‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 55 sur 95 · AUX GÉNÉRAUX RAPP, GÉRARD, VANDAMME · texte numérisé non relu

AUX GÉNÉRAUX RAPP, GÉRARD, VANDAMME

5 mai 1815*

Le général Molitor vient de me faire connaître, par une dépêche télégraphique, que tous les bataillons d'élite sont organisés, mais qu'il s'en faut de beaucoup qu'ils soient au complet. — « Je pense, ajoute-t-il, que pour ne pas compromettre les places, il faut y laisser des troupes de ligne. » — Cette dépêche ne m'est arrivée que ce matin; elle a été retardée par le mauvais temps. Je viens de faire connaître, par la même voie, que l'intention formelle de l'Empereur est qu'aucune troupe de ligne ne reste dans les places fortes, afin qu'elles soient toutes disponibles, et je dis : « Le général Molitor et le général Rapp s'entendront pour la prompte exécution de cette mesure. » — Je ne puis trop vous recommander la prompte exécution de cet ordre; cette dépêche, du reste, a étonné l'Empereur en la comparant à la précédente qui annonçait le plus noble enthousiasme et l'organisation complète pour le 30. Cela doit faire craindre qu'il n'y ait des individus qui cherchent à refroidir le bon esprit des Alsaciens. Concertez-vous avec le général Molitor et les préfets pour faire compléter les bataillons, et prenez aussi des

mesures pour leur habillement. Je m'en réfère à ma dernière circulaire pour que le pays fasse des avances en drap, etc. Les dépôts des rég;iments doivent recevoir tous les jours une grande quantité de militaires qui rejoignent. Veillez à ce qu'ils soient armés, et au moins à ce qu'on leur fournisse des capotes, des pantalons et des souliers, en attendant leur habillement complet, dont on s'occupera successivement. Par ce moyen, ils seront sur-le-champ disponibles. L'Empereur veut que l'on soit prêt pour le 15 mai, afin d'être prêt à tout événement. Prenez tous les moyens pour cela, pour former, organiser les 3' et 4' bataillons, et les mettre en ligne.

5 mai 1815.

Sire, j'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté de nommer chef d'escadrons le capitaine Henry Davout, du 2* régiment de chasseurs. Bien que cet officier soit mon parent, il n'y a dans ma proposition aucune considération particulière : elle est fondée sur ses services, sa bravoure et son dévouement à Votre Majesté»

5 mai 1815.

Sire, la place de M. Tabarié au bureau de la guerre est toujours vacante, et je m'aperçois chaque jour du manque d'ensemble et de la nécessité de le remplacer. J'ai vivement cherché qui pouvait remplir sa place; hier, j'ai eu l'honneur de proposer le général Gompans et le général d'Hastrel. Je connais les favorables dispositions de Votre Majesté pour le premier. La nomination du second, comme beau-frère du duc de Feltre, pourrait faire une mauvaise impression sur le public, si tout le monde ne savait pas qu'ils étaient très-mal ensemble. Le général d'Hastrel, qui a été mon chef d'état-

major, est un très-grand travailleur, très-attaché à ses devoirs et très-probe et délicat. Je rends compte à Votre Majesté que je vais Tinstaller dans les fonctions de chef de la division du personnel de la guerre.

5 mai I8I5.

Sire, on me rend compte que le préfet du Bas-Rhin sollicite la mise à sa disposition d'une somme nécessaire à payer les approvisionnements de place; il demande que cette somme soit remise en engagements des acquéreurs des forêts impériales ou biens communaux payables en trois, six ou neuf mois. Le préfet assure qu'une quantité de ces engagements existe dans les mains du directeur de l'enregistrement, et que s'ils étaient donnés en payement, ils feraient cesser toutes les difficultés pour le complément de l'approvisionnement des places et donneraient à l'administration un très-grand crédit dans la province.

Je soumets celte mesure à Votre Majesté, parce que je la crois utile à son ser\'ice; le bon esprit des départements pourrait être attiédi par les réquisitions, et elle aura l'avantage de dissiper les craintes que l'on pourrait concevoir.

