endaot Tépoque qui précéda cet heureux érénement, tous les moyens ima{pnahles, non-seulement pour éviter la ^erre cirile et (aire échouer les mesures prises par le général Darricau, mais encore pour livrer aux Espagnols la forteresse de PerfWgnan, à Tinstigation du duc d'Angouléme.
1578. — AU GÉNÉRAL GROCCHY.
Monn^ieur le général, depuis ma lettre écrite j'en reçois une de TEmpereur, dont je vous communique le contenu :
« Écrivez au général Grouchy qui doit avoir reçu la lettre « que je lui ai écrite par le télégraphe et qui était dans le u .Moniteur d'hier (ci-joint le Moniteur) y qu'il doit feire signer
' I/Eropereur aa fjénmX Groacliy. — • Paris, il arril t8t5. Moiuienr \ti v.omUt Grouchy, l^ordonnance du Roi en date du 6 mars et la déclaration nf^née le 13 à Vienne par ses rnini^tres pouraient rn*aatorUcr à traiter |f? duc d'Anfjouléme comme cette ordonnance et cette déclaration roulaient f|n*on traitât moi et ma famille. Mais, constant dans les dispositions qui m'araient porté à ordonner que les membres de la famille des Bourbons pussent sortir librement de France, mon intention est que tous donniez des onires pour que le dur d*Angoulême soit conduit a Cette, où il sera embarqué, et que vous veilliez à sa sûreté et à écarter de lui tout mauvais traitement.
<• Vous aurez soin seulement de retirer les fonds qui ont été enlevés des caiiMes publiques et de demander au duc d'Angoulème qu'il 8*oblige à la reMtilution des diamants de la Couronne, qui sont la propriété de la nation. Vous lui ferez connaître en même temps les dispositions des lois des assemblées nationaleit, qui ont été renouvelées et qui s'appliquent aux membres de la famille des Bourbons qui entreraient sur le territoire français.
M Vous remercierez en mon nom les gardes nationales du patriotisme et da zélé qu'elles ont fait éclater, et de l'attachement qu'elles m*ont montré dans cifs circonstances importantes, n {Correspondance de Napoléon, t XXVIII p. 91.)
u duc d'Angoulême la promesse de faire rendre les dialants de la couronne et de ne jamais porter les armes contre 1 France; enfin qu'il doit lui signifier les décrets qui le ondamnent à mort, comme membre de la famille de Bouron, s'il restait en France. Le général Grouchy doit lui éprendre l'argent qui aurait été retiré des caisses publiques, t après, le laisser partir. »
Telles sont, Monsieur le général, les expressions de l'Emper. Il est suffisant de vous les transmettre littéralement pour e siir de leur exécution.
-«es généraux Daultanne, Ernouf et Loverdo sont destitués, vous enverrai le décret de destitution, mais, en attendant, is le leur signifierez. JJ'ignore de quel pays est le général uUanne, et s'il y a inconvénient de le renvoyer chez lui ; is l'enverrez au général commandant à Lyon, qui lui assiéra une commune où il y ait un bon maire, et où il sera s la surveillance des autorités.
/^ous en agirez de même à l'égard du général Loverdo et du léral Ernouf, en les mettant à une grande distance l'un de itre, et dans de petites communes, où ils seront sous la veillance des autorités et de la gendarmerie. jCS généraux Milly et Merle, qui se sont on ne peut mieux aportés, sont mis à votre disposition. Faites sortir toutes personnes que le duc d'Angouléme et ses agents ont mis prison, en particulier les officiers de gendarmerie Rivaud dorin. Le colonel Higonnet, qui va^commander le 10*régint de ligne, est parti en poste. Vous dirigerez le régiment, es avoir mis à exécution les dispositions contenues dans s lettres précédentes, relatives aux officiers de ce corps, sur don-sur-Saône, ainsi que le 3* bataillon et le dépôt de ce iment. Adressez-moi les deux itinéraires, pour que je sache jour où le 10' régiment arrivera à Chalon-sur-Saône et ji où le 3' bataillon et le dépôt y arriveront, pour que je sse prendre les ordres de l'Empereur.
