‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 79 sur 95 · A METZ · texte numérisé non relu

A METZ

Orléans, 11 juillet 1815.

Monsieur le général, j*ai reçu votre dépêche chifiFréedes 3 et 4 juillet. Le chifiFre est bien inexact, car il y a beaucoup de choses que je n'ai pu comprendre. Voici quel est actuellement Tétat des choses dans notre malheureuse patrie. Le Roi est entré le 8 juillet à Paris, après être resté trois jours à Saint- Denis, et trois jours après Tévacuation qui a eu lieu par suite de la convention. Les Anglais et les Prussiens surtout montrent la plus grande exaspération; ils ont frappé des contributions énormes et veulent détruire le pont d*Iéna. Leur conduite est telle qu'un général qui vient d'arriver de Paris assure que le Roi, ne pouvant rien sur les étrangers, avait été sur le point de venir se jeter dans les bras de Tarmée. Le partage de la France parait être dans la tête des Anglais et des Prussiens, à moins que la Russie ou TAutriche ne s'oppose à leurs projets. L'armée s'est retirée derrière la Loire. J'en ai le commandement; elle est belle et nombreuse; la cavalerie est excellente, et l'artillerie est encore très-considérable. J'y rallie beaucoup de monde, et sous peu elle sera encore formidable. Il faut, plus que jamais, que les places fortes tiennent contre l'ennemi et n'y laissent entrer que des Français. S'il arrivait quelque chose de nouveau, je vous en ferai part; dans tous les cas, je vous tiendrai au courant des événements qui auront lieu.

Faites écrire à toutes les places dans ce sens.

La conduite des étrangers exaspère les esprits, ce qui nous donnera beaucoup de ressources. Les royalistes les plus

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