CIRCULAIRE AUX GÉNÉRAUX
D'eRLON, REILLE, VA>'DA3ClfE, RAPP, GÉRARD.
27 aTHl 1815 «.
Monsieur le général, Tintention de TEmpereor est qu'on ne laisse plus sortir personne de France, à moins qu^on ne
* r>>iiiiuc on l'a vu par «îc précédentes Icttreit, l*éuit de guerre se dessinait .'isgez pour rjiie i*Empercur n'eût pas tardé à faire ses dispositious et poar qu'il prit i*JM mesure'. En réalité, l'état de {guerre existait depuis le 20 mars. L<:* pui^Aances réunies à Vienne avaient renouvelé le 25 mars Talliance de Cliauinont et réglé his conditions de leur coopération dans la campapae qa*elles étaient résolues à recommencer contre Napoléon; mais il fallait du temps pour KO remettre en lif;nc et ramener des forces suffisantes sur la France. On
oit porteur d'un passe-port du ministre des affaires étran- ;éres, le duc de Vicence. Adressez des instructions à tous vos commandants d'avant-postes, et concertez-vous avec lesdireceurs des douanes, les commandants de gendarmerie et même es autorités civiles, pour que cette mesure ait un plein succès. 7ous ceux qui se présenteront pour sortir seront arrêtés et raités comme espions s'ils se présentent; ceux sur qui Ton rouvera des papiers suspects vous seront conduits, et vous •rendrez à leur égard telle mesure que vous jugerez conveable. Vous prescrirez également que tous ceux qui viendront e l'étranger soient de même examinés, qu'on arrête et vous enduise ceux sur qui l'on trouvera des papiers suspects, et u'on laisse entrer en France. Sont exceptés de ces disposions tous les individus de la maison du Roi qui seront arrêtés, ■yit qu'ils aillent, soit qu'ils reviennent. — Il faut aussi que îs gardes forestiers contribuent à l'exécution de ces mesures, insi que les agents de police.
Je vais écrire au ministre de la police, de l'intérieur et des nances pour ces derniers ordres; mais en attendant qu'ils jissent, je vous le répète. Monsieur le général, il est de la lus haute importance que ces mesures aient une prompte et empiète exécution; elle aura l'avantage de désorganiser pour ngtemps l'espionnage de nos ennemis, et de cacher les mouîments de troupes que l'on opère.
►gt. Au nord, sur la frontière I)el(je, le duc ilc Wellington devait avoir a u près 120,000 tioinincs, An{;laÎ8, Hanovriens, Hollandais, Beiges, etc. ; il y ait aussi de 100 à 120,000 Prussiens sous Bluclicr. A l'est, les Russes, qui lient encore loin, et les Autrichiens, qui, pour le moment, étaient en partie cupcs en ludie contre Mui-at, devaient se présenter avec 200,000 hommes, r» mois d'avril et de mai n'étaient pas de trop pour que les alliés pussent •e en état d'ouvrir les hojïtilités. Pendant ces deux mois, Napoléon, dv. a côté, réor{;anisait son armée, multipliait ses préparatifs, et se mettait en ïdure sur la frontière du nord, sans laisser entrevoir encore son plan de mpa{;ne.
STsTril 181 ô >.
L'Empereur me charge de vous donner Tordre de feirc diriger tout de suite sur Méziêres la 2* division de cavalerie et la 4* division de reserve de cavalerie. Ces deux divisions devront emmener avec elles leur artillerie légère. Faites distribuer 2 ou 3 paquets de cartouches à chaque cavalier. Il faut qu'il y ait des fers de rechange pour les chevaux d'artillerie et de cavalerie, ainsi (|ue cela est ordonné. — Les généraux commandant ces divisions devront envover des officiers de leur état-major à Méziêres, pour prévenir le général A^andamme de leur arrivée, afin qu'il puisse leur assigner des cantonnements. Vous me ferez connaître par le retour de l'officier l'époque où ces régiments arriveront à Méziêres. L'Empereur vous recommande de presser par tous les moyens possibles l'organisation des gardes nationales et leur entrée dans la place, pour rendre disponibles les troupes de ligne. On s'occupera de leur habillement dans les places. Je suppose que le» corps auront reçu déjà beaucoup de soldats rappelés ou qui étaient en congé. H faut que les colonels et les dépôts emploient toutes leurs ressources pour les faire vêtir et entrer dans les rangs, ne fût-ce que d'une capote; il faut écrire aux préfets pour les aider de leur crédit.
