AU GÉNÉRAL COMPANS
CHEF DE l'état-major.
Paris, 4 mmn 1809 K
Je vous adresse, Monsieur le général, copie d'un ordre que je viens de recevoir du major général; exécutez-en tout de suite les dispositions dans Tesprit suivant :
' Les préparatifs avaient pris dès ce moment une précision et un caractère décisifs pour une {guerre, dont on affectait encore de part et d'autre de désavouer la pensée, mais qui n'était plus douteuse. L'Autriche, qui étiit arrivée au complet de ses armements et qui se croyait menacée, en venait bientôt à avouer, par une communication diplomatique du 10 mars, qu'elle se considérait comme obli{;ée de mettre ses armées sur le pied de guerre. Napoléon, de son cûté, n'en était pas à prendre ses mesures. Depuis plusieurs mots, il s'occupait sans cesse de combler, avec ses grandes conscriptions, les vides des régiments de l'armée du Rbin, de préparer, avec des 4** bataillons, des formations nouvelles pour suppléer aux corps qu'il avait envoyés et qu'il devait laisser au delà des Pyrénées. Depuis sa rentrée à Paris, vers le 25 janvier, il avait redoublé d'activité, et il avait commencé à rapprocher ses forces du théâtre éventuel des opérations.
On a vu les ordres donnés au général Saint- Hilaire de se reporter avec sa division sur Magdebourg, et au général Oudinot d'aller prendre position ï Augsbourg. Le maréchal Davout lui-même, qui était depuis quelques jours à Paris pour assister aux couches de sa femme, n'avait pas le temps d'attendre cet événement de famille ; il ne tardait pas à recevoir l'ordre de regagner ao
Les régiments qui se trouveraient plus rapprochés d'Erfurt que les généraux sous les ordres desquels ils se trouvent devront recevoir de vous directement les ordres de marche que vous leur enverrez par des officiers de votre état-major, ou, à leur défaut, par des officiers du 17* régiment. Les 7* et 13* régiments d'infanterie légère et le 12* de ligne sont dans cette hypothèse, ainsi que le 7* de hussards.
Vous ne ferez connaître ni aux généraux ni aux colonels leur destination définitive; vous leur indiquerez pour destination le point de l'itinéraire que vous leur aurez tracé, qui sera le plus voisin d'Erfurt, sans même leur faire connaître qu'ils doivent aller au delà; vous leur indiquerez seulement que là on leur fera connaître les cantonnements qu'ils doivent prendre; vous prendrez des mesures pour qu'à leur arrivée dans ces endroits ils trouvent des ordres de continuer leur route jusqu'à Bamberg.
Il est inutile de donner Tordre au 5* régiment de hussards qui est à Meiningen de se mettre en marche tout de suite ; il est à la disposition du général Priant, qui lui donnera des ordres en cas d'événement imprévu.
Il ne faut pas prévenir les autorités du pays à l'avance; les régiments enverront seulement vingt-quatre heures en avance dans chaque gite un officier, porteur de feuilles de route, pour faire préparer les vivres et logements. Cependant vous pouvez écrire au ministre de la guerre de Westphalie pour lui
plus TÎte ton quartier général, de faire filer sans bruit ses forces d'Erfurt et de la Saxe dans le pays de Bayreutli, de surveiller de près tous les débouchés de la Bohème. D*un autre côté, par une décision du 21 février, le maréchal Masséna, duc de Rivoli, venait d'être nommé commandant en chef d'un corps d'observation de l'armée du Rhin, avec quatre divisions. Enfin la garde était déjà rappelée d'Espagne pour être acheminée en toute hâte sur le Rhin, et avant peu de jours Berthier devenait major général de l'armée d'Allemagne, ou pour mieux dire de la grande armée, qui n'était pas encore officiellement reconstituée, qui allait l'être d'un instant à l'autre. Tous ces faits significatifs se passaient en quelques semaines, en quelques jours; ils préparaient, ils annonçaient l'action, et les ordres transmis de Paris par le duc d'Auerstaedt dans la lettre ci-dessus peuvent être considérés comme un des actes de la prochaine entrée en campagne. (Correspondance de N^Potéon, t. XVIII, février et mars 1809.)
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annoncer le passage des troupes et loi donner ritinéraire qu'elles suivront à travers la Westphalie seulement.
