‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 18 sur 99 · RÉSIDENT DE FRANCE A VARSOVIE · texte numérisé non relu

RÉSIDENT DE FRANCE A VARSOVIE

Varsovie, 27 mars 1S08.

Je vous adresse, Monsieur le résident, avec la lettre du ministre des finances, du 26, l'introduction d'un ordre donné par la chambre de Rawa, pour la fixation des monnaies; vous verrez qu'il y a contradiction entre les deux fixations.

Dans Tune, on ordonne de n'accepter des demi-gros sous aucun prétexte, et dans la lettre du ministre, du 26, il n est pas question de cette mesure; en outre, les pièces de 12 gros sont réduites à 11 par la lettre du ministre des finances, ce qui est une perte de 1/12*. Je pense que la pièce de 12 gros représente les 2 ditchen ; cependant cette pièce de 2 dilcheDi par l'ordre envoyé à Skiemiewice, est réduite à 8 gros, ce qui ^EÛt une perte d'un tiers au lieu de 1/12*.

Que signifient ces contradictions? Le ministre des finances veut- il continuer ce honteux agiotage? Veut-il entretenir jusqu'à des événements cette vive inquiétude qui agite le public? Quoi qu'il en soit, il faut que cet état de choses ait un terme; faites connaître que je demande, séance tenante, des résolutions sur vos propositions.

Le général Priant me mande de Posen que le Conseil d'Étal a arrêté par un décret du 10 que la petite monnaie de billon ne pourra plus être reçue dans les caisses publiques qu'avec une perte de près du tiers, c'est-à-dire les pièces de 12 gros polonais réduites à 8 gros, le 6 gros à 4, le bon gros valant 7 et demi à 3.

Il ajoute : « Ce décret n'a pas statué définitivement si le

Da MARECHAL DAVOUT. — 1808. 16T

)ublic est obligé de se conformer à ce cours; mais comme a se règle toujours sur la valeur que donnent les caisses ubiiques à l'argent, cet arrangement a causé des sensaioDS très-vives parmi les habitants, et notamment dans le larché de Posen d'aujourd'hui, où M. le préfet, pour faire esser les murmures, a fait publier au son de trompe que I monnaie de billon devait élre prise jusqu'à nouvel ordre 3lon son ancienne évaluation. Quoi qu'il en soit, les marbands ont augmenté leurs denrées au prorata de la dimiution de la monnaie susdite. »

)d a réclamé la force militaire pour l'exécution de ces urdes contradictions. On a remarqué que les trois quarts

paysans étaient ivres, et cependant tout est resté tran- Ile, les habitants et les troupes.

'outes les correspondances des chefs militaires font contre les mêmes résultats; ordres pareils aux caisses, d'un re côté réquisitions de la force par les autorités civiles

n'ont pas reçu d'ordre de faire recevoir le billon par les rchands à la valeur nominale; partout la plus grande ence. Ceux qui en abusent sont bien coupables et courent bien grands dangers, car je déclare ici que s'il arrivait des uements majeurs, occasionnés par ces mesures, je sévirais tre eux.

e ne finirai point cette lettre. Monsieur le résident, sans s rappeler la lettre du ministre des finances, du 7 mars, je vous ai communiquée avec ma réponse du 8. Par cette re, le ministre m'annonce les mesures que le gouverneit du duché se proposait de prendre pour empêcher poilation de la bonne monnaie et l'importation du billon, l'invitation du Conseil de faire appuyer par l'autorité taire l'exécution de ces mesures. J'ai fait connaître que t de suite j'envoyais l'ordre aux chefs militaires de se former aux mesures qu'allait prendre le gouvernement, vitais le ministre à me faire connaître ces mesures par e intermédiaire, afin que les ordres et les instructions ut précis. Depuis ce temps, vous n'avez cessé de récla- * ces mesures; vous vous êtes rendu à la séance du Con-

seil, il n'en est résulté que des mesures insignifiantes et contraires aux publications antérieures. Voilà vingt jours de perdus pour mettre le bon ordre et qui ont aggravé le mal ! ces vingt jours n'auront pas été perdus pour les malveillants : vingt jours d'une grande patience; mais si je la prolongeais, cette patience, j'aurais à en répondre à mon souverain, puisqu'elle pourrait occasionner de 6àcheux événements. Je termine par vous répéter qu'il fout exiger une réponse, séance tenante.

