AU GÉNÉRAL SAINT-HILAIRE
Berlin, 30 norembre 1808.
Le dernier ordre que je crois devoir donner en quittant Berlin sera un hommage à la mémoire du grand Frédéric et le tribut de l'estime que notre souverain et l'armée française portent à son respectable frère.
Le 3 décembre I en faisant évacuer Berlin par les troupes fi*ançaiscsy vous irez à leur tête remettre les clefs de cette ville à Son Altesse Royale le prince Ferdinand.
11 ne pourra qu'être agréable à Sa Majesté le roi de Prusse de les recevoir des mains de ce prince, auquel je vous prie de présenter, dans cette occasion, l'assurance de ma profonde vénération.
Après cette cérémonie, vous ferez partir les troupes pour Potsdam, et vous pourrez vous rendre à votre destination avec la certitude d'emporter l'estime due aux militaires qui possèdent vos qualités et votre délicatesse.
Avant votre départ, vous ferez connaître à la garde nationale que les autorités françaises, conservantjusqu'au 5 décembre au soir le commandement dans Berlin, n'ont pas cru pouvoir lui donner une plus grande preuve d'estime qu'en la chargeant
exclusivement de continuer à maintenir la sûreté et le bon ordre dans cette capitale.
Cette garde nationale a montré dans toutes les circonstances un esprit de sagesse, d'ordre, de conciliation et de conduite, qui lui a mérité à juste titre le suffrage et Testime de Tarmée française. Les hommes sensés attachés à leur souverain et à leur patrie lui doivent la plus vive reconnaissance; les Français emportent aussi un souvenir honorable pour la conduite qu'ont tenue dans ces circonstances difficiles les membres composant le comité des états et la municipalité.
Faites aussi connaître, Monsieur le gouverneur, aux habitant> de cette capitale, que si notre grand et bien-aimé empereur, et sa nation, ont vu avec peine la mésintelligence et la discorde semées par les éternels ennemis du continent, parvenus à armer Tun contre Tautre deux peuples auxquels leurs véritables intérêts commandaient de suivre les principes politiques du grand monarque qui fera toujours la gloire de ce pays, nous avons vu avec plaisir la bonne harmonie rétablie, et que tous nos vœux sont que sa durée soit éternelle.
A Berlin comme à Vienne, où le sort des armes a conduit les armées de notre empereur, on ne pourra nous refuser le témoignage que nous n'avons rien fait pour aliéner du souverain les cœurs de ses sujets.
Ici comme partout, il se trouve des tètes exaltées, des avanturiers pour qui tout bouleversement et tout changement est un motif d'espérance et un besoin. Ces esprits dangereux ont été contenus; la noblesse, les propriétaires, les ecclésiastiques, les bourgeois, les négociants, et enfin tout ce qui possède un état et toutes les institutions sur lesquelles repose l'existence des sociétés, ont été protégés et mis à l'abri des tentatives des novateurs.
Enfin, en quittant ce pays, les Français emportent une estime sentie par son souverain et sa nation.
Vous laisserez le chef de bataillon Gautherot, pour commander la place jusqu'au 5 au soir.
Après cette époque, il y restera chargé d'exécuter les instructions que vous lui donnerez pour réclamer des auto-
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rites prussiennes les secours nécessaires pour les malades que nous laissons sur la foi des traités. Il sera chargé aussi de délivrer des feuilles de route aux convalescents qui seront dirigés sur Magdebourg par détachements de 80 hommes, commandés par un officier ou sous-officier, ou un ancien soldat en faisant fonctions.
Vous ferez connaître aux autorités la mission confiée au chef de bataillon Gautherot.
Berlin, l«r décembre 1808.
Sire, j'ai Thonneur de donner connaissance à Votre Majesté des ordres que j'ai donnés en quittant Berlin. J'ai cru , en tenant cette conduite, faire une chose que méritait celle du prince Ferdinand, et qui ne pouvait qu'être utile au service de Votre Majesté.