5 mai 1815.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 29 du mois dernier, pour me prévenir que vous croyez devoir envoyer à la suite des corps auxquels ils appartiennent, beaucoup d'officiers en non-activité qui vous demandent à rejoindre. Je pense, vu la quantité d'officiers qui sont à la suite des corps, qu'il est préférable que vous employiez ces officiers dans les corps des gardes nationales, de partisans, et les levées en masse. Je vous prie de m'adres-

ser Tétat nominatif de ceux que vous emploierez de cette manière. Je vais faire expédier les lettres de service pour les officiers que vous demandez pour aides de camp. Vous pouvez, en attendant, leur donner l'ordre de vous rejoindre.

6 mai 1815.

Mon cher Rapp, je me suis borné à vous renvoyer la commission de Tofficier ***; mais je vous déclare d'amitié que si je recevais une seconde lettre de ce style, je cesserais d'être ministre de la guerre, ou vous cesseriez de commander un corps d'armée. Vous n'avez point fait dans cette circonstance preuve de sagacité. Vous devez me connaître assez pour savoir que de pareils moyens sont indignes de mon caractère. Je ne connais cet officier ni d'Eve ni d'Adam. J'ai signé sa commission comme tant d'autres, de confiance. S'il est indigne de porter notre uniforme, adressez-moi des plaintes, il en sera fait justice. S'il n'est pas en état d'être officier d'élat-major, faites-le connaître, on le changera : en attendant, employez-le où vous jugerez à propos; mais point de ce style, ni de cette manière d'agir, je vous le répète, je ne le soufiFrirais pas.

7 mai 1815.

Sire, j'ai adressée Votre Mîijesté, difiFérentes fois, la demande d'adopter le projet présenté par M. le comte Lavalette pour le départ journalier, à onze heures du soir, d'une estafette chargée de porter les dépêches les plus pressées aux différents corps d'observation, et son retour des coi-ps d'observation.

La correspondance par la poste est extrêmement lente, on n'a que le deuxième ou le troisième jour les lettres de Mézières; ainsi, pour avoir réponse des lettres de Paris, il faut cinq à six

jours. Celte lenteur fait un très-grand tort au bien du service de Votre Majesté ; je lui demande avec instance d'approuver le projet de M. de Lavalette, et que, dès demain, les estafettes soient mises en activité.

7 mai 1815.

Sire, le général Darricau restera à Paris, ainsi que Votre Majesté m'a fait connaître que c'était son intention : c'est un homme entièrement dévoué et très-habile. J'ai appris indirectement qu'il éprouvait des embarras pécuniaires. Je propose à Votre Majesté de lui accorder une gratification de 5,000 francs |)Our l'indemniser en partie des pertes qu'il a faites.

7 mai 1815.

Sire, j'ai Tlionneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté copie d'une dépêche télégraphique qui m'a été adressée par M. le général Rapp au sujet du général O. . . , nommé par elle pour commander les lanciers de l'Alsace. Je ne puis qu'approuver les obser^'ations du général Rapp; le général O... est trop déconsidéré par les plaisanteries faites de son ignorance, surtout dans ce pays-là. Je propose à Votre Majesté de le remplacer par le général Chouard, qui jouit de considération dans le pays et qui, en 1814, devait organiser les levées en masse; mais les ordres lui sont parvenus trop tard.

7 mai 1815.

Monsieur le général, j'ai reçu vos différentes lettres, jusqu'à celle du 5 mai. Vous avez communiqué tout votre feu dans le

|>ay.'« oiivous êtes. Aujourd'hui, TEmpereur tient un conseil des uiiui.'itrcs où probablement il sera question des mesures contre les malveillants. Pour ce qui me concemey je demandeni qu'elles soient promptes et énergiques. Je désire. Monsieur le général, que vous m'envoyiez un récit de toute la conduite do général Melfort et de toute l'énergie qu41 a montrée en 1814. Je me propose de demander la décoration pour loi) vous pouvez le lui annoncer. Il faut recommander à M. Descarreaux de faire rcconnaftre des endroits bien retirés poor établir des magasins de vivres et des munitions de guerre pour les partisans. Faites la même recommandation au général Melfort, et qu'on prenne ces mesures-là partout.

