‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 50 sur 99 · AU MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

AU MINISTRE DE LA GUERRE

COMTE D'hUNEBOURG.

Erfurt, 25 janvier 1809.

Monseigneur, j'ai reçu la lettre de Votre Excellence du 19 janvier, par laquelle elle me fait connaître que Sa Majesté ne pouvait approuver que j'eusse prescrit au roi de Saxe de quelle manière il devait pourvoir à la nourriture de ses troupes dans le duché de Varsovie ' .

* Le général Clarkc, ministre de la guerre, qai tenait à faire sentir son aatorité, avait évidemment adressé k l'Empereur des rapports exagérés au sujet (rune prétendue immixtion du maréchal dans les affaires du duché de Varsovie. L'Empereur avait alors chargé le ministre de la guerre d'écrire an maréchal « de ne se mêler de rien et de laisser le roi de Saxe administrer ses troupes comme il voudrait, sans s'en mêler d'aucune manière •. Le général Clarke s'était h«^té de transmettre ces ordres. Pendant ce tempit Napoléon lui-même écrivait de Valladolid, 14 janvier 1809, au maréchal, tant à propos de ce détail qu'au sujet de l'organisation de l'armée du Rhin :

« Mon cousin, j'ai reçu vos différentes lettres. Il ne faut pas trop chicaner la Saxe sur l'entretien et la nourriture de ses troupes ; laiMez le Roi le nourrir et s'approvisionner comme il l'entend.

« On demande trop pour mon armée. Songez que je sais obligé à àa dépenses énormes. L'Espagne me coûte beaucoup et ne me rend rien. Met armées viennent d'être augmentées; ce qui exige de ma part de très-fortes dépenses.

• Vous avez reçu des ordres du ministre de la guerre qui vous font connaître quelle doit être l'organisation de votre armée à la fin de février ou au commencement de mars. Les 4*' bataillons, tant de vos 4 divisions que du corpi d'Oudinot, doivent être à l'armée, ce qui portera le corps d'Oudinot à 36 bataillons ou à 3 divisions, et votre corps à 83 bataillons, ce qui ferait 119 bataillons. Faites-moi connaître ce qui vous manque pour cda» Mandez-moi si tous vos régiments de cavalerie, soit cavalerie légère, «oit grosse cavalerie, sont à 1,000 chevaux présents, et si vos compagnies dïn^v

Je (lois faire observer à Votre Excellence que je ne me suis

mais permis de rien prescrire à cet ëgard ; mais Sa Majesté

roi de Saxe m'ayant fait plusieurs fois demander mon avis

r la réduction qu'on lui proposait de faire à la ration de ses

3upes, telle qu'elle avait été fixée lorsque les troupes fran-

lises étaient dans le duché de Varsovie, j'ai observé que ces

ductions, dans un moment où les troupes étaient mal vêtues

la solde mal assurée, pouvaient occasionner de la désertion;

me suis borné là.

Je n'ai rien négligé pour remplir les intentions de l'Empeur dans les relations que j'ai été dans le cas d'avoir avec le mvemement du duché ainsi qu'avec son souverain, et je suis invaincu que Sa Majesté le roi de Saxe me rend cette justice.

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