Les quatre premiers bulletins de l'armée d'Espagne ont atterré les anarchistes et toutes les tètes chaudes de ce pays.
J'ai reçu par M. Glérembault, consul général de Votre Majesté à Kœnigsberg, la nouvelle du renvoi de M. de Stein. l'ai rhonneur d'adresser à Votre Majesté copie de sa lettre.
Par toutes les assurances que le comte de Goltz m'a données, \e puis croire que M. de Stein est totalement éloigné des affaires. Alors ce pays échappera à des troubles et à de grands lésordres intérieurs.
Les sottises se succédaient les unes aux autres, telles que les marches de troupes prussiennes contre les articles de la convention, et une tentative pour occuper un poste qui est ine dépendance de Stettin. J'ai envoyé au ministre de la guerre le Votre Majesté copie des pièces relatives à ces affaires.
Les espérances des habitants de Berlin de posséder bientôt eur souverain sont ajournées jusqu'au milieu de janvier; ce ;ont les dernières nouvelles de Kœnigsberg. On ne pourra ;roire à la sincérité de ce gouvernement que lorsqu'il sera •avenu à Berlin.
3» CORRESPO>'DASCE
Je n*ai point de nooTelles du Niémen depuis les deniiéres que JBÎ communiquées à Voire Majesté.
Les Autrichiens continuent toujours leurs armements. Il parait certain qu'ils Tiennent de Ëiire une levée de 4,800 hommes dans la NouTelle Galicie.
Je joins ici une note que m^a remise le résident de BaTière, sur les dernières nouvelles que sa cour avait reçues de YieoDe.
J*ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté qu^ayant été instruit que le général Axamitowski continuait ses intrigues, dont j*ai donné connaissance à Votre Majesté en lui transmettant sa correspondance avec le major Falkowski, qu^il se conduisait mal et qu'il avait eu Timprudence de proposer à des officiers saxons de Loire au départ des Français du duché, je lui ai ordonné de se rendre auprès de moi. Je lui donnerai un commandement de place insignifiant, sur la route de communication de Magdebourg à Mayence. Votre Majesté trouvera ci-joint copie d'une lettre de M. Falkowski à ce général.
Il est impossible de se mieux conduire et avec plus de dévouement et de loyauté que ne l'a fait le prince Poniatovrski dans ces dernières circonstances. Toutes ses actions répondent à sa correspondance, dont chaque ligne prouve que c*est an bomme qui a pris son parti.
Je prie Votre Majesté de me permettre de Tentretenir un moment d^un objet minutieux en apparence, mais sur lequel je crois devoir lui donner des éclaircissements.
Pendant les conférences d'Erfurt, on a fait courir dans toutes les sociétés de Varsovie le bruit qu'il y avait un viceroi nommé pour le duché. Sur le rapport que j'ai reçu à cet égard à Breslau, je chargeai le colonel Saunier, qui commande la place de Varsovie, de remonter à la source de ce bruit. II m'a fait connaître qu'il avait été répandu par un officier au 30* régiment de ligne.
J'ai fait écrire à cet officier, et je joins ici les pièces de cette correspondance. Cette nouvelle, insérée dans les joumanx allemands, a été répétée avec légèreté par les journaux français et même par le Moniteur.
Je pars demain de Berlin. Je prendrai mon quartier général
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dans les premiers temps à Erfurt, jusqu^à ce que le général ï^riant, dont les dernières troupes n'arriveront à Bayreuth que le 9 décembre, soit établi dans ce pays.
Sachant que M. le conseiller d'État Daru instruisait Votre Majesté de tout ce qu'il y avait de nouveau, je me suis borné à rendre des comptes officiels au ministre de la guerre.
On a voulu sous prétexte d'économie déterminer le roi de Saxe à retrancher aux troupes polonaises la viande et l'eaude-vie. Heureusement que le prince s'est opposé à cette mesure et a voulu qu'on m'écrivit avant de l'adopter.
J'ai fait connattre que dans les circonstances actuelles, cette mesure ne pouvait qu'exciter à la désertion et entraîner la désorganisation de l'armée.
