‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 53 sur 95 · IV · texte numérisé non relu

IV

bien me faire connaître ses intentions, a6n que j^expédie des ordres qui ne pourraient être retardés davantage, sans compromettre essentiellement le service de Votre Majesté.

28 «Yril 1815.

Monsieur le général, M. le duc de Bassano m'a écrit à différentes reprises en faveur de MM. Faucher et Villard, qui, en 18M et dans les quatre derniers mois de cette année, ont donné des preuves de leur dévouement à TEmpereur et qui avaient obtenu le titre honorifique de maréchal de camp; ils demandent à être employés dans leur pays, où, par la considération dont ils jouissent, ils seraient susceptibles de rendre des services.

Je vous invite. Monsieur le général, à prendre sur les lieux des renseignements qui puissent me mettre à même de faire un rapport à l'Empereur sur leur demande, lis ont accompagné à Bordeaux M. Boissy-d'Anglas, commissaire extraordinaire de l'Empereur, et ont été autorisés à lever un corps de partisans; si, comme je n'en doute pas, les renseignements que vous prendrez confirment la considération dont on assure qu'ils jouissent, vous les autoriserez à faire ces levées, et je proposerai à l'Empereur de les nommer maréchaux de camp.

écrivez de nouveau pour que les gardes nationales 8e rendent en toute diligence dans leit places fortes, afin que le 10 mai il n*y ait plus an bataillon de troupes de li{;ne dan^ nos places, et qu'à cette époque tous les corps soient cantonnés ; ou, s'il en reste encore dans les places, qu'ils n*y fassent ancoo service, qu'ils «oient entièrement disponibles; que les chevaux de peloton soient achetés, les ambulances or{;anisées, et que chaque général ait toujours à l'avance, pour son corps d'armée, six jours de pain, qui se renouvellera p.ir la consommation de chaque jour; de sorte qu'au premier ordre de départ le soldat emporte avec lui six jours de pain. » {Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 155.)

28 «Trll I8I5.

Monsieur le général, j'ai reçu votre lettre sur le mauvais esprit de la population et même d'une partie de la garde nationale de Lille. Ce mauvais esprit ne pourra qu'augmenter lorsque Ton verra vos troupes quitter cette place. Nous mettons trop de bonté dans notre conduite, c'est ce qui encourage les malveillants; on a laissé trop de relations avec les étrangers : ceux-ci en ont profité pour nous inonder d'émissaires, et vous en avez déjà vu le résultat, par la désertion d'un chef de bataillon et de quelques officiers. Mettez-les à l'ordre de votre corps d'armée et faites-les mettre en jugement. Je les ferai connaître à l'Empereur, et ils seront voués à l'exécration de tous les bons Français. Je vous recommande la stricte exécution des mesures qui vous ont été prescrites pour fermer toute communication. 11 faut que tout le monde y concoure. Je vous recommande de faire occuper la citadelle de Lille et le fort Saint-Sauveur, par tout ce que vous avez de plus sur, et d'avoir dans la citadelle et dans ce fort la plus grande paitie de vos approvisionnements. Il faut que toutes les salles d'armes soient dans la citadelle; s'il y en a en ville, concertezvous avec le directeur pour qu'elles rentrent dans la citadelle. Il faut ne laisser qu'une communication de Lille à la citadelle, condamnez l'autre ; donnez des ordres et des instructions pour empêcher toute surprise ou trahison de quelques malveillants de la place. Ne laissez entrer aucun habitant dans la citadelle, sous quelque prétexte que ce soit; prenez les mêmes précautions pour le fort Saint-Sauveur.

11 faut que ceux que vous destinez à la défense de la citadelle et du fort n'en sortent qu'avec des permissions à des heures fixées; que les bassins soient fermés, et que les commandants prennent enfin les mêmes mesures de précaution que si l'on était en présence de l'ennemi. Il faut prescrire les mêmes mesures dans toutes les places fortes de la 16* division où il y a des citadelles, comme Arras, Yalenciennes, Cambrai, Calais et le fort de Scarpe.