Je vois par la correspondance du général Dumonceao qu'il y a quelques endroits dans sa division militaire où la levée des gardes nationales va très-mal, ainsi que le rappel des militaires en congé. Il faut que ce général fasse connaître aux maires, aux curés et aux nobles, non officiellement, mais à domicile, que mon intention est de proposer de les rendre responsables, qu'en conséquence ils ont intérêt à faire partir tout ce qui doit marcher. Vous recevrez aujourd'hui l'ordre de faire marcher sur Marie et Vervins les mineurs qui sont arrivés de Metz. Un bataillon de 500 Suisses a été organisé à Vitry-le-Français, j'ai ordonné qu'on vous Tenvoie. J'écris au commandant de vous envoyer Titinéraire afin que vous puissiez le changer si vous le jugiez convenable en cas d'événements imprévus. Suivant plusieurs rapports, il paraîtrait que les royalistes, pour se reconnaître entre euX) portent une cocarde blanche sur la poitrine; il feut recommander qu'on examine si ceux qu'on a été dans le cas d'arrêter pour suspicion étaient porteurs de ce signe de ralliement.

8 mai 1815.

Sire, j'adresse à Votre Majesté l'extrait des rapports particuliers; vous y remarquerez les inquiétudes que témoigne le

I général Maurice Mathieu sur les mauvaises dispositions du f ^^^' ^^ maréchal de camp Laflitte écrit de Foix que des * troupes espagnoles se montrent sur des points où elles n'avaient ' pas encore été vues. Le général Glausel, dans son rapport, annonçait aussi l'arrivée de plusieurs régiments espagnols. Ces mouvements jetteraient beaucoup d'inquiétudes dans la population, vu le peu de troupes qu'il y avait sur ce point. En exécution des ordres de Votre Majesté que je lui ai transmis, i' a écrit aux préfets pour l'organisation des bataillons des Çaixles nationales. 11 a fait une répartition de ces bataillons, Je Tai mise sous les yeux de Votre Majesté. Je la supplie instamment de vouloir bien l'approuver et l'autoriser par un décret. Si Votre Majesté approuve cette répartition comme ^lle est faite par le général Clausel, il y aurait l'avantage qu'il n'aurait à changer aucun des arrangements et des dispositions C|u'il a déjà commencés. J'ai déjà rendu compte à Votre Majesté que le général Maurice Mathieu avait une mauvaise santé, et qu'il parlait de sa retraite. Je crois urgent d'envoyer à Perpignan un officier général qui réunirait tous les militaires qui n'ont pas rejoint, mais qui marcheraient pour la défense de leurs frontières. Il est instant qu'on y envoie un général de considération, de vigueur et dévoué. Le général Duhesme me parait réunir ces qualités.

8 mai 1815.

Monsieur le comte, l'Empereur se plaint des habits qui viennent d'être livrés à la troupe. Sa Majesté est aussi instruite que les chapeaux ne sont pas d'une bonne qualité, et que la confection est mauvaise; l'intention de l'Empereur est qu'il soit nommé une commission d'officiers sévères pour procéder à l'examen des effets déjà livrés à la troupe, ainsi que de ceux qui se trouvent en magasin. Il nie parait. Monsieur le comte, qu'il serait inutile de généraliser ces mesures. Donnez-moi vos idées à cet égard. Il a existé au ministère un service d'habillé-

