AU GÉNÉRAL OUDINOT
Erfiirf, 30 janvier 1809.
arde, mon cher général, le prince primat, qui est puis quelque temps à Francfort, venant de Ratis- >mme celui de tous les grands et petits souverains de ne qui a le plus de lumières, le plus de sagesse, et
plus affectionné a notre souverain. Je sais qu'il a lièrement gêner toutes les petites intrigues autripar sa présence à Ratisbonne. Sa véritable opinion
actuel des choses serait très-précieuse à connaître, e bien informé.
ril soit tout naturel que tu ailles lui faire ta cour, 5 de lui, je t'en fournis un prétexte qui lui sera très- Je te charge de lui remettre toi-même une lettre que ;eras après en avoir pris lecture, et par laquelle je lui que je me suis empressé de déférer à une de ses >. Après les premières phrases vagues et insignifiantes iversation, tâche avec adresse de l'amener sur les u temps. Demande-lui si nous aurons une guerre
anglaise sur le continent, et assure que si les intrigues anglaises ne parviennent pas à Talarmer, la paix est assurée malgré les armements de rAutriclie '.
Étends-toi sur ces armements qu'il doit bien connaitre, ayant été à Ratisbonne, dans le voisinage du point où ik paraissent se faire, et ayant des envoyés qui doivent bien le servir. Parle des bruits qui courent sur les mouvements des troupes, les formations de magasins, les levées de boulangers, etc. Si tu le trouves ouvert, demande-lui la permission de lui faire ta cour de temps en temps et de T entretenir sur ces cboses qui sont importantes pour les intérêts communs.
Parle-lui de Testime qu'il a inspirée en France, de celle que nous lui portons, etc., etc.
Tu vois quel doit être Tobjet de cette conversation, mets-} tout ton savoir-faire.
* Sur CCS entrefaites, un ordre aUait arriver pour que le général Ondinot allât avec son corps à Augsbourg, en vue des mouvements autricliteos. L'Empereur avait écrit le 15 janvier de Valladolid au roi de Bavière, pour lui communiquer cette mesure et le tenir en éveil, en le pressant d'armer ttt places, et il ajoutait : ■ ...J'ai autorisé le duc d'Auerstaedt à marcher sur le Danube avec 80,000 hommes, parmi lesquels mes belles divisions de mira»siers et deux cents pièces de canon, si Votre Majesté le demande et si lei circonstances devenaient urgentes. Je n'en désire pas moins que le corps do général Oudinot se porte dès à présent à Augsbourg, où il sera à mes finis. Des compagnies que j'envoie de France vont porter ce corps à 30,000 hommes. 11 peut attendre là que les neiges soient fondues et que le passage soit ouvert pour se rendre en Italie. Ce corps, qui n'est aujourd'hui que de 12,000 hommes, mais qui sera de 30,000, serait utile à Augsbourg pour donner de la confiance à vos sujets, à votre armée, et en imposer un peu à l'Autriche. Si telle etf l'opinion de Votre Majesté, je la prie d'en parler au sieur Otto, auquel je fais connaitre mes intentions. »
L'Empereur écrivait d'un autre c6té le même jour, 15 janvier, an maréchal Davout :
« Valladolid, 15 janvier 1809. Mon cousin, mon intention est qu'à la réception du présent ordre vous fassiez partir le corps du général Ondinot, composé de son infanterie et de ses trois régiments de cavalerie, et de 18 pièces de canon, pour se rendre à Augslx>urg. 11 agira comme s'il devait se rendre enjltalie. A Augsbourg, il attendra de nouveaux ordres. Vous feres partir avec ce corps la division de cuirassiers du général Espagne. Par ce moyen, le général Oudinot aura sept régiments de cavalerie, et, dans le courant <le mars, il réunira ses trente-six bataillons d'infanterie. » {Correspondanet dt Napoléon, t. XVÏII, p. 220-230.)
Erfurt, !•' février 1809.
Sire, Tofficier d'ordonnance de Votre Majesté qui se rend à Pétersbourg m'a remis votre lettre du 14 janvier *. Je profite du passage du général Fiszer, qui est envoyé auprès de Votre Majesté par le roi de Saxe, pour vous en accuser réception.
Cet officier général porte des mémoires sur l'organisation de l'armée polonaise, sur lesquels on veut connaître votre volonté. J'ai déjà eu occasion de réclamer la bienveillance et les bontés de Votre Majesté pour cet officier, qui désire obtenir la récompense que tous les militaires ambitionnent, la décoration de la Légion d'bonneur. Il a fait la campagne de Pologne, et c'est un des officiers les plus intelligents de l'armée du duché.