Erfurt, 18 décembre 1808.
Sire, j'adresse à Votre Majesté un rapport du général Rapp du 4 décembre : je l'envoie parce que le général a paru le désirer, car j'en reçois journellement une foule de même nature que je ne crois pas devoir adresser à Votre Majesté.
Si l'esprit des Prussiens est mauvais, en revanche celui des Polonais ne peut être meilleur. Ils saisissent toutes les circonstances pour manifester les sentiments qui les animent pour Votre Majesté, en qui ils placent toutes leurs espérances. Malgré notre éloignement, ils viennent de célébrer l'anniversaire du couronnement de Votre Majesté avec un enthousiasme et une unanimité de sentiments que la politique ne pourrait pas imiter.
ils sont un peu embarrassés maintenant au sujet des créances prussiennes. Les débiteurs sont vivement pressés, et la plupart avec la meilleure volonté ne peuvent rembourser, ne trouvant ni à vendre, ni à emprunter. Lorsque Votre Majesté sera moins occupée des affaires du Midi, j'aurai l'honneur de l'entretenir plus en détail de ce pays.
Le prince Poniatowski m'a amené 7 ou 800 recrues, qu'il
330 CORRESPONDA2CCE
a mi»es en marche, pour la légion de la Yistule et les 3 réçments polonai» qui sont à votre service. Quant aox 100 hommes montés qui ont été demandés |>ar ordre de Votre Magesté pour les chevau-Iégers de la garde, le prince m^a demandé quelque temps, afin de pouvoir faire des choix convenables.
Toutes les actions de ce prince sont des preuves de sa bonne foi et de son dévouement à votre personne. Sa correspondance, que je mettrai sous les yeux de Votre Majesté lorsqu'elle poum s'en occuper, lui fera connaître qu^il a pris son parti et qu'il mettra son honneur à y persister. S'il a été longtemps à se décider, il n'en sera que plus solide. Il m*a prié de laisser le colonel Saunier pour commander à Varsovie : la fermeté de cet officier et Testime dont il jouit le rendent nécessaire pour le maintien du bon ordre.
Le prince m'a aussi demandé de pouvoir mettre à la tête de rartillerie le colonel Pelletier, qui était directeur de l'arlillerie du duché, en laissant pour Taider deux ou trois officier» d'artillerie et du génie français. Ayant reconnu la nécessité de ces demandes, j*ai cru devoir y donner mon consentement.
J'adresse un rapport à cet égard au ministre de la guerre.
Il ne reste dans le duché d'autres troupes françaises que le 2* de chasseurs à cheval, qui n'a dû être remis à Varsovie que le 10 décembre. Il ira cantonner jusqu'à nouvel ordre entre Posen et Mcseritz. Son Altesse le prince vice-connétable, dans ses instructions, m'a autorisé à laisser ce régiment dans le duché, quelque temps après l'évacuation de la Prusse, s'il y avait quelque utilité pour votre service.
Les Autrichiens ne font aucun mouvement. Ils continuent à exercer leurs milices les fêtes et dimanches.
PRINCE DE NEUFCHATEL, ETC
Erfiirt, 18 décembre 1808.
Monseigneur, j'ai déjà entretenu Votre Excellence du mauvais esprit dans lequel sont rédigées les gazettes de l'Aile-
magne, et celles qui s'impriment dans les États de la confédération du Rhin sembleraient devoir être sous notre influence.
J'ai pris des mesures pour avoir et pour me faire traduire toutes ces gazettes. II ne m'est encore parvenu que celle de Bamberg, où j'ai trouvé deux articles dont je crois devoir vous adresser la traduction.
On ne peut douter des mauvaises intentions qui ont dicté ces articles et les ont fait répéter dans deux États alliés de notre souverain.
J'en dis autant de l'article sur la guerre d'Espagne, qui n*a d'autre but que d'afFaiblir l'impression produite par les bulletins de nos opérations.
Que la Gazette de Vienne se permette de pareils mensonges, cela se conçoit; mais on ne devrait pas permettre, il me semble, de les répéter dans des pays où l'on doit former les mêmes vœux que nous.