PRINCE DE NEUFGHATEL, ETC

Skiemiewice» 28 mars.

Monseigneur, depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de tous écrire le 18 mars, en vous adressant copie de celle que j'écrivais au ministre de la guerre du duché, et d'autres pièces relatives aux inquiétudes excitées dans le pays par les fousses mesures prises par le gouvernement relativement à la dépréciation de la petite monnaie, il s'est passé des événe* ments dont je vais vous rendre compte. Tout me porte à croire que cette lettre du ministre des finances où il me demandait de seconder les mesures du gouvernement à cet égard n'a été écrite que dans l'espoir que je m'y opposerais, et dans l'intention de rejeter sur le gouvernement français tout le mal qui est occasionné par l'agiotage, par l'ineptie du directeur des finances du pays et par la malveillance.

Comme il parait que dans la lettre du 22, copie de ma réponse à la lettre du ministre des finances a été omise, je la joins ici.

Je devais m'attendre, après cette réponse, à voir le gouvernement prendre des mesures efficaces; sous mille prétextes, il les a éludées et a employé tous les moyens propres à mettre le trouble, l'inquiétude et le désordre dans tout le pays. Des ordres ont été donnés ù tous les caissiers de ne

recevoir que du courant, ou du billon à un tiers de perte, et les préfets et autres autorités civiles publiaient en même temps Tordre aux boulangers, bouchers et autres marchands, de continuer à recevoir le bilIon pour sa valeur nominale, sans augmenter leurs marchandises en proportion. Us requéraient tous les chefs militaires de prêter main-forte pour Texécution de ces mesures ridicules. Les marchés, les boutiques de boulangers, bouchers, tout a été fermé; dans Varsovie, cet état de choses a duré trois jours. Il y a eu des groupes, on y a remarqué des gens regrettant le gouvernement prussien, et cherchant à rejeter tout sur le'gouvemement français, et d'autres qui disaient qu'on était plus malheureux que sous le gouvernement prussien, mais que le moyen de se tirer de cette situation était de se tourner du t^ùté de la Russie, qu'alors on verrait l'argent reparaître, etc. Il faut convenir que ces misérables intrigues n'ont fait aucun effet sur le public. Le gouvernement, malgré cet état de choses et les pressantes sollicitations du résident, s'opiniâtrait à ne prendre d'autres mesures que celles ci-dessus. Des membres disaient hautement que je m'y opposais, parce que une partie de la solde des troupes françaises était faite en billon. Pour déterminer le gouvernement, j'ai écrit à M. le résident, le 24, la lettre dont copie est ci-jointe. Il a réclamé la convocation d'un conseil des ministres, oii il s'est rendu. Pendant tout le temps qu'il y a été, les mesures paraissaient convenues et arrêtées; après son départ, on ne s'est occupé que des moyens d éluder. Celte séance n'a eu d'autre résultat que de donner Une preuve nouvelle de malveillance.

Instruit de ces circonstances par M. le résident, je me suis rendu à Varsovie, je lui ai adressé les lettres dont copie est cijointe. Sur sa demande, le conseil des ministres, s'est rassemblé extraordinaire ment le 27, et enfin il a rendu le décret, dont copie est ci-jointe, qui a été publié aujourd'hui à Varsovie, où tout a repris son cours ordinaire, au grand désespoir des malveillants.

J'ai donné dans ces circonstances l'ordre du jour que j'ai l'honneur d'adresser à Votre Altesse.

