AU GÉNÉRAL CÉSAR DE LAVILLE
Paris, le 27 juia 1815.
Le général de Laville ira s'établir avec les deux tiers des officiers d'état-major à Aubervilliers. Il enverra ensuite des officiers à Gonesse, à Luzarches, à Dammartin et à Louvres pour faire replier sur Paris les différents convois d'artillerie qui auraient pu être dirigés sur Tarmée. Quant aux convois de Paris, on les déposera dans un magasin à Dammartin, pourvu que cela n'excède pas 30,000 rations. M. le général Doumerc s'établira aussi à Aubervilliers avec 100 chevaux. Il sera donné 8 à 10 chevaux à chacun des officiers pour qu'ils puissent faire des rapports. Les ofticiers resteront dans ces endroits jusqu'à ce qu'ils aient connaissance de l'ennemi.
Les officiers placés à Louvres, Gonesse, Dammartin et Luzarches, feront rester les détachements et officiers et soldats isolés se rendant à l'armée jusqu'à ce que leurs corps passent ou qu'ils puissent en connaître la destination. Le général de Laville donnera rendez-vous à midi à tous les lieutenants généraux de la 1'* division à Aubervilliers. On y portera la carte de Cassini, de Capitaine et celle de Chalet. M. le général Guilleminot se rendra à Aubervilliers pour y parcourir tous les travaux de la ligne de Saint-Denis. A midi il sera de retour à Aubervilliers, où le maréchal se rendra.
On choisira une maison pour le maréchal. Decastres se rendra toutde suite à Aubervilliers pour y choisir cette maison; il ira avec les cartes dont il est parlé et avec l'état des dépôtS) leur force, emplacement et itinéraire.
28 juin, une heure du matin.
Monsieurlemaréchal,je reçois votre lettredu 27 àdeux heures et demie après midi. Un rapport de Senlis, à sept heures du soir, m'apprend que l'ennemi est entré dans cette ville, que des colonnes ennemies ont également passé l'Oise à Pont-Sainte-
Maxence et Creil. Il parait que ces colonnes doivent même se diri{;er sur Luzarches.
D'après ces rapports, la direction du général Vandamme sur Senlis serait mauvaise ; il faut le jeter plus sur la gauche.
Vous ne me donnez pas des nouvelles du comte d'Erlon; cependant tous les rapports annoncent qu'on s'est battu trèsvigoureusement à Gompiègne. Sa retraite par Senlis serait très-mauvaise. Il faut presser votre mouvement et marcher tout de suite, faire filer vos convois en les jetant sur la gauche, comme par exemple sur Meaux. Je serai demain de bonne heure à la Villette \