IGiO. — A L'EMPEREUR ET ROI.
28 avril 1815.
Sire, j'ai l'honneur de rappeler à Votre Majesté qu'il serait bien important de déterminer la fixation des garnisons dans
' Le Qoncral Gérard, qui avait le commandement du 4* corpa, était encorr il Metz, eu attendant de recevoir l'ordre de se replier rapidement sur le» pointé où allaient bientôt se concentrer les corpi de Reiile, de Vandamme, du comte d'Erlon.
les places, et d'arrêter la répartition des gardes nationales qui doivent les composer ' .
Je la prie de vouloir bien se fiaire représenter les propositions faites à ce sujet par la commission de défense, et de vouloir
* Cette affaire de la levée et de l'oi^anisatioii des p,arde8 nationales avait une importance assez grande pour la défense du territoire. Elle préoccupait vivement le ministre de la guerre, elle était aussi l'ohjet de l'attention de TEmpereur, qui dans plusieurs lettrei>, du l*''mai, au maréchal Davout, traçait les règles à suivre pour organiser les gardes nationales et les employer utile* ment, soit pour la défense des places, soit en les formant en divisions de réserve destinées à appuyer l'armée de ligne. Dans une de ces lettres, a la suite de celle que lui écrivait le maréchal. Napoléon disait :
L'Empereur au maréchal Davout. — ■ Paris, l*"" mai 1815. Mon cousin, vous devez faire connaître aux généraux commandant en chef les armées du Nord, de la Moselle, du Rhin, des Alpes, et le corps d'observation du Jura, le système que j'ai adopté pour la défense du territoire. Leurs armées se composent de troupes actives et de troupes de garnison. Les garnisons sont tfiutes composées de bataillons de grenadiers et de chasseurs de gardes nationales, et de la garde nationale sédentaire de la place. L'armée active se compose des troupes de ligne <Ie toutes armes, des divisions «le réserve des gardes nationales, des corps francs ou de partisans et de la levée en masse.
M Je ne dirai rien ici de l'organisation des troupes de ligne qui doivent être sous leurs ordres.
« Pour l'armée du Nord, il y a plusieurs chefs de corps d'armée qui ont chacun plusieurs divisions sous leur commandement. L'armée de la Moselle se compose de trois divisions d'infanterie déjà organisées, qu'il faut successivement renforcer, afin que chaque régiment ait ses quatre batiillons h. l'armée. Il faut renforcer de même les régiments de l'armée du Rhin et ceux de l'armée des Alpes. Le commandant du corps du Jura aura la division d'inffintorie cjui est actuellement à B«lfort.
•» La garde nationale active se compose d'une division de réserve pour le Nord, d'une division pour l'armée de la Moselle, d'une division pour l'armée du Rhin, de deux divisions pour le corps d'observation du Jura, et de trois pour l'armée des Alpes.
M Cha(|ue général commandant en chef doit encourager la formation des corps de partisans dans son commandement. Il doit leur désigner les forêts, les ravins et le-^ directions où ils doivent manœuvrer pour intercepter la ligne de communication, les convois et les courriers de l'ennemi. Vous devez faire imprimer le décret sur la formation des corps francs et l'envoyer aux généraux et aux préfets, sans pour cela le faire insérer dans tout son contenu au Moniteur,
« Les divisions de réserve de gardes nationales sont sous les ordres des lieutenants généraux. Les gardes nationales dans les garnisons sont sous les onlres des gouverneurs de place. Les partisans sont détachés et sous les ordres de ceux qui commandent lt»s corps francs...» (Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 149-150.)
Dès le lendemain, nouvelle lettre relative au même objet :
Ij'Empereur au maréchal Davout. — • Paris, 2 mai 1815. Mon cousiu,