Les appointements et la solde éprouvent une réduction d'un sixième. Je vous prie de mettre cet état de choses sou.s les yeux de l'Empereur, ainsi que de le prévenir que les corps ont beaucoup de billon en caisse.

L'article 2 du décret qui est relatif au payementdes troupes polonaises étant très-louche, j'ai écrit au résident, la lettre cijointe, pour qu'il réclame une rédaction qui exprime mieux l'intention qu'on a eue, afin de ne laisser aux malveillants aucun moyen de travailler les esprits. Lorsqu'on connaît ces gens-ci, on est très-porté à croire que cette réduction a été faite dans l'intention de donner lieu à des inquiétudes pour l'armée polonaise.

Varsovie, 28 mmn 1808.

Sire, j'ai eu l'honneur d'entretenir plusieurs fois Votre Majesté de la difficulté qu'on éprouve ici à découvrir la vérité au milieu des divers rapports, presque tous exagérés ou inventés. Je ne néglige rien pour recueillir au moins quelques faits qui, quoique insignifiants ici, peuvent être de quelque utilité à Paris, en les comparant avec les renseignements que Votre Majesté reçoit de toutes parts.

Voici ce que je peux soupçonner, c'est qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire. On fait circuler, dans la haute société, de la part du prince Gzartoriski, que l'empereur Alexandre a témoigné qu'il n'était pas à se repentir d'avoir rejeté la proposition de rétablir la Pologne, et qu'il est disposé à réaliser ce plan, si l'occasion s'en présente. Il y a trois jours qu'un major russe, originaire des pays vénitiens, que j'ai trouvé à Varsovie à mon arrivée de Tilsit, qui faisait alors le métier d'observateur, et qui avait quitté cette ville en octobre parce qu'il se voyait suivi de près, s'est remontré à l'hôtel de Wilna. Il paraît que pendant son absence d'ici, il a été à Vienne et à Memel. Il a dit au propriétaire de l'hôtel que le mécontentement est extrême en Russie, surtout depuis la

(luerre avec Ja Suède ; qu'on forcerait l'empereur Alexandre à changer d'idée, de manière ou d'autre; que cependant il était vraisemblable qu'il changerait de lui-même, étant mécontent des aCFaires d'Espagne. Cet homme est parti pour la Galicie; il doit revenir.

On m'assure qu'il vient d'être conclu une carte d'échange entre l'Autriche et la Russie pour se rendre les déseï^ leurs.

Nos postes sur le Niémen ont vu des convois d'artillerie aller de Grodno sur Bialystock. Le nombre des pièces est de iO environ. Il peut se faire que ce soit pour Brzeck, d'où l'on peut les conduire où l'on veut par les canaux. On a vu aussi des caissons neufs sur des traîneaux, conduits par des chevaux de paysans. Du reste, tout était tranquille sur la ligne.

11 y a des troupes en marche dans la Galicie. Elles se portent du côté de Lublin. On forme des magasins à Radom. Le (gouvernement a fait un marché pour 20,000 scheffels de seigle. On fait aussi des magasins d'avoine ou de farine plus ou moins considérables à Opatowr, Lublin, Zamosc et à Staszow. Le rapport me parait fondé; il est revenu des différents côtés, et le blé est augmenté.

Le roi de Prusse licencie de son armée tous les hommes mariés et les non nationaux.

Voilà pour l'extérieur; quant à l'intérieur, il y a des intrigues. Cette dépréciation du billon, les fausses mesures du gouvernement, sa résistance pour prendre un paiti qui seul pouvait éviter des troubles, sa mauvaise foi à accréditer de mille manières que les autorités françaises voulaient s'y opposer, lorsque les demandes du résident de Votre Majesté et les 'tiennes étaient la preuve du contraire ; madame de Vauban assurant que le gouvernement ne pouvait point prendre cette 'ïiesure à cause de mon opposition que je ne voulais lever ^Ue sous la condition que le gouvernement se chargerait de ''^mplacer par du courant le billon qui existait dans les caisses *^nçaises; la consternation qui règne dans cette maison depuis mon arrivée, et le décret rendu sur mes ordres; la pré- '^ence et le passage de beaucoup d'agents, tout me fait présu-

mer que Ton cherche à travailler les esprits. Je puis assurer à Votre Majesté que Ton n'y parviendra pas.

