‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 56 sur 95 · IV · texte numérisé non relu

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intention positive est qu'il ne reste pas un seul homme de troupes de ligne dans les places fortes, qui doivent être abaiH données aux gardes nationales d'élite et aux gardes nationales sédentaires.

Des commandants pour toutes les places de TAlsace ont été nommés. Je vous en envoie l'état. Le gouverneur pour Strasbourg est le général Semelé. Indépendamment du gouverneur, il y aura à Strasbourg un commandant d'armes (général Bardet), un maréchal de camp commandant les gardes nationales sédentaires, et deux maréchaux de camp commandant les deux brigades d'élite des grenadiers des gardes nationales. Je vous adresse l'état des officiers d'artillerib et du génie destinés à rester dans les places. On vous désignera

à Strasbourg un commandant d'armes, un maréchal de camp commandant des gardes nationales sédentaires et deux maréchaux de camp commandant les deux brigades d'élite de grenadiers de garde nationale. Indépendamment de ce, il doit y avoir des officiers d'artillerie commandants et des offiden commandant le génie. Les seules troupes de ligne qu'on puisse garder daoji les places sont celles d'artillerie, mais dans le nombre déterminé par TOtre bureau d'artillerie, de manière que cela ne nuise en rien à l'armée du Rhin.

« Toutes les troupes étant ainsi réunies au corps d'armée, mon intention est que la surveillance du Rhin, depuis Huningue jusqu'à Strasboni^g, et depuis Sti-asbourg jusqu'aux lignes de Wisscmbourg, soit donnée aux gardes nationales qui font partie des garnisons. Les places se concerteront entre elles pour que leurs détachements puissent se croiser. On construira quelques redoutes, on crénellera quelques maisons, pour mettre le rivage à l'abri du passage de l'ennemi. II doit y avoir dans les places des pièces de campagne qui seront attelées, dans le moment, par des chevaux de la ville on des environs, et que les charretiers du pays conduiront. On pourra, de cette façon, les conduire aux postes les plus importants. Le général Rapp doit ordonner la construction de ces ouvrages de campagne et de ces redoute». Le quartier général doit se porter entre Strasbourg et Landau; tontes les divisions doivent être cantonnées aux environs des lignes de Wissemboarg et de la Lauter, sans qu'aucun homme de cavalerie ni d'infanterie reste dan^ les places.

u Je pense que le général Rapp doit, avant le 12 mai, avoir 20,000 hommes aux lignes de Ilaguenau. Il se mettra en correspondance avec le général Gérard, qui réunira ses troupes dans la position qu'il jugera la plus convenable, près de Longwy, ou de Thionville, ou de Sarrcbruck. Ces deux généraux correspondront entre eux par Bitche, en assurant tous leurs moyens de communication. Le général Gérard recevra le même ordre de Faire évacuer par les troupes de ligne toutes les places fortes, en n'y laissant que le personnel d'artillerie que vous aurez désigné.

« Les gardes nationales sédentaires et d'élite doivent seules former les gar-

f DU MARÉCHAL DAVODT. — 1815. 515

/ ^Ussi les compagnies d'artillerie qui devront y rester. L'inten-

f ^On de TEmpereur est que l'armée du Rhin soit disponible

^O entier. En conséquence, la surveillance du Rhin depuis

Huningue jusqu'à Strasbourg, et depuis Strasbourg jusqu'aux

I%nes de Wissembourg, sera confiée aux bataillons des gardes

i^tionales qui font partie des garnisons et des habitants du

pays. Le général Molitor, qui est chargé de les organiser et

de les commander, doit être naturellement chargé de cette

Oi^nisation et de cette surveillance. Je lui fais connaître

C|u'il £aut que les places communiquent entre elles par des

flétachements qui puissent se croiser; que sur les points qui

Seraient propres à un passage, on fasse établir des redoutes,

créneler des maisons, etc. Qu'il fasse organiser dans toutes

TiisonA des places; les dépôts resteront jusqu'au dernier moment dans leM places. On y accélérera les confections et l'on auf^mentera les troupes actives par tous les moyens possibles. On complétera d'abord les deux premiers l>ataillons à 500 hommes ; après cela, on complétera le 3" bataillon enraiement a 5(M) hommes. Quand on aura ainsi complété les trois premiers bataillons à 1,500 hommes, on s'occupera ensuite de les compléter chacun à 600 hommes. Les cadres du 4* bauiilon et les dépôts, au moment de la déclaration de guerre, sortiraient des places pour se rendre dans l'intérieur, conformément à ta lettre que je vous ai écrite. Il ne faut donc pas que, pour la {^arde des (grandes places, on affaiblisse d'un seul homme les troupes de ligne...