iM COBBESP05DA3(C£

m*futi étaît-il utile? J'ai été satisfait de celui qae Jarûs cl à IlamlKiurg. Si tou% pensez qu'il serait dangereux d'apporter dani^ ce moment du changement dans cette partie du scrrice, indiquez-moi le? morens de lui imprimer Taction que eomr mandent le« cireon)4ance£. ^ous sommes au milieu d^one îmmen)»ité d'ouvriers, non? devrions déîà avoir 15 à 20,000 hahit?, et nou» n'avons presque rien. L'Empereur &it de grands Mcrifices, vous le savez, pour rétablir le crédit, et les versements de draps, toiles, etc., ne se font pas comme l'Empereur a%ait droit d'attendre. Je me résume : — !• Me propos» une commit>9ion composée d'officiers sévères pour examiner le» effet» déjà confectionnés, et £ûre un rapport détaillé pour faire connaître la vérité à l'Empereur. Cest l'ordre de l'Empereur. — 2* Examiner s'il serait utile au service de l'armée d'apporter des changements au système actuel pour obtenir des résultats plus prompts. Dans le cas contraire, prendre des mesures efficaces pour imprimer une active impulsion à ceux qui sont chargés de diriger les confections. II est indispensable de faire agir vivement les bureaux et surtout les chefs ; vous les avez sous la main, vous connaissez les moyens de chacun d'eux. Exigez de grandes preuves de dévouement au service de 8a Majesté. Je désire, Monsieur le comte, que vous fassiez remettre tous les jours Tétat de situation des magasins, afin que je puisse faire connaître à Sa Majesté les versements en magasins, les confections et les remises aux régiments.

1679. — A L'EMPEREDR.

8 mai 1815.

Sire, j'avais demandé au général Darricau, qui connaît les Pyrénées, ses idées sur la défense des frontières deTEspagne, en y faisant concourir les habitants. Ce général vient de mV dresser son projet que je transmets à Votre Majesté. En Taeccptant pour base, le général Glausel établirait son quartier général à Toulouse, et il aurait à sa disposition tous les généraux dont parle le général Darricau, et qui sont déjà surles

lieux. Des instructions seraient données dans ce sens au géné- Tal Clause!. Si Votre Majesté adopte les bases de ce projet, il ne serait plus question d'envoyer le général Duhesme à Perpignan. Je réclame de nouveau l'expédition du décret sur l'organisation des 56 bataillons de gardes nationales dont la levée est réclamée par le général Clausel.

Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'un nouveau rapport fait par un témoin oculaire sur l'engagement qui aurait eu lieu à Liège le 2 courant entre les Saxons et les Prussiens, que vient de m'adresser M. le général Vandamme * .

8 mai 1813.

Sire, pour donner de la confiance aux bataillons de gardes nationales, plusieurs généraux m'ont proposé de faire entrer dans la défense des places des soldats en retraite ou en réforme que l'on choisira parmi ceux capables de faire encore ce genre de service. Il y en a beaucoup qui sont en retraite, parce que l'on n'a pas pu les faire entrer dans les compagnies de vétérans qui étaient complètes. Les préfets recevraient l'ordre de réunir ces hommes; ceux qu'on reconnaîtrait capables de faire ce service seraient dirigés sur les places pour lesquelles ils seraient destinés. Ce serait une très-bonne réserve pour le gouverneur de la place, et cela aurait encore l'immense avantage de donner beaucoup de confiance aux gardes nationales.

' II y avait, en effet, a ce moment, dans 1c8 armées alliées affluant en Bcl- {ji(|ue, de fréquentes collisions provoquées par les violences soldatesques des Prussiens de Bluchcr, soit h Tégard des Belges dont ils ravageaient le pays, .soit ù l'égard des Saxons qui étaient fort mécontents, quoique alliés.

508 C0RREâP05DA5CE

Je soumets cette propositioa à Votre Majesté. Si elle TapproaTe, je ferai le trarail. Ces militaires jouiraient de leur traitemeol de retraite et recerraient encore les rifres et ia solde '.

8 mm 1813.