J'ai reçu votre lettre du 11 et la proposition que vous faites de profiter des circonstances pour organiser les compagnies départementales. Je l'ai mise sous les yeux de TEmpereur. Je vous transmettrai sa décision aussitôt qu'il me Taura £alt connaître.
J'ai reçu aussi la transmission de la dépêche télégraphique par laquelle le général Grouchy annonçait rarrestation du duc d'Angouléme à Lapalu, et où il demandait les ordres de l'Empereur. Vous aurez eu connaissance, par la lettre de l'Empereur, qui a été insérée dans le Moniteur du 12, des intentions de Sa Majesté. Je ne pense pas qu'il y ait rien de changé : au surplus, l'Empereur a dû donner des ordres directs à cet égard-là.
On vient de recevoir votre dépêche télégraphique, où vous annoncez que le prince d'Essling a fait arborer le drapeau national à Toulon, et qu'il a fait une proclamation digne d'un bon Français.
Nous attendons la nouvelle de la soumission de Marseille pour faire tirer cent coups de canon.
13 avril 1815 *.
Sire, M. le duc de Padoue demande une extension aux pouvoirs que le ministre de l'intérieur lui donne pour la Corse.
' L*Empereur au ministre de rintéricur. — « Paris, 14 avril 1815. Monsieur le comte Carnot, je vous renvoie on rapport du ministre de la ^erre« du 13. Je ne veux point de ro{îiment provincial en Corse, mais quatre bataillons de chasseurs organisés comme Tinfanterie légère. Le ministre de la miene enverra des instructions pour leur habillement, pour cette année; et, jusqu'à ce qu*on y ait envoyé des draps du continent, ils seront habillés avec drt draps du pays. Les officiers à demi-solde seront, la plupart, employés en France, dans le royaume de Naples ou en Italie.
« 11 est sans exemple que j*aie autorisé un général à donner autant de
Voici en quels points diCFèrent les pouvoirs que reçoit ce gouvernement et ceux qu'il sollicite pour le cas de guerre qui intercepterait les communications avec la France j
Pouvoirs résultant des instruc^ tiens données par le comte Ccarnot.
D'organiser, sans délai, les gardes nationales, de destituer et renvoyer en France les employés nommés par le Roi, de former 'un bataillon composé de 500 hommes, tous Corses, pour nie d'Elbe.
D'épurer la composition des autorités du pays, conjointement avec le préfet, de n'y conserver que les Français nommés par l'Empereur, avant le !•' avril 1814, de renvoyer en France les agents nommés par le Roi et tous les employés Français qui se seraient mal conduits.
De distribuer 6 croix d'officiers et 30 croix de légionnaires à ceux qui se seraient le plus distingués, quand les couleurs nationales ont été réarborées.
De se faire délivrer par les autorités locales les fonds iié-
Demandes contenues dans la lettre du duc de Padoue.
Le pouvoir d'organiser un régiment provincial, corse, de 4 bataillons, sur le pied de la ligne, d'y utiliser les officiers à demi-solde, qu'on croit au nombre de 400 en Corse, d'organiser les gardes nationales de manière à rendre disponibles les 4 bataillons et avoir en outre une force locale suffisante et mobilisée.
De remplacer tous les agents suspects,mémeles commandants de place, de donner de Tavancement aux officiers qui le mériteraient par suite des événements de la guerre, comme y ont été autorisés les gouverneurs de place, pendant la dernière campagne.
D'accorder toutes décorations selon que les événements de la guerre (si elle a lieu) en indiqueraient la convenance.
