‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 59 sur 99 · AU GÉNÉRAL OUDINOT · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL OUDINOT

Erfurt, 29 jauvier 1809.

Il parait, mon cher général, que la régence de Hanau administre bien mal, et que l'intendant français est bien médiocre.

Comment se fait-il que depuis deux mois qu'on a mis à leur disposition 12,000 quintaux de grains, ils ne se soient pas mis en mesure de les faire venir?

Je suis sûr, comme je te Tai déjà mandé, que les fournitures sont foites à des prix excessifs ; en un mot, qu'elles sont entre les mains des Juifs, ou de gens de cette espèce.

Il y a dans la régence des hommes ineptes, et d'autres qui vraisemblablement sont des fripons ; il faut chasser les uns et les autres.

M. rintendant envoie un ordonnateur pour prendre connaissance de cet état de choses ; vois par toi-même les moyens que Ton prend, et donne tes idées.

Tous les rapports annoncent une continuation d'armement de la part des Autrichiens, et même des mouvements de troupes.

Enfin, quelque invraisemblable que soit la supposition qu'ils se disposent à prendre l'offensive, cependant il faut se mettre en mesure.

Je désire, mon cher général, qu'en y mettant toute la discrétion possible, les 60 cartouches par homme, les pierres à feu, soient déposées par les commandants des régiments, de manière qu'au premier avis, elles puissent être distribuées, et qu'il n'y ait plus qu'à prendre les armes et marcher.

En comprenant ton corps de troupes, je pourrais réunir en trois ou quatre jours plus de 30,000 hommes d'infanterie, plus de 6,000 chevaux, dont près de 4,000 de cuirassiers, et plus de 60 bouches à feu.

J'espère que nous débuterons par donner le temps au reste des troupes françaises de se rallier et à toute la confédération de courir aux armes.

Je ne sais comment j'ai oublié, lorsque je t'ai annoncé l'envoi d'un officier français à Wurtzbourg, en te recommandant de faire occuper deux ponts sur le Mein, qu'il y en avait trois :

L'un sur la route de Wurtzbourg à Anspach, le second sur la route de Wurtzbourg à Nuremberg, et le troisième sur celle de Wurtzbourg à Bamberg.

Vie CORRESPONDANCE

Tous ces ponts se trouTent à quelques lieues de Wartz-

bourg^.

Tu ferais occuper ces trois ponts par les détachements destinés a occuper les deux que j'avais désirés.

J*ig[norais effectiTcment que les fortifications de Hanau eussent été rasées ; ainsi ce serait dans la citadelle de WorUbourg qu'il faudrait laisser tes dépôU à ton passage.

La première chose à faire serait d'euToyer en toute hâte dans cette place une partie de tes canonniers, pour mettre les pièces bavaroises qui sV trouvent en batterie.

Au surplus, tout annonce que ce sont des hypothèses qui ne se réaliseront pas et que s*il y avait quelque chose de réel, je recevrais des ordres du {gouvernement.

Il paraîtrait que notre gouvernement est dans rincertitude, d'après différents articles que tu as pu lire dans les journaux, et entre autres un sous la rubrique d'Ulm dans le journal de r£mpiredu21.

Il est inutile de te recommander, mon cher {général, que le contenu de cette lettre ne soit connu que de toi.

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