J'adresse à Votre Majesté copie d'une lettre de M. Thielmann, en vous observant que le fiait a été vérifié par le résident et moi, et reconnu vrai : preuve que l'étranger se sert des Prussiens pour intriguer. Cet homme est derrière le ministre de la justice, comme un nommé S... est derrière celui des finances.

Il n'y a plus moyen de rien savoir par la poste. Us onl envoyé à Dresde Zayoncheck, ainsi que j'ai eu l'honneur de TOUS en rendre compte.

Ces gens trompent ce respeclable roi de Saxe et le font agir contre ses intentions et vos intérêts. Le temps découvrira tout ceci. M. de Bose * me parait être ou complice ou dupe. Je croirais le premier, si cette lettre que j'ai communiquée dans le temps à Votre Majesté, écrite de Vienne par M. de Schonfeld à madame de Vauban, pour lui annoncer qu'il avait fait ses commissions, qu'elle pouvait en parler à M. de Bose qui savait tout, avait des rapports avec la politique, ce qui est très-vraisemblable.

Je resterai ici jusqu'à ce que j'aie obtenu de plus amples renseignements.

Varsovie, 28 mars 1808.

Sire, depuis la lettre que j'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Majesté, le 22, relativement à la dépréciation de la petite monnaie, et dont j'ai chargé le général Henry de Wolodkowicz, qui se rend à Paris en vertu d'un congé, et qui m'a promis i^ faire diligence, chaque jour n'a fait que me convaincre nonseulement de l'ineptie de ceux qui sont à la tète des affaires, mais de fa malveillance de plusieurs d'entre eux, et qu'il y ^ très-certainement des intrigues étrangères dans tout ceci, qu^ le temps dévoilera.

* M. de Boite était le ministre du roi de Saxe, sur l'esprit duquel il eier' çait une {;rande influence.

On n'a rien néglifjé pour exciter dans le pays de grands mécontentements et des troubles même.

Je vais entretenir Votre Majesté de ce qui s'est passé, depuis le 22 jusqu'à ce jour. Ma lettre au prince Poniatowski n'ayant pas produit l'effet que j'en attendais, j'ai adressé au résident de Votre Majesté, le 24, la lettre dont copie est ci-jointe. Il a demandé une séance près du conseil des ministres et a demandé une séance extraordinaire. Il s'y est transporté, et en est sorti avec la promesse formelle d'une mesure définitive ; mais après son départ, ces messieurs ne se sont occupés que des moyens d'éluder les promesses qu'ils avaient faites, et cette séance n'a eu aucun résultat. Instruit de cet état de choses, je me suis rendu à Varsovie.

Je vous adresse. Sire, copie de mes lettres des 26 et 27 à M. le résident, qui a convoqué en conséquence une assemblée extraordinaire du conseil qui a enfin eu un résultat. Il n'y s^ait plus moyen de refuser sans donner des preuves de la plus insigne malveillance. Je joins ici copie du décret rendu. L article 2 ayant une rédaction très-énigmatique,j'ai écrit à M. le résident, le 28, la lettre dont copie est ci-jointe, pour en i^c'clamer une plus claire et qui ne laissât rien à la malveillance. Tout est rentré dans le calme, et les agents qui, dans les groupes, cherchaient à faire regretter le gouvernement prussien, ou qui faisaient des vœux pour les Russes, n'ont obtenu «^ucun résultat.