Erfurt, 19 décembre 1808.
Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le chef de bataillon Gautherot, que j'ai laissé à Berlin pour veiller à ce que nos malades soient bien traités et pour opérer leur évacuation, à mesure de leur rétablissement, me mande, en date du 16 décembre, différentes nouvelles que j'ai l'honaeur de transmettre à Votre Majesté.
Le voyage du roi et de la reine de Prusse à Pétersbourg parait vraisemblable, puisque M. le comte de Woss en est convenu.
Quant aux nouvelles de Vienne, elles sont contredites, Duisqu'on me mande de Munich et de Dresde que tout est xanquille dans ce pays.
Le général Rapp me mande de Danzig, en date du 10 décembre, que les habitants se plaignent beaucoup de mauvaises liflficultés qu'ils éprouvent de la part des Prussiens à se procurer des subsistances. Ces derniers imposent des droits
33t C0BIIESP0^D1!CCE
énorm» et ne laU.^ot même rieo passer. Je loi ai écrit de demander de^ explications à cet égard.
Il me dit aussi que la nooTelle do départ des Anglais de la Baltîqoe est faos^>e. Une petite partie de leors forces a seulement qoitté cette mer : la majeure partie se propose d^ passer rhiTer.
Les autorités prussiennes affectent de receroir avec un enthousiasme qui ra jusqu^à la folie, le peu de troupes prussiennes qui leur arrivent.
On annonce de Dresde que M. de Stakelberg, qoi était désigné pour remplacer le prince Kurakin à Vienne, ne parle plus de se rendre dans cette capitale, mais annonce deroir passer Thiver à Dresde, ce qui inquiète la cour, qui n'aime pas à voir des hommes de ce caractère dans ce pays.
Il y a beaucoup d'aventuriers qui parcourent ces pays pour y répandre de fausses nouvelles et annoncer de prétendus revers que nous aurions essuyés en Espagne. Deux ont été arrêtés à Danzig et à Erfurt. J'ai donné ordre qu'on en f)t bonne justice.
Erfurt, SO décembre 1806.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser en original à Votre Majesté une lettre interceptée, adressée au duc de Weimar, qui ade$ relations étendues en politique et qui s'en mêle beaucoup plus que sa situation ne le lui permet.
Cette dépêche fait voir que les frères Steitz, négociants à Francfort, sont chargés de ces sortes de correspondances, pour le duc de Weimar et sans doute pour beaucoup d'autres. Le duc de Weimar parait se flatter et se vanter même de ne point fournir son contingent.
Il parait que partout les ministres de Votre Majesté ont trop peu de pouvoirs de surveillance sur lesjournaux, qui continuent à débiter mille absurdités. Ayant écrit, à cet égard, à
Fénelon-Salignac, ministre de Votre Majesté à Franc-
m'a fait la réponse ci-jointe.
1 laisse insérer tous les articles publiés par les gazettes
ine et de Presbourg, c'est le moyen de répandre toutes
)mnies et les mensonges des Anglais.
suite d'une dépécbe en cbifFres, adressée aussi au duc
limar et dont la copie est transmise au ministre des
î étrangères, se trouve la nouvelle suivante :
i moment de fermer ma lettre, je vois, par la Gazette de
ne, qu'il a éclaté une révolution à Constantinople, où
apba Béraictar, attaqué par les janissaires, aurait péri,
> que Mustapba IV eut été étranglé... »
Erfurt, 21 décembre 1808.
, j'ai l'bonneur d'adresser à Votre Majesté les extraits Iques lettres interceptées à la poste d'Erfurt. )remièrc confirme la nouvelle que j'ai transmise hier à Majesté, du départ du roi et de la reine de Prusse pour bourg. Je joins à cet envoi copie d'un rapport du chef lillon Gautherot qui est à Berlin. Ce rapport est du 11, fait que me parvenir, parce qu'il m'est venu par une )n, tandis que celui du 16 que j'ai adressé à Votre é m'a été transmis par un courrier qui passait à Berlin, lore ce qui se passe dans les gouvernements, mais à en )ar les bruits que l'on fait courir, par les nouvelles que sère dans certaines gazettes, il est bien évident que les anglais sont dans une grande activité.