MV COBBESPOXDASCE

16i3. — A L'EMPEREUR.

S avril 191».

Sire, j'ai Thonnear d'adresser à Totre Majesté Teitnit d'une lettre du général Sébaitiani, sur Tesprit des habitants et de quelque» autorités de la 16" dirîsîon militaire. De parôk ren.'ieignemenU m*ODt été donnés par le général Yandamme et d'autres personne» dignes de foi. Je les conunaniqoe à M. le liaron de Costaz, commissaire extraordinaire de Totre Majesté dans cette diTÎsion.

16i4. — A L'EMPERECR.

29 arrtl 1813.

Sire, j'ai fourni hier à Votre Majesté un travail qu'elle ma demandé sur les armements des places de la 16* division. J'ai réclamé votre approbation pour une nouvelle désignation. Comme Votre Majesté ordonne, par ses lettres, de fiedre rendre chacun à son poste, j'ai l'honneur de prévenir Votre Majesté que si demain 30, à midi, je n'ai reçu aucun ordre, je prendrai cela pour un consentement, et j'expédierai les lettres de service ; je fais la même observation à Votre Majesté au sujet des propositions que j*ai eu Thonneur de lui faire pour les gardes nationales de la 14* et de la 15* division, et des places vacantes dans les divisions actives, travail que j'ai eu l'honneur de lui adresser le 26 courant.

29 a%Til 1813.

Sire, j'ai Tlionneur de prier Votre Majesté d'accorder le titre de comte au lieutenant général Gilly, en récompense de ses anciens services et de ceux qu'il a rendus dans les dernières circonstances.

29 avril 1815.

Sire, Votre Majesté avait approuvé que le général Mputon- Duvernet commandât la H* division du corps du général Yandamme, et que le général Bigarré commandât une division des gardes nationales du corps du maréchal Brune.

Comme il y a des réclamations de part et d'autre, et que le général Mouton-Duvernet ne pourrait servir utilement sous les ordres du général Yandamme, je prie Votre Majesté de m'autoriser à envoyer le général Bigarré au 3* corps, et le général Mouton, qui a beaucoup d'influence dans le Midi, y serait employé sous les ordres du maréchal Brune.

29 «Tril 1815.

Sire, le ministre de l'intérieur me fait demander de mettre à sa disposition un lieutenant général et un maréchal de camp pour organiser les gardes nationales dans les Bouches-du- Rhône, à Marseille. — Je propose pour lieutenant général le général Damas ; il est très-riche, a ses biens dans ce pays ; il y a commandé longtemps et, quoique âgé, peut être utile; ou bien le lieutenant général Fresia.

Pour maréchal de camp, le maréchal de camp Duverger. Je prie Votre Majesté de me fiaire connaître ses intentions.

29 avril 1815.

Sire, j'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté de donner le commandement des 12*, 13* et 27* divisions militaires au général Delaborde, avec de grands pouvoirs civils et militaires, motivés sur tous les rapports que l'on reçoit de ces départements. On ne peut se dissimuler que l'on y organise la guerre

civile, et qu'au premier coup de canon tiré sur la frontière il y éclatera des troubles majeurs *. Ce général a déjà commandé dans ce pays, et il s'y est fait craindre et estimer. Il porterait son quartier général à Angers, et il donnera l'impulsion à cette dangereuse cité, à Rennes et à Nantes, où règne un excellent esprit et de l'enthousiasme. Votre Majesté m'a chargé de demander au lieutenant général Delaborde ce qu'il désirait. Je lui ai envoyé la lettre par laquelle il demandait à être nommé conseiller d'État. Si Votre Majesté veut bien lui accorder cette faveur, il aura partie de pouvoirs civils qui faciliteront beaucoup le succès de ses opérations. Je joins ici le rapport qui m'a été donné par un officier général de gendarmerie auquel on peut ajouter foi.

