AU MINISTRE DE LA GUERRE
COMTE d'HUNEBOURG.
Erfart, 24 jaBvicr 1809.
Monseigneur, j'ai Thonneur d'adresser à Votre Excellence copie d'une lettre de M. Bourgoing et d'une note qui j était jointe; elle renferme des détails sur ce qui se passe en Autriche!
Copie <fune lettre de Varsovie, du 2i janvier lW9y de At.Bowyomji envoYê extraordinaire de France à la cour de Dresde,
Monsieur le maréchal, à Fappui des notions que j'ai es rhonneur de vous transmettre par M. l'intendant général, et dont vous avex chargé M. le colonel Saunier de me demander
le développement, je m*empresse de vous transmettre celle que vient de recevoir M. Malachov^ski, par un exprès que son neveu lui a expédié de Konskie, petite ville à moitié chemin de Varsovie à Cracovie.
Il en résulte. Monsieur le maréchal, que Tesprit public des Autrichiens en Galicie est tout à fait à la guerre; que les mesures qu'on y prend doivent la faire regarder comme imminente ; qu'on y prépare les Galiciens, dont on cherche par des cajoleries à maintenir la fidélité ; que Tarmée autrichienne va être partagée en dix corps, commandés chacun par des feldmaréchaux, ou à leur défaut par des lieutenants généraux; qu'il y en aura outre cela trois autres indépendants de l'armée et commandés par les archiducs Charles, Jean et Maximilien ; qu'à chacun de ces corps seront attachées des compagnies de sapeurs, et que pour les former, on vient de demander en Galicie, comme dans les autres provinces autrichiennes sans doute, de nouvelles recrues, qui doivent être prises parmi les maçons, charpentiers, maréchaux, etc.; que les propriétaires sont en outre obligés de fournir de nouvelles livraisons en grains et en fourrages, qui, du canton d'où est parti l'exprès, sont conduites de huit lieues en huit lieues jusqu'à Cracovie; que de là, elles seront expédiées vers les frontières de Bohême et de Silésie; que le point central de ces approvisionnements est la ville de Teschen ; que des nouvelles de Vienne s'accordent à dire que tous les archiducs, sans en excepter le prince Charles, opinent pour la guerre; que l'Empereur seul résiste encore, mais qu'il finira par être entraîné.
Votre Excellence trouvera au reste, à quelques égards, un correctif aux notions peut-être un peu trop tranchantes du maréchal Malachowski, dans la copie ci-jointe de la dernière dépêche de M. Schonfeld à M. de Bose, qui vient de me la communiquer.
La princesse Czartoryska m'a appris avant-hier que l'Empereur de Russie venait d'accorder à son fils un congé illimité. M. de Bose en conclut que ce souverain persiste dans son système, puisqu'il ne cherche pas à rapprocher de lui un ex-ministre qui passe pour être plutôt favorable à l'Angleterre
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qu'à la France; mais d'autres indices semblent contrarier cette conjecture. On remarque ici le langage presque menaçant, les procédés malveillants que les agents du roi de Prusse se permettent depuis quelque temps à Tégard des habitants du duché et même de son gouvernement. Ce prince, disent les Polonais qui aiment à s'alarmer, permettrait-il qu'on parlât, qu'on agit ainsi en son nom, s'il ne se sentait appuyé?