D'emprunter en Corse et à
décorations de la Légion d*honneur qu'il le voudrait. Il est également inconvenant, quant à la comptabilité, qu'aucun individu ait le droit illimité de tirer sur le trésor national. Recommandez au gouverneur d'agir avec modération; qu'il laisse marcher l'administration selon la forme accoutumée; qu'il ne fasse rien d'extraordinaire, à moins que ce ne soit indispensable; qu'il ne change même personne de place, que dans le cas où la sûreté du pays l'exigerait; qu'il ne change également rien au séjour actuel des autorités. Il est nécessaire qu'il corresponde fréquemment avec ie général Dalesme, gouverneur de l'ile d'Elbe, aHn de se porter mutuellement les secours que les cir- •ooQStances exigeraient. » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 94.)
rr.
Pouvoirs résultant det însfruc^ Demandes contenues dans la
tions données par le comte lettre du due de Padoue,
Camot.
Géoes, ponr tous les besoins da
cessai res au service, de coires- service, de tirer à concurrence
pondre fréquemment avec le sur les paysans de Toulon et de
ministre, pour tous les objets Marseille, qui seraient autorisés
d 'intérêt public. à payer par les divers ministres.
De pouvoir enfin se passer de
correspondance en cas de guerre.
J^ai rhonneur de soumettre ces propositions à Yotre Majesté et de prendre ses ordres.
13 avril 1815.
Monsieur le général, TEmpereur nous ayant répondu directement, je n'ai rien à vous dire.
Vous avez dû déjà recevoir par le duc d'AIbuféra Torganisation de votre corps d'armée; faites mettre à exécution ces dispositions le plus tôt possible *.
1 Sans attendre la 6n des opérations da ([énéral Grouchy sur le Rhône, mais comptant sur an prompt donoûment, l'Empereur, on Ta déjà tu dan» des lettres précédentes, destinait le général, au moins provisoirement, à un commandement sur les Alpes ; il y revenait itérativement dans sa lettre ao ministre de la guerre.
L'Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 8 avril 1815. ...Le général Grouchy aura le commandement du 7* corps et du corps d'observation de:: Alpes. Deux divisions actives se réuniront à Chambéry et à Grenoble, et l'autre en Provence.
« Le général Clausel commandera le corps d'observation des Pyrénées. Une division sera réunie du côté de Toulouse, une du côté de fiayonne, et la troisième dans l'intervalle.
• Le 4' de hussards et le 13" de dragons feront partie du corps du général Grouchy, avec un des quatre régiments de cavalerie légère qui sont dans le Languedoc, celui qui a le plus besoin de changer de pays. Les trois autre» régiments resteront au corps d'observation du général Clausel... » (Correspond dance de Napoléon, t. XXVIIl, p. 81-82.)
Peu après, poursuivant son idée, pressant la marche des divisions Girard et Dessaix sur Ghambéry> l'Empereur ajoutait, dans une lettre du 17 avril, an
Il y a beaucoup d'officiers émigrés dans les régiments qui taient dans le Midi, notamment dans le 10'. Ce sont eux qui nt porté les soldats à une trahison sans exemple dans This- )ire. Il faut les faire arrêter et mettre en jugement; il faut, n général, suspendre de leurs fonctions tous les officiers qui nt montré un mauvais esprit; il faut leur assigner une ville ont ils ne pourront pas sortir. Faites-moi un rapport sur eux, t pour que je puisse prendre les ordres de Sa Majesté à leur gard. Vous les ferez remplacer par des officiers et sous-offiiers que vous nommerez provisoirement : vous m'en enverrez état nominatif pour que je demande à l'Empereur leur conrmation.
Par la lettre du général Gilly, datée de Saint-Esprit, du 8, t par tous les rapports, je vois que le duc d'Angouléme était ar\'enu à lever une grande quantité de volontaires royaux ans les départements du Midi. Il aura vidé une partie de nos rsenaux. Il est de la plus grande importance de recouvrer Dûtes ces armes et de désarmer les volontaires royaux ou ardes nationales qui servaient pour le duc d'Angouléme. Quelle que soit l'origine de ces armes, faites-les transporter à rrenoble.
Comme on a l'état nominatif de ces volontaires, il sera icile d'avoir ces armes, puisqu'on connaît leurs demeures; •renez toutes les mesures pour l'exécution de ces dispositions, uxquelles l'Empereur tient beaucoup.