^ avril 1815.

Monsieur le général, l'intention de Sa Majesté est qu'aussitôt que les gai-des nationales que le général Molitor a reçu Tordre d'organiser le seront, elles entrent dans les places. Vous devez presser près du général Molitor et des préfets l'organisation de ces gardes nationales et leur entrée dans les places. Du reste. Sa Majesté connaît le noble patriotisme qui anime l'Alsace, et avec quelle célérité ces levées se sont faites; ainsi tout me porte à croire que lorsque vous recevrez cette

' Ces hiforinntloiis étalent ex.ictcs. L*a(;it<ition crabord contenue, au moinâ en apparence, dans TOiicst, au lendemain du SO mara, ne tardait pas, en effet, à renaître. C'était le moment où M. Louis de La Rochejaqueiein recevait du Roi la mÎRsion d*aller réchauffer le zèle des vieux chefs vendéens et de. préparer une insurrection nouvelle. Les chefs royalistes les plus avisés ne se méprenaient pas sur la difHculté de mettre en mouvement les paysans, et sur le danf>cr d'une prise d'armes jirématurée qui risquerait d'échouer tant que les alliés n'auraient pas ouvert les hostilités à la frontière du nord; mais comme la {guerre n'était pas douteuse, ce n'était qu'une question d'opportunité, et les chefs vendéens, stimulés par les émissaires du Roi, se disposaient à une insurrection qui allait se manifester en effet, et que le fjouvornement impérial se tenait prAt a combattre, au risque d'avoir à porter dans l'Ouest des forces qui auraient été plus utiles au nord contre l'étranger.

lettre, toutes vos places fortes seront occupées par les gardes nationales. L'intention de l'Empereur est que vous réunissiez vos divisions, avec leur artillerie, leurs équipages et enfin tout ce qui est nécessaire pour entrer en campagne au premier ordre. Il faut établir une de vos divisions entre Wissembourg et Lauterbourg, une autre à la hauteur de Strasbourg, et la 3* entre Huningue et Mulhausen. Il faut aussi établir vos divisions de cavalerie dans le même sens. Vous pourrez mettre votre parc dans les environs de Mulhausen. Établissez vos li'oupes et assurez leur subsistance; il faut que les soldats aient 50 cartouches et trois paires de souliers, dont une aux pieds, et les autres au dépôt du régiment; que la cavalerie et les chevaux de transport aient des réserves en fers et en clous ; enfin, Monsieur le général, il faut que toutsoit muni des ustensiles et effets de campement. Il faut exécuter très-promptement ces mesures, afin d'être aussitôt en mesure d'exécuter celles que je pourrais vous faire transmettre au nom de l'Empereur. Il ne faut pas disséminer vos troupes en petits postes le long dix Rhin. Faites une inspection pour que tout le cours du Rhin soit gardé depuis Huningue jusqu'à Germersheim. Le zèle et le bon esprit des habitants vous donnent la garantie que ce service sera bien fait. — Il s'agit seulement de l'organiser. — Il faut désigner les points qu'il est surtout si important d'obseiTcr. Il doit y avoir des clochers d'où l'on peut découvrir au loin sur le Rhin; il faut y avoir des guetteurs.

Faites concourir à ce service les douaniers ; ayez des personnes à poste fixe qui recevront tous les rapports de la journée que l'on vous transmettra. Il faut surtout employer les douaniers à faire ce service la nuit. Il faut avoir seulement des postes de ligne sur vos frontières depuis la hauteur de Bitche jusqu'auprès de Germersheim, et surtout faire observer les points de passage. Il faut employer même les habitants de ce pays à observer de ce côté, afin de diminuer les postes de la Ugne. Il faut faire aussi observer la frontière du côté de Huningue par quelques postes de ligne et les habitants.