« Vous devez donner les mêmes ordres au général Vandamme, et j'espère qne, du 10 au 15, il n'aura plus un seul homme dans les garnisons, qu'elle» seront toutes abandonnées h la garde des gardes nationales d'élite et dvn gardes nationales sédentaires. Le général Vandamme doit réunir son corps. comme je l'ai déjà prescrit, du côté de Rocroy et de Philippe ville. Vous lui ferez connaître qu'il fait partie de l'armée du Nord ; qu'il doit pouvoir s'v réunir sur la Sambre, où je me trouverai probablement moi-même, afin d'agir avec de grandes masses. Il faut presser le départ des gardes nationales dans les 1'* et 15® divisions, afin d'occuper toutes les places du Nord, et que, du 10 au 15, si cela est possible, nous n'ayons plus un seul homme de troupes de ligne dans les places du Nord, hormis les dépôts, qui recevront l'ordre de se rendre successivement sur la Somme. Il faut que les généraux, le comte d'Erlon pour le Nord, le général Vandamme, le général Gérard pour l'armée de la Moselle, le général Rapp pour l'armée du Rhin, fassent faire des revues par leurs aides de camp et pressent de tous leurs moyens l'arrivée des soldats ; que ceux-ci rejoignent et augmentent les corps. Pourvu qu'ils aient un (iisil, une capote et une tournure miliuiire quelconque, cela est suffisant. Le principal est d'accroître le nombre et la force de nos bataillons.

• Donnez la même instruction générale aux généraux commandant le corps d'observation du Jura et l'armée des Alpes... » {Correspondance de Napoléon y t. XXVIII, p. 163, 164, 165.)

5i« CORRESPONDANCE

le:» places fortes, et particulièrement dans celles qui sont sur les liords du Rhin, des pièces d'artillerie mobile; qu^il &sse désigner les chevaux et les conducteurs, de manière à les avoir toujours sous la main et prêts à être portés sur les points les plus importants; qu'il fesse faire par les habitants du pap tous les ouvrages de campagne qu'il jugerait utiles pour la défense des points où Ton pourrait craindre un passage du Rhin. Le gouvernement ne peut pas feire de fonds pour ces travaux, il n'en fait que pour les places; que Ton s'arrange avec les autorités, pour que ces travaux soient feits de la manière la plus prompte et la moins onéreuse pour les habitants.

Votre quartier général doit se porter tout de suite entre Strasbourg et Landau.; Haguenau me parait le meilleur point. Tout votre corps d'armée doit être dans les environs des lignes de Wissembourg et de la Lauter, infanterie, cavalerie, artillerie. Vous ferez mettre en état toutes ces lignes, ea faisant tendre les inondations pour les rendre le plus fortes possible. Il y a dans la 5* divison beaucoup de soldats réformés ou qui jouissaient de la solde de retraite. L'intention de l'Empereur est qu'ils soient réunis dans les places fortes, à l'exception de ceux qui vont être employés dans les gardes nationales. Prévenez-en le général Molitor. Les ofBciers et soldats seront donnés comme instructeurs aux gardes nationales des places fortes, dont ils soutiendront le zèle par leurs exemples. 11 faut même en former un corps de troupes, que le général Molitor fera loger à proximité des postes et des endroits les plus impoilants, et en cas d'alerte, ils prendraient les armes et iraient au poste d'alarme qui leur sera désigné. Ils ne feront d'autre service dans les places que celui d'instruire les gardes nationales. J'écrirai au général Molitor pour qu'il écrive aux préfets de donner tous les ordres pour faire exécuter ces dispositions. Vous, de votre côté, secondez-le, et à la réception de ma lettre, faites exécuter tous les mouvements nécessaires pour qu'il soit en mesure le 15 mai de défendre les lignes de Wissembourg, et cantonnez-le en conséquence.