Jusqu'à ce que le décret produise son effet dans les départements, il pourra y survenir encore quelques difficultés, mais ^ui seront de peu d'importance.

Les comptes que je rends au major général, et les pièces ^ue je lui adresse, donnant des détails, je ne les répéterai pas i Votre Majesté.

M. l'intendant général ne me parait pas très-instruit de l'état des choses dans ce pays, à en juger par sa lettre dont copie est ci-jointe, ainsi que celle de la réponse que je lui ai faite.

Des mesures sont prises pour faire constater, en évitant les abus, ce qui se trouve en billon dans les caisses des corps. Les procès-verbaux qui seront dressés seront envoyés pour

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que l'on mette sous les yeux de Votre Majesté les pertes qui les corps éprouveront par cette mesure.

La perte sur les appointements et la solde sera d'un sixième Tarmée recevant moitié en courant. Il nous est suffisant d* savoir que Votre Majesté en est instruite.

Je ne fais pas mention ici de toute la correspondance deM. l résident et de toutes ses démarches prés du gouvernement, parc< qu'il a dû en rendre compte. J'ai eu dans cette circonstance 1: certitude que je pouvais garantir à Votre Majesté que la bonnt harmonie existerait toujours entre nous, puisque nous avons h même zèle et le même dévouement pour votre personne.

On a tellement cherché à accréditer dans ce pays que c'étai le gouvernement français qui avait occasionné cette crise, qu< je crois qu'il serait utile de donner de la publicité à la corres pondance qui a eu lieu, afin de déterminer le gouvernement i prendre des mesures. J'ai l'intention de le faire même, si j( m'aperçois que l'on cherche à travailler les esprits.

J'ai adressé le 1*' mars à Votre Majesté copie d'une lettn du ministre de la guerre, avec un état qui faisait connaître les besoins de l'armée du duché de Varsovie. Les finances de ce pays sont dans un état tel, que ne pouvant faire face aui dépenses les plus urgentes, rien ne s'améliorera, et si Ton voulait faire entrer cette armée en campagne, une grande partie ne saurait suivre, faute de chaussure. Je rappelle, à cette occasion, la demande que j'ai faite à Votre Majesté, d'ordonner qu'il soit fait un envoi de 60 à 80,000 paires de souliers qui seraient tenues en réserve, pour servir en cas de besoin.

Varft-nie, 30 mars 1808.

Sire, j'ai reçu la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 16 mars, relativement au traité que vous faites négocier avec le roi de Saxe, pour prendre à votre solde 8,000 Polonais'.

* Les prooccupntions inccAsintex nu sujet de la pcnurîe financière au

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Votre Majesté compte qu'avec la légion polaco-italienne et votre ^arde, cela fera une force de 12 à 14,000 hommes, et dans le courant de la lettre, en me faisant connaître qu'il serait convenable de prendre 2 régiments par légion, vous ajoutez : Cette mesure soulagerait le pays, puisqu'elle le déchargerait de Tentretien du tiers de Tarmée.

levais faire connaître à Votre Majesté la quantité de troupes polonaises qu'elle aurait à son service dans les deux hypothèses.

Le régiment des chevau-légers est de 1,100 h.

La légion polaco-italienne doit être composée, d'après le décret de formation, de 6 bataillons d'infanterie, les compagnies de

150 hommes, ce qui fait 8,100^ '

et d'un régiment de cavalerie de 4 escadrons à 300 hommes chacun, ce qui fait. . 1,200

Cette légion estdéjà forte de 7, 852 hommes, Ptdes mesures ont été prises pour lui fournir les 1,448 hommes qui manquent à son complet.

Si Votre Majesté ajoute à cela 6 régiments d'infenterie, ce sera une force d'environ. . . 12,000

11 y a des régiments au-delà de 2,000 h.

in^nd-dacfié avaient décidé TEmpereur à prendre la résolution qu*il nod- D^it par lettre du 16 mars à M. de Ghampa(;ay, et qui avait été communiquée 'DMitôt au maréchal.