Quant au 17* de ligne, vous le dirigerez, quarante-bait heures après la réception de cette lettre, sur Wurtzbourg par la route la plus courte. 11 faut que son ordre de marche lui soit donné comme s'il devait se rendre à Mayence, et qu'il n'y ait absolument que le colonel qui sache qu'il se rend à Wurtzbourg. Ce régiment occupera la citadelle, où il trouvera déjà 1,000 à 1,200 tant canonniers que sapeurs français; ce qui ne pourra tenir dans la citadelle sera placé dans la ville.
11 faut qu'à Wurtzbourg l'arrivée du 1 7* ne soit pas annoncée) et que cela ne s'y sache que le jour où il arrivera. L'ordre que le colonel du 17* montrera au commandant de Wurtzboui; portera trois jours de séjour dans cette ville et l'ordre de continuer ensuite sa route sur Âugsbourg. Le troisième jour, il annoncera qu'il a reçu un contre-ordre, et qu'il doit rester à Wurtzbourg jusqu'à nouvel ordre.
Le 30* régiment partira, à la réception de Tordre, avec toute l'artillerie de la division. Le 61* partira le lendemain, et dans le cas où des régiments du général Saint-Hilaire, qui ont dû déjà avoir reçu Tordre d'aller à Magdebourg (ces ordres étaient contenus dans les dépêches adressées au général Saint-Hilaire, qui ont été portées par le courrier Bertheuille), il y en aurait un d'arrivé, le 65* partirait le lendemain de l'arrivée de ce régiment. Le 11* de chasseurs qui est à Magdebourg partira le lendemain du départ du 61*.
Il est à désirer que les troupes qui sont en Hanovre marchent par plusieurs routes pour soulager le pays. Les régiments se mettront en marche dans Tordre où ils se trouvent; les plus près partiront les premiers. Par ce moyen, tout ce qui est en Hanovre partira en deux jours.
Le général Priant laissera ses troupes cantonnées comme elles sont dans le pays de Bayreuth et d'Erlangen, et ne les réunira que dans le cas d'événements imprévus. Il faut recommander au général Priant, dans le cas peu vraisemblable où les Autrichiens marcheraient avec des forces supérieures, de prendre une position qui puisse couvrir Bamberg et Wuitï-
bourg; j'en conférerai avec M. Tintendant général à mon arrivée, qui aura lieu vingt-quatre heures après la réception de cette lettre.
Je vous recommande, mon cher général, de ne point parler de mon retour ni de ce mouvement, et de donner les ordres de marche de manière que personne n'en ait connaissance à Erfurt.
Quant au quartier général, vous ne ferez connaître à qui que ce soit qu'il doit partir d'Erfurt ; je déterminerai le moment de son départ.
Quant au convoi d'artillerie que le général Hanicque a en route, il prendra tout de suite des mesures pour que les chevaux rejoignent leurs pièces et que les autorités locales fassent achever ces transports après le passage des troupes.
Vous préviendrez le général Friant que j'ai engagé M. Thielmann à lui adresser le double de tous les renseignements qui lui parviennent par la correspondance établie entre Dresde et Hof. Il faut qu'il s'arrange pour que ses communications soient promptes et pour avoir de fréquentes nouvelles des commandants saxons qui sont entre Dresde et Hof.
Il est bon que les troupes en partant prennent du pain pour deux jours et qu'on s'arrange de manière à avoir toujours cette avance pendant la route ; cela facilitera l'établissement des troupes dans leurs cantonnements.
Recommandez de maintenir la meilleure discipline dans la marche, et que chaque corps ait à se pourvoir d'un certificat de bonne vie.
L'artillerie de la division Gudin et de celles des divisions qui sont à Hanovre marchera avec le régiment le plus près.
Vous attendrez mon arrivée pour donner des ordres à l'artillerie qui est à Fulde et à Hanau. J'imagine que les Bavarois ont armé Forcheim ; chargez le général Friant de s'en informer et de se concerter avec le commandant bavarois^pour que cette mesure soit prise si elle ne l'est pas.
Le général Friant pourrait faire mettre une garnison de 200 hommes écloppés dans Gronach.
Je suppose que le petit fort qui est près de Gulmbach est
tout à fait rasé; il fiaut que le général Priant s*en assure, parce que rintention de TEmpereur est que ce fort soit entiéremerf rasé.
Vous adresserez au commandant de Magdebonrg une lettre pour être remise au général Saint-Hilaire, à son arriTée dans cette place, où tous préviendrez ce général que sa dÎTisioi est destinée jusqu'à nouvel ordre à garder Magdebourg conjointement avec les troupes westphaliennes, mais que cependant il doit les tenir toujours prêtes à marcher.
Je vous prie de Caire passer la lettre ci-jointe par le courrier militaire qui ira à Varsovie.
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