Sire, je prie Votre Majesté de trouver bon que je mette sons ses yeux la position du général Reaumont, mon bean-firère, créé sénateur par décret de Tilsit. Votre Majesté eut la bonté de lui donner ensuite un majorât de 30,000 francs, ce qui, jobi à la place de premier chambellan de Madame, lui faisait prés de 90,000 francs de rerenu. Il n^a rien à lui, de manière qu'en ce moment il est réduit à sa pension de retraite. Votre Majesté sait qu'une fois au Sénat, le traitement d^actîvité cessait. Cependant depuis elle a toujours, dans les grandes circoDstances, employé momentanément le général Reaumont. An moment de Wagram, elle le chargea d'organiser à Strasbooi; 6,000 dragons, et pendant cette campagne il a commandé en Ravière un corps d'observation, qui a été porté de 12 à 20,000 hommes. Il a organisé depuis les cohortes du 1** bataillon du Dauphiné. Eu6n, en 1813, il a été chaigé d^organiser dans rOuest 30,000 hommes de gardes nationales et a été en- | Toyéà Rrestpour la défense des côtes de Rretagne, d'où il D*est parti qu'à la 6n d'airil 1814. Son déTouement absolu dont je suis certain, et son désir bien prononcé de payer de sa personne pour votre service dans un moment si important, me font demander à Votre Majesté de le remettre en activité à dater du 1*' mars, époque où il a cessé de toucher son traitement de sénateur, pour être employé où elle le jugera convenable, en attendant qu'elle daigne fixer son sort. J'ai la conviction, Sire, que je vous demande une chose juste; je vous b demande aussi par rattachement que m'inspire un beau-frère,

^ Ocfe mesure était en effet adoptée pour rEmperenr eC pretciîie ^tt* toate* let instmctioiu pour Torganisadon de la défeiue.

et pour cette dernière considération, Votre Majesté, en m'accordant cette demande, me donnera une nouvelle preuve de la bienveillance dont elle m'a honoré.

8 mai 1815,

Sire, j'ai soumis à Votre Majesté un projet sur les travaux à faire foire à Laon. N'ayant pas reçu de décision, rien n'est encore commencé. Les travaux de Langres sont en grande activité.

9 mai 1815.

Monsieur le général, l'intention formelle de l'Empereur est que toutes les places fortes soient abandonnées aux gardes natio* nales d'élite. 11 ne doit y avoir dans les places d'autres officiers et troupes d'artillerie et du génie que ceux et celles qui sont affectés au service des places. Je vous en adresserai les états.

Le lieutenant générai Rapp reçoit l'ordre par le courrier qui vous remettra cette dépêche de porter son quartier général à Haguenau et d'établir l'armée du Rhin de manière à défendre les lignes de la Lauter. Ce mouvement devra être complet pour le 15 mai. L'intention de l'Empereur est que pour la même époque vous preniez position avec tout votre corps d'armée auprès de Longwy, auprès de Thionville, ou auprès de Sarrebruck. Ce qui me parait meilleur est de vous cantonner autour de Thionville et auprès de Sarrebruck, car dans cette position vous donnez des inquiétudes à l'ennemi sur Trêves et Luxembourg, et il vous est facile de communiquer avec le général Rapp par Bitche. Vos communications seraient couvertes par Sarrelouis, Sarrebruck, et par la Sarre. J'ignore quels sont les ponts qui existent sur cette rivière depuis Sarreguemines jusque près de Merzig; mais il faut faire replier les

510 C0RBESP05DA5CE

t^ateaux i»ur cette ririere depuis près de Merzîg jusqu'à Teridroft où elle estt gaéable, de manière à a*aToir de passage que dans nos places fortes, parce que cela oblige renncmi à Eiîre des préparatifs pour établir des ponts, que cela lui bit jHrrdre du temps et découvre ses projets. Je tous répète que l'intention formelle de l'Empereur est de Eure évacuer par les troupes de ligne toutes les places fortes. Vous nV laisserez que le perM>nnel de Tartillerie qui est destiné pour la défense de ces places. Les gardes nationales sédentaires et d^ëlite doivent seules en former la garnison. Les dépôts des troupes devront y rester jusqu^au moment de la déclaration de guerre; ils se replieront sur les endroits que je vous désignerai.

