‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 73 sur 99 · A SA MAJESTÉ LE ROI DE SAXE · texte numérisé non relu

A SA MAJESTÉ LE ROI DE SAXE

Erfurt, 14 mari 1809.

M. Boudet m'a remis la lettre que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire le 5 mars, ainsi que la note de M. le comte de Rose qui y était jointe, et par laquelle Votre Majesté a daigné me faire connaître les dernières mesures qu'elle a prescrites.

Je me suis empressé de les faire connaître à mon souverain qui y verra non-seulement une preuve de l'affection que Votre Majesté lui porte, mais aussi un grand esprit de sagesse.

Défendre Dresde contre une terreur panique et contre un coup de main, sans compromettre les troupes, voilà (et je n'ose

' Quelques-uns des princes de la Confédération, et de ce nombre le dur d'Oldenbourg, avaient, on le voit, de la peine à s'exécuter pour les continp,ents à fournir. L'Empereur écrivait le 15 mars, de Rambouillet, au ministre des relations extérieures : « Monsieur de Ghampagny, la réponse du duc d'Oldenbourg m'étonne. 11 faut écrire ^ son ministre une lettre dans laquelle on fasse sentir légèrement que, lorsqu'on a pris des engagements, on doit les remplir, et qa*il y a peu de loyauté dans cette conduite... • {Correspondance de Napoléon, t. XVIII, p. 353.)

exposer cet avis que sur la demande que Votre Majesté m'en fait) ce que Ton pouvait (aire de mieux. Les Autrichiens ont fait de grands rassemblements en Bohême, en publiant que ce n'étaient que des mesures défensives. Il faut que la cour de Vienne ait des renseig^nements bien inexacts, car non-seolement Tarmée d'Allemagne n'a pas été renforcée, mais depuis quelque temps une partie de ses troupes, entre autres 4 divisions, se portaient sur les côtes. Dans cet état de choses, mon souverain a été forcé de se mettre en mesure et de demander explication de ces armements que son intime alliance avec Sa Majesté l'empereur de Russie, ainsi que la parole donnée à Austerlitz par l'empereur François de ne plus faire la guerre à l'empereur Napoléon, rendent encore plus extraordinaires. Enfin s'ils n'ont rien d'hostile, la paix peut encore être maintenue; dans le cas contraire, la confédération du Rhin aura pour elle la justice de sa cause, le Dieu des armées, la bravoure de ses troupes, l'intime union de ses souverains et le génie de son chef qui, encore cette fois, serait obligé de tirer le glaive pour la défense de ses alliés et de ses peuples; le sang qui coulerait retomberait sur la tète de ceux qui auraient allumé cette guerre injuste.

En cas de guerre, ce que Dieu ne veuille, je puis donnera Votre Majesté l'assurance que la sûreté de la Saxe fait partie des combinaisons de l'Empereur et Roi mon maître.

Je ne peux raisonner surl'bypothèse où, sans déclaration de guerre, les Autrichiens feraient une invasion; les puissances européennes n'en agissent pas ainsi. Cette déloyauté n^appartient qu'aux hordes arabes, et dans les circonstances actuelles il est vraisemblable qu'elle n'aurait pas un long succès.

Pendant mon séjour à Paris, ayant eu occasion de faire connaître à l'Empereur les inquiétudes de la famille de Votre Majesté, ses réponses ont été dans le sens de ce que je viens d'écrire.

Il a ajouté que si la guerre venait à éclater, il serait tout simple que la famille royale s'éloignât du voisinage de la guerre, mais qu'il faudrait que ce parti fût pris unanimement, et qu'il y aurait de l'inconvénient à ce que quelques-uns de

ç membres restassent, tandis que les autres partiraient. ^^ termine en donnant à Votre Majesté l'assurance qu'en ^jç d'événement imprévu, les troupes françaises n'oublie- ^^tpas qu'il est dans leur devoir de défendre le territoire „ il des fidèles et respectables alliés de leur souverain.

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