AU GÉNÉRAL OUDINOT
Paris, 5 mm» 1809.
L'Empereur me charge de t'envoyer un officier pour que tu fasses passer au prince vice-connétable major général Fétatde tout ce qui manque pour Torganisation de ton corps, c'est-à-dire les emplois vacants dans chaque bataillon et dans ton état-major, ce qui manque au personnel et au matériel de ton artillerie, enfin tout ce qui te manque, sans oublier les munitions.
Faire connaître aussi par la même occasion à Sa Majesté Tétat des tètes de pont qu'il avait £ait faire sur le Lech, entre autres à Rain, combien il faudrait de temps pour les réparer. Il faut que Tofficier soit porteur d'un croquis, etc.
De tous les côtés on ne parle que de Tesprit guerrier des Autrichiens, on assure qu'ils ont encore la fantaisie de faire une guerre pour le bon plaisir des Anglais. Tu es dans un pays où Ton doit savoir des nouvelles, fais-les connaître à TEmpereur. Je t'avoue que, malgré toutes les apparences, je ne puis croire à une si grande folie de la pail des Autrichiens.
Je te dis pour toi seul que quoique ma femme ne soit pas accouchée, je pars pour me rendre à mon poste; écris-moi par les courriers militaires. Si tu as des occasions pour Wurtzbourg, adresse tes lettres sous le couvert de l'adjoint Laroche. Bien entendu que tu ne renverras pas à Paris Montmorency, qui a ordre de se rendre par Bayreuth à Erfurt. Il pourra rester auprès de toi trois ou quatre jours pour avoir des nouvelles.
On t'a envoyé de Paris de bien beaux hommes, ton corps d'armée sera superbe.
DU MARECHAL DAVOCT. — 180». 391
Pari», 5 mars 1800.
Sire, je profite de la permission que Votre Majesté a bien voulu me donner pour lui soumettre une demande relative à rhùtel de Monaco que j'ai acheté de son consentement.
Un bâtiment qui est maintenant occupé par l'ordonnateur de la l'* division militaire a toujours fait partie de Thôtel de Monaco; il a été occupé parla famille, et il est une dépendance indispensable de Thôtel principal, sur lequel il a toutes ses vues et qui par lui-même n'a pas tout le logement nécessaire; mais lors de la donation faite au sénateur Sieyès de Thôtel Monaco, ce bâtiment en a été distrait.
Je supplie Votre Majesté de vouloir bien ordonner que ce bâtiment soit estimé pour m'étre accordé sur le montant de l'évaluation qui en sera faite.
Paris, 5 mars 1809.
Les bontés dont Votre Majesté n'a cessé de me combler, et la permission particulière qu'elle m'en a donnée, m'encouragent à metti*e sous ses yeux l'exposé de ma situation.
Au moyen de la grande fortune dont Votre Majesté m'a gratifié, j'ai pu, pendant mon séjour en Pologne, suffire aux dépenses de représentation que ce pays exige, et à toutes celles que nécessitait le bien du service de Votre Majesté. Elle poun*a se convaincre en jetant les yeux sur les comptes de l'armée, qu'on n'y a porté aucuns frais de police, de courses, etc. ; j'ai acquitté les frais de police secrète dans l'étranger et les courses des officiers que j'ai envoyés à Pétersbourg, à Paris et dans diverses parties de la Pologne et de l'Allemagne. J'ai fait la même chose en Silésie, à Berlin, et depuis que Votre Majesté m'a confié le commandement de l'armée du Rhin.
Dans ce moment, je paye à Varsovie 2,000 francs par mois
392 CORRESPONDAMCB
de frais de police, 1,000 francs à Dresde, 2,400 à Bayreulh, 1,000 à Wurtzbourg, et ces dépenses sont de beaucoup inférieures à celles que je fais pour les frais Je voyage des officiers que j^envoie dans le duché de Varsovie, en Prusse et dans les diverses parties de rAllemagne.