Je vous répète. Monsieur le général, que l'intention de l'Empereur est qu'aussitôt la réception de ma lettre, toutes ces

mesures soient mises à exécution, afin que deux ou trois jours après, tout votre corps d'armée soit disponible.

Je vous recommande de faire exercer les troupes aox grandes manœuvres, au tir à la cible, à Texercice à feu, ainsi |que je vous Tai déjà recommandé.

30 Avril 1815.

Sire, le lieutenant général Delaborde part aujourd'hui pour aller prendre le commandement supérieur des 11*, 12* et 22* divisions militaires. Je communique à Votre Majesté l'extrait des rapports que j'ai reçus cette nuit du général Cba^ pentier, du préfet et du maire de Nantes. J^ai approuvé et autorisé de suspendre le départ des troupes jusqu'à nouvel ordre. J'ai informé le général Charpentier et le général qui commande à Rennes du commandement du général Delaborde. Us ont ordre, s'il n'y a pas d'inconvénient, de se rendre à Angers pour concerter avec le général Delaborde les mesures à prendre; on enverra aussi près de lui les hommes les plus influents de la fédération projetée, afin de mettre de l'ensemble dans les opérations. J'ai donné au général Delaborde des instructions détaillées pour mettre de l'ensemble dans les dispositions qui seront faites pour étouffer dans son origine le noyau d'insurrection. J'espère que peu de jours après son arrivée, tout sera rentré dans l'ordre.

Sire, j'ai eu l'honneur d'adresser à Votre Majesté un rapport sur les dispositions à faire pour augmenter les approvisionnements de l'armée en vivres et en fourrages. Le rapport sur le service de la viande a été différé par l'absence des munition-

aiires avec lesquels il était indispensable de se concerter '. e munitionnaire est le sieur Montessuy. Par un écrit du l mars dernier, il s'est engagé à fournir et à distribuer la ande dans Tintérieur au prix de 21 centimes la ration. On s'esl reporté pour les conditions générales du marché

I traité de la compagnie Devanteaux qui faisait précédemicnt le service. Ce marcbé n'a pas été rédigé dans une forme jthen tique. Il parait indispensable aujourd'hui de conclure éfinitivement le traité qui existe, qui est obligatoire, mais ji n'est point calculé pour les circonstances actuelles, et de ^escrire toutes les dispositions d'approvisionnements que les rconstances peuvent nécessiter. C'est l'objet du mémoire ciint, dont le résultat est : 1* qu'il faut faire sur la ligne ;s frontières un achat de 7,560 bœufs, évalués au poids oyen de 500 k. ; — 2" que cet achat exige une avance de 900,000 francs. Le mémoire indique d'où l'on tirerait les estiaux pour chaque point de consommation.

II reste à terminer le marché avec le soumissionnement. La încipale clause sur laquelle on ne soit pas encore d'accord

* L'Empereur <iu maréchal Davout. — « Paris, 3 mai i815. Mon cousin, î lu le rapport du 30 avril sur le service des vivres-viande. J^s prix me raissenC excessifs, et les conditions onéreuses. Une avance de 1,900,000 fr., i n'est réalisable qu'en dix-neuf mois, est inadmissible. Quand on paye au jmisseur les cinq sixièmes comptant, il doit pourvoir à tout. L'cclielle de oportion qu'on veut réj^Ier pour les prix, sur la quantité d'hommes à nour- -, n'est pas applicable à un territoire étendu et varié comme celui de la -ance. Le Var et le Jura n*ont aucun rapport entre eux; le territoire d'AIce n'a aucun rapport avec celui de la Flandre ; il en est de même de ce Tnier territoire avec les Pyrénées ; 27 centimes est un prix excessif.

