‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 45 sur 95 · MINISTRE DU TRÉSOR · texte numérisé non relu

MINISTRE DU TRÉSOR

17 avril 1815.

Monsieur le comte, l'Empereur, en me donnant ses ordres pour confectionner l'habillement des troupes avec la plus grande activité, m'écrit que 14 millions seront mis à ma dis-

' Par lettre du 16 avril, l'Empereur avait écrit au ministre de la f^crrc : H Mon cousin, donnez ordre au général Lecourbe de se rendre à Belfort pour y prendre le commandement des six divisions d'infanterie qui se réunissent là. La cavalerie sera sous ses ordres. Pressez la marche des troupes qui doivent se rendre i\ Belfort... » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 103.)

Il est à peine besoin de rappeler ici Tbistoire du général Lecourbe. Militaire de premier mérite, Lecourbe, rapidement arrivé comme tant d'autres, avait servi avec éclat pendant la République, particulièrement à Tarmée du llbin, sous Picbcgru et Moreau, jujtqu'après Hobenlinden. Compromis au temps du Gonsuloit, dans l'affaire de Georges, pour ses liaisons très-intimes avec . Picliegru et Moreau, il était resté en disgr.îce pendant tout l'Empire, malgré (les demandes réitérées pour reprendre sa place dans l'armée. A la première Kestauration, il avait repris du service sous les Bourbons; mais dès le retour <le l'Empereur il avait arboré le drapeau tricolore en Franche-Comté, où il restait chargé d'un très-important commandement. Lecourbe, qui s'était illustré ^luinze ans auparavant et qui allait s'illustrer encore dans la guerre de montagnes, avait la mission de défendre, avec un corps d'armée indépendant, la région connue sous le nom de trouée de Belfort, entre les Vosges et le Jura, et de tenir tète aux alliés qui pouvaient se présenter par la Suisse. Après une courte et belle campagne, il devait mourir presque au lendemain de Waterloo, à Belfort.

position, pour payer Tarriéré dû aux fabricants de drap, ainâ que tous les fonds qui pourront être nécessaires. Les 14 millioBS d'arriérés pourraient être payés en bons du Trésor, ou en inscriptions, si Ton veut admettre ces valeurs au pair, en payement de domaines nationaux; mais les fabricants demandent, en même temps, une somme de 250,000 francs, en espèces, sur ce qui leur est dû pour les neuf derniers mois de 1814 et le premier trimestre de 1815.

Les ordres de Sa Majesté sont d'établir à Paris des ateliers qui confectionnent 1 ,250 habits par jour. Un habit coûte 150 francs; ainsi la dépense à Paris sera, par jour, de 187,500 francs, et pendant quarante jours, ce qui ferait 3,750,000 francs pour les vin([t jours. Enfin, il faut donner aux régiments les moyens d'habiller les hommes qu'ils vont recevoir, et un à-compte de 4 millions est nécessaire pour cet objet.

Je prie Votre Excellence d'avoir la bonté de me faire connaître si je puis délivrer, pour cette paitie du service, des ordonnances qui soient acquittées au trésor. Celles pour les ateliers de Paris, c'est-à-dire les 3,750,000 francs à payer dans les vinfjt j)remiers jours, devraient nécessairement être acquittées ici.

M. le comte Daru fait convoquer demain, entre neuf et dis heures, les fabricants. 11 serait bien à désirer que la réponse de Votre Excellence pût parvenir avant ce moment. En la leur montrant, ils se détermineront. Cela accélérera beaucoup et fera réussir promptement l'opération.

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