‹ Correspondance du maréchal Davout, prince d'EckmühlChapitre 75 sur 99 · AU GÉNÉRAL DE DIVISION MORAND · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL DE DIVISION MORAND

Erfuri, 16 mars 1809.

Le bien du service de l'Empereur exige, mon cher général, qu'un officier général français se trouve à Dresde, pour, en cas d'événement, prendre la direction et même le commandement de l'armée saxonne qui s'y trouve réunie et qui manque de

* L'Empereur au ministre des relations extérieures. — « Paris, i*' mars 1809- Monsieur de Ghampa{^y, tous trouverez ci -joint un rapport sur des fiabrications d'armes que l'on fait à Gobourg pour le compte de l'Autricke. Tow donnerez ordre au sieur Bâcher de se rendre sur-le-champ k Goboars, àe témoigner mon extrême mécontentement de la conduite que tient cette maison, et de déclarer qu'elle ait à rappeler sans délai ceux de ses membres qui soot au service d'Autriche; à défaut de quoi, je la citerai devant le ProtecteVi pour rendre compte de sa conduite. Le sieur Bâcher se mettra en route an reçu de cette lettre et fera diligence. ■ (Correspondance de Napoléon ^ t. XVIII, p. 294.)

lirection et de chef. J'ai fait choix de vous, dans cette circontance. Vous n'êtes détaché là que momentanément, et lorsque lotre souverain aura fait connaître ses intentions sur la direction de l'armée saxonne, vous serez rappelé à votre division.

La guerre n'est pas déclarée, et il n'est pas à présumer [u'une puissance européenne se conduise comme une horde rabe, c'est-à-dire commence des hostilités sans déclaration préalable.

Cependant comme à Dresde on a de très-grandes inquiétudes occasionnées par les grandes forces autrichiennes qui sont assemblées en Bohème, comme à tout moment on y a la rainte d'être attaqué, et que les inquiétudes y sont d'autant »lus grandes qu'on n'a aucun plan, j'ai pensé, pour parer à ces nconvénients, à envoyer un général français qui se bornera à lonner des avis et à concerter les mesures à prendre; mais eus quitteriez ce rôle et vous prendriez le commandement si es Autrichiens attaquaient.

Voici, mon cher général, les données d'après lesquelles DUS devez baser votre conduite.

Annoncez la résolution de défendre Dresde, et défendez-la éellement contre un coup de main ; mais si, contre toute vraiemblance, vous étiez attaqué par des forces majeures, votre bjet doit être de conserver l'armée saxonne. Évacuer Dresde st un événement sans conséquence, mais perdre Tarmée est n échec qui peut en entraîner de plus ou moins grands. Vous hercheriez à couvrir Leipzig, et vous ne feriez la retraite par i rive droite que dans le cas de nécessité.

La nature du pays me paraît oCFrir beaucoup de facilité pour hicaner le terrain sur la rive gauche; beaucoup de rivières lus ou moins marécageuses se jettent dans l'Elbe et présntent autant de défilés.

Dans le cas où vous seriez forcé d'évacuer Dresde, vous Qverriez des officiers au général Saint-Hilaire, qui sera vers î 20 à Magdebourg avec 5 régiments d'infanterie et 3 de cavaîrie. Sur votre avis, il ferait partir 2 régiments de cavalerie our se mettre en communication avec vous sur les points que ous désigneriez. Vous enverriez également des officiers à la

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