Les bienfaits de Votre Majesté ont suffi à toutes ces dépenses jusqu'à rincendie que j'ai éprouvé à Skiemiewice; mais cet événement qui diminue momentanément les revenus que je dois à la munificence de Votre Majesté à cause des reconstroetions que je suis obligé de faire; la nécessité de £aire p^ompt^ ment des réparations indispensables à Thôtel Monaco, que la légation turque a laissé dans un état de dégradation considérable, me mettent dans une gène pénible. Je n^ai pu disposer pour ces travaux que de 80,000 francs provenant des domaines que Votre Majesté m'a donnés en Westphalie; comme ils doivent beaucoup s'élever au delà de cette somme, et que les dépenses à l'armée me mettent dans l'impossibilité d'y aCFecter d'autres fonds, j'ai l'inquiétude que ma femme n'éprouve à cet égard des embarras d'argent qui lui seraient extrémemeot désagréables. Je supplie Votre Majesté de prendre en considération cet exposé que la nécessité et les bontés de Votre Majesté pour moi ont pu seules me déterminer à mettre sous ses yeux.
Paris, 5 mars 1809.
Sire, j'ai l'honneur de rappeler à Votre Majesté, ainsi qu'elle l'a permis, le nom de M. Serra, votre résident à Varsovie.
M. Serra est une excellente tète ; il porte avec dignité le caractère de résident de Votre Majesté, et il est rempli de zèle pour votre service et de dévouement pour votre personne.
Il n'est pas de la Légion d'honneur.
DU MAR1£CUAL DAVODT. — 1809. 393
Erfurt, 12 mars 1809.
Sire, Votre Majesté par son décret du 19 février dernier a réglé le budget de Tarmée du Rhin pour l'exercice 1809.
Sur les 46 millions afiFectés pour les dépenses de cette armée, 36 millions doivent être versés au Trésor public par la caisse d'amortissement, à raison de 3 millions par mois, pour être transmis au payeur de l'armée.
Le 22 février, le ministre du Trésor public, en exécution des ordres de Votre Majesté, a pris les mesures pour assurer les fonds des mois de janvier et février qui étaient échus, et amis à cet efiFet à la disposition du payeur de l'armée une somme de 6,820,000 francs, ce qui lui donne un à-compte de 800,000 francs sur le mois de mars courant. Ces fonds se composent de :
2,220,000 fr. existant à Mayence en espèces étrangères; 3,600,000 fr. en effets et obligations cédés par la caisse
d'amortissement ; 1,000,000 fr. en lettres de crédit sur la caisse particulière de
dépôt.
6,820,000 fr.
Dès mon retour à l'armée, je me suis occupé de prendre connaissance du point où en étaient ces versements; voici le compte qui m'a été rendu à cet égard :
Les 2,220,000 en espèces ont été tout de suite remis au payeur général de l'armée, qui en a fait la répartition à ses préposés des divisions de l'armée. Le million en obligations échues le 3 mars, et payable par les propriétaires de Breslau au domicile d'un négociant de Magdebourg, a été protesté, ce négociant ayant déclaré n'avoir ni fonds ni même d'avis pour en effectuer le payement ' .
" L*Empereur au maréchal Davout. — « Paris, 17 mars 1809. Mon cousin, je reçois votre lettre du 12; je donne ordre au ministre du ti*ésor public d'assurer les fondi*, non-seulement pour le remplacement des valeurs qui ont été protestces, mais encore, d'avance , pour le service de mars , d'avril et de
L'inexactitude que les propriétaires de Steinthal ont ap] jusqu'ici dans le payemept de leurs obligations £ait crainiAii «^ au payeur que celles montant à 1,146,862 fr. 10 échues !•' janvier dernier, et qui font partie des 3,600,000 francs cédéBIrile par la caisse d'amortissement, ne soient pas acquittées la fin d'avril prochain.
Le payeur ne peut non plus assurer si la somme 1,454,136 fr. 90 formant la solde de pareilles obligations le recouvrement avait été confié primitivement au ba Levi à Berlin sera réalisée promptement et versée dans caisse. Il ne peut rien dire à ce sujet avant d'avoir reçu le port qu'il attend du préposé envoyé ad hoc à Berlin.
Quant au million en lettres de crédit sur la caisse paitics-lit- Hère de dépôt, il ne peut être d'aucune ressource povftL.
