GOUVERNEUR DE DANZIG
Erfurt, 21 janvier 1809.
J'ai reçu, mon cher général, votre longue lettre du 13 janvier. Je l'envoie au ministre de la guerre. Il faut porter la
plus grande attention aux causes des maladies qui attaquent la garnison, dans une saison où ordinairement elles sont plus rares.
Je suppose que remplacement des casernes peut y contribuer beaucoup : alors il ne faudrait pas hésiter à les faire évacuer et à cantonner les troupes qui seraient dans les casernes les plus malsaines. J'ai éprouvé au camp d*Ostende qu'ayant fait changer d'emplacement à un régiment qui avait plus de malades que les autres, ce changement a eu un succès complet.
La première fois que le sénat fera quelques mauvaises difficultés, sévissez et envoyez-moi les plus mutins.
L'intendant général, mon cher gouverneur, est dans l'impossibilité de faire des marchés pour assurer les services. Jusqu'à présent il n'a des fonds que pour la solde ; aussitôt qu'il en aura pour les autres services, Danzig en aura sa part : jusquelà, il faut que le pays y pour^'oie.
Ne vous laissez pas abuser par toutes les belles paroles qu'on débite, à Rœnigsberg. Il nous faut des faits, et jusqu'ici ils sont contre eux. Vérifiez, je vous le répète, le rapport qu'on a fait sur le recrutement extraordinaire qui a lieu. Il est en disproportion avec les finances de la Prusse et contre les dispositions du traité. Je suis sûr qu'il a lieu, en ayant été informé par des personnes qui ont vu, en différents endroits, des détachements de recrues en assez grande quantité.
On m'a parlé aussi de magasins qu'on devait établir entre le Niémen et la Vistule; je ne vous donne cela que comme un on dit. Vous pouvez facilement vérifier si le fait est vrai.
Il me semble qu'on a intimidé à Kœnigsberg M. Glérembault.
Faites tout ce qui dépendra de vous pour diminuer l'émigration.
Je ne vous fais aucune réflexion sur toute cette conversation de M. de Goltz ; il y a longtemps que je sais que c'est une commère. Il n'est pas capable de dire la vérité au Roi, comme il aurait besoin de la connaître.
Quant aux déserteurs prussiens qui vous arrivent et qui
veulent prendre du ser\'ice dans les régiments polonais qui sont en France, vous pourriez les adresser, par la route militaire, au commandant de Magdebourg, où il y a un dépôt de recrutement; il y a une chose à observer, c'est qu'il poum s'élever des difficultés, et que les autorités prussiennes pourront refuser au moins le logement et la nourriture à ces hommes. II n'y a pas d'inconvénient à essayer, en y mettant une grande discrétion, et je désire que cela réussisse. Comment avez-vous des nouvelles de Suède? vous me dites qu'oi s'y prépare à continuer la guerre au printemps : sont-ce des nouvelles positives et certaines?