Le général Gérard, pour la même époque, aura réuni tout son corps d'armée entre Longwy et Sarrebruck. Vous établirez Vos communications avec lui par Bitche. Il faudra vous concerter avec lui pour assurer vos moyens de communication. Il vous fera connaître où il établira son quartier général. Accélérez, Monsieur le général, partons les moyens possibles, l^armement et l'équipement de tous les hommes qui arrivent ^ux dépôts, afin d'augmenter les bataillons actifs. On complétera d'abord les deux premiers bataillons à 500 hommes et ensuite le 3* bataillon à 500 hommes. Le 3* bataillon complété rejoindra les deux premiers. Lorsque ces 3 bataillons seront complétés à 500 hommes, on s'occupera de les porter à 600. — Au moment de la déclaration de guerre, les cadres des autres bataillons et les dépôts seront mis en marche pour l'intérieur. Je vous indiquerai l'itinéraire que chacun de ces dépôts devra suivre. Faites passer par vos aides de camp des revues des dépôts, pour presser par tous les moyens possibles l'arrivée des soldats aux bataillons de guerre. Pourvu qu'ils aient un fusil, une capote et une tournure militaire quelconque, cela est suffisant pour le moment. Rendez-moi compte de l'exécution de ces différentes mesures, pour que j'en informe Sa Majesté.

Ce soir, on va prendre de grandes mesures pour procurer aux dépôts les fonds nécessaires. On les enverra en poste si l'on ne pouvait les réaliser sur les lieux. Vous pouvez compter sur ce que je vous mande, ainsi agissez. Si le général Molitor fait bien exécuter l'ordre de faire entrer dans les places tous les militaires en réforme ou en retraite qui sont dans la 5' division militaire, cela assurera bien la défense de vos places, et vous donnera un grand point de tranquillité. Je mande au général Pacthod, qui commande la 4* division militaire à Nancy, de mettre à votre disposition et de diriger sur Huningue et Neuf-Brisach la moitié des militaires en réforme ou en retraite qui se trouvent dans les départements des Vosges et de la Meurthe; il en adressera l'état nominatif an général Molitor, qui devra recommander que ces militaires soient bien logés et qu'on ait bien soin d'eux. Je ne doute

point que ces militaires, qui sont tous animés d'un esprit d'honneur, ne se soumettent à cet ordre avec empressement, et pour sa prompte exécution, il faut leur donner des moyens de transport pour qu'ils fassent trois étapes par jour. Pour plus de célérité, communiquez toutes ces dispositions, pour le service que doivent faire les gardes nationales, et Tappel des militaires en retraite, au général Molitor, afin qu'il organise, en attendant mes instructions, que je ne pourrai lui envoyer, vu le travail, que demain ou après-demain.

Je recommande au général Lecourbe d'approcher quelques détachements de Bâie, bien entendu, sur notre territoire, afin qu'il se lie bien avec la garnison de Huningue. Je vous forai connaître l'ensemble des instructions qui lui seront données. Ayant à écrire ce soirau général Gérard, je n'entrerai pas dans de plus grands détails. Je compléterai demain ceux qui pourraient vous manquer et vous être utiles.

10 mai 1815.

Monsieur le général, la situation du Midi exige toute votre attention, et pour bien assurer la défense il convient que vous réunissiez le plus de troupes possible à Toulouse. Vous devez ne pas perdre un instant pour l'organisation des gardes nationales et des bataillons basques, chasseurs des montagnes et miquelets, de manière à pouvoir former les garnisons de vos places des dépôts des régiments et des gardes nationales, afin dé vous former un corps d'armée disponible pour vous porter sur tous les points menacés de la frontière.

Donnez Tordre au général Harispe de faire un appel à tous les Basques qui ont servi depuis le commencement de la révolution, de les réunir en compagnies et bataillons; de prendre les officiers parmi ceux du pays basque qui ont fait preuve de dévouement et de bravoure; de vous désigner l'homme le plus propre à leur donner l'élan nécessaire, et à les diriger avec succès pour la défense de cette contrée. Chai^ez-le en outre de