Faites accélérer les confections. II faut augmenter les troupes de ligne actives par tous les moyens possibles. Yoos compléterez d'abord les deux bataillons à 500 hommes, après cela le 3* bataillon également de 500 hommes. Faites Caire des revues dans les dépôts par vos aides de camp et des officiers d'état-major pour que Ton envoie au bataillon de gueire tout ce qu'il y a de disponible; pourvu que les soldats aient un fusil y une capote, une tournure militaire quelconque, cela est suffisant pour le moment. Le principal est d^accroitre le nombre et la force de nos bataillons. Je vous adresse copie d'une lettre que je viens de recevoir de l'Empereur. Gommuniquez-la aux députés, aux préfets; ils peuvent donc aller en avant, puisqu'on va leur faire des fonds.

Concertez-vous avec les autorités civiles pour que l'on mette la plus grande activité dans les confections. Je vous communique extrait de la lettre du général Vandamme pour différents travaux de défense qu'il fait exécuter dans la forêt d'Argonne. Je ne puis que les approuver. Faites faire de votre côté des travaux dans ce même esprit. Il me semble qu'entre Longwy et Bitche vous pourrez faire retrancher tous les débouchés; au surplus je ne connais pas assez les localités pour vous doTuier des idées exactes ù cet égard. Vous êtes sur les lieux.

Y a-t-il beaucoup de troupes de partisans organisées? Qu'ils cachent dans des endroits qu'eux seuls connaîtront, des vivres et munitions. Donnez-leur un chiffre particulier, qui»

)ien entendu, ne sera pas celui des commandants de place. Il ixiste dans vos divisions militaires beaucoup de militaires en etraite ou en réforme; l'intention de l'Empereur est qu'ils oient réunis dans les places fortes, à l'exception de ceux qui 'Ont être compris dans les gardes nationales et les levées en nasse. Concertez -vous tout de suite avec les autorités civiles >our les rappeler, et désignez des places fortes où ils devront se endre; ils seront donnés comme instructeurs aux gardes lationales des places, ils soutiendront leur zèle par des ixemples; vous les ferez former des compagnies que vous erez loger à proximité des postes et aux endroits les plus mportants. Ils prendront les armes et se rendront au poste /alarme qui leur sera désigné; ils ne feront d'autre serice dans les places que celui d'instruire les gaixles natiolales.

L'Empereur attache une grande importance à l'exécution e ces mesures; elles doivent beaucoup ajouter à la force des •laces. Que l'on m'adresse l'état nominatif des officiers et oldats que cela procurera pour chaque place.

La nature de la guerre que l'on va faire n'est pas encore ien déterminée. II est des cas où les Vosges seraient la etraite de l'armée du Rhin; il en est d'autres où les Vosges lenaceraient les derrières de l'armée de la Moselle, et dans une et dans l'autre de ces hypothèses, il est nécessaire de lire reconnaître et de faire fortifier tout de suite les défilés es Vosges '. Je vous charge, général, de veiller vous-même à

* L'Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 9 mai 1815. Mon cousin, an« le moment actuel, je pense qu'il est convenable de no rien changer à organisation des armées. Il est mieux de s'en tenir à ce qui est fait que de étn<;her les Vosges de leur division miliuire pour les mettre dans l'armée u Rhin; si cela est jugé nécessaire, car il y a du pour et du cona*e, cela ourra se faire plus tard. Il est des cas où les Vosges «ont la retraite de l'arlée du Rhin ; mais il en est d'autres où les Vosges menacent les derrières de amiéo de la Moselle. J'attends donc que la nature de la guerre qu'on devra lire soit mieux déterminée. La mdme chose devra se faire pour la forêt de Argonne.