Erfurt, 23 décembre 1808.
, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté une lettre qui é remise par un officier qui était attaché au prince Fer-
su COBRE5PO:iDA5CE
dinaml de Pms.^, iaé à SaalfeU; elle était panni ks papier de ce prÎDce.
Cette lettre e:st de Dumoariez, qui était dans les enriroos qoelqoes joors aTant la bataille.
Le prÎDce Ferdinand s^étaît chargé de mettre cette lettre soos les veux du Roi et d^en appuyer le cooteno.
Quoique ce soit une pièce déjà ancienne, je croi$ deroir Fadres^r à Votre Majesté, parce qu'elle est d'un des principaoi agents que le^ Anglais emploient pour égarer les souTeraio».
Erlivt, SS dtccnbcv 1808.
Sire, j'ai Thonneur d'adres^r à Votre Slajesté un rapport du général Saint-Hilaire; il n^est remarquable que parce qu'il ^t connaître l'esprit qui règne en Prusse et la disposition où Ton est de faire de nouTclles sottises, et aussi en ce qu'il montre la différence d'opinions qui existe entre les personnes qui composent la &mille royale.
Les nouTelles de Berlin annoncent qu'il y règne tristesse et misère, et des craintes pour l'avenir. L'enthousiasme qui s'était manifesté d'abord se refroidit journellement par les réquisitions, les logements militaires, les exécutions pour contributions arriérées, etc.
M. Bourgoing me mande de Varsovie qu'il tient du comte de Bose que ses dernières dépêches de Vienne lui ont porté quelques nouveaux indices semblant indiquer une tendance vers la guerre; qu'entre autres on remarquait que les ordres venaient d'être donnés pour la formation d'un 4* régiment d'artillerie.
Erfuri, 25 d^embre 1808.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie d'une dépêche de M. de Senft, interceptée à Erfurt et dont l'original
a suivi sa destination, et copie d*une lettre qui parait être d*un observateur autrichien à Francfort. J'ai écrit au général Oudinot, qui, vraisemblablement, d'après les renseignements que je lui donne, sera à même de découvrir cet individu.
J'ai l'honneur de vous adresser, Sire, les dernières nouvelles que le prince Poniatowski m'a transmises sur la Galicie.
II ne parait pas qu'il y ait du mouvement en Bohême. On continue à organiser et à exercer les milices.
Il y a deux colonels polonais qui viennent de donner leur démission.
L'un est le prince Michel Radziwill, frère de celui qui a épousé une princesse de Prusse. Le père et la mère de ce jeune homme sont tout à fait Russes, et c'est à l'instigation de ses parents qu'il a pris ce parti.
Un ofBcier français ayant passé dernièrement chez la princesse de Gourlande à Lewickau, y a trouvé le sieur B
avec l'abbé Piatoli, l'un des rédacteurs de la Constitution polonaise du 3 mai, et actuellement conseiller intime de l'empereur Alexandre.
Ce fait est assez insignifiant, et je n'en parle que par l'affectation que ce B a mise dans la conversation à parler
défavorablement d'un des bons serviteurs de Votre Majesté qu'il ne connait pas, M. Serra.
Je regarde comme très-avantageux pour le bien du service de Votre Majesté, d'avoir dans ce pays un homme comme M. Serra, rempli du zèle le plus actif, d'une fidélité à toute épreuve et d'un dévouement sans bornes à voti^ personne, ce qui est très- important dans la situation où il se trouve. Il empêche une partie du mal que ferait l'état d'indécision habituel du cabinet de Saxe.
Erfurt, 25 décembre 1808.