« Je pense qu'il serait convenable, puisque nous avons une grande entreise, de réunir le service des vivres-viande à celui des vivres-pain ; cela minuera le nombre des agents. Gela fera une (prande administration à quelle il sera plus facile de maintenir un grand crédit. On opérerait alors >ur les vivres-viande comme on opère avec elle pour les vivres-pain. On lui mnerait les cinq sixièmes de son service ; et, si elle avait besoin de quelques ances, on ne lui ferait qu'une simple avance de crédit, qui pourrait s'éler à 1,000,000 francs, payables en juin, juillet, août, et qu'on retiendrait r son service par mois, soit par tiers, soit par sixièmes. Ce simple crédit l'ait suffisant au munitionnaire pour se former un plus grand crédit. Si . Montessuy n'a aucun fonds ni aucune avance, il est difficile qu'il puisse re chargé d'un grand service. ■ {Correspondance de Napoléon, t. XXVIII,

est celle du prix. Le marché de son prédécesseur était aux prix suivants : dans les divisions continentales, la 1 0* et la 1 P exceptées, lorsque la consommation, de 5 myriam. de rayon, ne s'élevait par Jour qu'à 6,000 rations, 18 centimes; de 6,0001 20,000 rations, 18 c. 1/4; de 20,000 à 30,000, 18 c. 1/2, etei augmentant de 1/4 de centime par 10,000 rations dans la 10* division ; aux troupes de la division, 20 centimes ; aux troupes de Tarmée d'Espagne, 25 centimes; dans la 11* division, 25 centimes; dansrfled'Aix,21 centimes; dans les autres fies, 22 centimes.

Cette demande est inadmissible ; on discute avec lui un prix progressif suivant l'augmentation de la consommation, qui doit en effet influer sur la cherté de la denrée. J'ai Thonneur de soumettre à Votre Majesté le projet d'approvisionnement cijoint, et delà prier, si elle l'approuve, de mettre à ma disposition la somme de 1,900,000 francs nécessaire pour le former.

l*r fiiAi 1815.

Sire, j'ai vu l'ordonnateur Daure ; son désir est de vous accompagner avec le titre d'intendant général. Alors l'ordonnateur Vallant et ceux des autres corps seraient sous ses ordres.

!«' mni 1815.

Monsieur le général, je vous envoie copie d'un renseignement que je reçois et qui me vient d'une source assez sûre pour mériter la plus grande attention. D'après le mouvement que Wellington est supposé devoir faire sur Avesnes, il me paraît que la position de vos troupes doit être entre cette place et M aubeuge, la gauche à la Sambre et la droite aux grands bois de Chimay et de Beaumont. Je vous engage, en conséquence, à bien reconnaître le terrain sur lequel vous serez dans le cas de com-

battre, et de faire détruire et barricader tous les chemins et routes par lesquels Tennemi pourrait tourner une de vos ailes par les bois auxquels elles seront appuyées. Ces barricades seront formées d'abatis et de tranchées suivant les localités, et placées dans les endroits où il sera le plus difficile de les éviter. Il faut les entreprendre tout de suite et sans égard pour les forêts ; il faut les entreprendre toutes à la fois et ne laisser que quelques ouvertures pour le commerce du pays,etqu'elles soient faites en un seul jour. Ce système de barricades devra s'étendre sur votre droite jusqu'au terrain occupé par le général Vandamme, et il faudra l'entreprendre tant dans la forêt en avant de Chimay que dans celle qui est en arrière. Vous avez des officiers du génie et des sapeurs; faites-vous aider dans ces travaux par les habitants, qui devront aussi s'employer à les défendre. — S'ils sont bien exécutés, ces forets seront pour vous un excellent appui et empêcheront l'ennemi de manœuvrer de manière à vous déposter sans vous attaquer de front; elles couvriront la marche du général Vandamme, s'il doit vous joindre, ou la vôtre, si vous devez vous joindre à lui. Si vous trouvez quelque difficulté pour l'exécution de cette mesure importante, faites-la-moi connaître, afin que je vous aide à la lever. Je vous rappelle. Monsieur le général, tout ce queje vous ai mandé pour faire replier tous les bateaux, bacs, nacelles, afin qu'au cas où l'ennemi commencerait les hostilités, il soit obligé de tout amener avec lui. Au premier avis des hostilités, vous auriez sur la rive droite de la Sambre le corps du comte d'Erlon, le corps du général Vandamme, le corps du comte de Lobau, qui se porte sur Laon, et l'Empereur, qui partirait avec toute sa garde.

l«r mai 1815.