Torganisation des gardes nationales basques que vous destinerez à la garnison de Saint-Jean Pied-de-Port ; donnez-lui Tautorisation de leur garantir que leurs services ne dureront que pendant la guerre, et qu'ils ne seront pas appelés à d'autres armées. Faites organiser en chasseurs de|Pnontagnes tous les anciens militaires du département des Landes et des Basses- Pyrénées, les Basques exceptés, par le général Harispe qui a la confiance de ces départements. Réunissez des chasseurs des montagnes et des chasseurs basques en corps d'observation. Ce sera une excellente troupe lé(jère dont vous pourrez tirer le meilleur parti en les laissant à Bayonne. Faites porter dans Rayonne et Navarins les gardes nationales mobiles des Landes et des Basses-Pyrénées. Confiez la garde des côtes de l'Océan aux habitants des Landes et de la Gironde qui se trouvent entre l'Océan et la route des grandes landes de Bordeaux et Rayonne. Faites former parmi eux des compagnies de canonniers garde -côtes pour servir les batteries que vous ferez placer. Nommez un bon officier supérieur pour les diriger et diriger la défense des côtes. Organisez en outre tous les hommes qui ont servi et sont retirés sous quelque dénomination que ce soit, des départements des Hautes-Pyrénées, du Gers, de la Haute-Garonne et de l'Aude. Formez-les en compagnies et bataillons de chasseurs des montagnes, et réunissez-les à Toulouse.

Je vous envoie le colonel Dusers, de Ragnères-de-Rigorre, qui pourra vous être de la plus grande utilité pour cette organisation. Vous lui confierez le commandement d'un de ces régiments, et vous le chargerez spécialement des départements du Gers et des Hautes-Pyrénées. Il pourra en même temps organiser les gardes nationales. Le maréchal de camp Laffitte, commandant le département de l'Âriége, peut être chargé de ces différentes organisations dans son département; vous mettrez un bataillon à sa disposition pour faire rentrer dans l'ordre les communes qui semblent vouloir le troubler. Vous donnerez à M. le général Robert, dans le département des Pyrénées -Orientales, les mêmes ordres et les mêmes instructions. Vous compléterez les places du Roussillon avec

les gardes nationales de la 10' division, et ce qui n'y sera pas employé sera réuni à Toulouse. Vous placerez dans les places que TOUS croirez susceptibles d'en avoir besoin des 3*' et 4** bataillons des régiments sous vos ordres, pour appuyer les gardes nationales et assui^.une bonne défense. Vous confierez Fexécution de ces dispositions aux lieutenants généraux commandant les divisions.

Je ne saurais trop vous recommander de donner un grand mouvement à Texécution de ces mesures d'où dépend la réunion d'un corps de troupes qui doit en imposer à Tennemi et aux meneurs de la guerre civile. Cherchez à réorganiser à Bordeaux la garde nationale, et faites-y entrer toutes les personnes connues par leur dévouement, et dans le cas où la ville ne pourrait pas donner un corps de gardes nationales capables d'offrir assez de garanties, et que l'esprit des campagnes offrit assez de ressources, il £aut les utiliser; vous pourriez laisser à Bordeaux un bon régiment de cavalerie. N'étant pas sur les lieui, et l'Empereur mettant une pleine confiance dans votre sagesse et vos lumières, vous pourrez faire les modifications que vous croirez nécessaii^es au bien du service. Une réunion de troupes à Toulouse en imposera à toutes ces contrées. 11 faut utiliser tous les officiers qui étaient à demi-solde, les Espagnols, tout mettre en mouvement. Annoncez qu'il vous arrive des troupes, entre autres celles que le général Morand a montrées dans ces contrées. Le colonel Dusers se rend à Toulouse et y attendra vos instructions.

J'envoie copie de cette lettre au général Maurice Mathieu pour qu'il écrive aux généraux LaHitte et Robert qu'ils préparent l'exécution de vos ordres. Envoyez par transport accéléré les troupes du général Fressinet à Toulouse, si elles sont du côté de Bordeaux.

10 mai 1815.

Sire, je m'empresse de mettre sous les yeux de Votre Majesté deux lettres du général Maurice Mathieu, des 6 et 7 mai.

Les avis qu'ils donnent me font insister auprès de Votre Majesté pour qu'elle adopte les rapports que je lui ai adressés et les mesures présentées par le général Clausel. Je donne l'*ordre au général Clausel de porter quelques régiments sur Toulouse, d'y placer son quartier général, d'y organiser les bataillons de gardes nationales. J'écris au général Maurice Mathieu de donner l'ordre au général LafBtte de rallier dans l'Ariëge les hommes qui ne sont décidés à prendre les armes que pour la défense de leur ten*itoire, à les réunir et à en former des bataillons. Ils prendront des armes à Perpignan et de l'artillerie de montagne. Le général Robert, qui est à Perpignan, reçoit ordre de son côté d'organiser les miquelets et chasseurs de montagne dans les Pyrénées-Orientales.

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