Vous m'enverrez, tous les quatre jours, un état de la rentrée es armes, que je mettrai sous les yeux de l'Empereur.
tarécli.il Davout: « Paris, 17 avril 1815 ...Que le jjcnéral Groucliy porte son iiartier général à CKambéry; il aura là 80u/« ses ordres huit régiments d'inmterie et trois de cavalerie; que les huit régiments qui composeront ces deux ivisions soient portés chacun à quatre bataillons, ce qui fera trente-deux ataillons, ou seize bataillons par division ; qu'on complète d'abord les bataiU mg h 600 hommes et ensuite à 840; qu'une compagnie d'artillerie légère du ïgiment qui est à Valence soit attachée à ce corps d'armée. Le corps du înéral Grourhy ou le 7* d'observation sera donc ainsi composé de deux divions d'infanterie, formant trente-deux bataillons ou 25,000 hommes, de trois ■ sgîments de cavalerie, qui seront portes chacun à 600 chevaux, ce qui fera ,800 chevaux, de trente pièces de canon et de deux compagnies de sapeurs, vec leurs outils... » {Correspondance de Napoléon, t. XWriI, p. 106.)
L^Empereur a été très-satisfait de la conduite du général Gilly et me charge de le lui foire connaître; remettez-lui la lettre ci-jointe.
1582. — AU GÉNÉRAL CLADSEL.
13 avril 1815.
Je reçois votre lettre du 10 avril, où vous me faites connaître les mesures que vous avez prises pour fiadre approTÎsionner Bayonne et les autres places de votre commandement. Je ne puis que les approuver; je tiendrai la main à ce que les entrepreneurs soient payés.
J*ai reçu aussi celle où vous m*annoncez que vous avez envoyé le général Thouvenot pour commander Bayonne. Les lettres que je vous ai adressées pour ce général vous ont fait connaître que vous aviez prévenu les intentions de TEmpereur.
Je vais me faire faire un prompt rapport sur le contenu d'une dépêche du même jour, où vous me parlez de la nécessité de mettre en état de défense le Château-Trompette. Avant de rien entreprendre, je prendrai les intentions de l'Empereur, et vous me ferez connaître vos observations sur le rapport que je vous ai envoyé du bureau du génie.
Je demande un prompt rapport au génie et à Tartillerie, sur l'armement et les travaux à faire à Blaye, au Fort-Pàté, et enfin sur toutes les demandes renfermées dans votre lettre.
Vous remettrez la dépêche ci-jointe au général Morand, après en avoir pris connaissance ; vous ferez exécuter les dispositions qu'elle renferme, dans le cas où ce général serait parti pour Paris, et vous désignerez le général qui devra commander cette division.
Je vous transmets la dépêche qui arrive de Toulon. Quant à Marseille, tout fait croire que les couleurs nationales y sont arborées également. On n'en attend plus que la nouvelle officielle pour faire tirer cent coups de canon en réjouissance.
13 avril 1815.
Monsieur le général, je vous communique le contenu d'une lettre de l'Empereur :
« Gomme j'ai donné au lieutenant général Morand le com- « mandement des chasseurs de la garde, il sera nécessaire de a me présenter un autre général pour commander la division « réunie entre la Loire et la Garonne. »
Depuis cette lettre, le général Drouot vient de m'écrire que l'Empereur le charge de me dire de vous donner tout de suite l'ordre de vous rendre à Paris.
Désignez un officier général, pour commander provisoirement votre division jusqu'à l'arrivée de celui qui sera nommé par Sa Majesté, pour vous remplacer. Établissez votre division entre la Loire et la Garonne. Il est essentiel que le général que vous désignerez prenne son quartier général sur une des grandes communications par où le courrier passe pour aller à Bordeaux.
Envoyez-moi l'état des eÉFets de campement qu'a votre division, afin que je puisse voir ce qui manque sous ce rapport.