Sire, les notes que m'a envoyées le général Saint-Hilaire et que j'ai transmises hier à Votre Majesté, les fausses nouvelles
qu*on répand, et les pamphlets qu'on fait circuler, mW engagé à faire insérer dans les journaux de Hambourg, Leipzig et Francfort, Tarticle ci-joint; M. Daru, auquel je Tai communiqué, a pensé, comme moi, qu'il ne pouvait produire qu'un bon effet.
Tous les libellistes sont lâches, et particulièrement ceux de ce pays.
La lettre ci-jointe que j^ai reçue de M. de Hardenberg et que, bien entendu, j*ai laissée sans réponse, expliquera à Votre Majesté ce qui, dans cet article, est relatif à ce personnage. Je ne lui donnerai de passe-port que lorsque Votre Majesté me Tordonnera.
Le premier passage de la note sur des insultes faites à des têtes couronnées rappelle Tarlicle que j'ai eu rhonneur d'adresser à Votre Majesté relatif à Tempereur Alexandre, inséré dans la Gazette de Manheim et répété dans celle de Bamberg et plusieurs autres.
Tous les gens sensés de Berlin sont consternés du Toyage inattendu de Leurs Majestés le roi et la reine de Prusse à Pétersbourg.
5i:î. — A L'EMPEREUR ET ROL
Erfurt, 27 décembre 1808.
Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté une lettre qui m'a été transmise par le général 8aint-Hilaire« et qui lui est envoyée par un de ses correspondants de Berlin.
Le voyage du Roi et de la Reine a jeté la consternation dans toute la Prusse.
Dans la cour de Weimar, on dit que ce voyage a pour but de se servir des femmes pour faire changer l'empereur Alexandre de système politique, et que sous un mois on a l'espérance de l'y amener.
L'Impératrice mère doit être pour beaucoup dans tout cela.
Erfurt, 27 décembre 1808.
Sire, lorsque Tarmée occupait Berlin, il y existait un bureau \ révision des lettres, qui a rendu de grands services, ainsi le Votre Majesté en a été instruite, par les lettres qui lui ont é envoyées dans le temps par M. le comte Daru.
Les circonstances actuelles rendent encore plus nécessaire le surveillance exacte sur les correspondances ; mais comme 1 deçà de FElbe il n'existe aucun point central, où se réunis- ;nt, comme à Berlin, la correspondance du sud au nord de Europe et réciproquement, j'ai pris le parti, de concert avec '.. l'intendant général, de faire établir des bureaux de révion ambulants qui se portent tantôt sur un point, tantôt sur n autre, dans les pays que Votre Majesté a confiés à mon ^mmandement.
Un de ces bureaux était placé à Eschebourg, point imporint par lequel passe la majeure partie de la correspondance estinée pour le nord de l'Europe, et qui, faisant partie du uché de Lauenbourg , se trouve sous mon commandelent.
Le maître de poste d'Eschebourg parait avoir été porter des laintes à Hambourg, lesquelles ont été accueillies par le comlissaire des postes impériales et royales, qui a donné ordre \jx reviseurs qui ne sont point sous son autorité, de cesser ;urs fonctions. Ce commissaire a en même temps écrit à [. Villemanzy la lettre ci-jointe.
Le même jour où M. Villemanzy lui faisait la réponse, il a té envoyé de Hambourg des gendarmes et quelqu'un de la lagistrature, pour arrêter ces préposés, ainsi qu'il résulte de i lettre qu'ils ont écrite à M. l'intendant, dont copie est i-j ointe.
L'éclat donné à cette mesure occasionne une publicité icbeuse qui m'oblige à faire retirer ce bureau pour le placer illeurs.
J'observe à Votre Majesté que le point d'Eschebourg était
le wral ou I OD pût prendre coDcai^sance des corTe$poadaIloe^ qui roal â Hamboar^g; et qoî eo poutent.
Je prie Votre Majesté de me £ure coanaîtie si elle Tcat m*aitoriser à rétablir sous quelque tem|K ce boreao de rrrisioQ.
Le« pièces ci-jointes mettront Votre Maîesté au &it de cette afiaire, dans laquelle ce qu'il y a de plus £icheiix est la poblicité donnée à ce bureau de réTÎsion.
