A BESANÇON
9 juin 1815.
Monsieur le maréchal, tout annonce que les hostilités sont imminentes. La garde est partie de Paris; les troupes étrangères arrivent sur nos frontières; le duc d'Albuféra annonce que 4 régiments d'infanterie ont passé le Simplon et sont arrivés à Brigg le 6. Pressez l'organisation des gardes nationales; il vous arrive 4,000 fusils de Lyon, 6,000 expédiés de Paris, 4,000 de Strasbourg, et 2 à 3,000 sont également dirigés sur Besançon ou sur Auxonne. Concertez-vous avec le général Lecourbe pour que tous les bataillons de garde nationale soient armés; il nous restera encore des fusils que vous pourrez utiliser. Faites compléter les approvisionnements de siège de Besançon et des autres places.
Inspirez votre zèle à tout le monde. Il faut que les préfets s^occupent de Thabillement et de l'équipement des bataillons de gardes nationales, qu'ils fassent de grands efforts. Les gardes nationaux voyant que l'on s'occupe d'eux prendront patience.
dcr la cavalerie; s'ils ne le sont pas, il est indispensable qu'ils partent demain, dans la journée.
w Donnez ordre nu maréchal Mortier d*être rendu a Soiitsons le 9 à midi, où il prendra le commandement {général de toute la cavalerie de la {jarde. Mon intention e^t de lui confier plus spécialement le commandement des trois divisions de la jeune {jarde, aussitôt qu*elles seront formées.
« Donnez ordre au général Duhesme de se rendre à Soissons ; il prendra le commandement de la 1''' division de la jeune {^arde.
« Ordonnez au général Bonet de partir demain pour Metz ; il prendra le commandement des 3" et 4* divisions militaires, et il manœuvrera, avec toutes Jes troupes qu'il pourra réunir et les gardes nationales de Nancy, pour appuyer le général Rapp. Cette mission est délicate et de la plus haute importance.
« Je suppose que le général Gazan est parti pour se rendre sur la Somme.
« Tenez la main à ce que le général Dulauloy parte demain pour Lyon. » (Correspondance de yapole'on, t. XXVIII, p. 262).
Déjà, par lettre du 3 juin, le maréchal Grouchy particulièrement avait été désigné pour prendre le commandement en chef de la cavalerie à l'armée du Nord et avait reçu Tordre de se rendre ù Laon, pour être prêt à entrer en campagne le 10.
Il faut sortir des formes ordinaires, puisque nous sommes dans des circonstances extraordinaires. Il y a du drap chez les marchands, il faut le prendre, Festimer et en faire payer une partie par des prêts.
Au surplus, Monsieur le maréchal, si sur votre point on va être obligé de garder la défensive, j'espère qu'avant sept ou huit jours, j'aurai à vous annoncer des victoires au nord.