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mai. Cette exactitude est nécessaire, afin que, si quelque Taleor était prottilee ou s'il survenait quelque embarras, on eût toujours le temps de rempbctt* Je suppose que vous pourvoyez à la solde du corps d*Oudinot; il eit trci' important que ce service ne manque pas d*un jour. Le corps da ^ * Rivoli s'appelle corps d* observation de V armée du Rhin ; il sera réani te 9 à Ulm. Le ministre du trésor pourvoira directement à la solde de ce cstfi Tarmée du Rhin n*a rien à voir là.
« Faites armer et approvisionner les forts de Cronach, Forcheim et Bi» 1^ berg. Je suppose que votre quartier général sera déjà rendu h Wûrtzburg. Fw* I'*'"' approvisionner cette citadelle. Le duc de Danzig doit être arrivé le 10 * 1^^ Munich. Le 105" de ligne et le 8* de hussards arrivent, à ce qu'il meatx^ 1^^ vers les premiers joum d*avril. Suivez la direction de ces troupes, afia ^ s'il survenait quelrpics changements, vous puissiez les détourner de leur roB^ 1*^ et qu'il ne puisse pas leur arriver de malheurs. Envoyez, par un coonitf extraordinaire, ordre au 72* de changer de route à Wittenberg, oh il anpiva* le 23, et de se diriger sur Wiirtzbnrg. Tout ce qui vient derrière, tapcnrti canonniers, escadrons du 7% qui suivent cette route, changeront é^valenetf de direction à Wittenberg, et, au lieu d'aller sur Magdeburg, viendront itf Wiirtzburg. Donnez ordre à tout ce qui appartient à la division Saint-HiUiiCf cavalerie, infanterie, sapeurs et artillerie, qui le 18 seront à Magdebaiig, àt se mettre en marche pour Wiirtzburg. Le 10^ d'infanterie légère, le 3* de li||nef le 72*, le 57* et le iOS*", le S*" de hussards, le 16* et le 12* de chasseur», k matériel d'artillerie, auront tous leur mouvement sur Wiirtzburg. Vous ne leur donnerez pas de séjours, et vous ferez faire à toutes ces troupes des marcbef raisonnables, aHn d'activer leur réunion. Je préfère que cette réunion se ^Mie plutôt sur Wiirtzburg que sur Bamberg, parce que la i*oute est plus à droite et plus éloignée des frontières. Je désire donc que tous ayez une division ■ Bf* reuth, une à Nuremberg, une à Bamberg; que la cavale^e légère de votre ancien corps d'armée garde les débouchés de la Bohème; que la diviflOB
'armée, le payeur s'étant trouvé dans la nécessité d'approprier Tarmée et de prélever à titre d'emprunt tous les fonds le la caisse de dépôt.
Telle est, Sire, la situation de la caisse de Tarmée, qui par mite du protêt de 1,000,000 d'obligations sur Magdebourg, du •etard qui sera apporté dans le payement de 1,454,136 fr. )0 centimes sur Steinthal, et enfin de la non-existence du milion de lettres de crédit sur la caisse de dépôt, se trouve hors Tétat non-seulement d'aligner le payement de la solde et de e tenir au courant, mais même encore de faire face aux lépenses des services administratifs qui ont le plus grand »esoin de secours.