Je dois rendre la justice à cette armée et au pays, ainsi qu'au prince Poniatowski, que, pendant le temps qu'a duré la crise d'Espagne, l'esprit n'a jamais été meilleur; le dévouement et l'attachement à la cause de Votre Majesté s'y sont manifestés avec éclat et sincérité. Ce pays se trouve dans un très-grand embarras sous le rapport des finances.
On peut lui demander et il fournira sans difficulté hommes et subsistances; mais pour de l'argent, il a besoin du secours de Votre Majesté.
J'ai répondu au ministre relativement aux chicanes sur l'entretien et la nourriture des troupes saxonnes et polonaises. Le fait est qu'on m'a fait demander mon avis à différentes fois, et que je me suis borné à dire que si l'on réduisait les subsistances dans un moment où l'entretien et la solde des troupes étaient mal assurés, on occasionnerait de la désertion, ce qui serait certainement arrivé *.
1 II doit y avoir une légère erreur de date. La lettre de l'Empereur dont parle ici le maréchal est probablement la lettre du 15 janvier citée plus haut, et relative à Tordre envoyé pour le mouvement du général Oudinot sur Augiiboorg.
* Voir plus haut les lettres du maréchal sur son intervention dans les af^adres du duché de Varsovie, et sur ses relations avec le roi de Saxe.
Je ne néglige rien, Sire, pour montrer ma déférence ao roi de Saxe, votre plus fidèle allié ; j'ose croire que ce sou?enb me rend cette justice.
J*ai mérité les reproches que Votre Majesté m*a £ait im au sujet des deux onces d*augmentation à la ration de yiaode; mais il n*en résultera pas un sou de dépenses pour soi trésor.
Cette augmentation a été supportée par les pays, et eUe n*était dans le fait qu'une réduction de ce qui existait lorsque Votre Majesté m'a confié le commandement de rarméeà Rhin. Une grande partie des troupes recevait douze et même quatorze onces de viande.
Au surplus, à dater du 1" février, cette ration est réduite a la fixation du règlement, ce qui procure aux pays un soulagement dont ils avaient besoin.
L'intendant général, M. Villemanzy, qui est un homme tré»* précieux pour Votre Majesté par son économie, son déTOQ^ ment réel, son amour pour ses devoirs, a adressé son badgK suivant les intentions de Votre Majesté que lui a fait connaître le ministre de la guerre, non dans Thypothèse de la rëonion des 4*' bataillons, mais telle qu'elle existe maintenant. Si Too peut tenir les engagements, ils ne seront pas onéreux à tos finances, et le pays sera suffisamment indemnisé.
Le montant des dépenses, tous les services et la solde compris, s'élèvera à environ 3 millions par mois.
Les ressources du pays, d'après tout ce que m'a dit M. Tin* tendant, ne dépasseront guère 500,000 francs; ce serait donc 2,500,000 francs que le trésor public devrait procurer.
Jusqu'ici il n'a envoyé aucun secours, et il n'existe pas it fonds dans les caisses, non-seulement pour les divers services, mais pour la solde du mois courant.
Le ministre de la guerre a dû mettre sous les yeux de Votre Majesté notre position et mes diverses réclamations.
Votre Majesté trouvera dans la note ci-jointe l'iiidicatioo des moyens pour faire face à nos moyens, en évitant tous frais de transports et de négociations, toujours plus ou moins coûteux et lents.
esserai par le courrier de demain tous les renseigne- ]ue Votre Majesté me demande, sur la force effective apagnies d'infanterie et de cavalerie.
Erfurt^ l«r février 1809.
, j'ai rhonneur d'informer Votre Majesté que M. le de Just, mattre des cérémonies de la cour de Dresde, se maintenant à Paris.
i, de Just parait être Toracle des hommes sensés de ce ii qui en impose beaucoup aux autres, demandé à M. de Thielmann, aide de camp du roi de lommetoutàfaitdévouéàla cause commune, des renseiîntssur M. de Just; il m'a remis la note ci-jointe, qui me contenir des détails exacts, d'après les notions que j'ai je crois utile de mettre sous les yeux de Votre Majesté,
Erfurt, l«r février 1809.
!, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté une lettre de le que vous avez employé à Milan, à Venise et en Por-
le doute pas que son dévouement et sa fidélité ne soient rs les mêmes.
ûque j'apprécie tout ce qu'il y a de bavardage dans cette cependant elle renferme des renseignements utiles à ître, et il est plus à même que qui que ce soit d'en avoir is, étant extrêmement répandu parmi les visites, motif qui me détermine à envoyer cette lettre à Votre té, c'est qu'il me paraît qu'il doit y avoir des agences [ères qui cherchent à diriger l'opinion dans un sens con!l aux intérêts de Votre Majesté.