I/Empereur à M. de Champa^piy, ministre des relations extérieures. — * Paris, 16 mars 1808. Monsieur de GHampa{;ny, je reçois une lettre du ■D^réchal Davont, avec celle du prince Poniatowski qui y était jointe, dont '(^ rcsoltatest que l'armée polonaise est trop forte pour les finances du pays, 'piî ont besoin de se remettre. Cependant, comme une armée un peu forte '^t nécessaire en Polo<;ne, tant pour former des officiers que des soldats, ^oici ce que je propose au roi de Saxe. Je prendrai à mon service et je ferai P^Mer sur le Rhin un corps de 8,000 hommes organisé de manière que <'1iar}Qe compa{rnie ait un efTectif de 140 hommes. Écrivez-en au, sieur Bour- 5^'np, et SI cela convenait au Roi, la convention s'en ferait ici avec les ^^pntés polonais. Ces 8,000 hommes se rendraient d'abord à Magdebourg, ^^ je ferais compléter leur armement, et de là ils se dirigeraient sur le Rhin. ^^ iBo chargerai Hv lonr pnvo, do l"ur^ misses, du moment oii ils auront

Ainsi dans cette supposition, Votre Majesté aura à son service 22,400 hommes de troupes polonaises; ce nombre sera réduit à 18,400 si elle ne prend que 8,000 hommes.

Le pays étant dans un désordre de finances auquel on ne peut espérer devoir remédier, vu Tinhabileté qui existe et à raison des circonstances. Votre Majesté ne saurait prendre trop de ses troupes pour le soulager.

En prenant 2 régiments par légion, c'est prendre, suivant vos intentions, le tiers de Tarmée, chaque légion ayant 4 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie.

Il n'est pas question si, dans les régiments que vous prendrez à votre service, il y aura de la cavalerie.

Ce sera certainement un secours efficace pour le pays, mais seulement à dater du moment de leur arrivée sur TOder. Il est à désirer que les ordres de départ arrivent promptement.

Je ne puis trop répéter à Votre Majesté que, pour le moment actuel, il faut que Sa Majesté le roi de Saxe ou Votre Majesté vienne au secours des finances du pays. Il faut payer la viande argent comptant; il faut aussi acheter pour les troupes les grains, fourrages, etc., surtout pour celles qui sont à Varsovie. Les dernières sottises viennent d'ajouter à la détresse du trésor. Cet état de choses ne peut durer. Ils ont tout mangé par anticipation. En y mettant de l'ordre, je crois qu'avec 300,000 fr. par mois, on empêchera les services de manquer.

passé roder. Quand les affaires seront tranquillisées, je les rendrai au ro de Saxe avec leur habillement et leur armement dans le même état où je le^ ai pris. Il faudra qu'on m'envoie des régiments entiers avec les con^elU d'administration. Ces régiments laisseraient un dépôt à Ralisz ou k PoseOf pour recevoir les recrues et les envoyer au corps pour le tenir au complet. Cette division, jointe à la légion polonaise qui se rend en France et à mes chevau-légers, formera un corps de 13 à 14,000 hommes, qui se formeront à mon service et que le roi de Saxe retrouvera quand il voudra. Il est des moments ovi Tenvoi de troupes françaises en Pologne pourrait effrayer TEa* rope, au lien que l'envoi de 12 à 15,000 Polonais ne peut être d'aucnn effet politique.

« Le maréchal Davout pourrait passer la revue de ces troupes avant leur départ. L'armée polonaise sera diminuée d'autant, et le Roi et le gouvernement polonais pourront plus facilement fournir à ses besoins. » (Correspondance de Napoléon, t. XVI, p. 419-420.)

Les intentions de Votre Majesté pour qu'on envoie en France des régiments et des généraux qui n'aient pas servi, seront suivies; j'en ai déjà parlé au prince Poniatowski ^

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