C'est donc pour parer à ces inconvénients majeurs que j'ai honneur de prier Votre Majesté d'ordonner qu'à l'avenir la
aint-Hilaire se réunisse d'abord à Wiirtzburg, d*où on pourra l'envoyer entre iuremberg et Batisbonnc, ainsi que la cavalerie du général Montbrun et la rosse cavalerie de Nansouty; tout cela sur la droite, de sorte que, s'il ne iirvient pas de cbangements, la gauche de votre armée soit sur Bayreuth et la roite sur le Danube. En cas d'événement, c'est sur la droite qu'il fout se ortcr pour se joindre aux Bavarois, aux Wurtembergeois, au corps du général ^udinot et à celui du duc de Bivoli. Faites-moi connaître quand la division aint-Hilnire sera arrivée. Le parc général sera réuni à Wiirtzburg. Ne tenez Bayreuth que peu de malades. A tout événement, les places de Forclieim, e Bamberg et de Wiirtzburg doivent contenir les embarras de Farmée. Je ésirc que vous fassiez établir un hôpital à Forcheim, et que le général qui it à Bayreuth y envoie sans affectation ses malades. Je désire également un ftpital à Bamberg. Ecrivez au général Saint-Hilaire qu'il abrège la marche de ^8 troupes; qu'il n'est plus question de se porter sur Magdeburg, mais bien c se diriger tous sur les positions que je vous ai indiquées. Donnez ordre que )Ut ce qu'il y a des transports militaires en Hanovre soit dirigé sur Wiirtzburg. nvoyez savoir quand la division Dupas arrivera à Hanovre. J'ai donné rdre au prince de Ponte-Corvo de se rendre h Dresde. Vous donnerez i-dre aux grenadiers et voltigeurs du 22* de se rendre ik Magdeburg. Vous ^donnerez également ù tous les détachements du 22^, faisant partie des jatrc bataillons de marche, ou des bataillons de marche des 4*' bataillons, e se rendre aussi à Magdeburg, de sorte qu'il y ait dans cette place un itaillon de 500 à 600 Français. Écrivez au roi de Westphalie pour que, s son côté, il mette dans cette garnison ses troupes les plus sûres. Le ?• d'infanterie de ligne a 700 hommes qui arrivent le 22 mars à Mayence. ai donné ordre que cette troupe fût dirigée sur Wiirtzburg. A son arrivée, lacez-la en garnison dans la citadelle, oii elle restera jusqu'à ce que je onne des ordres pour qu'elle rejoigne son corps. » (Correspondance de Naporon, t. XVIII, pages 362-364.)
caisse d'amortissement n'affecte pour les dépenses de Tarmée que des valeurs sur le recouvrement desquelles il ne restera plus le moindre doute, telles que celles résultant du produit des biens domaniaux, qui dans ce moment présente une ressource de 2 millions en caisse, d'autant plus que cette mesure sei*ait avantageuse aux donataires, puisqu'ils auraient par là la facilité d'être payés à Paris, et qu'ils ne se trouveraient plus exposés, pour faire venir en France l'argent qui leur est dû, à une perte au moins de 8 pour 100.
Je supplie instamment Votre Majesté de daigner accueillir la proposition que je viens de lui soumettre.
Erfurt, li mars 18^.
Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que, conformément à ses intentions, j'ai eu une conversation avec M. Bâcher, à mon passage à Francfort.
Je lui ai fait connaître non-seulement de vive voix, mais par écrit, les intentions de Votre Majesté. Il va presser le départ et diriger sur W^urtzbourg le régiment de Nassau. Il n'était pas très au courant de l'organisation de la 3* division, composée des corps réunis des maisons ducales de Saxe, de Nassau- Hohenzollern, de Wurtzbourg, de la Lippe, Schwartzbourg, Reuss, etc.
Suivant la lettre de Votre Majesté du 4 mars, cette réunion devait former cinq régiments. M. Hacher m'a observé qu'il n'y avait dans tout cela qu'un régiment des maisons ducales de Saxe, un de Nassau, l'autre étant en Espagne, un de Wurtzbourg, le 2* étant aussi en Espagne. Il m'a dit que tout le reste, composé de contingents de petits princes, ne forment que quelques compagnies isolées dont l'organisation n^était pas encore terminée. Il a dû rendre un compte détaillé à cet égard.
Toutes les mesures sont prises par lui pour tout feire partir pour Wuitzbourg, à l'exception du contingent des maisons
ducales de Saxe, pour lequel j'ai envoyé Tadjudant commandant Romeuf.
Toutes ces troupes seront rendues à Wurtzbourg dans huit ou dix jours.
Erfurt, 12 mars 1809.
Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que j'avais envoyé l'adjudant commandant Romeuf près de Son Altesse le duc d'Oldenbourg pour presser le départ de son contingent, conformément à ses ordres. Votre Majesté verra par le rapport de cet ofBcier que je joins ici que nous n'avons de longtemps rien à attendre de ce côté ' .