Monsieur le général, il serait important qu'on pût saisir sur le territoire français quelques-uns de ces émigrés embaucheurs qui s'agitent sur les frontières pour exciter à la désertion. Si

Ton parvient à en surprendre quelques-uns, tous les ferez livrer à une commission militaire qui les jugera et les fera exécuter comme embaucbeurs, après en avoir acquis la preure.

Vous avez bien fait de renvoyer le colonel en second di 3* régiment de chasseurs. Faites aussi remplacer le colond Saint -Marc et envoyez-le-moi, s'il fait mine de vouloir résister; faites-le arrêter par la gendarmerie. Renvoyez les officiers tpi ont un mauvais esprit, et £aites-les remplacer par des ofBcien des dépôts ou par ceux qui sont à la suite. Après le départ do colonel Saint-Marc, vous réunirez chez vous les officiers et sous-ofiiciers du 3* régiment de chasseurs pour leur parler contre les misérables pour qui la patrie est un mot vide de sens. Défendez toute communication des avant-postes avec ceux étrangers, elles sont toujours à notre préjudice ; ne mettex aux avant-postes que des hommes sûrs et des officiers adroits.

Le colonel Lawœstine, qui a été aide de camp du général Sébastiani, est nommé déjà depuis quelques jours colonel do 3* régiment de chasseurs. J'ai la certitude qu'il est parti; aimi j'espère qu'il sera rendu à son poste lorsqu'il recevra votre lettre.

f mai 1813.

Sire, j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté un rapport que m'adresse le lieutenant général Chabertsur la lenteur avec laquelle se fait l'organisation des gardes nationales dans la 7* division. La cause parait venir du peu d'activité qu'imprime à cet objet important le commissaire extraordinaire, et de l'absence d'un préfet dont les fonctions sont remplies momentanément par un homme dévoué, mais trop vieux et trop faible pour la circonstance.

V mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de rappeler à Votre Majesté le projet de décret qui m'autorise à faire former par voie de réquisition sur les départements les approvisionnements nécessaires au service de l'armée.

Je la prie de me faire connaître le plus tôt possible ses intentions.

2 mai 1815 >.

Monsieur le maréchal, j'ai l'honneurde vous envoyer ci-joint ampliation d'un décret de Sa Majesté qui vous confie une mission extraordinaire dans le Nord pour inspecter les places du Nord depuis Calais jusqu'à Landau. J'ai l'honneur de vous prévenir que, d'après les ordres de l'Empereur, j'ai mis les places de !'• ligne en état de siège, et que j'en ai écrit aujourd'hui au commandant du corps d'armée. Vous trouverez. Monsieur le maréchal, des instructions du génie, de l'artillerie, l'état de situation des troupes du pays que vous allez parcourir, et enfin un état des commandements supérieurs et de place. Je