5i5. A L EMPEREUR ET ROK
Sire, j*ai Thonneur d^enroyer à Votre Majesté une lettre interceptée au bureau de rérision d'Erfnrt et adressée, soos plusieurs enveloppes, au duc de Weimar.
Ces paquets sont toujours adressés aux frères Steitz, n^ociants à Francfort, qui ne les détachent pas, mais se contentent de mettre le paquet sous une seconde enveloppe, adressée au duc de Weimar, et par-dessus cette seconde une troisiémei à M. Voi{^, conseiller du prince; ce qui prouve que les négociants sont ini»truits de ce que contiennent les paquets.
J'envoie à M. Bâcher * Tenveloppe adressée aux frères Steiti, parce qu'il est possible qu'elle facilite la découverte de ceoi qui envoient ces paquets.
Erfurt, 31 décembre 1808»
Sire, j'ai l'honneur d'adresser en original à Votre Maje^' une lettre très-extraordinaire que je viens de recevoir du roi de Prusse.
Je croirais manquer à mes devoirs envers Votre Majesté que d'y répondre sans son ordre formel.
J'ai rendu compte à Votre Majesté et au ministre de b
I M. BaduT était cliar{{(' d'affaires près la* diète de la confédération ^ llliin.
guerre de toutes mes démarches. II est possible qu'elles ne plaisent pas au roi de Prusse : ce n*est pas là ce que je me suis proposé, etsije commettais des erreurs, elles seraient tout à fait étrangères à ma volonté, qui est de servir Votre Majesté de mon mieux, en mettant de côté toute autre considération.
Les lettres dont il est question ont été adressées à Votre Majesté ; c'est à elle à en juger.
Toutes les pièces relatives au prince de Wittgenstein et à M. de Voss ont également été mises sous vos yeux.
Si toute la lettre de ce souverain montre beaucoup d'humeur, la phrase où il dit que je me suis plaint de perfidie envers moi n'est pas écrite de bonne foi.
Jamais je n'ai dit d'absurdité pareille. Je n*ai employé ce mot que pour caractériser la tentative pour surprendre le fort qui est un ouvrage avancé de Stettin, la marche des troupes prussiennes avant l'époque prescrite par la convention, et des passe-ports accordés à des bâtiments prussiens pour les faire respecter par des bâtiments anglais, vu la bonne harmonie qui existe entre la Prusse, l'Angleterre et la Suède.
Toutes les pièces relatives à ces faits ont été envoyées à VoCre Majesté et au ministre de la guerre.
Je croirais faire une chose contraire à votre service, si je ne communiquais pas à Votre Majesté les soupçons qui peuvent n'avoir de fondement que dans mon imagination.
Au reste, le temps éclaircira toutes ces protestations de bonne foi et le système futur de la Prusse.
J'adresse à Votre Majesté la lettre par laquelle le général Saint-Hilaire m'a fait passer cette lettre du roi de Prusse et une note qui y était jointe.
Erfiirt, 8 janyier 1809.
Sire, j'ai l'honneur d'informer Votre Majesté que j'ai été, il y a quelques jours, faire une visite au duc de Weimar, qui me Ta rendue hier.
Dans la conversation, après lui avoir lu le décret relatif à M. de Stein, je lui ai fait sentir que des correspondances avec les révoltés d'Espagne et avec les agents qui cherchent à semer le trouble en Europe, ne pouvaient qu'inspirer des préventions défavorables; je faisais par là allusion aux lettres qui lui ont été adressées et dont j'ai transmis des copies à Votre Majesté.
Ce prince m'a paru ému de ce que je lui ai dit; il a protesté de ses bonnes intentions, et pour en donner une preuve, il m'a promis de me communiquer tous les renseignements qu'il recevrait de ses agents, et notamment de ceux qu'il a à Vienne.
Dès ce matin il m'a écrit la lettre ci-jointe, avec deux notes dont j'adresse copie à Votre Majesté, quoiqu'elles soient en elles-mêmes assez insignifiantes.