‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 37 sur 99 · MINISTRE DE FRANGE A DRESDE · texte numérisé non relu

MINISTRE DE FRANGE A DRESDE

Erfiirt, 8 janvier 1809.

Monsieur, Tadjudant-commandant Romeuf m'a remis la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

M. Lefebvre remplit vos intentions, et je vous en remercie; il m'a déjà adressé un rapport, et en lui en accusant réception, je Tai prié de vouloir bien continuer.

J'ai eu par le retour de M. Romeuf la confirmation d'une chose que j'avais trop redoutée, c'est le froid, pour ne rien dire de plus, entre vous et M. Serra. Dans la position où vous vous trouvez, cette désharmonie ne peut être que nuisible au bien du service de notre souverain.

Il arrive presque toujours dans ces sortes d'occasions qu'avec les intentions les meilleures, les toits sont réciproques. Le plus sage ne redoute pas de prendre l'initiative pour avoir des explications qui détruisent toujours les petites causes de ces mésintelligences, surtout lorsque de part et d'autre on a les mêmes vues. J'ai écrit dans ce même sens à M. Serra; je ne doute pas que sous peu les petits nuages ne soient dissipés, et que la plus franche communication ne s'établisse.

Ce n'est pas le maréchal qui vous écrit, c'est un simple Français, attaché et dévoué à son souverain et à tous les

DU MAUECIIAL DAVOUT. — 1809. 345

Français. Je ne me dissimule pas que je suis peut-être plus qu'aucun autre sujet à des préventions; c'est un défaut que j'avoue et sur lequel je me travaille.

Plus j'ai réfléchi sur vos deux caractères, plus j'ai acquis la conviction que quelque différents qu'ils soient, en vous rapprochant, non-seulement le service de l'Empereur y gagnera, mais, si j'ose le dire, vous vous serez utiles réciproquement. Ce que l'un a peut-être de trop serait combattu par ce que l'autre n'a peut-être pas assez, et chacun y gagnerait.

Je n'écrirais pas avec cette franchise à quelqu'un pour qui je n'aurais aucun sentiment d'estime, parce que, outre que ce serait du temps perdu, une personne non estimable en ferait un mauvais usage. Cette réflexion. Monsieur, doit vous convaincre que vous avez été dans l'erreur, si jamais vous avez douté de mes sentiments. J'ai pu juger avec plus de sévérité que vous de certains personnages; cela tenait à la difi^érence de nos caractères, et aussi parce que j'avais des données que vous n'avez jamais pu avoir, et entre auti*es sur M. de Breza.

Je reçois dans le moment votre lettre du 2 janvier; un quart d'heure auparavant, j'en avais reçu une dans le même sens de Sa Majesté le roi de Westphalie. D'un autre côté, M. Otto, le 29 décembre, m'écrit de Munich qu'il faut être vigilant, mais que rien n'annonce une explosion prochaine. Beaucoup de mesures défensives, les partisans de la guerre se remuant beaucoup.

Je vais adresser à M. Otto votre chiffre, pour l'envoyer au général Andréossy.

Je présume que dans les phrases chifi^rées il y a quelques mots de passés; je vous en adresse la copie et la traduction pour vous en convaincre.

J'écris à M. de Bose. Je me fais une idée de sa position embarrassante sous le rapport des finances; le moyen le plus sûr est que Sa Majesté l'expose à notre souverain.

34« CORUESPO^DANCE

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