1 L*Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 29 avril 1815. Mon cousin, il serait convenable crenvoycr le duc de Trévisc en mission cxti^aordinaire dans le Nord, et de lui adjoindre un ofHcicr du génie et un officier d'artillerie. Il parcourrait, depuis Calais, toute notre double lif^ne de places fortes jusqu'à Landau. Il se ferait rendre compte de tout et prendrait toutes les rnesures que prescrivent les circonstances poui* compléter le système de défense des places, assurer leurs approvisionnements, accélérer les travaux du >énie et de l'artillerie, et opérer tous les déplacements nécessaires dans les [Commandants de place, officiers, adjudants, garde- magasins. Enfin il serait chargé de faire tout ce qui est convenable pour mettre nos places dans la rueilleure situation possible. Il passerait la revue des gardes nationales : il rallierait tout le monde au devoir; il ferait même des proclamations, et, Comme un des premiers habitants du département du Nord, il stimulerait le eèle de ses concitoyens et leur patriotisme. Parlez-en au duc de Trévise et présentez-moi, demain dimanche, au conseil, un projet de décret là-dessus. >» [Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 138.)

ne saurais trop vous faire sentir combien l'Empereur tient à ce que vous imprimiez partout la plus grande activité, et à ce que vous preniez les mesures les plus promptes pour faire fournir aux corps les effets d'habillement, d'équipement et de harnachement qui leur sont nécessaires.

P. S. — Je vous obser\'e, Monsieur le maréchal, que, dans le cas où le bien du service de l'Empereur exigerait le changement de quelques commandants de place, comme quelques-uns viennent d'être récemment nommés par l'Empereur et que plusieurs ne sont peut-être pas encore arrivés, il conviendra que vous en fassiez le rapport et que vous retardiez le remplacement jusqu'à la décision de l'Empereur. — Je vous prie de m'envoyer votre itinéraire pour le cas où j'aurais à vous écrire. Je vous prie aussi de m'envoyer exactement vos rapports sur votre mission, pour que je puisse les soumettre à Sa Majesté.

2 mai 1815.

Sire, je reçois la lettre de Votre Majesté où elle me dit qu'il y a dans les bureaux de la guerre des hommes d'une malveillance marquée \ Dès hier, sur l'avis que j'ai eu que quelques employés tenaient des propos condamnables, j'ai chassé des bureaux les sieurs ***, ***, de la division des mouvement^; ***, **", de celle du recrutement. Je leur ai signifié de ne pas mettre le pied au ministère, et je les ai signalés à la police pour qu'on ait l'œil sur eux.

J'écris au duc d'Otrante, au duc de Rovigo, au comte Hulin et au comte Real, pour leur faire part de ce que me mande Votre Majesté, en les invitant à me transmettre les renseignements qu'ils pourraient avoir sur les employés qu'il conviendrait de chasser.

* Cette lettre esListc en effet, mais n*a pas été comprise dans la Correspon» (lance de Napoléon. Elle portait : « S mai 1815. Mon cousin, vous nve2 dans vos bureaux des hommes d'une malveillance mar(|uée. Mon intention est que demain mercredi, vous m*apportiez Tétat des individus h renvoyer. •

2 mai 1815.

Sire, j'ai Thonneur de soumettre à la signature de Votre Majesté un décret pour la mise en état de siège des places de première ligne des frontières du nord et de Test. J'ai déjà donné des ordres pour Texécution des dispositions de ce décret.

2 mai 1815.

Sire, depuis plusieurs jours j'ai adressé un projet à M. le comte Lavalette pour établir un service journalier des estafettes avec les différents corps d'armée. Elles doivent partir à onze heures du soir de chez M. le comte Lavalette et ne porter que les lettres les plus pressantes du ministère. Les généraux commandant les corps expédieront les estafettes de retour. Ainsi, tous les jours, la correspondance ministérielle marcherait avec toute la célérité possible. M. le comte Lavalette vous a transmis ma demande. N'ayant reçu aucune réponse, je la réitère, et je fais à Votre Majesté les propositions suivantes : 1* Une estafette pour Avesnes et Valenciennes, .pour les corps des comtes Reille et d'Erlon : cette estafette passerait par Soissons, Laon et Guise. Ainsi la même estafette servirait les troupes du 6* corps, du 2" et du 1".

2* Une estafette pour Mézières; elle passerait par la Fère et Réthel, ferait le service du 3* corps, armée du Nord.