• Mais il est important que, pour l'une et l'autre de ces deux positions, il ait «leux lieutenants généraux et quatre maréchaux de camp qui com-

landent les divisions de réserve de gardes nationales, et qu'il y ait avec eux

la mise en état des Vosges, c'est-à-dire faire retrancher la défilés difficiles ; envoyez des instructions à vos officiers da génie pour que l'on y travaille tout de suite et que les travaux soient poussés avec activité. Vous leur donnerez des lettres pour les autorités civiles pour que les habitants y mettent la main. Tout cela doit être achevé dans six ou huit jours. Ga I officiers vous donneront leurs rapports que vous me transmettrez. J'écris au général Yandamme pour qu'il continue avec la même activité la mise en état de TArgonne.

Monsieur le comte, je vous transmets la copie d'une lettre que je reçois à l'instant du préfet de l'Aisne, du 7 mai, de' Laon. De grands approvisionnements ont été ordonnés indépendamment du service courant. II résulte de cette lettre que non-seulement les approvisionnements extraordinaires ne se font pas, mais que même le service courant n'est pas assuré. Cependant, le munitionnaire a dû envoyer avec Tordonnateur Volland des fonds, et il a dit au préfet qu'il n'a ni approvi-

des officiers du génie et de Tartillerie, et qu*ilâ soient cliargcs de reconnaître et de fortifier tous les défiles. J*ai cru que cela était fait depuis longtempîi; | ii n*y a donc pas un moment à perdre.

« 11 faut également un général pour commander la division de réserve de Golmar, et deux lieutenants généraux et le nombre de marécYiaux de camp nécessaire pour commander les réserves de Vesoul et de Besançon, et eofio également les généraux nécessaires pour commander celles de Lvon, de Valence et le fort Barraux...

« Il est nécessaire que le général Gérard veille lui-même à la mise en état des Vosges; le général Yandamme, à la mise en cUt de TArgonne; le général Rapp, aux redoutes et points fortifiés à établir le long du Rhin; et le général Lecourbe, à Bclfort et à tous les passages du Jura, et surtout ili la mise en état, armement, approvisionnement et commandement des places fortes tle la 6' division.

« ...G* est donc une instruction particulière qu*on doit faire rédiger poiv cbacun de ces généraux; ils chai^geront de l'exécution les généraux conunaiidant les réserves, chargés de la défense de ces différents points^ et les officia I du génie qui y sont attachés... » (Correspondance de Napoléon, t. XXVIIIf * p. 168.)

sionnements, ni fonds. Je vous prie, Monsieur le comte, de vous faire rendre compte tout de suite des mesures qui ont été prises pour former les approvisionnements, en exécution des ordres que j'ai donnés à Laon, Avesnes, Soissons, et pour assurer le service courant aux corps des généraux Reille et d'Erlon. L'inexécution de ces ordres entraînerait une grande responsabilité pour le munitionnaire. Faites-moi connaître, je vous prie, dans la journée, les ordres que vous aurez donnés, les comptes que vous aurez rendus, pour que j'en informe les préfets.

9 mai 1815.

Sire, je reçois Toidre de Votre Majesté pour envoyer à Lyon le général Rampon. Je crois devoir lui faire observer que ce général ne me parait point propre à ce poste; c'est un militaire dont les moyens sont usés. Je lui proposerai le général MioUis ou le général Duvernet, qui se trouve en ce moment à Marseille, mais qui, sur l'avis qu'on lui en transmettrait par la voie du télégraphe de Paris à Lyon et l'estafette de Lyon à Marseille, serait tout aussi promptement rendu à Lyon que si le général partait d'ici.

0 mai 1815.

Monsieur le général, j'ai transmis à l'Empereur votre dépêche du 3 mai, celle du 30 avril et les états qui y étaient joints '. Sa Majesté me charge de vous faire connaître que son

* L*Einperear au maréchal Davout. — • Pari:*, 9 mai 1815. Mon cousin, je vous renvoie les états du général Rapp. Vous lui ferez connaître que mon intention est qu*il ne reste pas un seul homme de troupes de ligne dans nos places fortes, qui doivent être abandonnées aux gardes nationales d*élite et aux gardes nationales sédentaires. Je suppose que vous me proposez un gouverneur pour Strasbourg et pour toutes les places de TAlsace. Il doit y avoir

Page 1