‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl (volume 2)Chapitre 81 sur 95 · AUX GÉNÉRAUX GÉRARD, HAXO, DE VALMY · texte numérisé non relu

AUX GÉNÉRAUX GÉRARD, HAXO, DE VALMY

Au château de la Source, 13 juillet 1815.

Je reçois seulement à l'instant votre lettre. 11 faudrait perdre des instants trop précieux pour réunir les généraux. Vous avez

acquis, par votre conduite, Testime de tous les militaires français; aussi, dans les circonstances graves où nous nous trouvons, le parti que vous prendrez aura Tassentiment de tous. Si vous jugez qu'une soumission pure et simple soit utile à notre malheureuse patrie, faites-la ; mais sauvez Thonneur à Tarmée; car sans cela, elle ne pourrait être d'aucune utilité, elle se débanderait entièrement * .

La Source, 13 juillet 1815.

Il parait que les troupes manquent de subsistances. Cependant, tous les rapports de l'intendant général m'annoncent qu'elles sont assurées. Il m'a affirmé que les troupes avaient plus de 200,000 rations de farine; elles en feront confectionner une partie chez leurs hôtes. Je tiens à l'exécution de ces mesures, afin que nous soyons libres de nos mouvements.

Les plaintes du général Berthezéne pour les chevaux me prouvant qu'il n'a pas encore reçu les ordres que vous avez dû lui transmettre pour envoyer l'artillerie sur ses deri'ières, je désirerais que ces ordres pour la farine aient leur exécution dès ce soir.

Recommandez au général Berthezéne Ghâteauneuf, qui est le meilleur point qui existe et où aboutissent trois ou quatre routes. Cet endroit est très-propre pour y jeter un pont. Jargeau est maintenant sans importance, puisque le pont n^y existe plus.

J'ai remarqué dans le rapport du général Berthezéne qu'il y avait encore des bateaux sur la rive droite du côté de Chà-

1 Les premières dcm<irche8 des généraux Gérard, de Valmy et Haxo poar faire accepter à Paris une soumission conditionnelle ou arec garantie avaient échoué, on le voit. 11 ne restait que la soumission pure et simple, que le maréchal était prêt à accepter, toujours sous l'inspiration supérieure d'un grand intérêt national. Les recommandations suprêmes qu'il faisait toutefois n'étaient pas de trop, car l'armée était très- travaillée et commençait à se débander.

teauncuf : il faut les faire détruire la nuit si ce n*est le jour: il suffit pour cela d^avoir une tarière pour les percer et les 1^ couler bas.

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