3» Une estafette ferait le service de la Moselle et du Rhin, et passerait par Ghàlons, Metz, Strasbourg.

4^ Une estafette ferait le service de l'armée des Alpes et du corps d'observation de Marseille ; elle irait à Lyon, et de Lyon il y aurait un embranchement, l'un sur Chambéi*y, l'autre sur Marseille.

5* Une estafette serait dirigée sur Bordeaux; elle servirait la correspondance du général Delaborde et du général Glausel,

en prenant Angers pour embranchement. J^ai indiqué onze beures comme Tbeure la plus commode pour répondre le même jour aux dépécbes les plus pressantes. Je prie Toln Majesté d'approuver cette mesure; je me concerterai avec le comte Lavalette pour son exécution, qui ne peut être trop prompte.

3 mai 1815.

Monsieur le général, je viens de recevoir une dépêche télégraphique du préfet de Metz, qui, au sujet des demandes de bottes et de capotes qui lui ont été faites pour les soldats du train qui en manquent, me répond qu'il n'a rien à sa disposition pour cet objet, ni sur le département, ni sur les communes, ni sur aucune place. Je vous envoie copie de la réponse que je lui ai faite. Faites-lui bien sentir que, dans les circonstances actuelles, où il ne s'agit rien moins que du salut de rÉtat, il faut seconder, par tous les moyens, l'élan patriotique de ceux qui courent aux armes pour la défense de la patrie. Stimulez vivement les autorités; qu'elles se mettent à la bauteur des circonstances où nous sommes ; pénétrez-les de la nécessité de faire les plus grands efforts pour surmonter Tégoïsme de quelques individus qui seraient indifférents à l'exemple que leur donnent leurs concitoyens.

3 mai 1815.

Sire, M. le marécbal duc d'Albuféra demande son ancien cbef d'état-major, le marécbal de camp Nugues-Saint-Cyr, et l'ordonnateur Bonsurand, qui sont babitués à travailler avec lui. Croyant ce cbangement avantageux, je donne l'ordre, par le télégrapbe, à ce général et à cet ordonnateur de se rendre à Lyon.

3 mai 1$13«

Sire, M. le maréchal duc d'Albuféra, qui a reçu Tordre de Votre Majesté pour le commandement de Tarmée des Alpes, n'est qu'à 50 lieues de Paris. 11 a continué sa route, ainsi que je Ty invitais dans le cas où ma dépêche ne le trouverait pas à une plus grande distance. Ce maréchal n'a point été du tout satisfait de l'esprit du Midi, ce qui confirme tous les rapports que l'on en reçoit. Au surplus, comme il prendra les ordres de Votre Majesté avant son départ, il l'entretiendra de cet état de choses. Les dernières nouvelles qu'il avait d'Espagne annonçaient des mouvements de troupes sur nos frontières. Il est urgent que l'on prenne des mesures; le commandement du général Glausel ne peut pas se faire sentir à Perpignan, en raison du grand éloignement. Le système de guerre est tout à fait difiFérent. Je propose à Votre Majesté de donner le commandement du corps de Perpignan, dit des Pyrénées, au général Duhesme. Ce général a une grande valeur communicative, il est connu et redouté des Espagnols; il aurait sous ses ordres les 9* et 10' divisions militaires. 11 réunirait les gardes nationales et autres militaires qui, selon tous les rapports, rejoindraient lorsqu'il s'agirait de la défense de leurs frontières. Le général Glausel et lui seraient trèsutiles, ayant une grande influence sur les Basques.

A mai 1815.

Sire, M. le général comte Gérard avait reçu le grand cordon de la Légion d'honneur sous le dernier gouvernement. 11 s'est empressé de se conformer aux oixlres de Votre Majesté en ne portant plus la marque de cette dignité, mais il vous prie. Sire, de vouloir bien la lui conférer. Les bons sentiments

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