‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 63 sur 95 · PRINCE DE LA MOSROWA · texte numérisé non relu

PRINCE DE LA MOSROWA

]ljuial815.

L'Empereur, Monsieur le maréchal, me charge de vous prévenir que son quartier général sera le 14 à Avesnes, afin que vous soyez en mesure de vous y trouver pour assister aux premières batailles qui auront lieu '.

14 juin 1815, deux heures du matin.

Monsieur le maréchal, les avis que vous avez donnés de l'arrivée d'un corps de troupes par le Simplon sont confirmés.

^ L'Empereur au maréchal Davout. — « Paris, il juin 1815. Mon couitîn, faites appeler le mnrôchnl Ncy; 8*il doîtire se trouver aux premières batailles qui auront lieu, dites-Iuî qu'il soit rendu le 14 h. Avesnes, où sera mon quartier général. » {Correspondance de Napoléon, t. XXVIII, p. 273.)

L'Empereur partout en effet dans la nuit pour l'armoe, laissant le prince d'Eckraiihl ;\ Paris avec la mission qu'il lui avait assignée d'avance, non certes par défaveur, mais au contraire par un sentiment hien marqué de confiance. On lit dans la Correspondance avant l'ouverture des hostilités :

L'Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 30 avril 1815. Mon cousin, si nous avons la {{uerre, et que je sois ohli^jé de partir, mon intention est de vous laisser à Paris, ministre de la guerre, gouverneur de Paris et coniman* dant en chef des gardes nationales, des levées en masse et des troupes de ligne qui se trouveraient dans la ville. Je n'ai point encore le projet de partir, et je ne suppose pas que l'ennemi nous attaque de tout le mois de mai. Cependant, je désire que tous tous occupiez dès h présent de mettre la ville en état... » (^Correspondance de Napole'on, t. XXVIII, p. 144.)

Pressez par tous les moyens possibles les travaux et Tarmement de Lyon, et l'organisation des gardes nationales; organisez des partisans avec des chefs audacieux et intelligents, afin que dans le cas où vous seriez obligé à un mouvement rétrograde sur Lyon, ils puissent, suivant les ordres qu'ils recevraient de vous, intercepter les communications de Tennemi. Il leur sera très-facile de se cacher dans les montagnes ; ils y seraient tranquilles jusqu'à ce qu'ils aient reçu vos instructions. Vous leur laisserez un chiffre très- simple pour correspondre avec vous. Il faut plus de grands approvisionnements de subsistance dans Lyon...

Je vous réitère, Monsieur le maréchal, tout ce que je vous ai mandé pour faire replier tous les bacs, bateaux et nacelles qui sont sur les rivières, afin qu'il n'y ait que les ponts à gaixler.

Donnez des instructions pour que les habitants, si vous êtes obligé à un mouvement rétrograde, cachent leurs vivres dans les montagnes.

17 juia 1815.

Monsieur le général, je reçois vos lettres du 14 et du 15, au nombre de cinq. L'Empereur a forcé le passage de la Sambre le 15. Il a détruit entièrement A régiments d'infanterie prussienne et pris 6 pièces de canon. Les troupes, aussitôt qu'elles ont aperçu l'ennemi, ont couru dessus sans faire feu, ce qui est cause que nous n'avons perdu que très-peu de monde. Cette vigueur des troupes et le génie de l'Empereur ne permettent pas de douter que sous peu il y ait de grands résultats.

Le duc d'Albuféra s'est emparé le 15 de Montmeillan, il a fait 600 prisonniers et tué 300 hommes ; voilà un beau début.

Les rapports d'Angers annoncent que les paysans rentrent chez eux; c'est votre marche qui les a déterminés. En entrant au cœur de l'insurrection, il faut prendre des mesures pour opérer le désarmement. Je suppose que vous avez déjà fait imprimer la lettre signée de moi et du duc d'Otrante avec une

proclamation. Il faut répandre ces pièces avec profusion, il faut obliger les prêtres à les publier au prône.

Je vous ai fait connaître que j'avais fait diriger moitié des bataillons qui se réunissent à Poitiers sur la Rochelle et Fautre moitié sur Tours, pour y être armés.

J'ai envoyé encore 1,000 fusils de Paris à Tours; le reste, il faudra le prendre à Saumur. Il est fâcheux que le général Travot n'ait pas pu faire transporter les fusils qu'il avait pris tant aux Anglais que sur le champ de bataille. Ce sera rendre un grand service sous tous les rapports que de faire effectuer le désarmement et d'employer les fusils pour arnoer nos troupes.

Enfin, Monsieur le général, faites pour le mieux; il ne faut pas compromettre tous les bataillons de garde nationale.

19 j'iin 1815.

Sire, le duc d'Albuféra, par une dépêche télégraphique, demande s'il peut, sans inconvénient pour nos relations avec la Suisse, tenter de faire rendre Genève.

Je prie Votre Majesté de me donner ses ordres à ce sujet.

En attendant, je réponds au maréchal Suchet qu'à la première nouvelle qu'il aura que les Suisses ont donné passage aux troupes étrangères, il peut s'emparer de Genève, mais que jusque-là il ne doit rien tenter.

MAJOR GÉNÉRAL

19 juin 1813.

Je reçois à l'instant votre lettre du 17, par laquelle vous m'annoncez la victoire que l'Empereur a remportée sur l'ennemi*. Je vais envoyer en poste à Charleroi des effets

^ Il s'agit ici de la bataille de Ligny, gagnée le 16 jain sur les Prusaîens.

d'ambulance et tout ce qu'on pourra se procurer à Paris. Le séjour prolongé de l'intendant général à Paris a été préjudiciable en ce qu'il n'a pu s'assurer de l'exécution des ordres donnés et faire passer des revues ; ce qui a beaucoup nui à l'organisation des ambulances est surtout l'enlèvement de 5 compagnies d'équipages pour l'aitillerie.

J'aurais désiré que vous me fissiez connaître les endroits où vous avez envoyé ordre de faire partir 10 bataillons des gardes nationales de la 16* division militaire pour Avesnes. Quoi qu'il en soit, je vais envoyer le général Solignac parcourir ces places et en tirer ce qu'il y a de mieux.

Je ferai partir demain le plus d'officiers d'état-major possible pour être à votre disposition ; je vous en enverrai l'état.

J'ai fait passer la revue de tous les dépôts pour faire partir lout ce qu'il y a de disponible. J'espère que d'ici à la fin du mois on pourra faire partir, y compris la garde, 10 à 15,000 hommes.

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